‹ L'origine de la vieChapitre 15 sur 33 · EXPÉRIENCE · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCE

Mater iaicx de l’expérience . — Nous prenons du terreau provenant de mousse recueillie le premier juillet 1860 sur la rampe de la grande serre de Trianon, près Rouen, après quinze jours d’un soleil ardent ; lieu très sec et exposé au sud-est. ■Ce terreau, grossièrement tamisé et contenant en moyenne cinquante Rotifères et dix Tardigrades par deux décigrammes, est resté exposé à l’ombre et à une température de 18 degrés pendant quinze jours.

Le 15 juillet, à une heure, je place sous la ma-

l’origine de la vie.

chine pneumatique, à côté d’un vase rempli de chaux vive, un verre contenant trois grammes de ce terreau etle vide est fait àtrois millimètres. Je m’assure, chaque semaine, que le vide persiste toujours.

Les moyennes de la température ambiante, calculées par le professeur Preisser, d’après quatre observations faites chaque jour à neuf heures du matin, midi, trois heures et neuf heures du soir, ont été : en juillet, de 18*, 5 ; en août, de 16°, 4; en septembre, de]14°, 7, et en octobre, de 12®, 6. Notons, en outre , que le temps a été presque constamment sombre et pluvieux ; sept jours do pluie en juillet, vingt-un en août, quatorze en septembre et douze en octobre.

Mise en train de l’expérience. — Ces trois grammes de poussière, étaient destinés à l’expérience de chauffage que nous avons faite dans les conditions suivantes.

L’air extérieur, avant d'arriver au contact des animalcules, traverse successivement deux llacons remplis de chaux vive, où il se débarrasse de son humidité. Le deuxième vase communique avec un tube en U, au moyen de petits tubes coudés, réunis par un ajustage en caoutchouc. Le tube eu U plonge dans un bain d’huile, et un thermomètre placé dans le liquide indique constamment la température du bain. Du tube en U l’air se rend

LUS PRih'KNDüS INCOMBUSTIBLES. 157

daus un troisième flacon rempli de chaux vive el destine à intercc'jiter toute luimiJité du vase à

as])iration vers les animalcules, précaution omise

l’origine de la A'^IE.

dans l’appareil Berthelet. Enfin, Pair est attiré dans cet aspirateur rempli d’eau et muni d’un robinet qu’on ouvre plus ou moins, suivant qu’on veut faire arriver Pair avec plus ou moins de rapidité.

Le 27 octobre 1860, nous nous assurons que notre terreau contient encore des animalcules 1 eviviscibles — la moitié des rotifères est reviviscible, ce qui s’explique par la quantité de terreau mise en expérience et la basse température de 1 S'tmosphère ambiante pendant les trois mois qu’elle a duré ; tous les tardigrades sont absolument morts et, nous plaçons ensuite, pendant deux heures, dans une étuve à 60 degrés, le tube en U, un peu de coton cardé et des tubes coudés, ainsi que les tubes en caoutchouc situés entre le deuxième et le troisième vase à chaux.

A dix heures et demie |du matin, nous mettons 1 appareil en activité. Deux décigrammes de terreau, au sortir de la machine pneumatique, sont immédiatement déposés dans le tube eu U parfaitementséché, etunpetittampondecoton, également retiré de l’étuve, est introduit dans chaque branche du tube, cà un centimètre au-dessus de la poussière, afin d’empêcher des parcelles de terreau de s’élever, pendant Pe.xpérience, au-dessus du niveau du bain. A onze heures, la température de l’huile marque 50 degrés. Le tube eu U est intro-

LES PRÉTENDUS INCOMBUSTIDLES. 159 (luit dans le bain à un centimètre au-dessus du fond et on ouvre le robinet de l’aspirateur.

A partir de la température de 60 degrés, atteinte <à midi, nous élevons successivement la température du bain de 10 degrés par heure, de sorte que le thermomètre marque 100 degrés à quatre heures du soir. Nous maintenons cette température pendant 30 minutes, après lesquelles nous arrêtons le chaulTage, démontons l’appareil et plaçons notre terreau sous la cloche humide.

Résultat. — Le 28, à quatre heures du soir, nous : humectons notre poussière, et le lendemain, à la ;môme heure, procédant à l’examen microscopique, nous constatons ce qui suit ;

1er verre, 15 Rotifères, tous morts

— id.

— id

— id

Ayant examiné de nouveau le lendemain, nous ■sommes arrivés au même résultat.

Ainsi donc, sur 65 Rotifères mis en e.xpérience,

. aucun n’a manifesté le plus petit signe de vie, tous mous sont apparus contractés en boule et quelques-uns endosmosés. Tous les Tardigrades étaient également morts.

Cette expérience, répétée dans la suite par IM. Pouchet et reproduite en 1864 dans ses Nouvelles expériences sur la Génération spontanée et la Résistance vitale, l’ont amené à des résultats identiques.

Par conséquent, les Rotifères, comme les Tardigrades, ne peuvent, même après dessiccation à froid, dans le vide sec, supporter, comme on l’a avancé, la température de 100 degrés, sans périr d une maniéré définitive, et les Anguillules des toits ont depuis longtemps perdu toute propriété do reviviscence lorsque le thermomètre atteint cette température.

La vérité est quelquefois longue à se faire jour, mais elle jouit du privilège de percer tôt ou tard. Si Spallanzani ne doute pas qu’à mesure qu’on prendra plus de goût pour cette étude on n’augmente le nombre des animaux ressuscitants, nous pouvons affirmer que ses espérances ne se réaliseront pas, et que le nombre de ces êtres privilégiés diminuant au contraire de jour en jour, c’est à peine si, dans les livres sérieux, quelques lignes seront consacrées à la mémoire de leur résurrection.

« Les animalcules ressuscitants, dit avec raison M. Lucien Platt, appartiennent désormais à l’histoire de la superstition et de l’orgueil humain. Mais il faudra commencer ce chapitre par un conte qui est l’idéal du genre. On y a cru, comme quelques personnes croyaient naguère à la reviviscence des tardigrades. Voici la chose : il y avait au temps de Bouguer (l’auteur de la Théorie dt la figure de la terrej un certain serpent, un am-

LES PRÉLENDUS INCOMBUSTIBLES.

phisbène, que l’on rencontrait principalement vers l’embouchure de l’Orénoque , et qu’on voyait revenir à la vie après avoir été desséché une dizaine d’annes, soit en plein air et sur les branches d’un arbre, soit môme à l’intérieur d’une cheminée. Il ne fallait, pour jouir du phénomène, que plonger le reptile dans de l’eau exposée au soleil. Aux temps héroïques de l’ignorance, le Phénix ressuscitait aussi ; mais c’était dans le feu qu’il retrouvait la vie. »

Lorsqu’on 1859, M. Pouchet soumit au jugement de l’Académie des sciences, une expérience relative à l’hétérogénie et dans laquelle la chaleur avait joué un rôle capital, M. Milne Edwards lui opposa les résultats obtenus en 1842 par M. Doyère et avança qu’il n’y avait pas de raison pour que les infusoires ou leurs germes ne pussent comme lies tardigrades, braver sans périr les plus hautes 1 températures.

Tous les panspermistes répétèrent l’argument; on en vit môme un, le vieomte Gaston d’Auvray, annoncer l’incombustibilité absolue des œufs et des spores. Selon lui, la température du rouge

blanc est sur eux sans elfct ! Spallanzani avait

bien dit, avant lui, que les graines des moisissures pouvaient résister « à la clialeur d’un brasier tardent. »

Si cela se confirme, s’écria aussitôt M. l’abbé

l’origine de la vie.

Moigno, M. d’Auvray aura résolu le plus important des problèmes. Cela est sans conteste, mais... la confirmation manque et les adversaires les plus décidés de l’hétérogénie ne crurent pas à propos d’invoquer cette affirmation. L’auteur lui-même, qui promettait de reparaître bientôt sur la scène, n’a plus donné signe de -vie. Se serait-il soumis aussi à l’épreuve? M. Pasteur insiste bien,'de son côté, sur la résistance que les graines des Mucédinées opposent à la chaleur; mais, s’il se croit on mesure d’avancer que ces spores, chauffées dans le vide ou dans l’air sec, restent fécondes après avoir été portées à une température de 120 à 125 degrés, il conclut qu’une exposition de vingt minutes ou d’une demi-heure de 127 à 130 degrés suffit, au contraire, pour enlever complètement leur fécondité aux spores les moins im- ])ressionnahles. Nous sommes loin de Spallanzani ot du vicomte Gaston d’Auvray 1

Personne ne conteste que certains animalcules ct’certaines graines possèdent une résistance vitale considérable , résistance qui s’accroit ordinairement à mesure que l’on descend vers les degrés les plus inférieurs de l’échelle organique. C’est pourquoi M. Claude Bernard a pu dire, en 18G1 , dans une fort savante leçon sur les Mileux physiologiques : « Que les infusoires convenablement desséché.s, perdent toute propriété vitale, au moms

LBS PRÉTENDUS INCOMBUSTIBLES. 163

en apparence , et Yteiiyent rester ainsi des années entières (?) ; mais dès qu’on leur rend un peu d’eau , ils recommencent à vivre comme auparavant , pourvu qu’on n’ait pas dépassé un certain dcijré dans cette dessiccation. »

Ainsi donc , cette résistance a une limite et on ]ieut la déterminer. C’est ainsi que nous avons reconnu que les rotifères , périssaient de 90 à 100 ; les tardigrades , entre 80 et 85 et les anguillules de 70 à 75 degrés. « La vie n’est possible, dit M. Claude Bernard, qu’entre certaines limites de température et ces limites varient pour les diverses espèces. »

Nous nous rappelons que les expériences de la Société de Biologie confirmèrent nos conclusions relativement aux anguillules et aux tardigrades et qu’elle a simplement remarqué quelques rotifères ([u’elle croyait (nous avons montré le défaut de sou expérience) avoir supporté la température de 100“, mais non jamais l’avoir dépassée. Comment donc M. Milne Edwards allègue-t-il encore en 1864, à, l’occasion du Mémoire de M. Costo, que les travaux de la Commission prouvent que les tardigrades et plusieurs autres de ces animalcules microscopiques peuvent supporter une température de plus de cent degrés? Le rapport de M. Broca, qu’il invoque à l’appui , n’enseigne rien de semblable

M. Pasteur, en fixant les températures auxquel-

164 l’origine de la vie.

les cessent selon lui de résister certaines spores de inueédinées, croit, comme nous, cette délimitation possible : nous voudrions cependant le voir citer les végétaux sur lesquels il opère et ne pas rester constamment dans les généralités^ dans un vague qui paralyse tout contrôle.

