CHAPITRE X
Prétendue amélioration du sort des clirétlens d'Orient
Les admirateurs des réformes et des progi'ès de la Sublime Porte font aussi grande parade des modifications que ce prétendu gouvernement a apportées à sa conduite envers les sujets chrétiens de l'empire byzantin. Examinons jusqu'à quel point ils ont raison :
Depuis une trentaine d'années, il y a effectivement une sorte d'amélioration dans le sort des chrétiens d'Orient, mais ce changement n'est nullement une conséquence de» prétendues réformes introduites dans ce pays. Il appartient au contraire à une époque de beaucoup antérieure à celle du hatti-houmayoun de 1856 et du hatti-schériff de 1839. Ce changement est un effet naturel de la révolution grecque de 1821 et de la peur qu'elle fit éprouver à tous les mahométans, à cause des proportions immenses que ce grand événement semblait devoir prendre et des éventuahtés menaçantes qu'il créait pour leur domination.
D'un côté cetie révolution produisit une grande effervescence dans les esprits de tous les chrétiens d'Orient,
elle les réveilla de leur torpeur et leur fit comprendre toute rinjustice du gouvernement turc envers eux. Elle fît naître enfin dans le cœur de tous ces chrétiens, de toute race et de tout rite, la perspective d'un meilleur avenir et l'espoir de leur émancipation. La première assemblée constituante des Grecs, qui eut lieu à Trézène en 1822, proclama que tous les habitants de l'empire turc qui croyaient à Jésus-Christ étaient compris dans la nouvelle nationalité grecque (1).
dette déclaration solennelle eut un retentissement immense dans tout l'Orient. Elle inspira des sentiments nouveaux à tous les chrétiens sujets de la Porte, de toute race et de tout rite, et, pour la première fois depuis des siècles, leur donna la hardiesse de regarder en face et de compter leurs maîtres.
Les éloges que les journaux de tous les pays civihsés prodiguaient à l'envi aux guerriers de Grèce, l'empressement des philhellènesàvenir participera ces exploits sous l'étendard du Christ, et les nombreux comités des deux sexes qui se formèrent dans toute l'Europe occidentale pour secourii" les dignes héritiers des Jiéros de l'antiquité^ contribuèrent aussi à relever le courage et les espérances de tous les chrétiens d'Orient.
D'un autre cùté les trois grandes puissances du monde, la France, l'Angleterre, la Russie, continuaient à soutenir avec énergie l'attitude qu'eUes avaient prise tout d'abord dans la question turco-grecque, et le sentiment général des peuples désengagea bientôt à intervemrparles armes.
La destruction de la flotte turco-égyptienne à Navarin parut une manifestation éclatante des intentions de ces puissances en faveur des chrétiens d'Orient. Cet acte pré-
(1) Qç EÀX»3V£î QîfOf/o'jvTat -rrâvTîç oi el; XptffTÔv TziCTt\)o-JTtq xdtTOt-
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(Constitution de Trézène, art. 2.)
seuta le caractère d'une véritable croisade du monde chrétien contre l'islam, croisade beaucoup plus dangereuse cà cause des circonstances et beaucoup plus menaçante pour la domination des Turcs que celles des anciens. Cet événement prouva que les trois grandes puissances de l'Europe étaient décidées à obliger le Sultan, bon gré mal gré, à améliorer le sort des chrétiens ses rayas.
Dès ce moment les Turcs ne se firent plus illusion sur l'état critique et précaire de leur domination en Europe. Au contraire ils commencèrent à comprendre que les puissances chrétiennes pouvaient déployer des forces irrésistibles et pousser les choses aussi loin qu'elles le voudraient.
L'émancipation officielle de la Grèce, proclamée peu après, la reconnaissance du nouveau royaume par toutes les puissances de l'Europe et par le Sultan lui-même, enfip l'apparition d'un pavillon grec dans le port de Constantinople et d'un ambassadeur des ci-devant rayas traitant sur le pied de l'égalité avec la Sublime Porte, tout cela finit par jeter parmi les Turcs l'épouvante et la consternation.
A la même époque, outre la Russie, une autre grande puissance chrétienne, la France, réclama de nouveau son ancien droit de détendre les privilèges religieux des chrétiens rayas du Sultan, et par conséquent leurs droits civils. Elle persista et obligea en 1 829 le Sultan à rappeler de l'exil les Arméniens réunis à l'Eglise de Rome, et à leur permettre d'établir sous sa protection des autorités communales séparées.
Les Turcs suivaient avec anxiété le cours rapide de ces événements. Le divan tout entier en avait le vertige. Ces hommes, qui avaient foulé aux pieds tous les sentiments humains, voyaient surtout avec épouvante les sympathies universelles que les Grecs révoltés avaient trouvé près de tous les autres peuples chrétiens ; ils connaissaient les
tendances de leurs rayas des autres races et ne pouvaient se dissimuler que ceux-ci avaient également le droit de tout faire pour secouer aussi le joug maliométan.
