‹ L'Orient. Les réformes de l'empire byzantinChapitre 32 sur 36 · ANNEXE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

ANNEXE PREMIÈRE

Prinoli^ft ei doctriae» 4« l'iskunlfMc.

Pour achever d'éclairer *uos lecteurs sur les bases du système turc, uous avons cru nééessaire de dooner ici, sous forme d'annexés, quelques détails sur les principes et les doctrines de l'islamisme, ainsi qu'une copie de la traduction du fameux Traité étemel de Mahomet.

Les institutions de Mahomet prouvent 'suffisamment qu'il n'était pas ignorant au point de ne savoir lire ni écrire; elles* prouvent également qu'il connaissait à fond les principes de la loi mosaïque et du christianisme^ et qu'il atait daos ses longs voyages étudié avec attention les bases et les progrès de la civilisation chrétienne ainsi que les mœurs et l'état social des peuples de l'Asie.

Mahomet avait conçu l'idée téméraire de démolir toutes les institutions sociales de son temps pour élever sur leurs ruineâ une domination universelle dont il serait le légisia-* teur et le chef. *

Mais la perspicacité et les connaissances de Mahomet loi avaient fait comprendre tout d'abord qu'il lui serait impossible d'obtenir le succès de ses vastes projets ea suivant la même voie que les autres législateurs. La vitalité

manifeste du christianisme le décourageait surtout. Il savait que les anciens législateurs, gui avaient poursuivi le même but moral et humanitaire que le christianisme, avaient réussi plus ou moins bien pour un temps, mais que toutes leurs institutions étaient tombées ou tendaient à disparaître devant celle du divin législateur. D'uu autre côté, Mahomet comprenait bien qu'il lui était impossible de présenter aux peuples une doctrine plus parfaite que celle du Christ. Il lui fallait donc pour arriver à son but ne pas suivre la même voie que les autres législateurs ; il était indispensable par conséquent qu'il inventât un nouveau système diamétralement opposé à ceux qui avaient été suivis jusqu'alors; et par lequel il pourrait combattre et détruire le christianisme en ses institutions, déjà reconnues dans le monde comme le résumé de toutes les autres et les seules capables de civiliser les peuples.

Sans la destruction de la civilisation chrétienne, avec laquelle il n'y avait pas de transaction possible^ Mahomet était bien convaincu que ses projets ambitieux n'obtiendraient qu'un succès éphémère;. aussi conçut^ille projet de détruire cette civilisation et la religion qui l'aviût fait naître et qui la soutenait. Mais comment attaquer directement une religion et une civilisation auxquelles les peuples témoignaient déjà un si grand attachement?

Mahomet crut qu^il arriverait à ce but en dirigeant ses coups contre les bases fondamentales de la société, qui n'étaient autre chose que les principes du christianisme. En détruisant ces bases, il se croyait certain d'entraîner dans leur chute la religion et la civilisation chrétiennes.

Les faits ont prouvé que Dieu, dans ses desseins impénétrables^ permit que ce plan audacieux réussit jusqu'à un certain point. Mahomet par son système détruisit en eifèt les bases fondamentales d'une grande partie des sociétés de son temps, et en flattant les passions qui onttou-

jours exercé le plus d'empire en Orient, il entraîna à sa suite une horde de guerriers abrutis, sans aucun lien ni attachement social, et prêts par conséquent à marcher à la conquête du monde.

C'est cet unique but qui se découvre bien clairement dans tous les dogmes ou commandements et dans tous les principes religieux et politiques du système mahométan.

Son fondateur appela ce système ishm (qui veut dire obéissanoe à Dieu), parce que, d'après sa prétention, tout le monde devait s'y soumettre.

Les principales obligations des mahométans qui sont considérées chez les mu5u/rwan^ (les vrais croyants) comme les dogmes chez les chrétiens, sont les cinq suivantes : V* la circoncision ; 2* l'extermination def tous ceux qui ne veulent pas embrasser l'islaûiisme ; 3® l'abstinence du vin et de la chair de j)orc; 4'* là guerre perpétuelle 'contre les infidèles, et 5"* l'horreur pour toutes les institutions et habitudes des autres nations.