Avant de passer à l’influence des températures « humides » sur les animaux et les végétaux inférieurs , disons qu’ils résistent assez longtemps à la privation d’air. M. Pouchet a vu des microzoaires supporter jhus de deux jours le vide de la machine pneumatique, et les zoospermes de la grenouille , d’apres les expériences de M. Mantegazza, vivent quelque temps dans le vide barométrique.

La résistance des microzoaires au froid, n’est pas moins surprenante et si nous refusons de croire avec M. Broca, que certains animaux peuvent survivre à la congélation « complète », nous savons que les zoospermes de la grenouille no périssent qu’à 13°,75; que lesrotifères supportent— 39“ pendant deux heures ; et que si les microzoaires ciliés meurent en quelques minutes a 2 ,les bactéries et les monades survivent à l’exposition pendant une heure à — Set souvent à celle de — 15 pendant quelques instants.

^I. Pouchet, fait avec juste raison remarquer, dans son' remarquable mémoire sur la Congélation des animaux , que ce sont ceux d’une plus frôle or-

ganisation qui supportent les plus basses temjiératures. Mais il démontre , à l’aide de près de eent expériences , que les animaux ne résistent que lorsque les organes indispensables à la vie sont épargnés et il confirme en cela ce que Spallanzani avait déjà reconnu dans ses expériences sur les infusoires.

« Beaucoup de savants — dit-il , et cette remarque est fort importante , — ont assuré que certains animaux qui vivent dans l’eau , tels que les poissons et quelques espèees de reptiles et de mollusques , pouvaient être pris dans la glace et eongelés absolument, sans cependant périr. J’ai reconnu, à l’aide d’espériences nombreuses, que ces assertions étaient absolument erronées.

-•» Tant que l’animal , enveloppé d’eau solidifiée, maintient assez sa température pour n’avoir point ses humeurs eongelées, et eela est assez fréquent, celles-ei ne se solidifiant que beaucoup au-dessous de 0°, cet animal peut sortir de la glace parfaitement vivant, il n’a nullement été eongelé , quoique se trouvant au milieu de la glace.

» Mais, si la réclusion se prolonge, et si le froid descend beaucoup au-dessous de 0, l’individu eontenu dans la glace est alors lui-même congelé entièrement, et tout retour à la vie est absolument impossible. »

Les infiniment petits possèdent donc , pour la

-166 l’origine de la vie.

jilupart , une résistance souvent surprenante au chaud et au froid. Une expérience de M. Pouchct montre même que certains d’entre eux peuvent supporter facilement de brusques changements de température, franchir subitement un intervalle de plus de 100 degrés !

Les rotifères et les tardigrades ont , en effet , été süiftnis à un froid de 17, 20 et 39 degrés, puis exposés tout-à-coup à une chaleur de 78 ou 80 degrés sans perdre la faculté de se ranimer lorsqu’on les remet dans leurs conditions habituelles d’existence.

« De toutes les épreuves auxquelles on a soumis les animaux reviviscibles , dit à cette occasion M. Broca , celle-ci est à coup sûr la plus prodigieuse. Avant cette belle expérience de M. Pouchet, on n’avait qu’une idée très-incomplète de la résistance vitale des tardigrades et des rotifères , et il est presque incroyable que dans un échauffement aussi rapide , la dilatation brusque des tissus n’en jiroduise pas la rujiture ; mais il faut bien se rendre à l’évidence et reconnaître que M. Pouchet a découvert une des propriétés les plus extraordinaires des rotifères et des tardigrades. >

En signalant cette expérience dans un article bibliographique inséré dans la Presse scientifique des deux Mondes , un savant des plus consciencieux et des plus profondément instruits de notre temps ,

LBS PRÉTBNDUS INCOMBUSTIBLES. 167 M. le D' Bertillon, s’étonne qu’elle n’ait pas converti M. Pouchet aux résurrections. Nous ne saurions être ici de son avis. Il professe lui-même que le fait , en matière scientifique , prime la théorie, et l’expérience démontre que la résistance vitale des animaux dits revivisciblcs est tout autre que ne le professent les résurrectionnistes. I) faut s’incliner. Les remarquables expériences que nous venons do relater, apportent un fait nouveau, nous l’enregistrons , mais elles démontrent aussi le peu de susceptibilité des animalcules dits reviviscibles aux changements de température et, partant, la puérilité des objections que l’on nous a longtemps adressées. Elles ridiculisent donc la fantasmagorie exjiérimentale qu’on a voulu nous imposer.

Ceci dit, terminons ce chapitre par l’action des températures t humides », sur les microzoaires. Ces notions vont nous être de première utilité lorsque nous allons avoir à démontrer la genèse spontanée hétérogénique au moyen d’expériences eu vases clos et avec des substances préalablement chauffées.

Après avoir soutenu que les graines et les œufs des Microscopiques ne pouvaient résister à l’action de l’eau bouillante , Spallanzani émit l’opinion contraire. Mais , ses expériences ne sauraient faire autorité ; il se contentait en effet , de plonger pen-

l’origine de la vie.

dant deux mmutes dans de l’eau en ébullition les vases remplis d’eau qui contenaient ses graines , de sorte que la température n’avait pas le temps de se transmettre jusqu’à l’embryon.

Un savant de premier ordre, M. Payen, vint cependant soutenir dans la suite, que les sporules (le l’oïdrum aurantî'acuin, champignon, qui envahit le pain, résistaient à 120 degrés humides et ne perdaient qu’à 140 leur faculté germinative, et M. Paul Laurent, que les spores des moisissures peuvent facilementbravor une température humide plus considérable encore, parce que « l’amidon » ne se désorganise complètement qu’à 160“ , là où apparait sa transformation en dextrine.

Toujours des arguments indirects ! Tel fait n’est pas vrai pour les Pénicilliums et les Aspcrgülus, parce qu’il n’est pas applicable à l'amidon. Quelle pauvreté d’argumentation !

M. Wyman ayant vu se développer des animalcules et des mucédinées dans de l’eau qui avait bouilli deux heures à deux atmosphères de pression et M. Pouchet ayant obtenu les mêmes résultats après avoir prolongé l’ébullition pendant six heures, M. Gaston d’Auvray qui, à aucun prix, ne veut admettre l’hétérogénie, aima mieux accroître indéfiniment la résistance vitale des œufs et des spores et proclamer qu’ils bravent une ébullition de htiü heures.

M. Pasteur, qui ne saurait, en pareille matière, '■être accusé de partialité , proteste contre cette iiassertion comme il proteste contre celle de M. IPayen, si son résultat porte sur une température lihumide, ce dont il doute et ce qui est cependant /incontestable pour quinconque a lu son Précis de :chirnie industrielle. S’il admet que les animalcules i.ou leurs œufs peuvent soutenir une ébullition de « quelques minutes», il professe que les spores :< d’aucune sorte » ne supportent la température iJiumide de cent degrés.

Comment donc, M. d’A.uvray peut-il prétendre ]jue ses résultats viennent confirmer ceux de M. IPasteur ? Le savant chimiste n’a jamais prolongé .',’ébullition au-delà de quelques minutes, il aurait liù (au point de vue de M. d’Auvray) constamment urriver à des résultats opposés à ceux qu’il a obtenus. Voilà, pourtant comme on écrit l’histoire !

Il est vrai que M. Pasteur se croit en mesure il’avancer que lorsque le liquide dans lequel on :3hauffe les animalcules jouit de « certaines proporiétés .», les œufs de certains d’entre eux bravent î3xceptionnellement une température un peu supérieure à celle de l’ébullition. Ce serait le cas des vibrions chauffés dans le lait et qui résisteraient lusqu’à 110”. Mais, il n’y a qu’un malheur, c’est que l’observateur ne constate pas la présence de «es œufs ou de ces animaux au commencement de

l’origink db la vie.

l’expérience , par la raison toute simple qu’il< n’existent point et que s’il les aperçoit à la fin c’est qu’ils sont nés spontanément dans le liquide tandis que si leur production s’arrête à 110 c’es qu’à cette température, tout mouvement fermen tescible est arrêté dans le lait e1, partant, tout( genèse spontanée. M. Pouchet a parfaitement démontré cela : Telle conserve, dit-il, exposée à l’air s’altère parce qu’elle n’a subi qu’une trop court( ébullition, et elle ne s’altère plus quand on la soumet à une plus prolongée, parce que sa compo sition chimique est plus altérée et ne peut plui fournir d’organismes.

Il n’est point douteux cependant que certaine; graines puissent, dans des conditions toutes spé ciales, germer après avoir été maintenues pendan un temps assez long au milieu de l’eau bouillante Mais, ce fait n’est nullement applicable aux œuf des infusoires ou aux spores des moisissures et n( regarde que les graines dont les téguments peu vent suffisamment protéger l’embryon. Il ne peut eu conséquence , nous convertir à l’opinion di MM. Payen, Laurent ou Gaston d’Auvray ; pa plus que l’expérience dans laquelle M. Pouche fait supporter aux animaux dits reviviscibles, sam les faire périr, de brusques transitions de tem pérature, ne saurait nous convertir aux résurrec lions.

Toutes les fois que, dans une graine, l’embryon uubitune température «humide» de cent degrés, .1 est aussitôt désorganisé : mais, nous le répétons, 11 en est que leurs téguments protègent assez contre les agents extérieurs pour les soustraire Luomentanément à leur, action et qui , bien que nlacées au sein de l’eau, n’y subissent qu’une température « sèche ».

Des laines en suint, apportées de Buenos-Ayres Pt soumises aux opérations de la teinture, supporcent une ébullition de deux, trois ou quatre heures Pt, malgré cela, elles se couvrent parfois, lorsqu’on les étend humides sur un plancher, d’une belle rverdure provenant de la germination de graines :qu’elles contenaient. M. Pouchet qui a vérifié l’exactitude du fait, rapporte ce qui suit dans ses TExpériences comparées sur la résistance vitale de certains embryons végétaux :

« Les fruits qui enchevêtrent ainsi les toisons du IBrésil appartiennent presque tous à un Medicago (.américain, et ce fut sur ceux-ci que j’entrepris une >série d’expériences pour débrouiller la vérité.

» On mit un certain nombre de semences de ce miedicago dans un ballon à moitié rempli d’eau ; oeusuite l’on porta celle-ci à l’ébullition, et l’on 'entretint cette ébullition pendant quatre heures, 'Sans discontinuer un seul instant. Après cette rude <Apreuve, on reconnut que la masse des semences

avait beaucoup augmenté. L’eau était devenue glaireuse, et toutes les graiues semblaient profondément désorganisées.

» Je semai cependant ces graines au Muséum de Rouen ; mais je n’espérais nullement en voir aucune germer.

» 1,0 contraire arriva à. mon grand étonnement.