Les Turcs craignaient donc, et avec raison, que tous les chrétiens des autres provinces de l'empire ne prissent la résolution de se révolter aussi et de se réunir au nouveau royaume. Ils savaient d'ailleurs que les puissances chrétiennes n'avaient jamais cessé dans le fond d'être hostiles à la domination de l'islamisme en Europe, et qu'il se pourrait bien qu'elles soutinssent les prétentions de nouveaux révoltés pour les mêmes raisons qu'ils avaient soutenu celles des Grecs du Péloponèse. Ils avaient également peur que les chrétiens, des pays de l'empire où la révolution serait difficile à réaliser n'émigrassent dans le nouvel État chrétien, devenu déjà de droit le rival le plus dangereux de la domination turque.
Toutes ces craintes, fondées d'ailleurs sur de très-justes raisonnements, grandissaient prodigieusement chaque jour et épouvantaient les consciences timorées des Turcs.
Les sanglantes exécutions qui eurent lieu à peu près a la même époque, et la catastrophe de la milice des janissaires, à laquelle le fanatisme attribuait toute la force de la dynastie ottomane, achevèrent de décourager le peuple mahométau.
Les Turcs, effrayés et déconcertés par tous ces revers, crurent alors de leur propre sécurité de modifier, du moins en apparence et jusqu'à une époque plus favorable pour eux, leur conduite envers les chrétiens.
Les événements que nous venons d'exposer furent donc les principales causes, on pourrait même dire les seules causes, qui amenèrent cette espèce de modération dans la conduite des Turcs envers les chrétiens rayas.
Aussi ce changement ne fut-il plus ou moins observé que dans la capitale et dans quelques autres villes où ces
événements avaient produit le plus d'impression, surtout dans celles où le regard des représentants de l'Europe pouvait pénétrer, ainsi que dans les pays où les chrétiens étaient en grande majurité et se faisaient respecter euxmêmes. Mais dans les provinces éloignées et dans tous les pays où les chrétiens étaient en minorité, ils continuèrent à souffrir et souffrent encore les mêmes vexations que par le passé.
Il n'est pas besoin de recourir à des époques antérieures au tanzimat ni d'aller fouiller dans les provinces turques de l'Asie, où la grande minorité des chrétiens les retient dans la même situation qu'autrefois ; il suffit de prendre en considération la conduite de ce prétendu gouvernement envers les chrétiens jadis rayas du Sultan, depuis la proclamation du hatti-houmayoun, et jusqu'à ce jour dans les provinces de la Turquie d'Europe, dans les villes principales de cette contrée et même à Constantinople. On y verra qu'à l'exception de quelques formes extérieures bien insignifiantes, le système des Turcs envers tous les chrétiens d'Orient se base toujours sur les principes adoptés à la prise de Constantinople et constamment suivis depuis quatre siècles. On conclura alors avec nous que ce changement dans la conduite des Turcs n'est qu'extérieur et forcé, et que dans le fond leur caractère féroce et antichrétien reste toujours le même, prêt à éclater, comme il éclate toutes les fois qu'il peut le faire impunément : de sorte que les persécutions contre les chrétiens d'Orient n'ont fait que changer de forme. Aujourd'hui comme autrefois, la vie, l'honneur et la propriété des chrétiens de ce pays ne sont garantis par aucune loi, et leurs intérêts les plus précieux sont toujours à la merci des Turcs qui veulent les attaquer ; ils sont toujours et partout humiliés, persécutés et forcés de travailler pour faire vivre leurs dominateurs.
La difterenct^ insignifiante qui existe snr ce point est qu'autrefois la sueur du front de ces malheureux chrétiens était ahsorhée pai" un peuple fainéant, et qu'aujourd'hui elle l'est par des ministres rapaces; que jadis le fruit de leur travail leur était enlevé par le pillage et les corvées, et qu'aujourd'hui il l'est par les impôts les plus accablants!...
Il serait superflu de signaler ici les meurtres commis journellement par les officiers et les soldats indisciplinés de l'armée turque!... Nous ne voulons pas non plus tirer conséquence de la destruction de plusieurs églises ni du pillage d'un grand nombre de villages et des massacres continuels de prêtres et de laïques!... Le monde chrétien de l'Occident s'est habitué à lire dans les journaux toutes ces atrocités comme il lit des nouvelles de théâtre (1). Mais on pourrait rappeler au gouvernement
(1) Voici par exemple ce qu'on écrivait de Belgrade à la Gazette d'Augabourg, le 15 février 1857 :
« L'état social de la Bulgarie prend un caractère de plus en plus menaçant par suite de l'oppression exercée par les autorités turques, et les dernières nouvelles confirment tout ce qui a déjà été dit à ce sujet. Les autorités turques, dont l'attention s'est peut-être arrêtée à de vagues indices, paraissent vouloir étouffer dans le j^ernie tout ce qui se prépare. C'est surtout dans le district de VVidden que les procédés sont les plus«évères. Pour empêcher les rassemblements, il est défendu, sous peine d'arrestation, à plus de six personnes de se réunir, et, pour que des conciliabules n'aient pas lieu dans les églises, des sentinelles tur(iues sont placées à l'entrée aussitôt que le service commence.
