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seulement au moyen dun médiateur', ne rappelle-t-elle pa-^ Boi-hoi. cette femme de Bundjil dont il n'a jamais vu la figure? Cunnumbcillie ~ (junnanbuly. dont le nom, comme nous l'avons prouve, signifie «deux mères» et avec laquelle Baiame engendre des enfants, doit être mise en parallèle avec les deux femmes (à la place desquelles il n'y en a parfois qu'une seule) de liundjil dont il a beaucoup d'enfants. Nous avons interprété les (jannawarra. les deux cygnes noirs, par les deux lunes obscures. Dans les deux N)ialalbal- Emous, les «mères» de Daramulun, nous avons également découvert des traits de la lune noire. Mais comme Daramulun est considéré aussi comme fils de Baiame, les deux -mères» de Daramulun seraient les femmes de Baiame: il est conforme à ceci que (Junanbuly. la femme de Baiame, signifie «deux mères», et que l'émou est consacré à Baiame. Une plus grande ressemblance avec les lunes obscures de la mythologie de Bundjil est amenée par le fait que les Bayamul. «cygnes noirs», sont désignés comme la tribu de Baiame-, et chez les Nungahburrah, Baiame est mis en relation avec les abeilles qui sont regardées comme /,'îC'o//7/M//?<'rt, «à sang foncé et chaud»-*. La circonstance ensuite que les abeilles sont réputées apparentées au doux vent de l'est qui apporte le printemps et qui est un sous-totem de l'émou et du kangourou*, met Baiame et ces êtres «à sang foncé» en relation avec l'émou. Conformément à cela, l'adversaire de l'émou, le faucon, est aussi le gardien du vent opposé, f^ooroon-goodilbay-goodilbay. le \ciU du sud-ouest, avec les gros nuages qu'il amène".
Une autre analogie avec la mythologie de Bundjil consiste en ce que les femmes de Baiame apparaissent aussi comme femmes de son fils-frère Daramulun, juste comme les femmes de Bundjil sont à proprement parler les femmes de son fils-frère Palyyan. Car d'un côté, les Ngalalbal-Emoua, mères de Daramulun. qui sont les femmes de Baiame. figurent aussi comme femmes de Daramulun : d'un autre côté, le nom de l'une des femmes de Baiame, Gunanbuly, est dans son radical «mère» identique au radical num dans Numbardy, l'ancêlre-mère des Kamilaroïs, dont l'époux, l'ancêtre de la tribu, est de nouveau Daramulun. De plus, comme la rivalité entre gundjil et Palyyan procède principalement de la lutte pour les deux femmes, de même ici on donne comme une des raisons de l'inimitié de Baiame contre Daramulun
' K. I.angloh Parker, More Austr. Leg. Taies, p. 90; van Oennep, p. 90
' K. I.angloh Parker, Austr. Leg. Taies, p. 94 ; van Gcnnep, p. 164.
' K. Langloli Parker, More Austr. Leg. Taies, p. 84; van Gcnnep, p. 98.
• K. Langloli Parker désigne plus e.xactement Yarragerrh. le vent du nord-est, comme vent du printemps.
■■ K. Langloli Parker, Tlic Eualilayi Tribe, p. 82; à la p. 19 et 100 il est appelé vent ilii sud. Il est extrêmement intéressant de voir comment aussi la corneille, qui figure au second rang dans les mythes de ce pays, est représentée, très significativcment, comme gardienne d'un vent, le vent froid de l'ouest, qu'elle garde dans un arbre pourri qui peut tomber à chaque instant et où la corneille se loge. On aura raison d'admettre que la répartition primitive des vents était comme il suit : les vents défavorables (du sud et de l'ouest) - ou le vent défavorable (du sudouest) furent attribués au faucon et à la corneille, et les deu.x vents propices (du nord et de l'est) — ou le vent propice (du nord-e.st) au kangourou et à l'émou. Nous ferons voir plus bas quelles conclusions intéressantes on peut en tirer dans d'autres sens.
