‹ L'origine de l'idée de DieuChapitre 10 sur 55 · I. origine du I Idcc de iJnii · texte numérisé non relu

I. origine du I Idcc de iJnii

à un problème qui les intéresse en particulier, à l'histoire de l'Ancien Testament. Mais ce n'est pas tant l'animisme proprement dit qui entre ici en jeu, que le culte des ancêtres et des morts de Spencer, que Spencer lui-même' et plus encore Lippert, dans son ouvrage «Der Seelenkult in seinen Beziehungen zur althebraischen Religion» (Berlin 1881), ont établi comme point de départ de l'évolution religieuse chez les Hébreux''.

Cette doctrine fut introduite dans l'exégcsc (protestante) par B. Stade" et Fr. Se h w ail y*, auxquels se joignirent Ch. Piepenbring, R. Smend, K. Marti, J. Benzinger, W. Nowack, J. Wellhausen, L. André, A. Bertholet, R. H. Charles. Ch. Delétra, F. Roux^ Dans la discussion de ces questions, il s'agit bien plus des usages funéraires et des opinions eschatologiques que de l'idée et du culte de Dieu, mais toujours la plupart des défenseurs comme des adversaires de la théorie de Spencer et de Lippert parlent aussi, au moins en passant, de ces deux points et comme ordinairement on ne saisit pas rigoureusement la différence entre les théories de Spencer et de Tylor, ils se déclarent aussi pour ou contre le premier système. Contre l'application des théories soit de Tylor, soit de Spencer à l'Ancien Testament se prononcèrent parmi les exégètes protestants: A. Dilimann«, H. Schultz^ E. Sel lin", .1. J. P. Valeton**. Les deux ouvrages de J. Frey'"et de C. Griincisen", ùa\\<' ex professa contre l'hypothèse de Lippert et de Spencer ne portent pas de jugement définitif sur l'importance générale de l'animisme pour la philosophie de la religion; demémeMeusel dans un compte-rendu plus étendu sur ces ouvrages'-', dans lequel il se range surtout à l'avis de Griinei.scn. W. E. Ad dis, au contraire, bien que

' Principles of Sociology. London 1876 ss. I. 554 ss.

' L'histoire de toute cette controverse se trouve très bien résumée chez Lods «La croyance à la vie future et le culte des morts dans l'antiquité Israélite'. Paris 1906. t. I, p. 1—42, 265- 266. Lods reconnaît, comme de juste, à Tylor une importance plus grande; Spencer est très bien caractérisé par ces mots: «Herbert Spencer, prenant pour base les travaux de Tylor, mais en prolongeant certaines lignes avec l'intrépidité e.xclusivc des systcmaticicns" (I. c. p. 8). Bien qu'évolutioniste lui même, il critique la série des démonstrations de Spencer comme il suit : - . . . bien des anneaux de la chaîne ne sont unis que par des fils d'araignée» (I. c. p. 10). Il a aussi raison de dire que la théorie de Spencer a été rejetéc par l'école anthropologique anglaise, et ajoutons-nous — par presque tous les ethnologues de profession.

' Oeschichte des Volkes Israël. 2 voll. Berlin 1884 87. T éd. 1889.

' Das l.eben nach dcm Todc nach dcn Vorstcllungen des alten Judcntums. GieBcn 1892.

' Voyez, les ouvrages de ces auteurs dans Lods, 1. c. p. 21 22.

' KurzgefaBtes excg. Handbuch z. A. T. Leipzig, 2* éd. 1886, p. 303.

' Alttestamcntlichc Théologie, Die Offenbarungsreligion auf ihrer vorcliristlichcn Entwicklungsstufe, Qottingcn. 5* éd. 1896. p. 84—85.

" ReitrMge zur israelitisclien und jiidischen Religionsgeschichte. Leipzig 1896. I, p. 181 90.

" Dans Cliantcpie de la Saussaye, Lehrbuch der Religionsgeschichte, 2* éd. 1896. 1, p. '253.

'" Tod, Seclenglauhe und Seelenkult iui alten Israël. Leipzig 1898. Frey .semble plutôt reconnaître le culte de la nature de Max Miillcr comme point de départ de la religion, p. 232.