« A Widden, il y a environ cinq cents prisonniers, et ce sont pour la plupart des juges locaux, des anciens de village et des personnes considérées de la classe des paysans, car il parait que l'on ne ci-aint que celle-ci; on a moins peur de la classe la plus pauvre, et encore moins des négociants, des marchands de détail et des spéculateurs. La ville fourmille de gens appartenant aux familles des malheureux prisonniers ; cependant personne n'est admis à les voir. Enfermés en grand nombre dans une seule pièce, vivant dans une atmosphère infecte, souffrant du froid, n'ayant pas de lits, sans vêtements, sans linge et mal nourris, ils sont i)iesque dévorés par la veimine. La misère les porte aux dernières extrémités, et déjà un de ces malheureux a embrassé l'islamisme pour voir la tin de ses tortures; il a été relâché immédiatcnu;nt après.
« Toute la frontière scrbo-buliiare est formée; personne ne peut passer
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de la Sublime Porte des crimes qui sont commis à tout moment, contre la personne et la propriété des chrétiens, dans les provinces et à Conslantinuplc^ même, par les autorités et sous les yeux des ministres ou de leur consentement, et dont l'authenticité ne saurait être lUscutée. La seule différence que le temps ait amenée, c'est la forme extérieure, comme nous l'avons déjà fait observer.
Ainsi aujourd'hui les employés turcs ne font plus empaler ou jeter sur des crochets les chrétiens qu'une ombre de soupçon désignerait à leur rage, comme ils le faisaient autrefois, mais ils les font périr d'une manière aussi cruelle en les enfermant dans des cachots infects, où ils sont dévorés par la vermine, et meurent souvent de froid ou de faim.
Si on ne prend plus leurs enfants en bas âge pour en former les hordes dépravées des janissaires, on les force souvent par les plus affreuses tortures à renier eux-mêmes la religion de leurs pères et à grossir ainsi la masse de mahométans fiiinéants.
Si les Turcs n'arrachent plus les tilles chrétiennes des bras de leurs mères pour en faire leurs concubines, ils les enlèvent secrètement pour assouvir sur elles leurs luaitales passions, et les empalent ensuit»^ afin de couvrir l'enlèvement et le viol. On n'a qu'à se rappeler le crime atroce commis sur la personne de la fille bulgare Nedella! ! ! Un pacha, fonctionnaire public, la fait enlever, la viole, et la fait ensuite empaler!... L'évêque et les primats chrétiens de Varna réclament la protection d'un colonel anglais quj^ commandait les troupes alliées en ce pays ; celui-ci, saisi d'effroi, reproche au fonctionnaire assassin sa monstruo-
en Servie, môme avec un passe-port turc. Tout le long de la frontière, il y a, de demi-lieue en demi-lieue, dès blockhaus occupés par des trnnpi^s régulières. Bien que des mesures semblables soient aussi à l'ordre du jour en Bosnie, on ne craint pas les Bosniaques, mais seulement les Bulgares. » (L'l'?(io«, numéro du 3 mars 1857.)
7i LES RÉFORMES
site, et le pacha criminel répond avec l'arrogance habituelle de ces brigands, qu il donnera pour dédommagement une somme d'argent à ses parents. Mais comme l'Anglais, révolté de cette insolence, cria plus fort, les confrères de ce monstre promirent de le juger et de le punir d'après les lois... Mais quelles lois? Les lois turques ne condamnent à rien un mahométan, et surtout un pacha, eût-il même empalé mille chrétiens!... Ils ont fait écrire dans les journaux qu'ils avaient établi un tribunal criminel, qu'ils avaient arrêté plusieurs prévenus de ce crime, et entre autres le cuisinier du pacha, qui était un chrétien nommé Basile ; que le tribunal avait procédé à l'enquête de l'affaire suivant les formes exigées par les lois des pays civilisés, et qu'il était ressorti du procès que fa fille bulgare NedeJla était à peu près une fille publique; qu'elle n'a pas été empalée, mais tout simplement étranglée^ et non par le pacha lui-même, mais par son ordre seulement, et à l'aide d'une corde que le cuisinier Basile avait achetée par ordre de Vaide de camp du pacha et qu'il lui avait remise. Aussi ce tribunal, après un mûr examen de tous ces faits, condamna Basile, l'acheteur de la corde, à la prison, et acquitta le pacha empaleur, après lui avoir toutefois adressé quelques réprimandes sur sa légèreté!... Et les turcophiles d'Occident se pâmaient de satisfaction de voir la procédure criminelle faire de si étonnants progrès chez ces néophytes de la civilisation !!!...