» Après un nombre de jours qui varia de dix à vingt, je vis partout germer une portion des graines que j’avais semées, en les comptant, dans des pots couverts chacun d’une cloche en verre, et contenant une terre expurgée de toute graine analogue.

» L’expérience, ayant été recommencée plus de vingt fois, donna le môme résultat. Il ne pouvait y avoir le moindre doute. Les semences de ce medicago du Brésil résistaient à une ébullition de quatre heures de durée. Où cela s’arrôte-t-il ? Je n’en sais rien, n’ayant pas expérimenté au-delà.

» l\Iais, par la suite, ayant étudié fort attentivement ce phénomène extraordinaire, voici ce que je reconnus :

» Lorsque les semences ont subi cette longue ébullition, presque toutes sont plus ou moins gonflées par l’eau et désorganisées. Leur tégument (pii est infiltré de cette eau est désorganisé, déchiré et parfois totalement enlevé ; les cotylédons et la plantule sont également gonflés et plus ou

I.ES PRÉTENDUS INCOilBUSTIULES. 173 Cûoins à nu. Par la dessiccation, ces mômes semenites deviennent noires et rugueuses .

» Cependant quand on regarde avec attention la masse qui vient d’ôlre soumise à l’eau bouillante, sn reconnaît, de place en place , et perdues axi milieu de l’amas noir, quelques semences dont le volume, la forme et la couleur n’ont pas subi la moindre altération. Une disposition organique pardculière les a absolument protégées contre l’infilr.ration de l’eau, et ces semences sont restées parfaitement intactes en subissant, ce qui est déjà remarquable, la rude température de 100 degrés pendant quatre heures, mais nullement la température humide : l’eau ne les a aucunement pénétrées.

» Pour bien m’assurer que c’étaient seulement les semences intactes qui germaient et jamais les autres, on en a fait deux lots. On a reconnu que les semences hydratées , noires et désorganisées, ne fournissaient jamais une seule plante, et que ce sontseulementles semences non hydratées, intactes et jaunes, qui germent pour la plupart.»

L’explication que donne M. Pouchet, de l’immunité apparente des graines de luzerne, à l’action de l’eau bouillante, n’a pas séduit tout le monde. M. Henri Bcrthoud est du nombre. Aussi, à propos de la disposition organique particulière de leur tégument qui les préserve de toute iufil-

^'î‘^ l’origine DK LA VIE.

iration de l’eau bouillante, lança-t-il à ses lecteur.^’ de la Patrie, le trait d’esprit suivant : «disposi-, fion, soit dit en passant, qui ne les empêche point de subir l’action de l’humidité contenue dans la terre, qui seule peut les faire germer. »

M. Henri Berthoud ne tient donc aucun comptede l’influence du temps dans les phénomènes de ' la germination ? Toutes les graines ne germent point en un temps égal, et ce qu’arrive à faire lentement l’humidité prolongée au sein delaterre, l’ébullition peut être impuissante à le déterminer dans les conditions précédentes.

Patience et longueur de temps Font plus que force ni que rage.

La Fontaine,

C’est pourquoi, M. Milne Edwards, eu 1864, appela l’attention des physiologistes sur cette hypothèse que des infusoires enkystés pouvaient peutêtre être assez jieu perméables à l’eau pour demeurer à sec au milieu du liquide, de sorte qu’en les faisant bouillir on les soumettrait exactement à la même épreuve que si on les exposait à la température sèche de 100 degrés.

Le raisonnement était fort juste à priori et l’expérience ayant démontré depuis que les Colpodes enkystés ne résistent pas à l’ébullition, il s’en suit, si l’hypothèse de M. Milne Edwards est applicable

LES PRÊTKNDüS INCOMBUSTIBLES. 17.5

:3i, qu’ils ne supportent pas non plus 100 degrés te température sèche.

Mais, terminons en avec M. Henri Berthoud :

« Ce mystère, conclue-t-il, que l’on peut com- ;>arer au mystère qui résulterait d’œufs bouillis matre heures et qui conserveraient la propriété de jroduiro des poulets, reste donc hermétiquement jIos, et ne sert qu’à expliquer comment les germes microscopiques que charrient l’air, les eaux, tt que contient la terre, et qui, grâce à leur téuuité, qui les rend transparents, échappent à nos regards, peuvent résister à l’action destructive des milieux délétères où ils se trouvent, et éclosent dans les matras des expérimentateurs, après avoir r.raversé une couche de mercure ou un tube de métal rougi à blanc.»

Nous y voilà! Toujours le môme mode d’argumentation ; toujours des objections « indirectes. » [fnterrogeons donc plutôt l’expérience et, lorsqu’on mous parle Rotifères ouTardigrades, ne répondons rpas rats ou grenouilles vertes...

Des expériences comparatives, exécutées par \M. Pouchet, lui ont montré que si les téguments ■ides graines d’un modicarjo (c’est ainsi que les sauvants appellent la luzerne), restent parfois imper- :méables au liquide, ce fait est loin d’être général.

« Des semonces de blé et d’orge, continue-t-il, ■ en effet, mises dans de l’eau élevée lentement à la

l’origine DK LA VIE.

température de 100 degrés, n’ont jamais germé après cinq minutes d’ébullition. Des semences de phalaris arundinacea, de Milium italicum, de cichorium intyhus, d’aveva saliva, de loli'um tcmulum, de hromur schræderi, de sinapis alba et de cresson alenois, n’ont point germé non plus après avoir séjourné seulement quinze minutes dans de l’eau en ébullition. »

Mais, arrivons aux infusoires et aux sporules des végétaux primaires.

Bulliard a constaté par de nombreuses expériences, et relaté dans son Hisloire des Champignons que les spores des Mucédinées étaient tuées par le simple contact de l’eau bouillante, et Herm. Hoffmann, dans ses Eludes mycologiques sur les fermenlalions, arrive à des conclusions identiques. Il déclare que quatre à dix secondes suffisent 230ur leur enlever leur faculté germinative.

MM. Claude Bernard et Milne Edwards ont d’ailleurs démontré que la temjiérature humide de cent degrés tue tout organisme. Notons, en passant, que ces observateurs figurent dans la liste des adversaires de l’iiétérogénie : on ne les accusera pas de complaisance.

La résistance vitale des Infusoires est bien loin d’atteindre cette limite maximum : l’expérience le prouve. Morren pense que la température de 45° suffit pour tuer tous les protozoaires ; Dugès,

monte à 80 et M. Pouchet obtient les résultats suivants :

La température de 40, en gêne déjà un grand nombre, les microzoaires ciliés périssent pour la plupart au-dessous de 50 degrés, les œufs spontanés en gj’ration ne résistent pas à cette tempérarature que bravent quelque temps seulement les grands vibrions et quelques petites paramécies, mais, « aucun infusoire ne supporte 55 degrés. » Les œufs normaux des Paramécies et des Yorticellcs ont une résistance plus considérable, ils supportent souvent 70 degrés mais n’atteignent jamais 75.

L’expérience suivante confirme les données précédentes.

Une macération de foin, contenant des microzoairos d’espèces très variées, fut placée dans une bassine en porcelaine, dans laquelle plongeait un thermomètre; la pression était de 0m,741. Ensuite, la température du liquide fut successivement élevée à l’aide d’une lampe à esprit de vin. A 40* le spiriUum unchda (Elir.), le vihrio granifer (Nob.), les Kolpodes, les Kérones, les Bactériums, commencent à périr ; à 45", beaucoup de microzoaires sont déjà morts. Quelques petites paramécies cl quelques grands vibrions résistent seuls à 50". Après

cinq minutes, tout est mort à 55; les œufs spontanés des paramécies en gyration sont aussi absolument morts. » 19

l’origine de la vie.

Enfin, pour répondre à la question soulevée par M. Milne Edwards au sujet de la résistance que les- Kolpodes enkystés peuvent opposer aux températures humides, M. Victor Meunier entreprit toute une série d’expériences et lut à l’Académie des sciences un Mémoire fort important qui démontre, sans conteste, que ces organismes sont « tués par l’ébullition. »

Il se servit pour scs recherches de la poussièreque le foin abandonne, lorsqu’on le secoue, s’assura qu’elle contenait un grand nombre de kolpodes enkystés, uniformément distribués et procéda aux expériences suivantes dans chacune desquelles il employa 50 centigrammes de poussière et 40 centimètres cubes d’eau.

« Deux matras, contenant les doses sus-dites d’eau et de poussière, sont portés et maintenus pendant dix minutes à 100 degrés. Un examen microscopique attentif, plusieurs fois renouvelé pendant une durée de 24 heures, montre que ces décoctions ne contiennent pas de microzoaires ciliés ; on n’y trouve môme aucune trace de kystes : l’ébullition les a détruits. >

L’expérience renouvelée, soit en ne maintenant l’ébullition que cinq ou deux minutes, soit en retirant les matras du feu au moment môme où cette température est atteinte, lui donna les mômes résultats. Il s’arrêta ensuite successivement à 95,

LES PRÉTENDUS INCOMBUSTIBLES. 179 à 70, à 65 OU à 60 degrés et ne put observer aucun microzoaire cilié, môme en prolongeant l’examen pendant 44, 45 et 47 heures. Au contraire, il obtenait un résultat positif, après quelques heures seulement, lorsqu’il ne chauffait qu’à 40 ou 45 degrés.

Or, il est parfaitement reconnu par tous les physiologistes que les microzoaires enkystés acquiérent, sous cet état, la résistance la plus grande à l’action de la chaleur ; nous sommes donc en état de conclure aujourd’hui qu'aucun infusoire cilié ne peut résister à l’ébullition.

Lorsque M. Meunier laissait un peu de poussière macerer dans de l’eau, le liquide était en quelques instants peuple non-seulement de kolpodes, mais de bactéries et de vibrions, et il n’en put cependant jamais constater la présence à la suite de ses expériences de chauffage. Il devient donc évident que ces organismes, tout à fait inférieurs, sont soumis à la même loi que les autres.

Il nous reste, pour terminer cette étude, à déterminer la limite de la résistance des graines ou spores placées dans ces mêmes conditions.

Les expériences de Bulliard , d’Hoffmann , de Pouchet et de Wyman prouvent, avec la mémo évidence, que l’ebullition détruit les spores des végétaux inferieurs. M. Pouchet ayant mis dans de 1 eau des spores d’un « Ascophore », et ayant

r.’nlUGlNK l>lî r,\ VIK.

Aipergillus Pouclielii. Monl.

d’un temps très court, d’une miimtc parfois, elles

LES PRÉTENDUS INCOMBUSTIDLES. 181 étaient complètement désorganisées, et il constata le même phénomène relativement aux spores du « Pénicillium glaucum » et à celles des « Aspcrgillus ».