" Der Ahnenkultus und die Urreligion Israels. Halle 1900. Oriineisen semble pencher davantage vers l'animisme, p. 16.

" Dans ..N'eue kirchl. Zeitschrift-. Erlangen et Leipzig. XVI (1905). p. 484—94, 5'23- 45.

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chrétien croyant, accepte comme forme primitive de la religion sémitique l'animisme ou polydémonisme*.

Une forme particulière du culte des ancêtres, en tant qu'elle intéresse la religion, est, dans beaucoup de pays, le totémisme. Robertson Smith en fit le premier degré de l'évolution religieuse, en particulier aussi de la religion des Sémites, y compris les Hébreux-. Cette hypothèse trouva l'assentiment de J. Jacob s, T. K. Cheyne, A. H. Sayce, J. F. Lennan, J. Benzinger, G. B. Gray, G. Kerber, A. Lang^. Contre elle le P. V. Zapletal, O. Pr. écrivit un ouvrage spécial* et Nôldeke° s'associa en principe à ses conclusions. A l'égard de l'animisme, Zapletal semble prendre la même position que Borchert^

Une plus grande attention est consacrée à l'animisme par quelques ouvrages qui s'occupent de la religion des Israélites ou des Sémites en général. Mentionnons en premier lieu le petit mais substantiel livre de E. Ko ni g: «Moderne Anschauungen uber den Ursprung der israelitischen Religion» (Langensalza 1906) qui rejette en bloc l'animisme comme première étape dans l'évolution religieuse. Déjà auparavant W. Mùller, dans son ouvrage «Die Entvk^icklung der alttestamentarischen Gottesidee in vorexilischer Zeit» (Gutersloh 1903), avait fait remarquer que les théories sur la religion d'Israël étaient essentiellement basées sur l'évolutionisme anthropologique et avait rejeté celui-ci.

Mais l'ouvrage le plus important sur cette matière sont les «Études sur les Religions sémitiques» du P. J. M. Lagrange, O. Pr. (Paris, l^""^ éd. 1902, S''™" éd. 1905). Avant d'entrer dans son sujet, il traite dans une longue introduction des «origines de la religion et de la mythologie» en général (1. c. p. 1 — 40). Il y reconnaît aussitôt la haute signification que la théorie animiste a obtenu dans la science moderne des religions; l'introduction entière s'occupe presque exclusivement des différentes formes qu'elle revêt; un grand nombre de remarques très judicieuses y sont faites; le résultat final, formulé déjà à la page 2, n'est pas une condamnation absolue de la

' Hebrevv Religion to ttie establishment of Judaism under Ezra. London 1906.

' Animal Worship and animai Tribes among the Arabs and in the Oid Testament (.lournal of Philologj-, vol. IX), p. 75ss; Kinship and Marriage in early Arabia, Cambridge 1885; Lectures on the religion of the Sémites, first ser. London, 1' éd. 1889; '2* éd. 1894. Son élève A. Jevons appliqua cette théorie à chacun des peuples de la terre (Voyez plus haut p. 142.).

' Voyez les titres exacts de leurs ouvrages dans Zapletal (cfr. note suivante) p. 17, 18. Il faut cependant ajouter que, du moins chez Lang, l'admission de l'existence du totémisme chez les Hébreux n'est pas identique avec l'hypothèse quil est le premier degré de l'évolution de la religion.

' Der Totemismus und die Religion Israels, Fribourg (Suisse) 1901. Je ne comprends pas pourquoi Lods oublie entièrement cet ouvrage dans son «Aperçu sur l'histoire de la question (V. plus haut p. 3'25, note 2). Dans la liste des ouvrages à consulter, à la fin du '2' volimie, il est mentionné.

■• Beitriige zur semitischen Sprachwissenschaft. 1901. Il croit sculeuicnt qu'on n'a pas encore prouvé l'impossibilité du totémisme dans les temps les plus anciens, mais «à mon avis, continue-t-il, nous n'avons aucun témoignage probant en faveur de cette théorie» (p. 74).

'■■ Cfr. 1. c. p. 120—21, 129.

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