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Boorah (initiation). Même s'il a commencé très tôt à grisonner, disons à l'âge de trente ans, en 1846, son initiation a eu toujours encore lieu en 1830 où nous avons, comme faits établis, des témoignages contemporains sur la croyance à liyamee qui ne provient pas de l'introduction du christianisme, bien que peut-être après 1856, par le livre de Mr. Ridley, des idées chrétiennes aient été attachées à son nom par des Kamilarois instruits dans cette religion. C'était un être auquel on rendait un cu!te [worshipfui being], révélé dans les mystères longtemps avant l'arrivée de missionnaires, comme l'affirment tous ceux qui m'ont donné des informations.»
Tous les détails mentionnés ici sont si spécifiquement australiens et s'accordent si exactement avec tout ce que nous avons appris là-dessus par des recherches plus récentes, que nous ne pouvons plus douter de leur authenticité et de leur originalité australienne. Ceci est le cas particulièrement pour le terme «père», «notre père», dont Tylor s'efforce d'attribuer la création aux missionnaires. Nous avons vu plus haut (p. 126) l'exposé de Howitt sur. ces termes d'origine absolument australienne et nous devons déclarer non justifiée la défiance de Tylor qui se base sur une connaissance imparfaite des choses. Tylor pose finalement la question si chez les Kamilarois, où régnait le matriarcat, le nom de «père» pouvait être donné à un ancêtre divin indigène de tous les hommes. Nous faisons abstraction du caractère peu exact de la question qui ne veut admettre qu'un ancien ancêtre divin comme être suprême. En tout cas, nous avons maintenant des preuves évidentes que, même chez des tribus à matriarcat, l'être suprême est désigné par le nom de père. Il en est ainsi chez les Ngarigos (HSE p. 345), les Wotjobaluks (1. c. p. 440), les Theddoras (I. c. p. 493), les Euahlayis (K. Langloh Parker, I. c. p. 7); devant ces faits, des doutes provenant de pures théories doivent s'effacer.
Tylor en appelle ensuite à la position géographique de toutes ces tribus chez lesquelles ces formes supérieures .se rencontrent, mais sans expliquer ce qu'il entend par là. N. W. Thomas (!. c. p. 52) a bien démontré que dans l'Australie du Sud des missionnaires ont travaillé dès les premiers temps: à Port Jackson (1798—1801), à Paramatta (1815), à Newcastle (1825—1826), à Lake Macquaric (1826—1827), à Wellington Valley (1832—1842), à Moreton Bay (1836), à Marry Creek près Melbourne (1836). En dehors de Wellington Valley tontes ces stations sont situées sur la côte et sont très disséminées et par conséquent incapables d'exercer une influence durable. Mais le point décisif, c'est que toutes ces conceptions plus relevées étaient gardées même vis-à-vis des femmes et des enfants comme un secret inviolable de la tribu, transmis par les anciens. Si tout cela était dû aux missionnaires, les indigènes eux-mêmes auraient dû comprendre combien il était ridicule de cacher devant les Européens et surtout devant les missionnaires des idées qui provenaient de ceux-ci et leur étaient par con.^équcnt bien connues. Enfin les femmes et les enfants auraient dû le savoir aussi bien que les hommes.
N. W. Thomas résume son exposé sur l'origine du culte de Bâtante dans les paroles suivantes: «11 est évident que l'opinion de Tylor, attribuant l'origine du culte de Baiaiiic aux missionnaires entre les aimées 1830 et 1840, est insoutenable.»