Il ne s’agit donc plus de se renfermer dans des allégations vagues et indécises , ni d’opposer des arguments toujours indirects aux résultats obtenus par les hétérogénistes. Le mot germe a fait son temps; il s’agit aujourd’hui d’œufs et de graines (l’expression spore ne signifie pas autre chose).

Or, on les connaît, ils sont décrits, mesurés, et les températures extrêmes qu’ils peuvent braver sont toujours déterminables et, pour la plupart d’entre eux, déterminées.

PÏ^EUVES / CIEL OUVEI^T.

« J’ai toujours cru à la génératiou spontanée, dit Mantégazza, mais, après avoir visité Pouchet dans son laboratoire , après avoir vu ses expériences et l’exactitude avec laquelle il les fait, aj>rès avoir vu les ingénieux appareils qui lui ont servi, j’avoue que je crois cà l’hétérogénie deux fois plus encore. » Ce qui frappa le plus l’illustre physiologiste auquel nous empruntons ces paroles, ce sont les expériences qui, n’entravant paslamarche régulière des phénomènes, n’en permettent que mieux de saisir la nature sur le fait et fournissent à la cause de l’hétérogénie les arguments les plus décisifs.

Nous avons observé, sous le microscope, l’apparition de l’œuf spontané, nous l’avons suivi dans son développement , nous l’avons vu éclore sous nos yeux; nous allons maintenant constater experimentalement sa genèse spontanée hétérogénique.

PREUVES A CIEL OUVERT

Dans une cuvette en porcelaine à fond plat, rapporte M. Poucliet, on versa de la colle de farine ■de blé bouillante, de manière à former une couche d’un centimètre d’épaisseur. Quand cette colle •commença à se figer, avec un pinceau imbibé d’une forte macération de poudre de noix de galle, préalablement filtrée, on écrivit ces mots à la surface de la pellicule : Generaho spontanea. L’appareil fut ensuite abandonné à lui-même pendant quatre jours , après avoir été recouvert d’une lame de

Aspergillu! primigenius. Pouch.

verre. Au bout de ce temps, la température ayant •été de 24 degrés en moyenne, et la pression de 0,76, les mots Generatio spontanea se dessinèrent sur la colle en caractères d’un beau noir , formés par des touffes serrées d’un champignon microscopique absolument inconnu , que j’appellerai Aspergillus primigenius. Celui-ci s’est uniquement développé sur les lettres tracées avec la noix de

l’origine de la vie.

galle. Le reste de la colle ne présente encore aucune végétation, et sa surface, explorée les jours précédents, n’a offert aucune trace des séminules de la plante qui reproduit les deux mots.

M. Pouchet conserve, au Muséum de Rouen, cet Aspergillus nouveau, dont les tigelles sont simples, cjdindriques, non articulées et dont les capitules sont du plus beau noir.

La fgenèse spontanée hétérogénique peut seule expliquer l’apparition de ce champignon. En effet, ses semences, recueillies et soumises quinze minutes à une température humide inférieure à 100 degrés, se sont totalement désorganisées ; la colle, qui a été employée bouillante, eût à plus forto raison produit sur elles le même effet, si elle les eût renfermées. D’un autre cûté, elles ont une coloration brune trop apparente et des dimensions trop considérables (0““,0028) pour échapper au microscope.

Dira-t-on qu’elles ont été apportées par la macération de noi-x de galle? M. Pouchet a prévu l’objection; aussi, ne l’a-t-il employée qu’après en avoir fait l’examen microscopique et l’avoir filtrée..

Objectera-t-on , enfin , qu’elles flottaient dans l’air? Mais, elles se seraient alors également réparties et non pas exclusivement sur les points imbibés de la macération.

De nombreuses expériences ont été entreprises

PREUVES A CIEL OUVERT

jar M. Pouchet, dans le but de démontrer que les jermes (œufs ou spores) des organismes obtenus lans les expériences d’hétérogénie ne proviennent li du corps putrescible, ni de l’eau, ni de l’air.

Tréviranus, en 1822, démontra que les mêmes lubstauces fournissent des espèces différentes , orsquc viennent à varier les conditions dans les- [uelles elles se trouvent, et, deux ans plus tard, lory de Saint-Vincent confirma cette assertion.

: Que l’on choisisse, dit-il, pour faire l’expérience, me plante propre au Canada, par exemple ; qu’a- )i’ès l’avoir soumise à l’expérience, et quand elle . produit des animalcules, on en mêle l’infusion ,vec celle d’un végétal de l’Inde ou de la Nouvellelollande, et qu’il en résulte, comme la chose ne nanquera pas d’arriver, quelque infusoire qui ne e trouvait ni dans l’im ni dans l’autre de ces deux iquides, n’aura-t-on pas opéré une véritable créaion, un être que la nature n’avait pas arrêté dans on plan primitif? » Il est si vrai que le corps purescible n’apporte pas les germes ; que la forme eule du vase dans lequel on opère peut faire vaier l’espèce animale ou végétale obtenue. Une aême substance placée dans des matras de formes hfférentes donne, dans cliacun d’eux, des orgalismes ordinairement distincts.

L eau n est pas davantage le véhicule de gernes. On peut, en effet, la porter pendant plusieurs

l’origine de la vie.

heures à l’ébullition, comme on peut soumettre à de très hautes températures le corps solide sans arrêter la production d’organismes. L’eau distillée, elle-même, ou l’eau produite artificiellement dans le laboratoire du chimiste, par la combinaison de l’hydrogène et de l’oxygène , donne des résultats identiques.

Mais ne serait-ce pas l’air qui charierait les germes et peuplerait les infusions?

Nous avons précédemment fait l’analyse microscopique de ce fluide et constaté l’absence normale d’œufs et de spores. Ce que l’observation nous a démontré, l’expérience le confirme. Il se produit, d’ailleurs, des infusoires dans de l’air artificiel obtenu par un mélange d’oxygène et d’azote ! Mais les quelques expériences qui vont suivre suffiront pour réduire à néant les prétentions de ceux qui regardent l’air comme le disséminateur universel des graines et des œufs.

Le docteur Joly expose à l’air libre, dans son laboratoire, des plaques de verre enduites de glycérine, et, deux mois après, il les examine au microscope sans y rencontrer aucun œuf d’infusoire, aucune spore de mucédinée.

Il verse ensuite dans une éprouvette (on appelle ainsi un vase cylindrique à pied, dont la hauteur l’emporte de beaucoup sur le diamètre) une certaine quantité d’eau de puits additionnée de feuilles

PREUVES A CIEL OUVERT. 187

d'aster, et la recouvre d’une soucoupe retournée que surmonte un petit vase rempli d’eau distillée.

Le lendemain, il constate la présence dans l’éprouvette d’une énorme quantité de Bactéries. Deux jours après, celle des Monades, et le quatrième jour, il aperçoit des Colpodes et des Paramécies.

Remarquons qpe les infusoires primaires précèdent les microzoaires ciliés. Ce fait est constant.

Au bout de huit jours d’attente, aucune spore, aucun œuf, aucun infusoire n’est apparu dans le vase supérieur qui , exposé librement à l’air, devrait cependant, dans l’hypothèse des pauspermistes, être le plus peuplé.

On dira peut-être que l’eau distillée n’est pas apte à la vie des microscopiques? Mais M. Joly démontra en 1862, dans ses Etudes physiologiques sur l' hétérogénie, que « des infusoires ciliés ou nus pouvaient vivre pendant plusieurs jours dans de l’eau distillée et que, par conséquent, leurs germes pourraient et devraient s’y développer s’ils y étaient apportés par l’air atmosphérique. > Il a enfin répondu, ici, d’une manière toute directe à l’objection en introduisant dans le liquide resté : stérile un certain nombre d’infusoires ciliés et non [ciliés, et en constatant encore, quatre ou cinq jours .après, la présence d’un certain nombre d’entre eux [parfaitement vivants.

Cette expérience , à elle seule , ne démontre-

l’origine DK LA VIE.

t'-elle pas que les organismes produits ne proviennent pas de l’air? Nous la ferons suivre de quelques autres encore, ne voulant pas que le plus léger doute reste dans l’esprit du lecteur.

MM. Joly et Cb. Musset montent un appareil de Woolf composé, comme chacun sait, d’un certain nombre de flacons communiquant entre eux.

Ils remplissent leurs flacons à moitié d’eau distillée et d’une quantité variable pour chacun d’eux, de substance fermentescible, à l’exception du vase du milieu qui ne contient que de l’eau pure. Ils renouvellent, plusieurs fois dans la journée, l’air contenu dans l’appareil et huit jours après, ils examinent son contenu.

Or, ils trouvent la population de chaque flacon en rapport exact avec la quantité de matière fermentescible introduite et consta-

Appareil de Woolf.

tent l’absence complété de vie

dans celui qui ne contient que de l’eau.

Ils en concluent donc, avec raison, que la quan-

PREUVES A OIIÎE OUVERT.

tité de vie est proportionuclle non pas au volume •d’air introduit mais bien à la quantité de substance putrescible mise dans les flacons, ce qui est encore contraire aux assertions dos ])auspermistes.

Donnons maintenant la parole à M. Pouchet. «Je prends, dit -il, une éprouvette et je la remplis d’une macération filtrée (très-légère), propre à engendrer de gros microzoaires ciliés. Je jjreuds ensuite une large cuvette eu cristal, à fond très

plan, et je verse dedans une égale quantité de la même macération qui remplit l’éprouvette. Celleci est ensuite jdacéo au milieu de la cuvette. Le tout est mis enfin sous une cloche plongeant dans l’eau pour modérer l’évaporation.

«Au bout de quatre à cinq jours, par une température de 20 degrés en moyenne, l’éprouvetto présente une membrane proligère épaisse et rem-

l’oiugine de la vie.

plie de microsoaires ciliés. La cuvette, au contraire, n’ofTre qu’une membrane proligère à peine apparente, arachnoïde et ne contient aucun microzoaire cilié.»

Comment, si les infusoires ou leurs œufs tombaient de l’air, le liquide de l’éprouvette centrale en serait-il seul dépositaire? Ce résultat s’explique parfaitement, au contraire, par l’hétérogénie.

M. Pouchet vient-il à augmenter, dans cette expérience, le volume du liquide contenu dans la cuvette et à diminuer celui de l’éprouvette, il constate alors un résultat inverse au précédent : quelques monadaires seulement dans l’éprouvette et les microzoairès ciliés dans le vase périphérique.

Le physiologiste rouennais oppose encore à ses antagonistes une expérience non moins décisive, également à l’abri de toute objection et également aussi restée sans réponse.