L^nobservance d'une seule de ces cinq obligations entraîne la perte de la qualité de musulman, et le prévaricateur est stigmatisé du nom de mourtate (renégat) et considéré par tout vrai musulman comnSe un être plus méprisable et plus abominable qu'un giaout, nom sous lequel les mahométans désignent tous les chrétiens et les autres peuples non mahométans, et qui veut dire proprement adorateur du hasuf ou idolâtre (i ) .

De plus, lorsque Mahomet fut sur le point de mourir, il assembla autour de lui ses principaux disciples' et leur recommanda sti*ictement les trois choses suivantes :

!• D'exterminer tous les infidèles;

(!) Les mahométans donnent cette insolente qualification aux chrétiens^ parce qu'ils les considèrent comme idolâtres, à cause de leur respect pour les images. Ils employèrent spécialement dans l'expression de cette injure les mots ^* adorateur de bauf^ à cause des deux bœufs qu'ils voient représentés près de la sainte crèche et qu'ils croient que les chrétiens adorent.

200 LES RÉrORMES

2® De dooner à tous les étrangers qui eny^rasseraient rislamisme tous les droits, et toutes les immunités éê citoyen musulmao ;

S"" De continuer sans relâche la guerre sainte jusqu'à oe que rislamisme eût dominé sur 4oute la terre.

Outre les cinq observations précédentes et les trois com^ mandements de Mahoçiet» il y a encore une foule d'auti'es principes que l'islamisme prescrit sérieusement à ses sectateurs et dont nous parlerons plus avant.

Toutefois ces principes secondaires ne se rencontrent pas tous dans le I^oran, le seul livre écrit 'que Mahomet ait laissé et que les mahométans croient écrit par la main de Dieu lui-même et envoyé à son prophète. Une grande partie de ces préceptes se trouvent chez les commentateurs de ce liyre, et surtout dans les livres appelés Sauna et Asorach et dans le code de Multeka, qui contiennent lès instructions traditionnelles du grand prophète et les loisdes musulmans.

La crasse ignorance , le genre de vie et les tendances naturelles des Arabes, sur lesquels Mahomet s'était appuyé, facilitèrent beaucoup la propagation de son système qui, comme nous l'avons déjà fait observer, était de détruire la religion et la civilisation chrétiennes en* les étouffant sous les ruines des bases sociales.

En faisant écrouler ainsi les sociétés et en les transformant en camps militaires, Mahomet était bien sûr d'éleTer une barrière infranchissable contre la civilisation chrétienne dans les pays où le christianisme n'était pas encore établi, de l'étouffer dans ceux où il notait pas bien affermi, et d^ le combattre ensuite de front par la force brutale dans* les pays où. il s'était déjà consoUdé , lorsqpie sa horde guerrière, grossie par l'agglomération des débris des sociétés «dissoutes, serait devenue assez forte pour entreprendre cette tâche.

Comme la religion chrétienne avait déjà une grande

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influence sur l'esprit des peuples, à cause des améliorations qu'elle avait opérées et qu'elle opérait chaque jour dans la vie sociale, Mahomet ne la condamna pas ouvertement à l'extermination dès le commencement de son entreprise, comme il fit de l'idolâtrie r il crut même prudent de paraître la tolérer, et se borna pour le moment à en empêcher le développement par les dures conditions qu'il imposa à tous ceux qui persistaient à la suivre. Il traita presque de la même manière la religion hébraïque, à cause de la vénération que les Arabes avaient pour Abraham, et proclama que ces deux reUgions, ayant pour base la croyance en un seul Dieu, n'étaient point hostiles à l'islamisme ; qu'au contraire Moïse et Jésus étaient deux prophètes envoyés par Dieu comme précurseurs de lui, Mahomet, pour préparer les hommes, par leurs institutions plus ou moins bonnes dans le fond, mais imparfaites, à la seule véritable et seule parfaite croyance, dont Mahomet était k parackt, annoncé par Jésus-Christ dans son Évangile ; que par conséquent les chrétiens et les israéhtes pouvaient bien conserver leur propre religion, s'ils y persistaient, mais à la condition d'être soumis à la domination de Mahomet et à la juridiction du Koran, de se battre pour défendre l'islamisme et de travailler pour faire vivre les mahométans.

