‹ L'Orient et ses peupladesChapitre 14 sur 20 · L’OR J EN T · texte numérisé non relu

L’OR J EN T

L’Asie, au brillant soleil, aux suaves parfums, lui tendrait les bras comme à un élément de progrès; car, on ne saurait le nier, si, vis-à-vis de certaines puissances européennes, la Turquie est en retard, son gouvernement si bon et si libéral serait un moyen de civilisation pour toutes ces peuplades asiatiques plongées dans la barbarie et régies par des gouvernements arbitraires.

Cette issue serait la seule qui préserverait l'Orient des désastres d’une nouvelle guerre, car, en respectant toutes les nationalités, elle les ferait rentrer dans leur courant naturel.

La cession de la Vénétie par l’Autriche devrait servir d’enseignement à toutes les puissances qui s’épuisent à retenir sous le joug des provinces qui ne peuvent en aucune façon se soumettre à la domination étrangère. Si, par un faux point d’honneur, l’Autriche ne s’était pas obstinée à garder, en dépit de l’Europe entière quelques millions d’Italiens qui ne voulaient pas de ce joug, que d’échecs et de désastres ne se serait-elle pas épargnés !...

Il vient toujours un moment où la force des choses l’emporte sur les combinaisons les plus tenaces, et tout le sang versé inutilement retombe sur la tête de ceux qui en sont responsables.

Oui, la leçon reçue par l’Autriche devrait faire réfléchir bien des nations , même celles qui se croient inattaquables ; etl)ieu fasse qu’elles sachent en profiter : cela sauvera le monde du triste spectacle des horreurs de la guerre.

Je donne cette solution de la question d’Orient à méditer aux écrivains des journaux à grand format. . Mais je doute qu’ils la trouvent bonne, et pour cela ils auront mille raisons : d’abord, ils la trouveront mauvaise parce qu’elle est éclose dans le cerveau d’une femme, et ensuite, parce que, étant , trop simple, elle réduirait à néant tous leurs raisonnements..., et qu’il faut bien remplir les colonnes de son journal !...

Seul, M. de Girardin pourrait m’approuver; mais..., oh! il y a plusieurs mais... primo M. de Girardin ne lit pas de romans; secundo, on le dit occupé à nous donner un pendant aux Deux Sœurs , les Deux Frères ; tertio... enfin, je ne dois pas espérer être lue par lui; quelque violent dépit que j’en éprouve, il faut bien que je m’en console.

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