« On prit une cuvette en cristal, de trente centimètres de diamètre, lavée avec de l’acide sulfurique et elle fut remplie d’eau distillée bouillante. On plongea dans celle-ci dix grammes de filaments de lin chauffés à 150 degrés pendant deux heures. Cette cuvette fut ensuite recouverte d’une cloche et placée au centre d’une autre grande cuvette de cinquante centimètres de diamètre, remplie d’eau distillée. Après quatre jours, dont la température fut en moyenne de 28 degrés, on trouva la macé-

PREUVES A CIEL OUVERT

ration de lin encombrée d’une prodigieuse quantité de Paramécies et l’on ne découvrit pas un seul de ces animaux, ni un seul de leurs œufs, dans la grande cuvette au centre de laquelle l’autre était placée.»

Discutons le résultat de cette expérience et pour cela, plaçons-nous toujours au point de vue des panspermistes.

Dans le cas où les paramécies ou leurs œufs proviendraient de l’air, le grand vase en contiendrait également, ce qui n’a pas lieu. Les œufs des Paramécies sont connus ; leur diamètre , alors qu’ils sont encore contenus dans la mère, présente déjà un centième de millimètre, ils ne peuvent donc passer inaperçus.

Il ne se peut pas que le hasard ait fait tomber dans le vase central, une ou deux paramécies qui se seraient multipliées par génération sexuelle, car, l’accouplement seul de ces animaux dure cinq

jours ; ou, par scissiparité , car ce phénomène serait fort apparent et, dans tous les cas, les infusoires pour se diviser doivent être adultes tandis que les paramécies dont il s’agit, étaient encore incomplètement développées.

On ne peut pas non plus admettre l’hjpothèse de germes même métaphysiques, dernier argument d’un panspermiste battu. Qu’on les suppose, en effet, aussi invisibles que l’on voudra, ils tomberaient aussi bien dans le grand vase que dans le petit qui y est contenu, ils s’y développeraient, finiraient par tomber sous nos sens, écloraient enfin et s’agiteraient un certain temps dans le liquide puisque MM. Joly et Musset ont fait voir que les microzoaires pouvaient vivre plusieurs jours dans l’eau distillée.

Enfin, les 150 degrés supportés pendant deux iieures parles diagrammes de lin, excluent toute idée que les œufs étaient contenus dans le corps putrescible.

Ainsi donc, les résultats obtenus par MM. Pouchet, Joly et Musset, sont tous favorables à l’hétérogénie. L’expérience suivante de M. Mantegazza vient également à l’appui de cette thèse.

Ayant pris un tube en U, le savant italien, mit dans une de ses branches une décoction de farine de blé et dans l’autre , de l’eau et un fragment d’utérus de fœtus. Trois semaines après, ladécoc-

PREUVES A CIEL OUVERT

tion de blé avait produit une abondante quantité de Pénicilliums glaucum et pas un infusoire; au contraire, la macération d’utérus était remplie de longs vibrions et de bactéries, sans traces aucunes despores. Combien cette expérience est décisive, observe l’auteur lui-même, « de deux liquides séparés l’un de l’autre par quelques lignes seulement et baignés par un seul centimètre cube d’air, l’un produit un monde végétal, et l’autre un monde animal, qui vivent l’un à côté de l’autre, sans se mêler, sans se confondre. Qui oserait dire que quelques bulles d’air renfermaient les œufs et les sporules de tant d’animaux et de plantes? »

Une dernière série d’expériences, inaugurée par les résultats obtenus par M. Pasteur à l’aide de ballons à col tortueux, terminera ce chapitre et nous amènera insensiblement aux épreuves en vases clos.

M. Pasteur soutient que l’air contenu dans des ballons à cols tortueux et effilés à la lampe se renouvelle lentement et que l’air extérieur en y pénétrant peu à peu, laisse déposer dans les cour- 1 bures, les germes qu’il contient, de sorte que les 1 liquides putrescibles qu’on y a introduits restent 1 fatalement et indéfiniment stériles s’ils ont été eux- I mêmes privés de leurs germes.

Ce chimiste se fonde, pour cela , sur l’expé» irience suivante. Il mit dans deux ballons à cols

l’origine db la vie.

tortueux, une même liqueur préalablement bouillie, de l’eau sucrée albumineuse par exemple. (Il suffit, pour cela, de plonger dans le liquide le col capillaire du ballon dont on a raréfie 1 air par la chaleur). Il porte une seconde fois à l’ebullition, le contenu de l’un d’eux seulement. Et, vingtquatre ou quarante-huit heures après, le liquide non rebouilli s’est couvert de mucors divers, tandis qu’au bout de plusieurs mois, de plusieurs années, le second ballon était encore stérile.

Ce résultat s’explique , selon lui , de la manière suivante : dans le premier cas , le liquide s’est trouvé au contact d’un air rempli de germes , de là sa fertilité ; dans le second , au contraire , les œufs et les spores entrés précipitamment avec l’air, lorsque le vide s’est produit dans le ballon au moment où on a arrêté l’ébullition , ont été tués par la température encore fort élevée du liquide et ceux qui, dans la suite, tendaient à s’y introduire au sein d’un air calme , sont restés , en vertu de la pesanteur, dans les courbures du col. D’où, cette conclusion : la liqueur non ensemencée reste stérile , elle est donc incapable de produire par ellemême le moindre infusoire, la moisissure la plus élémentaire et, l’inanité de l’hétérogénie saute aux

yeux.

- Comprend-on l’effet que doit produire sur un auditoire peu versé dans ces sortes de recherches.

PREUVES A CIEL OUVERT

une explication aussi saisissante ? Au moment surtout où le professeur peut lui dire , d’une voix ferme et assurée : « le liquide de ce ballon restera •complètement inaltéré , non pas deux jours, non pas trois , non pas quatre , non pas un mois , une année, mais trois ou quatre années, car l’expérience dont je A'ous parle a déjà cette durée. »

Il parait cependant que MM. Joly, Musset et Poucliet ne se sont pas tenus pour satisfaits. Il parait môme qu’à Toulouse et à Rouen les choses ne se passent pas comme à Paris car, tandis que MM. Joly et Musset voient , constamment, des végétations microscopiques se former dans les vases à col tortueux où ils renferment un liquide suffisamment putrescible porté à l’ébullition avant et après son introduction dans l’ajipareil , le physiologiste rouennais obtient dans son laboratoire, des résultats identiques.

« Ayant , dit-il , rempli à moitié d’urine fraîche un ballon d’un décimètre cube de capacité, on adapta au col de celui-ci un tube recourbé en bas, et offrant dix boules entre lesquelles il y avait autant de rétrécissements , disposition très-propre à arrêter tous les corps légers, les œufs ou les spores , qui tendraient à pénétrer dans l’appareil. L’urine fut portée à l’ébullition pendant cinq minutes, et l’air ne rentra ensuite dans le ballon qu’eu traversant la route ascendante et tortueuse.

l’origine de la vie.

qui lui était offerte. Après un mois dont la température moyenne avait été de 20°, b la .surface de l’urine était envahie par des Mueoriuées. »

M. Pasteur ayant déclaré lui-môme , qu’une ébullition do derix à trois minutes suflitpour rendre l’urine stérile ; ayant ajouté même , que tout le portait à croire que l’on pourrait prendre moins do ]U’écau1ions encore pour priver de vie ultérieure dans Turine les germes qui y sont tombés depuis le moment où elle a été émise; il aurait mauvaise grâce à objecter que les spores de ces cryptogames préexistaient dans le liquide et ont résisté à l’ébullition qui a duré jusqu’à cinq minutes.

« .J’ai exécuté la même expérience, dit M. Poucliet . avec du lait et de la colle , et en faisant en ])lus traverser à l’air une masse de coton , et j’ai toujours obtenu le meme résultat. Dans une expérience faite avec de la colle de farine portée à 100“ dans le ballon et dans les conditions prescrites dans l’expérience précédente , ce ne fut qu’après six mois que la colle fut envahie par des Pénicilliums. »

En exécutant des expériences semblables , M.. Victor Meunier est arrivé à un résultat digne de remarque. Non — seulement il vit apparaître des Asperqillus dans des circonstances où , d’après M. Pasteur, il ne devrait rien se produire , mais-

PREUVi'.S A Cil'.L O'.'VKRT. 197

il ol)lint aiusi uuo csj ècc noiiv 'lie , ù la pielle il donua le nom d' Asiierijillus Pasturii.

Aipir^'illiis ['liurlidii. Muni.

i O ^■éL'■(,■1al (lillrre (!(,■ V Aspcniilhis l’oucliein dont

l’origine de la vie.

les têtes sont sphériques , par des têtes pj’riformes' et déprimées en-dessus. Il est plus petit et excessivement rameux , ce qui lui avait d’abord fait assigner par M. Pouchet les dénominations de minutus^ et de ramosus ou corymhosus.

Ainsi donc , une même expérience donne aux défenseurs de l’hétérogénie , un résultat diamétralement opposé à celui qu’obtient l’avocat de la panspermie. Il importe de rechercher la cause de cette contradiction apparente.

Apparente, en eflet, car les prémisses différant, la conclusion ne saurait être identique.

Ceux-là seuls qui se livrent journellement à cessortes de recherches savent combien elles sont délicates et seuls aussi connaissent assez les coudilions favorables ou contraires à la genèse spontanée, pour prévoir à l’avance le résultat d une expérience.

Que faut-il donc pour arriver à la conclusion de M. Pasteur?

Choisir un liquide légèrement putrescible et prolonger sufBsammeut l’ébullition pour lui enlever toute vertu de transformation. M. Pasteur le sait bien. Ne dit-il pas lui-même que le point faible de’ son travail consiste en ce que toutes ses expériences s’appliquent à des matières cuites et privées par l’ébullition de leurs vertus de transformation?'

Que faut-il , maintenant , pour obtenir les résultats de MM. Pouchet , Joly et Musset?

PREUVES A CIEL OUVERT

Choisir un liquide suffisamment putrescible. Ne prolonger que peu de temps l’action de la chaleur. Il est des substances, telles que l’urine, dont l’ébullition, d’après les panspermistes , détruit en quelques minutes les germes qu’elles sont supposées contenir, on se soustrait eu les choisissant, <à l’accusation de n’avoir point anéanti la résistance vitale de ces derniers. S’apercevoir, enfin, qu’une expérience de ce genre, présente quelques uns des inconvénients de celles exécutées en vase clos, s’attendre , dès lors , à ce que la production d’organismes soit retardée et savoir attendre.

Le résultat obtenu par M. Pasteur ne fait que confirmer ce que les hétérogénistes savaient déjà des conditions de la genèse spontanée et les conclusions qu’il en tire n’en découlent nullement.

Son expérience était pourtant, à ses yeux , destinée à un avenir tout autre. « Jamais, s’écriait-il, en 1864, la doctrine de la génération spontanée ne se relèvera du coup mortel que cette simple expérience lui porte. •»

M. V. Meunier, frappé des résultats opposés obtenus par MM. Pasteur, d’un côté; Joly, Musset et Pouchet, de l’autre , se mit lui-même à l’œuvre et vint, en 1865, confirmer devant l’Académie des Sciences , les assertions des hétérogénistes.