Ces promesses de tolérance, si avilissantes qu'elles fussent, assuraient du moins au^ chrétiens et aux israâites la conservation et le libre exercice de 4ëur rehgion. Mais Mahomet n'avait l'intention de garder ces promesses que tant que son système naissant et la médiocrité de Ses forces l'obligeraient à avoir besoin lui-même de la tolé» rance et de l'assistance de ces deux grandes religions. Il s'attacha surtout à prouver Tiux chrétiens que son système n'était point hostile aux principes de leur propre religion , parce qu'il redoutait davantage les sublimes doctrines du

christianisme, dont Tinfluence était beaucoup plus grande et plus solide que celle de la loi mosaïque.

Voilà pourquoi on rencontre épars dans le JLoran quel* ques principes confus et altérés de la Bible , accompagnés de grandes louanges pour Moïse et Abraham.

Voilà aussi la raison pour laquelle on y rencontre des éloges encore plus exagérés de Jésus-Christ, que Mahomet q)pelle le plus grand des prophètes avant lui, et une sorte d approbation des institutions. du christianisme; c'est là aussi la cause du respect appareqt ayec lequel on traite la mère de Jésus-Christ, pour laquelle le K^oran dit ; qu'elle avait conçu en sentant une rose; qu'elle avait été exempte du péché originel et de tout^ les tentations du diable et qu'elle n'avait jamais cessé d*être vierge^ tandis que le Koran nie ailleurs la divinité de Jésus-Christ.

C'est là enfin le véritable motif qui engagea Mahomet à proclamer, la quatrième année de Thégire (626 après Jésus- Christ], son fameux traité étemel, dont nous parierons plus en ayant.

. Mais à mesure que le nombre des sectateurs du nouveau prophète augmentait et que Tislamiçme se consolidait, Mahomet et ses successeurs retiraient graduellement les promesses de tolérance et les privilèges concédés aux chrétiens et aux Israélites. Puis lorsque l'islamisme se fut consolidé, lorsque ses forces eurent suffisamment augmenté et que les mahométans n'eurent plus besoin des sympathies et de l'assistance des chrétiens et des israâites, ils les méprisèrent immédiatement et les placèrent dans la même catégorie que les autres mécréants ; souvent même ils les traitèrent avec plus de. férocité que des idolâtres. Les chrétiens surtout furent l'objet de leur haine implacable et de leurs persécutions. Mahomet et ses successeurs avaient bien compris que, tant que le christianisme continuerait à exister, les principes libéraux de cette religion

seraient toujours le rocher inévitable contre lequel le système antisocial de Tislamisme viendrait se briser tbi ou tard.

Voilà pourquoi, au lieu de Tégalité des droits et de la liberté individuelle accordées à tout honune par TÉvangile , Mahomet divisa tout le genre humain en deux castes bien distinctes. Dans la première il plaça ceux qui suivraient son système, et les désigna pour cela sous le nom pompeux de musulmans ou de résignés à Dieu ; dans la seconde, il groupa péle-méle tout le reste de l'humanité, à qui il donna la qualification injurieuse de kiafirs (mécréants ou réprouvés) et celle de giaours (idolâtres ou adorateurs du boeuf).

D'après Mahomet, la première de ces deux castes est destinée par Dieu à dominer la seconde, et à être sa mal-* tresse absolue ; il n'est môme permis à celle-ci d'exister qu'à la condition de travailler pour faire vivre ses propres tyrans.

Nous exposons ci-après quelques-uns des principes de l'islamisme, par lesquels Mahomet et ses successeurs crurent pouvoir arriver à détruire la civilisation chrétienne et à consolider la domination mahométane.

« L'islamisme doit être propagé sur toute la terre pdr le glaive, qui a le pouvoir d'ouvrir le paradis et l'enfer.

a Tout homme qui embrasse l'islamisme devient ipso facto citoyen de l'empire des musuhnans, quel que soit son pays natal, sa nationaUté ou .sa race; il entre, dès le premier jour de sa conversion à Tislamisme, dans la joui^ sance de tous les droit? dvils et poUtiques et de toutes les prérogatives que Mahomet accorda à tout musulman (fidèle ou catholique) : car ce n'est pas le pay&natal ou la race, mais bien la religion, qui donne la nationaUté mahométane.

a Tous les infidèles qui ne consentent pas à embrasser l'islamisme, doivent être exterminés.