i2,S 1'. O. Schmidt, S. Y. I)..
qu'il avait fait la chasse à l'éinou, consacre à Baiame, que nous avons reconnu être une des femmes de Baiame. De même, l'incertitude sur le caractère des êtres subordonnés à Baiame. si c'est son frère ou son fils, correspond tout à fait à la mythologie de Bundjil. Pour le fils-frère Daramuliin, il y a de plus un trait qui s'accorde avec une propriété caractéristique du fils-frère de Bundjil, de Karwien-Palyyan, c'est la blessure à un pied. Le nom de Daramiiliin = Dharramiilan, est directement interprété par «jambe d'un côté» {dhurni, jambe, mu/an, d'un côté)^ Dans les cérémonies d'initiations, on le reproduit toujours avec une jambe, l'autre se termine par un os pointu; on met en même temps en scène la chasse d'un émou à l'occasion de laquelle Daramulun tomba d'un arbre (HSE p. 585). Nous voilà en possession d'un trait des plus caractéristiques de la nature lunaire (lune claire) de Daramulun qui est encore renforcé par la chasse à l'émou, la lune obscure.
Ensuite nous attirons l'attention sur le fait que dans un des deux noms qui sont mentionnés une fois comme noms des fils de Baiame: Buma-humaknowie-, le nom du soleil est contenu; voir Curr, Australian Race, N""- 199, 202, 203, 204, 206, 207, 208: ngowi, nowi. Ceci serait conforme à la mythologie de Bundjil; Thara, le faucon des marécages, y est aussi fils du faucon Bundjil. C'est également conforme à l'un des mythes du cycle de Baiame. Chez les Euahlayis {?), on raconte^ que la grue (australienne) avait, dans sa colère, pris un œuf du nid de Dinewan (l'émou) et l'avait jeté contre le firmament; un amas de bois s'y alluma au contact du jaune de l'œuf et il y eut un grand incendie par lequel le monde fut illuminé pour la première fois. En imitation de cela, un esprit bon* alluma un grand feu chaque jour et c'est là le soleil. Ce mythe semble avoir pénétré en pays Bundjil, car on y raconte que Pupperimbul jeta un œuf d'émou en l'air et c'est là le soleil (gnowi)". On voit donc clairement que le soleil est conçu comme un œuf, donc comme une progéniture de l'émou; Buma-huma-knowie n'est cependant pas seulement fils de Baiame, mais aussi de l'émou qui est l'épouse de Baiame.
Si donc nous avons maintenant constaté tant et de si importantes analogies entre la mythologie de Baiame et celle de Bundjil, nous sommes forcés de reconnaître à Baiame le même caractère qu'à Bundjil. C'est donc une représentation du soleil; ses deux femmes sont les deux lunes obscures et son fils-frère Daramulun, c'est la lune claire.
Mais voici poindre une difficulté: Daramulun, au sens propre, c'est le faucon, et le faucon, c'est la représentation du soleil.
Nous trouverons ici une autre preuve concluante que dans la mythologie de l'Australie sud-est on a admis aussi des traits de l'histoire de la tribu et que ces événements historiques ont été d'une telle influence à transformer des
' R. H. Matliews, Ethnological Notes of thc .Miorigin.il Tribes of New South Wales ninl Victoria. Sydney 190.5, p. 141.
' Cfr. plus liant, p. 223. l.e nom de l'autre est Oinda-hindn-muie. ,1'attire l'.itteiition sur le redoublement dans la première moitié des deux noms (Biima-hiima. Giiitia-liindal.
' K. !.. Parker, More Austr. Leg. Taies, p 28ss.; van ("lennep, p. 33ss.
* On ne dit pas qui c'est ; peut-être Kaiamr.
' Brougham-Smyth i, p. 432— 431 et 460; van G e ii n e p, p. 49.