Mais, il s’était servi d’un ballon dont le bouchon portait plusieurs tubes qui, après s’être pliés

l’origine de la vie.

deux fois , redescendaient jusqu’à l’équateur du ballon en décrivant de six à dix courbures et I\I. Pasteur réjiliqua : « lorsqu’on veut avoir dans un appartement un libre courant d’air, on n’ouvre ]ias seulement une fenêtre, mais deux, et de préférence placées à peu près vis-à-vis l’une de l’autre. Comment M. Victor Meunier n’a-t-il jias vu qu’avec neuf ou dix ouvertures , le moindre mouvement de l’air, dans la jiièee où sont conservés ses matras , aura inévitablement son contre-coup jusque dans l’intérieur de ces matras , et que l’air extérieur pourra y pénétrer en nature avec toutes scs poussières? »

Enfin , voilà une objection, et une objection directe ; elle ne concerne point l’expérience de M. Poucliet qui reste incontestée, mais elle est de nature, avouons-le. à infirmer, si elle est sérieuse, celle de M. Meunier.

Mallieureusement, elle ne repose sur rien , et l’expérience vient démontrer, une fois de plus, le peu de valeur des raisonnements et des affirmations à jn-iort.

En efl’et, M. Meunier répondit à M. Pasteur l’expérience en main, et le mit au courant de faits dont il ne se doutait guère.

« Avant de procéder à l’expérience des ballons à cols multiples, dit-il, j’ai jiris un ballon de six litres, muni de deux de mes tubes, et l’ayant placé

PREUVES A CIEL OUVERT

le col eu bas, j’ai introduit un index liquide dans la branche horizontale de l’un des tubes. Cela fait, et l’index se montrant très mobile, l’air de la chambre fut violemment agité au moyen d’un écran : l’index, observé avec soin , ne bougea pas. On agita l’écran tout près de l’ouverture des tubes : rien. On imprima à la porte de la chambre un mouvement rapide de va-et-vient : rien encore. On plaça l’appareil entre la porte et la fenêtre ouvertes : toujours rien. La fenêtre restant ouverte., on lit aller et venir la porte comme précédemment : rien. C’est ainsi que les faits confirment cette savante prévision, que le moindre mouvement de l’air dans la pièce où sont conservés mes matras aura inévitablement son contre-coup dans l’intérieur de ces matras.

En présence de tels résultats, obtenus par des expérimentateurs aussi autorisés que MM. Pouchet, Joly, ^lussct et Meunier, que penser de la conclusion de M. Pasteur? Les premiers démontrent directement l’hétérogénie en se plaçant dans les conditions mêmes qui doivent, selon M. Pasteur, en prouver l’inanité. M. Pasteur n’apporte aucun argument sérieux contre elle. Il met simplement en relief quelques-unes des circonstances défavorables à la production des protoorganismes. A ce point de S'ue. son expérience est capitale, et les hétérogénistes ne manqueront pas de l’invo-

l’origine de la vie.

quer chaque fois qu’ils rédigeront uû chapitre sur les conditions de la genèse spontanée.

« Que répondre, écrivait cependant, tout dernièrement encore, M. Laugel, à une expérience aussi concluante que celle de M. Pasteur? » M. Laugel n’a donc pas pris la peine de se mettre au courant de la question?

Ce chapitre était destiné à confirmer, par l’expérience à ciel ouvert, ce que nous avaient déjà démontré, l’observation directe et l’analyse microscopique de l’air. Nous allons terminer notre série de preuves par les résultats que fournissent les expériences exécutées en vases clos.

PREUVES A HUIS CLOS

Nous avons jusqu’ici démontré l’hétérogénie >ar l’observation directe, sous le microscope ou I l’aide d’une expérimentation dans laquelle la narche normale des phénomènes n’était nullenent entravée.

Mais la vie apparaît souvent encore, quoique imoindrie, dans les conditions même les plus déavorables à sa manifestation.

Ceux qui, à aucun prix, ne veulent admettre a genèse spontanée, affectionnent ce genre d’exjérimentation en feignant d’ignorer que le fait Drutal n’a de valeur en science que lorsqu’il a été nterprété rationnellement et soumis à une critijue rigoureuse. Ils appellent à leur aide le feu, ’eau ou l’huile bouillante, l’air calciné, le vide et, îhose surprenante, le résultat n’est pas toujours légatif. Ces expériences culinaires viennent ellesmêmes, lorsqu’elles sont bien conduites, fournir à la cause de l’hétérogénie des arguments puissants.

l’origine de la vie.

L’habile chimiste , daus les ballous duquel la Pansjm-mie, ruiuée, cherche encore un dernier refuge, n’opère qu'à l’aide de substances cuites, recuites et soigneusement renfermées dans des ma« Iras bien clos et fermés à la lampe. Il connaît cependant fort bien tous les inconvénients de ce mode d’expérimentation. « Si les partisans de l’hé- » térogénie, écrivait-il un jour, avaient plus de » sagacité , ils auraient vu que le point faible de » mon travail consistait en ce que toutes mes <?.x- » périenccs s’appliquaient à des malières cuites ; » ils auraient dii réclamer de mes efforts un dis- » ponitif d’épreuves permettant de soumettre à un » air pur des substances naturelles, telles que la » vie les élabore, et à cet état où l’on sait bien » qu’elles ont des vertus de transformation que

» l’ÉDULLITION DÉTRUIT. »

M. Pasteur a parfaitement raison, mais il prouve, une fois de plus, par le reproche qu’il adresse aux hétérogénistes, qu’il ne lit pas les œuvres de ses adversaires. Ce qu’il les accuse de n’avoir point remarqué, Needliam le disait déjà à Spallanzani ; Bonnet lui-méme le mit en évidence eu montrant que les grosses espèces d’infusoires n’apparaissent jamais daus les vases hermétiquement clos; M. Pouchet, euffn, a mille foi.s accusé ses expériences perturbatrices d’entraver toute genèse organique.

PREUVES A HUIS CLOS

M. Pasteur comprend que « Needbam ne pouvait, en toute justice, abandonner sa doctrine en présence des travaux de son adversaire » et de )n propre aveu, il tombe dans la môme cause 'erreur que Spallanzani !...

Ce qui prouve bien que les expériences à buis los sont incapables, à elles seules, de résoudre la uestion des générations spontanées par les en- •aves qu’elles apportent à l’apparition de la vie, 'est que si l’on partage une macération de foin en eux parties et que l’une soit placée dans un ballon ;rmé à la lampe et l’autre isolée sous une cloche, nites les deux se trouvant en contact d’une égale uautité d’air ordinaire, aucun infusoire cilié' u’aparait dans le ballon, Umdis que l’aidre portion du ’quide en contient en abondance.

oc Les expériences exécutées dans des vases los, dit Mantégazza, ne persuaderont jamais peronne, car il y eu aura toujours dans lesquelles n aura des Infusoires ou des Moisissures, et d’aures dans lesquelles on ne verra naître aucun être ivant. Les panspermistes diront que partout où 1 apparaît des organismes , c’est que, par iuadertaiice, on y a introduit des germes. Quand il l’y en aura pas, leurs adversaires s’écrieront vivenent qu’on a tellement entravé les conditions do a vie, que celle-ci est devenue impossible. »

Quoi qu’il en soit, nous ne pouvons les passer

206 l’origine db la vib.

sous silence. Elles ont servi à échaffauder l’hj'pothèse delà Panspermie et formé longtemps le point de ralliement de ses défenseurs. Exécutées aujourd’hui avec plus de rigueur, elles donnent le plus éclatant démenti au système qu’elles étaient appelées à démontrer, et, soumises à une critique sévère, elles peuvent encore fournir des arguments sérieux à la cause de l’hétérogénie.

D’ailleurs, les résultats de M. Pasteur ont tous été obtenus dans ces conditions, et on leur a fait faire trop de bruit, dans ces derniers temps, pour que nous omettions d’en parler.

La genèse spontanée se produit parfois, avonsnous dit, dans les circonstances les plus défavorables eu apparence à sa manifestation. Les organismes produits sont alors de la plus extrême simplicité et dans ces conditions il suffit, on le conçoit, de fort peu de chose pour entraver complètement la marche des phénomènes. Les expériences suivantes, mettront ce fait suffisamment en lumière. M. Pouchet introduit dans un ballon, soit une décoction de foin ou de noix de galle, soit de l’urine, de la bière, de l’albumine ou de la colle de farine extrêmement légère ; il fait bouillir pendant plus ou moins de temps (jusqu’à cinq heures !) et lorsqu’il a acquis ainsi la certitude que l’appareil est à 100°, il le ferme avec un bouchon en cristal traversé par un tube laveur con-

PaBUVBS A HOIS CLOS.

tenant de l’acide sulfurique (l’endroit où le tube estluté dans le trou du bouchon est silicatisé.) Il continue l’ébullition pendant près d’une demiheure, laisse l’appareil se refroidir lentement puis il l’abandonne à l’ombre et à une chaleur égale ou llexpose au soleil pour que l’air intérieur puisse se renouveler par les alternatives de température du jour et de la nuit.

Parfois M. Pouchet, pour hâter la marche des phénomènes, ajoute dans le liquide du ballon, un corps flottant, un petit morceau de bois par exemple. Les microphytes, en effet, se développent plus rapidement sur les corjjs émergés.

L’acide sulfurique du tube laveur est destiné à arrêter et détruire les prétendus germes dont les panspermistes encombrent l’atmosphère. Afin de se rendre compte de son action sur les infusoires, MM. Joly et Musset ont versé une goutte de cet acide hydraté, successivement dans 5, 10, 15 et 20 centimètres cubes d’eau peuplée d’infusoires' divers.

Agitant alors le mélange , ils ont toujours constaté la mort instantanée de la totalité de ces infusoires jusqu’à la limite exclusive de 20 centimètres cubes pour une seule goutte d’a. eide .

Or, en opérant dans ces conditions, on voit tou jours et au bout d’un temps assez court, apparaître

l’origine de la vie.

clans le liquide du ballon des infusoires et des moisissures.

M. Poucliet a varié do diverses manières cette expérience capitale, MM. Joly et Musset également, et ils sont constamment arrivés au môme résultat. Leur intention en instituant ces expérien-

ces était de contrc'der les résultats obtenus en Allemagne par le docteur Scbultz en 1837. Ce savant mettait des substances animales et végétales en contact avec do l’eau distillée dans une fiole à médecine munie de deux boules de Liebig dont l’une contenait de l’acide sulfurique et l’autre une solution de potasse. Puis il plongeait un certain temps la fiole dans l’eau bouillante et renou-

PREUVES A HUIS CLOS. 209

Telait chaque jour l’air de sou appareil en aspirant avec la bouche par le tube à potasse. Il examinait enfin chaque soir le liquide à travers les parois du vase a l’aide d’un microscope, et il affirme n’y avoir jamais pu coustater d’organismes.