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«Le premier de tous les devoirs d*un musulman est la guerre sainte, qui «a pour but la propagation de Tislamisme et Vextermination des infidèles. '

« La guerre sainte est la première vertu de l'homme, c'est l'œuvre la plus importante que Dieu ait prescrite à ses élus. Faire la guerre sainte est une action beaucoup plus louable que de donner* à boire à un pèAerin qui a soif : c'est la voie la plus sûre du paradis.

« Un musulman qui aura fait la guerre contre les infidèles, même pour autant de temps qu'il en faut au nourrissim d'un chameau pour prendre haleine lorsqu'il tette, va droit au paradis.

tt II vaut mieux faire la guerre contre les infidèles un? fois dans sa vie, que de rester dans sa maison et de prier Dieu pendant soixante-dix ans consécutifs.

a Dieu exauce les demandes que ceux qui font la guerre sainte lui adressent, autant que ceUes du grand prophète et de ses apôtres.

a La poussière des guerres est au jour du dernier jugement le plus beau fard du visage de l'homme.

c( Tous les musulmans sont frères et doivent être justes, humains, charitables et sincères entre eux. Ils sont pour cela tenus de garder toute promesse faite à un musulman, mais ils ne sont pas obligés d'avoir un pareil égard pour les infidèles.

ii Les musulmans ne doivent jamsiis laisser subi^ster nulle part une autre religion que l'islamisme. Ils peuvent toutefois permettre que les chrétiens sous leur domination conservent leur propre religion, maid à condition d!ètre soumis à la juridiction du Koran et de travailler pour faire vivre les mahométans.

« Le Koran, étant un code religieux et politique tracé par la main de Dieu lui-même avant le commencement des siècles, est par conséquent une institution parfaite et

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immuable. Or tout changement dans l'ordre social, tel qu'il est réglé dans le Koran, est un sacrilège abominable.

« Tous les biens de la terre appartiennent de droit divin aux musulmans. Il leur est donc permis de les arracher aux infidèles par la force, par le vol, par la fraude, ou par tout autre moyen possible.

<i Tout homme, soit musulman, soit infidèle, est, avant qu'il soit né, prédestiné par Dieu au bonheur ou au malheur. Tous le» accidents qui doivent lui arriver dans ce monde, ainsi que son admission au paradis ou sa condamnaticNi à l'enfer, sont écrits dès le commencement du monde dans le livre de la Prondence et sont par conséquent inévitables.

« Les destinées mêmes des peuples et des nations, leur prospérité ou leur misère , leur grandeur ou leur décadence, leur élévation ou leur chute, leur existence et leur anéantissement, dépendent uniquement de cette inexorable fatalité, dont aucune puissance humaine ne sauraitchanger, détourner ou modifier le cours.

« Les musulmans ne doivent faire la pai»avec les infidèles qu'en cas de nécessité seulement et pour gagner du temps, afin de réparer leurs pertes et de récommencer la guerre avec plus de succès.

«les musulmans ne sont pas tenus de garder la foi promise aux infidèles, quand même ils s'y seraient engagés par serment : aussi ils peuvent rompre tout traité de paix ou de trêve, ainsi que toute autre convention avec eux, toutes les fois que cette rupture leur sera avantageuse et qu'ils seront assez forts pour le faire.

(( Tout musulman qui renie l'islamisme est puni par la mort.

« Tout musulman qui'connaît un chrétien doit faire usage de tous les moyens possibles pour lui arracher

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l'aveu ou quelque parole qui ressemble à un aveu d*em^ brasser Tislamisme. Pour paiTenir à ce but on peut employer les moments d'ivresse ou de toute autre faiblesse de la raison, la consternation, la peur ou un diailger éminent, soit un discours captieux ou quelque plaisanterie. Si le chrétien ne veut pas ensuite réaliser cette espèce d'aveu et embrasser l'islanisme, le musulman doit le citer devant le juge afin qu'il soit puni de mort comme un renégat musulman,

