‹ L'Orient vu de l'OccidentChapitre 10 sur 14 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

Après ces diverses observations, nous nous en voudrions de ne pas rendre à l’œuvre de M. Casanova un hommage d’admiration justement mérité ; non seulement au point de vue général, et à cause de la noble impartialité et de la très sûre érudition de l’auteur, mais encore pour la beauté du style et de la pensée. Nous admirons également la remarquable clairvoyance avec laquelle il

différences entre les deux textes consistent dans le changement de quelques mots, fait par Léon Roches pour tâcher de dissimuler son plagiat ; ainsi, il remplace le terme « prosternation », qui est juste, par le terme « génuflexions » qui est faux , quand il s’agit de la prière musulmane ; il convertit en mètres les mesures indiquées en pieds ; il adapte à la prononciation arabe occidentale les mots écrits par Buickhardt avec la prononciation orientale ; enfin, il raconte les étapes en sens inverse. Peines perdues : des rencontres aussi continues et aussi précises, entre deux textes, ne pourront jamais être attribuées au hasard ; car, dans ce cas, le « hasard » deviendrait un extraordinaire « miracle ». Notons qu elles n’existent nulle part chez les autres auteurs, Arabes ou Européens, tels que : Burton, Snouck Hurgronje, Courtellemont, Ibn Djobir, El Batanouni, Ben Cherif, etc... qui ont décrit les mêmes lieux saints de l’Islam.

apprécie le génie du Prophète et les qualités de l’âme arabe (i).

Les contradictions flagrantes entre certaines pratiques de l’Islam moderne et la pure doctrine de Mohammed ont évidemment frappé M. Casanova et lui ont inspiré son livre, où il les discute avec de doctes et plausibles arguments. La seule erreur, selon nous, a été de remonter trop loin et trop haut. L’auteur aurait dû laisser hors de cause les quatre premiers khalifes, car, sous leur règne, l’Islam fut véritablement l’Islam intégral du Prophète.

(/i) Nous ne pouvons résister au plaisir de reproduire ce beau et coui'ageux passage d’une œuvre de M. Casanova : « Nous croyons les Musulmans incapables d’assimiler notre « pensée, et nous oublions cette merveilleuse parole de leur « Prophète, qui a été le phare lumineux de leur première « civilisation : « La science est supérieure à la loi ». Quel « chef de religion, quel grand prêtre a osé prononcer un mot « si hardi, lequel est aujourd’hui le « credo » de notre monde « intellectuel, alors que le temps n’est pas loin où il eût « paru un blasphème à la grande masse des esprits culte tivés ?... En sorte que l’on peut dire que l’axiome le plus « net de la liberté de penser, qui laisse bien loin derrière lui « les propositions d’un Luther et d’un Calvin, a été énoncé « par un Arabe de notre vne siècle, fondateur de cet Islaqmisme que tant de nous prétendent arriéré irrémédiable- « ment. » (Casanova, « L’Enseignement de l’arabe au Collège « de France », p. io.)

Nous conseillons à nos frères musulmans la lecture de cette brochure tout entière ; ils seront certainement très émus des termes dans lesquels furent célébrés, devant le public du Collège de France, le génie de notre Prophète et la beauté d’une civilisation dont il fut le promoteur.

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