La puérilité d’une semblable expérience saute immédiatement aux yeux, il est imiiossible, eu ellet, d apercevoir avec le microscope à Iravc-rs les parois d’une fiole à médecine, les organismes qui peuvent s’y trouver d’autant plus que dans

ces circonstances, il ne se produit jamais que des infusoires tout à fait inférieurs (des monades et des vibrion.s) et jamais de microzoaires ciliés. D’ailleurs, l’expérience a contredit l’assertion du savant de Derliu et personne aujourd’hui ne croit plus devoir l’invoquer.

Lorsqu’en 18.58, M. Lacaze-Diithiers vint réclamer sa part dans la protestation énergique de l’Amidémie contre les générations spontanées, il fit

l’oRIGINB DD LA VIB.

valoir à l’appui do son opinion une expérience de M. J. Haime qui se rapproche beaucoup de celle de Schultz. Les mêmes critiques lui sont applicables et les hétérogénistes en ont démontré la non-valeur. Elle ne doit donc pas nous arrêter.

L’air, nous l’avons vu, est nécessaire à la manifestation dos phénomènes de genèse spontanée, mais il intervient si peu comme véhicule de germes qu’en l’employant après l’avoir brûlé, calciné, les résultats n’en sont pas moins les mêmes.

L’appareil que M. Pouchet emploie pour établir ce fait, « consiste en un ballon d’environ un litre de capacité, renfermant 150 centimètres cubes d’eau et dont le col allongé, placé horizontalement, supporte un robinet. Celui-ci communique avec un tube de porcelaine, bourré de fragments de la même substance, et qui traverse un brasier ardent; il est muni à sa terminaison de boules de Liebig remplies d’acide sulfurique. Le corps putrescible, renfermé dans un tube de verre à opercule, après avoir été chauffé pendant deux heures à 150 ou 200 degrés, est placé dans le col horizontal du ballon ; on met à l’aide d’une lampe, l’eau de celui-ci en ébullition pendant un quart d’heure afin de s’assurer que toute sa paroi a bien été portée à sa température. Alors la vapeur traverse le tube rougi à blanc et sort un moment par les boules de

PRKUVES A HUIS CI.OS. 211

Liebig, qu'on y adapte. Quami elle a été abon- Alumment expulsée, on éloigne .seulenient un peu

îa lampe du bail ob, pour que Ibiir ne .soit aspiré

l’origine de la vie.

qu’avec lenteur. Celui-ci rentre alors dans l’appareil en traversant d’abord l’acide sulfurique des boules de I.iebig, puis le labyrinthe de fragments de porcelaine et de lîlaYaents d’amianthe contenus dans le tube et portés au rouge le plus ardente Enfin, quand le ballon se retrouve à la température ambiante, en en inclinant le col, on plonge dans l’eau refroidie le tube contenant la substance putrescible. Le ballon est ensuite renversé, et,, pour plus de sûreté, après avoir fermé le robinet, on enfonce celui-ci dans un bain d’huile préalablement chauffé à 150®.»

M. Pouchet a répété nombre de fois cette expérience eu employant soit de la gélatine et du sucre, de l’urine, des filaments de lin, soit des tiges ou des racines de différents végétaux, et toujours, au bout d’un temps plus ou moins long, le liquide se troubla, puis se peupla d’infusoires ou se recouvrit de moisissures.

Exposées au contact de l’air ordinaire, ces décoctions auraient produit , en un temps foi t court, des microzoaires ciliés d’une organisation fort compliquée, des colpodes, des paramécies, des vorticelles; dans ces conditions, au contraire, les phénomènes se trouvant entravés par l’ébullition et par tout le cortège de précautions employée-^ pour se garantir des prétendus germes du dehors, on ne voit apparaître que d’infimes ani-

PREUVES A HUIS CLOS. 213

malcules, des monades, des bactéries, des vi-. brious; et cela parfois au bout de plusieurs mois seulement.

MM. Maniégazza, Joly, Musset obtiennent également des organismes dans l’air calciné ; Ingenliousz en voyait apparaître dans des appareils remplis d’air deux fois calciné, et dernièrement 'encore, le professeur J. Wymau, de Cam- 1 bridje, dans une expérience célèbre, arrivait au même résultat. Il vit se peupler d’animalcules et de moisissures des liquides fermentescibles bouillis pendant deuxheures à une pression de deux atmo sphères, et contenus dans dos ballons où l’air ne rentrait qu’aprcs avoir été calciné dans des tubes enfer, capillaires, soudés 41UX cols et rougis à blanc.

S’il ])Ouvait exister le moindre doute sar la purification de l’air qui a traversé les tubes rougis, le fait de la délimitation des organismesübteuus dans ces conditions sutlirait pour le dissijicr. Si les germes provenaient du dehors, il deviendrait absolamcnt iinno.ssiblo d’ex-

l’originb de la vjb.

pliqucr pourquoi on n’y voit jamais apparaître' que des aniinalciiies d’un certain ordre.

M. Pasteur lui-même obtint des productions organisées dans des liqueurs bouillies et maintenues en contact avec de l’air brûlé. Mais il arrivait ainsi à des conséquences favorables à la doctrine des générations spontanées ; aussi se gardat-il bien de publier ses expériences et se mit-il à la recherche de quelque cause d’erreur. Quatre ans plus tard, il crut y être parvenu et n’hésita plus alors à les révéler, en appelant l’attention sur l’inexactitude de sa méthode d’expérimentation.

« Le 9 août 1857, dit-il , je prépare comme il suit plusieurs ballons d’un quart de litre de capacité. Dans chacun d’eux, je place 80 centimètres cubes d’eau de levure de bière sucrée très limpide, renfermant par litre 100 grammes de sucre et 3 grammes de matière azotée et minérale empruntée aux principes solubles delà levure. J’étire à la lampe le col des ballons, puis je porte le liquide à l’ébullition, et je ferme ensuite la pointe effilée par un trait de chalumeau pendant l’ébullition , maintenue préalablement de deux à quatre minutes. Je renverse ensuite successivement chaque ballon dans la cuve à mercure, au fond delaquelle je brise leurs pointes; alors j’introduis dans le premier ballon environ 70 centimètres cubes d’oxygène préparé avec le chlorate de potasse, et

PREUVES A HUIS CLOS

conduit dans un tube de porcelaine chauffé au rouge avant d’entrer dans le ballon. Dans le deuxième ballon, je fais arriver 50 centimètres cubes d’oxygène provenant de la décomposition de l’eau par la pile, et de production toute récente. Dans le troisième et le quatrième' ballon, je fais passer de 50 à 60 centimètres cubes d’air ordinaire sortant d’un tube do porcelaine chauffé au rouge. Enfin, dans le cinquième ballon, j’introduis 50 centimètres cubes d’air ordinaire non chauffé. Je porte ensuite les cinq ballons dans une étuve à la température constante de 25 à 30 degrés, renversés sur le mercure dans des verres à pied.

» Le 13 aoiit, il y a des productions organisées dans tous les ballons. Le liquide du premier était tout trouble, laiteux, par la présence d’une Torulacée en granulations très ténues réunies en chapelets. Le deuxième ballon est tombé dans la nuit du 15 au 16 août, parce qu’il s’est rempli de gaz par fermentation. Une étude microscopique des portions de liquide restées dans le verre y a fait reconnaître des globules de levure de bière. Les ballons 3, 4 et 5 offraient des touffes de moisissure flottant dans un liquide limpide. »

'Ainsi qu’on vient de le voir, M. Pasteur s’était servi de la cuve à mercure pour introduire l’air dans ses ballons, et c’est à ce métal qu’il faut, selon lui, rapporter les résultats positifs que nous

venons de signaler; il va plus loin : un seul globule peut introduire avec lui les germes des organismes les plus variés !

Or, M. Poucliet, analysa la surface d’une cuve à mercure de son laboratoire et il y trouva les mêmes corps qui composent la poussière des habitations. Il y reconnut de la fécule en grande quantité, des pareelles de pain, des débris de végétaux, des filaments de laine et de soie, des fragments d’insectes, des cadavres de Tardigrades et d’Anguillules, mais il n’y découvrit ni œufs ni spores. Il examina ensuite la cuve d’un laboratoire de chimie et trouva à sa surface une énorme quantité de mercure oxydé, mais presque aucun débris organique ; tout y est détruit par les aeides ou les alcalis journellement mis en usage par les chimistes.

L’afhrmation de M. Pasteur ne repose donc sur aucune preuve directe; elle est d’ailleurs entièrement démentie par l’expérienee. Si après avoir, à l’exemple de M. Joly, écumé avec un verre parfaitement propre, la surface poudreuse d’une cuve à mercure et versé ainsi dans un autre vase un litre environ du métal, on lave le mercure avec un peu d’eau distillée, l’observation microscopique la plus minutieuse ne montre dans l’eau de lavage, ■devenue trouble, ni œufs d’infusoires, ni spores de moisissures, et cinq, six, vingt jours après, on ne

PREUVES A HUIS CLOS

[parvient pas non plus à y constater la moindre ttrace de vie, même en laissant au fond du vase, [par excès de précaution, une petite quantité de imercure.

D’un autre côté si l’habile chimiste « avait eu [plus de sagacité », ou du moins, une connaissance [plus exacte de l’état de la question, il n’aurait jaimais songé à faire valoir un tel argument en préîsence des expériences de MM. Mantégazza, Wyiman, Pouchet, Joly, Musset et Schaafhausen ,

• dans lesquelles -ils n’emploient pas de mercure. Mais M. Pasteur, dit Ezio Castoldi, ne daigne pas citer Iles expériences d’autrui, toutes les fois qu’elles , peuvent infirmer les siennes propres, et, cette remarque est malheureusement trop vraie.

Ayant soin de tenir compte des conditions fondamentales de la genèse spontanée , ces savants provoquent toujours l’apparition de proto-organismes dans des liquides bouillis et mis en contact avec de l’air calciné. Seul M. Pasteur se croit eu mesure d’affirmer que l’eau de levure sucrée , portée à l’ébullition pendant deux ou trois minutes, puis mise en présence de l’air qui a été rougi, ne s’altère pas du tout, môme après dix-huit mois de séjour, à une température de 25 à 30 degrés. Laissons-le décrire lui-même l’expérience sur laquelle il s’appuie ; nous en apprécierons ensuite la valeur.

218 l’origink de la vie.