. a Tout musulman doit avoir en hoireur et niépriser non-seulement la doctrine et les pratiques de toute autre religion que. l'islamisme, mais aussi la personne de tout homme qui n'est pas musulman. Il doit également détester tous les usages et toutes les institutions des infidèles ou ^ours, éviter d'apprendre leurs langues ou de porter leurs habits ) et ne reconnaître pour véritable puissancaque celle de l'empire musulman, ni donner le titre de roi à d'autres qu'aux successeurs du grand prophète, vicaire ou envoyé de Dieu, ou califes.

tt Les califes sont les seuls légitimes successeurs de l'empire musulman, comme étant les seuls vicaires du- grand prophète qui en fut le fondateur.

M Le droit delà dynastie sera conservé dans leur famille exclusivement (1). L'ainé de la famille est toujours l'héritier présomptif du trône de cet empire.

« Les quatre premiers califes qui succédèrent immédiatement à Mahomet et les six autres de ses premiers collaborateurs sont proprement les dix grands apôtres de l'envoyé de Dieu. La ^ béatitude de ces dix apôtres est seule incontestable, parce qu'elle fut proclamée par Mahomet lui-même.

(1) Malgré cette défense, les Tares renversèrent au douzième siècle le dernier calife, Mustazem, envahirent ses États et usurpèrent les droits des seuls légitime» snccessenrs d6 Mahomet,

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a Quant à k béatitude des autres justes musulmans et à la condamnation des réprouvés, soit musulmans, soit iufi*' dèles, Dieu seul en a connaissance et en est juge.

« Tout musulman peut prendre quatre femmes légi«times et autant de concubines et d*esclayes qu'il en peut nourrir.

<( Les enfants de ces diverses unions ont tous les mêmes droits,

« Tout musulman peut renvoyer sa femme suivant son bon plaisir. S'il veut la reprendre, il est obligé de la faire marier d'abord provisoirement à' un autre bomme, avec lequel elle doit passer au moins une nuit. Après quoi ce mari provisoire la renvoie et ce n'est qu'alors seulement que le premier peut la reprendre (1 ).

« La femme n'est qu'un instrument des plaisirs [de son époux. Elle n'a point une âme comme les bommes, mais elle naît et meurt comme la brute. Elle n'a que la valeur et le sort d'un meuble qiie l'homme peut acheter ou vendre suivant ses besoins , renvoyer ou prendre à volonté, abandonner sans regret et retrouver partout où il irait.

« Lé chrétien qui serait surpris chez une femme musulmane doit embrasser inunédiâtement l'islamisme ou être mis à mort.

c( La femme musulmane qui aurait accordé ses faveurs à un chrétien doit être étranglée sur-le-champ, mise dans un sac et jetée dans l'eau.

« La femme doit rester enfermée dans la partie de la maison du mari appelée harem (appartement des femmes). Elle ne peut sortir que voilée et doit détourner le visage à la rencontre d'un musulman, de peur de le faire pécher en

(1) Ce mari provisoire s'appelle chez les Turcs /^u/c^zt (médiatcar).

MS LB8 RÊFORMBS

provoquant chez lui un désir qu*il pourrait ne pas être possible à ce musulman de contenter. .

« Après la mort les justes, et surtout ceux qui auraient fait la guerre contre les infidèles , vont droit au paradis. Les musulmans réprouvés et tous, ceux qui n'(mt pas reconnu ou embrassé l'islamisme vont dans fenfér, mais les peines, des non-musulmans sont seules éternelles.

« Les bienheureux jouissent dans le paradis des plus parfaites jouissances : chacun d'eux a à sa disposition soixante-douze houris^ ou beautés célestes, ne vieiTHwBmt jamais, redevenant sans cesse vierges et de l'entretien defrqueUes ils n'ont le moindre soin à prendre.

a Des rivières de miel, de lait et de beurre aiTOsent partout ees lieux de délices, et les bienheureux en usent à discrétion. De même il y a pour leur usage des m(Mitagnes de riz, des arbres chargés des fruits les plus savoureux et les odeurs les plus délicates de l'Arabie.