Au nombre des singeries que font les ministres de la Sublime Porte, croyant imiter les finesses de la diplomatie européenne, il y en a une surtout qui devient d'autant plus funeste pour le pays qu'elle sert à ces gens, à cause de sa facilité supposée, de panacée contre tout mal : c'est celle de fausser l'opinion publique de l'Occident. Ainsi depuis quelques années de grandes sommes d'argent ont été prodigalement dépensées pour des fabricants d'articles
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de journaux, pour des auteurs de brochures, de livres, de mémoires et de descriptions d'un gouvernement ottoman qui n'existe que dans les fables de ces adulateurs mercenaires. De fortes pensions, des gratifications, des décorations et des honoraires connus et secrets ont été accordés à ces panégyristes de la civilisation, des progrès et des réformes de ce prétendu gouvernement .
Il serait superflu d'exposer ici les contradictions et les mensonges dans lesquels sont tombés les auteurs de ces écrits hyperboliques. Leur effronterie est devenue proverbiale parmi les hommes d'esprit, et les honnêtes gens qui se sont laissé prendre à de telles hâbleries commencent eux-mêmes à reconnaître qu'on les a indignement trompés en leur vantant les brillantes qualités des mahométans, et que la dégradation morale, la lâcheté, la perfidie, la duphcité et tous les autres \ices que ces phmies mercenaires attribuent aux chrétiens ne font pas l'éloge de la domination turque. Ces ignobles attaques contre l'immense majo-rite des sujets de l'empire byzantin ne peuvent en effet que hâter la ruine du pouvoir qui les paye au poids de l'or, en réveillant des antipathies et des rancunes que tout autre gouvernement s'efforcerait d'assoupir.
Qui donc oserait dire que les chrétiens auraient tort de renverser un pouvoir tyrannique qui, non content de les accabler d'impôts, soudoie encore avec leur argent ceux qui les calomnient?....
Nous pourrions citer ici beaucoup de faits et de noms. Nous ne le ferons pas, et le pubhc intelligent coiïrprendra les motifs de notre réserve. Nous nous bornerons à rappeler que lord Redcliffe, ambassadeur d'Angleterre à Constantinople, a été plus exphcite que nous dans le discours qu'il prononça au moment de se rendre en Angleterre en 1852. « Je vois, dit en terminant le noble lord, que mes peines ici ont été perdues, et que ce gouvernement
n'entrera jamais dans la voie des réformes. » Et tout le monde sait si ce diplomate connaît à fond les procédés de l'administration turque !
Au nombre de ceux qui ont reçu des cadeaux souvent énormes de la Turquie, il y a d'ailleurs des écrivains de mérite, qui ont pu croire que les sacs d'argent qu'on leur jetait pour mettre fin à leurs attaques ou pour solliciter leurs éloges étaient des marques d'estime accordées à leur talent, à leur caractère ou à leurs infortunes. Ils auraient assurément repoussé ces dons intéressés s'ils avaient su de quels commentaires les Turcs en accompagnaient l'envoi, et que l'unique considération qui décidait le divan à lâcher ses piastres était ordinairement celleci : « Donnons de l'argent à ces chiens pour qu'ils se taisent ! ! ! »
L'effet que ces absurdités ont produit sur l'opinion des gens éclairés, et même sur celle des cabinets de l'Europe, s'est manifesté assez clairement par les décisions que les puissances occidentales se sont vues obligées de prendre aux conférences de Vienne, de Constantin ople et de Paris, relativement à la réforme de l'empire byzantin. Ces décisions ont démontré que les cabinets de l'Europe ne s'en rapportaient plus aux écrits des flatteurs du système turc, et pendant que ceux-ci admiraient avec un redoublement d'enthousiasme les merveilleux progrès de cet excellent gouvernement, les puissances chrétiennes établissaient par leurs actes qu'elles étaient bien corwaincuei qu'il n'existait pas de gouvernement dans ce malheureMX pays, et quUl fallait à tout prix se hâter d'en créer un. '
Si l'exposé de ces prétendues merveilles, de cette transformation phénoménale des Turcs et de ce brillant avenir avait eu quelque fondement et avait été pris au sérieux parles puissances, il est probable qu'elles n'auraient pas agi comme s'il leur eût été démontré que le malade était
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réellement condamné par la science, et qu'on pouvait dès loi's tenter dp lui applitpier la civilisation chrétienne comme une sorte d'opération césarienne, au risque de tuer un peu plus vite le moribond.