XII PRÉFACE
l'imagination. C'est pour moi le propre du roman, et je n'en retiens que l'occasion de prévenir tout de suite que je n'ai rien voulu d'exact; c'est même mon désir de le faire sentir sans équivoque qui m'a en partie déterminé à situer monr/'cit dans le futur. Je ne vois pas comment, ni pourquoi, je m'empresserais de défendre la possibilité de tels bouleversements d'Etats indiqués ou admis plus loin ; je concède là-dessus tout ce qu'exigera l'historien ou le politique, puisqu'il n'est rien ici pour leur complaire, et que je n'y prétends point du tout. Il est clair que cette Europe à venir, cette dictature latine, ce revirement de l'Occident contre les Jaunes, et toutes ces conflagrations de peuples, ces sièges, ces batailles, n'équivalent à aucune prévision diplomatique et ne sont qu'un jeu de poète. Il m'a plu de supposer que des événements considérables étonneraient le xx® siècle finissant. J'ai admis l'établissement de la Russie à Gonstantinople, et son désintéressement de l'Europe centrale, la séparation mentale des Germano- Latins et des Slaves. J'ai constitué arbitrairement une Confédération d'OccitJent, et il m'a fallu pour cela considérer comme faits accomplis d'abord la ruine de l'hégémonie des Hohen-