a Les dix grands apôtres sont récompensés dans le paradis par des jouissances bien supérieures à celles des autres bienheureux, et qu'il est impossible à l'inteUigence humaine de concevoir. Entre autres délices rÉtemel a destiné à chacun d'eux soixante-dix superbes pavillons éclatants d'or et de pierreries; chacun de ces immenses pavillons est garni de soixante-dix lits éblouissants, et chaque lit est entouré de soixante-dix hourîs, ou vierges célestes , à l'usage du saint apôtre.

n n'y a pas de paradis ni de vie future pour les femmes, excepté pour Eve , mère du genre humain , la vierge Marie et Fatimé, fille chérie du grand prophète et femme de son cousin Aly, un des dix grands apôtres.

a Celles des autres femmes des musufanans qui ont le mieux contenté dans ce monde les désirs de leurs maris auront seulement le droit de s'approcher de la grille dorée

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du paradis, par où elles pourront regarder les délices éterûelies. »

Par ces principes et plusieurs autres pareils, Tislamisme fit écrouler, partout où il domina, les bases fondamentales de la société, bases dont les anciennes civilisations, et surtout la grecque et Th^ralque , jetèrent les premiers germes et que celle du christianisme régla et consolida définitivement. C'est ainsi que Tislamisme retint de ces deux principales civilisations, qui avaient préparé celle du christianisme , tout ce qull y avait de vicieux et de défectueux, et rejetatout ce qu'elles offraient de sublime, d*humain et de juste.

Il détruisit l'attachement naturel à tout homme envers son pays natal, le grand sentiment de h patrie, sentiment si fortement recommandé par tous les législateurs ot éminemment chrétien, en attachant à la profession de la religion mahométane tous les droits et privilèges que les autres législateurs accordent à la nationalité.

Il brisa tous les liens de la famille en étouffant les douces sympathies de la vie conjugale par la condamnation de la femme à l'état de brute, et en la réduisant à la valeur d'un meuble, par l'établissement de la polygamie, du concubinage et du divorce, et en réduisant tous les devoirs sacrés de l'épouse a celui de satisfaire les besoins sensuels de ison mari, si on peut donner ce nom à l'homme qui la possède.

Il attaqua la propriété en faisant cadeau de tous les biens de la terre à ses sectateurs seuls, et en leur ordonna^nt de s'en emparer par la force ou par la ruse.

Il asservit la liberté personnelle et celle de la conscience ^ et consacra l'esclavage, la servitude et l'arbitraire.

Il bannit de sa religion tout principe philosophique, tout mystère et toute idée spirituelle, et la borna à quelques pratiques matérielles, afin d'atrophier l'intelligence de ses sectateurs et de les empêcher de raisonner.

Il anrèta tous les progrès de l'inteUigence humaine en qualifiant d*împte sacrilège tout perfectionnement de la société au delà des bornes étroites que le Koran lui aurait assignées.

n empocha ses sectateurs de s'occuper de leur sort et même de leur propre existence en décrétant que la &ta- Uté seule dirige tout, et les plaça ainsi au-dessous de la brute.

Il leur recommanda de se considérer en frères, mais seulement entre eux, et d'être justes, charitables, humains et sincères, mais exceptionnellement envers les musulmans, et mit ainsi tout le reste des hommes en dehors de toute loi et de tout droit social.

Il les autorisa à violer la foi des conventions et des traités conclus avec des chrétiens, et les délia de tout engagement, de tout serment et de toute promesse envers tous ceux qui ne sont pas mahométans.

Il prescrivit à tout mahométan la plus barbare intolérance envers toutes les autres religions, et contre tout usage et toute institution qui ne viendraient pas de lui.

n défendit à ses sectateurs tout commerce avec les autres peuples et tout perfectionnement, toute amélioration do leurs propres usages, et leur ordonna d'avoir en horreur toute institution, toute invention, toute instruction et toute civilisation chrétiennes.

Il fit de la guerre religieuse la plus grande vertu de l'homme et l'action la plus agréable aux yeux de Dieu.

Il ordonna la propagation de sa religion par le glaive, par la violence, par la fraude et par l'extermination de tous ceux qui ne voudraient pas embrasser cette religion.

