‹ L'Orient et ses peupladesChapitre 18 sur 20 · L’ORIENT · texte numérisé non relu

L’ORIENT

boulevards, du café Foix, du café Anglais, et paraît profondément étonné que lesdits cafés et boulevards ne le suivent pas dans ses pérégrinations. Il les cherche même au pied des pyramides, car le plaisir est incomplet quand ils ne sont pas là.

Puis il critique tout ce qu’il voit, tout ce qu’il entend, et se drape dans un scepticisme de mauvais aloi. Après cela, le Parisien a une rare inexpérience des voyages, surtout dans les pays qui ne ressemblent en rien à la France par les mœurs et le climat : il emporte une foule d’inutilités qui l’embarrassent, et n’a rien de ce qui pourrait lui être nécessaire.

Ceux qui se rendaient à Jérusalem en 1865 avaient deux ou trois révolvers à leur ceinture, autant de poignards, puis des pistolets et des coutelas à l’arçon de leur selle; ils marchaient armés en guerre, comme pour une nouvelle croisade, croyant voir partout une troupe de birbanti prêts à les dévaliser. Les musulmans qu’ils rencontraient souriaient en les regardant avec un air railleur.

Le voyage de Jaffa à Jérusalem est de quatorze à quinze heures à cheval. On voit de distance en distance de petites tourelles surmontées d’une terrasse : dans ces tourelles se tiennent les gar-

diens de la route, établis là pour veiller à la sécurité des voyageurs. Du haut de ces terrasses la vue est très-étendue, une sentinelle y monte la garde nuit et jour... Grâce à cette.active surveillance, la route est plus sûre que les rues de Paris en plein jour !

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