‹ L'origine de l'idée de DieuChapitre 34 sur 55 · I-'ori^jinc ilr ritlijf lU Dirii · texte numérisé non relu

I-'ori^jinc ilr ritlijf lU Dirii

viendrons sur ce sujet dans un cliapilrc spécial. Nous y ferons voir que l'opinion de Spencer, que les sauvages ont une certaine incapacité de Kénéraliser, opinion dont Guy au dit qu'elle est peut-être une vérité importante (p. 35, note 2), n'est au fond qu'une erreur importante.

Du reste, Guyau ;i hâte de se réfuter lui-même et d'une inanitre que nous devons déclarer très juste. Après avoir peu auparavant refusé aux hommes primitifs toute idée de vraie causalité, il dit (p. 31): «Puisque la cause qui provoque chez eux un mouvement est un appétit, ils présupposent que tout mouvement dans la nature, comme le mouvement des hommes et des animaux, s'explique également par un appétit, une intention quelconque». Ici donc il déclare formellement que l'homme a compris pleinement la causalité de ses propres mouvements. Cela suffit. Car cette causalité est en effet la plus parfaite et pour ainsi dire le modèle pour la perception de toute autre causalité. Là dessus aussi nous nous étendrons plus longuement dans le chapitre mentionné plus haut.

Guyau se montre préanimistc en niant que la distinction entre animé et nanimé ait formé le commencement de l'évolution intellectuelle. Comme l'homme primitif avait reconnu qu'en lui-même des appétits et des intentions étaient les motifs de ses mouvements, il attribua une vie intérieure semblable, de semblables volontés et aspirations, à tous les objets de la nature; la nature tout entière vivait à ses yeux, et alors l'idée d'une distinction entre animé et inanimé ne lui vint pas. Il distingua seulement, entre les choses voulantes d'elles-mêmes, celles qui lui voulaient du bien de celles qui lui voulaient du mal. De cette manière, il s'était vu dans toute la nature en face d'alliés et d'ennemis, avec lesquels il fallait entrer en relation. Toute sa conception de la nature était donc anthropomorphisante et sociomorphisante (pp. 31 à 32, 44).

Ici également, bien des idées justes sont énoncées, mais des preuves psychologiques et ethnologiques manquent encore. Cette absence de faits positifs, de réalité chez l'auteur a pour conséquence qu'une idée une fois contjue s'étend au-delà de toutes les limites, parce qu'il n'y a rien pour la retenir et la restreindre. Ainsi l'idée que l'homme a prêté vie aux autres êtres à l'instar de la sienne est très exacte, mais elle est appliquée au delà de toutes les bornes, quand l'auteur dit qu'une vie semblable a été attribuée à tous les objets naturels. Avec cela s'évanouit aussi l'assertion que l'homme primitif a connu uniquement la division en êtres bienveillants et malveillants. Déjà il y avait bien d'autres motifs que l'égoïsme pour produire des distinctions. Nous en donnerons la preuve, les faits positifs en main, et non avec quelques expressions commodes: «selon nous», «croyons-nous», «pour notre part», comme Guyau aime à le faire.

De cette humanisation di' la nature, telle qu'il l'expose, Guyau fait progresser l'homme primitif jusqu'à la divinisation à la vue de puissants phénomènes naturels dans lesquels se manifeste une plus grande force que celle de l'hounne (p. 44). De là jusqu'à la religion il ne fallait plus que l'idée cju'il était possible d'influencer la volonté de ces êtres puissants par des sacrifices, des actions de grâces, des supplications. Cette idée qui nous parait

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