Il promit à tous ceux qui suivraient ses principes, et surtout à ceux qui feraient la guerre pour étendre sa domination, un paradis entièrement sensuel et plein des vo-

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luptés les plus matérielles, de la luxure la plus dégoûtante et des plus grossières absurdités, seules délices dont ses sécateurs abrutis fussent capables de sentir le charme.

C'est ainsi que l'islamisme détruisit, dans tous les pays où il domina, les bases fondamentales de la société ; il fit tomber en ruines cet édifice majestueux, et en dispersa brutalement les précieux matériaux, que les anciens législateurs avaient recueillis avec tant de peines, que le Sauveur du monde avait coordonnés et dpnt il avait fait lui-même un tout parfait.

De l'amas confus des matériaux des sociétés écroulées l'islamisme retira ce qui convenait à son but destructeur ; il assembla les hommes capables de porter les armes et de se battre après a^oir abruti leur intelligence et atrophié leur raison par les absurdités de sa doctrine ; après les avoir privés par ses principes antisociaux de tout sentiment humain ; après les avoir détachés de tous les liens de la famille et de la société par ses criminelles institutions, il en forma une horde de barbares féroces, insolents, rapaces, astucieux, parjures, égoïstes, matérialistes et stupides, sans feu ni foyer, ne rêvant que carnage et pillage, ne visant qu'à assouvir leurs passions, prêts à inonder la surface de la terre, biisant et bouleversant tout ce qu'ils rencontraient sur leur passage.

Ce système si opposé à la civilisation chrétienne, partout où il pénétra, rejeta les peuples civilisés dans les ténèbres de la barbarie et de l'ignorance des premiers siècles de la création du monde.

Il détruisit les écoles, les hôpitaux et les îiutres établissements de bienfaisance que le christianisme avait élevés partout, et fit bâtir sur leurs ruines des sérails, des harems et autres réduits de luxure et de libertinage.

Il choisit pour théâtre des plus monstrueuses cruautés auxquelles le vice puisse pousser l'humanité égarée, les

Ht IM RÊroRMKS

endroits méméB où le christianisme avait fondé les plus sublimes de ses institutions (1).

Le système musulman brûla dans sa rage les précieuses bibliothèques dont l'antiquité et le christianisme étaient enrichi Alexandrie et les autres principales tilles de l'Afrique, de l'Asie et de l'Europe.

11 détruisit de fond en comble les superbes monuments de l'antiquité^ porta la dévastation dans les plus riches contrées du monde, incendia et démolit ou transforma en misérables hameaux les plus belles, les plus illustrée et les plus opulentes cités des pays qui tombèrent sous sa domination.

Il combla et rendit inabordables les plus beaut ports de la Méditérannée et détruisit partout la navigation et le commerce.

Il éleva des barrières insurmontables à toute espèce d'instruction, à tout développement de l'intelligence, h toute culture des lettres et des arts, et combattit avec acharnement tout progrès et toute invention ayant pour but le perfectionnement de l'homme social.

Le cœur le plus endurci de tout voyageur se brise encore aujourd'hui, lorsqu'en passant de la frontière des pays civilisés à celle des pays où Pislamisme domine encore, il se croit transporté en si peu d'heures au milieu des contrées les plus sauvages !

(i) Dans tous les pays masolmans la profession dé faire avorter les femmes s'exerce publiquement. A Constantinople il y a aujourd'hui encore des établissements publics connus, tolérés et protégés par le gouvernement, où on Toit à toute heure les femmes turques courir en foule avec le plus grand sang-froid pour se livrer à cette criminelle opération. Un de ces infâmes établissements, monté sur un grand pied et dirigé par une Juive, se trouve à Tzoumbalt, à cdfté du Faiiar, justement près de l'endroit q6 s'élevait, du temps des empereurs chrétiens de Byzance, l'asile des enfanta abandonnés. Dans le courant de l'année 1852 M. Costaky, chrétien au service de la police suprême de Constantinople, arrdta trois fois la directrice

* cet établissement, et immédiatement chaque fois ordre lui fut donné de ' A ->,mettre en liberté et de la laisser tranquille.

DE L'BMPIRfi BYZANTIN. Ii«

Lliistoire des aations de la terre depuis la création du monde peut-elle citer une autre catastrophe aussi effroyaible que celle dont Tislamisme fut Tauteur dans les pays où il domina?

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