» Dans un ballon de 250 à 300 centimètres cubes, j’introduis 100 à 150 centimètres cubes d’une eau sucrée albumineuse, formée dans les proportions suivantes ;

Eau 100

Sucre 10

Matières albuminoïdes et minérales provenant de la levure de bière. . 0.2à0,7 « Le col effilé du ballon communique avec un tube de platine chauffé au rouge. On fait bouillir le liquide pendant deux .à trois minutes, puis on le laisse refroidir complètement. Il se remplit d’air ordinaire à la pression de l’atmosphère, mais dont toutes les parties ont été portées au rouge; puis ■on ferme à la lampe le col du ballon.

» Le ballon ainsi préparé est placé dans ^uno étuve aune température constante voisine de 30”, il peut s’y conserver indéfiniment sans que le liquide qu’il renferme éprouve la moindre altération. »

PREUVES A HUIS CLOS

Nous sommes ici, il ne faut pas l’oublier, en [présence d’une expérience en vase clos, c’est-àtdire dans les conditions les moins favorables à lia manifestation des phénomènes de genèse sponttanée ; il n’y a donc rien d’étonnant à ce qu’un Uiquide aussi peu putrescible que celui qu’emploie IM. Pasteur mis en contact avec un volume d'aircau^si restreisit, veste infécond. D’un autre côté, il ffaut une grande habitude pour saisir le moment 'juste où apparaissent les monades et les vibrions, lie moment par conséquent où il convient de proccéder à l’examen microscopique du liquide en cexpérience, et l’habile chimiste ne nous paraît pas lavoir tenu un compte suffisant de ce détail important. Il n’a donc à opposer qu’une épreuve entacchée de causes d’erreurs aux expériences décisi- '.ves et jusqu’alors inattaquées de huit ou dix savants.

Lorsqu’on 18.37 le D' Schwan faisait ses expérriences avec l'air calciné , il fut frappé des résultats ccontradictoires auxquels il arrivait. Tantôt ses lii.queurs se peuplaient d’organismes et tantôt elles restaient stériles , aussi , ne crut-il devoir poser aucune conclusion. Cependant , loin d’imiter cette sagerréserve , les panspermistes , ne tenant compte quelle ses épreuves négatives, invoquèrent jusqu’à ces ùierniers temps , l’autorité du savant allemand .:contre les générations spontanées. Le temps a fait [justice de leurs prétentions.

l’origine de la vie.

Nous avons reproché à M. Pasteur d’employer, •dans ses expériences avec l’air calciné des liquides trop peu fermentiscibles ; il importe de justifier notre remarque ce que nous ferons en invoquant les expériences de M. Pasteur lui-même.

« Reprenons , dit-il , notre ballon renfermant de l’eau de levure sucrée et de l’air calciné. Je supqioserai que le ballon soit à l’étuve à 25" ou 30*, •depuis un ou deux mois sans y avoir éprouvé d’allération sensible, preuve manifeste de l’inactivité ‘de l’air chauffé dont il a été rempli sous la pression iitmosphérique ordinaire. La pointe du ballon étant toujours fermée, je l’adapte, au moyen d’un tube •en caoutchouc , à un appareil disposé comme il suit : T, est un tube de verre fort , de 10 à 12 millimètres de diamètre intérieur, dans lequel j’ai placé un bout de tube de petit diamètre a, ouvert à ses extrémités, libre de glisser dans le gros tube et renfermant une 'petite bourre de coton chargée dei^ous- ^ières; R est un tube de laiton en forme de T muni •de robinets , l’un de ces robinets communique avec la machine pneumatique , un autre avec un tube de platine chauffé au rouge , le troisième avec le tube T ; ce représente le caoutchouc qui réunit le ballon B au tube T. Lorsque toutes les parties de l’appareil sont disposées et que le tube de platine «est porté au rouge par le calorifère à gaz figuré •en G, on fait le vide, après avoir fermé le robinet

l'REUVES A HUIS CLOS. 221

qui conduit au tube de platine. Ce robinet est ensuite ouvert de façon à laisser rentrer peu à peu dans l’appareil de l’air calciné. Le vide et la rentrée de l’air calciné sont répétés alternativement dix ou douze fois. Le jietit tube à coton se trouve’ ainsi rempli d’air bn'ilé jusque dans les moindre.'v interstices du coton, mais il y a pardé ses poussières. Cela fait, je brise la pointe du ballon B , à travers le caoutchouc cc, sans dénouer les cordonnets, puis Je fais rouler la petit tuhe aux jviussières dans le hallon. Enllii, je reforme à la lampe le col du ballon qui est de nouveau reporté à l'étuve. Or, il arrive constamment que des ])rüiluctinns commen-

cent à apparaître dans le ballon après vinpi-quaire, trente-si.K ou quarante-huit heures au plus. »

l’originb db la. vie.

Ainsi donc, M. Pasteur rend-il phis fermentescible une liqueur primitivement stérile, en y ajoutant un corps ordinairement riche en principes organiques décomposables , comme la poussière , ses ballons deviennent fertiles.

Telle n est pas cependant la conclusion que M. Pasteur tire de son expérience. Il veut que la poussière ajoutée ait ensemencé sa liqueur en y apportant les germes des protoorganismes qui s’y sont développés. Cette thèse ne saurait être soutenue :

Parce que sans être ensemencée , une liqueur suffisamment putrescible est constamment fertile , ainsi que l’ont démontré après Ingenbousz, MM. Mantégazza, Joly, Musset, Pouebet et M. Pasteur lui-même dans son mémoire sur l’onpinc des fervients ;

Parce que, l’examen microscopique de la poussière ne peut y faire normalement rencontrer ni œufs, ni spores ;

Parce que, la poussière introduirait indistinctement les germes des infusoires ciliés et non ciliés et que dans ces expériences on n’obtient jamais que des monades et des vibrions ;

Parce que, la poussière chauffée à 150", a donné les mêmes résultats à M . Pouebet, et que cette température aurait désorganisé les œufs et les spores qui auraient pu s’y trouver ;

PREUVES A HUIS CLOS

Parce que, sans employer ni poussière ni air cStmosphérique, mais un corps putrescible et de U’oxygène ou de l’air artificiel, ce dernier expériimentatcur a vu ses ballons se peupler d’animaux <et de plantes

Mais, ne pourra-t-on pas dire que les germes ] préexistaient dans la liqueur, et que l’ébullition me les a pas détruits? Évidemment non, car alors Iles liquides non ensemencés de M. Pasteur auraient été féconds.

Il est donc bien évident que la différence dans les résultats obtenus tient à la plus ou moins grande quantité de matière putrescible mise en expérience, d’autant plus que nous nous trouvons dans le cas présent, dans les conditions les plus défavorables à la production des phénomènes de genèse spontanée : nous opérons en vase clos, avec une substance légèrement putrescible , une quantité d’air calciné fort restreinte et des matières bouillies, c’est-à-dire d’après M. Pasteur luimôme, ayant perdu en grande partie «leurs vertus de transformation. »

Les résultats dont MM. Joly et Musset entretinrent l’Académie des Sciences en septembre 1862, confirment pleinement le jugement que nous venons de porter sur les expériences dites d’ensemencement.

« Eu ensemençant, disent-ils, des poussières par

l’origine de la vie.

Je procédé de M. Pasteur, dans une décoction de viande bouillie deux fois et en contact avec de l’air calciné, nous avons obtenu ce que cet habile chimiste obtient lui-même, c’est-à-dire, des Bac léries ou un mycélium rameux.

» Mais sans rien ensemencer, c’est-à-dire en nous servant de coton poudre aussi vierge que possible de corpuscules atmosphériques, nous avons vu des Bactéries et un mycélium apparaître aussi dans Je ballon employé pour cette expérience.

» Enfin, le ballon qui n'avait reçu que de l’air calcine', mis en contact avec la décoction, ne nous a pas moins fourni une nombreuse population de Bactéries, résultat en opposition manifeste avec celui de Schvvann, ainsi qu’avec ceux de M. Pasteur. »

D’ailleurs, une expérience d’ensemencement, ne saurait avoir de valeur qu’autant que l’espèce animale ou végétale obtenue, soit celle que l’on a ensemencée. Comme le remarque fort bien M. Pouchet , M. Pasteur ensemence l’invisible et ne récolte que ce qui doit surgir spontanément. Celà est .si vrai, qu’en ensemençant des espèces bien déterminées , il en récolte d’autres. Le Collarium mclanospermum par exemple, lui a donné le Penicilium glaucum qui en est si éloigné ; et l’ensemencement du Mucor pygmeus a produit le Penicilium glaucum et une espèce jusqu’alors inconnue !

PREUVES A HUIS CLOS

Nous devons donc conclure des expériences précédentes, y compris celles de M. Pasteur, que la vie se produit encore, hien qu’ amoindrie, lorsque la marche régulière des phénomènes n’estentravée que dans une certaine mesure. Plus elle est contrariée par l’ébullition, la calcination et le huisclos, plus il faut, par compensation, employer un liquide fortement putrescible.

Mais, il faut si peu de chose pour changer la nature d’un liquide, pour entraver chez lui tout mouvement fermentescible ou lui communiquer des propriétés de transformation dont il semblait privé, qu il est parfois difficile, devant une expérience exécutée en vase clos, de saisir la véritable cause d’un résultat négatif.

Une connaissance approfondie de la question et une habitude journalière des expériences d’hétérogénie, peuvent seule souvent nous mettre sur la voie. C’est ainsi, qu’au sein de la Commission des générations .spontanées, les hétérogénistes ont pu immédiatement signaler les causes d’erreur d’une expérience que M. Pasteur exécutait devant eux.

Lorsque des infusions préalablement bouillies ou renfermées en vase.s clos, se peuplent d’infusoires, nous savons qu’il ne se produit que d’infimes monades et tout au plus des vibrions, mais ijamais de microzoaires ciliés tels que Colpodcs, Paramécies ou Vorticelles. Les hétérogénistes font

2'26 l’origine de la vie.

Vfiloir cet argument fondamental en faveur de leur cause, et M. Pasteur en a compris toute l’importance. «Cette remarque, dit -il, mériterait un examen sérieux, s’il était prouve qu’une même liqueur donne, au contact de l’air ordinaire, de gros Infusoires, tandis qu’elle en fournit seulement de très petits dans un ballon en présence de l’air chauffé. Mats, ajoute-t-il, cela n est pas. »

Cela n’est pas? Ah M. Pasteur, dans quel oubli vous êtes des expériences qui ne sont pas de vous ! Mais, puisque vous reconnaissez l’importance de l’objection et que vous ne demandez que la preuve de son exactitude, prenez seulement connaissance de l’expérience suivante ; elle est de M. Pouchet et je la choisis entre mille. « Si vous partagez en deux portions une macération propre à donner des infusoires ciliés ; si l’une est introduite dans un ballon, même avec de l’air ordinaire, et que l’on scelle celui-ci, jamais il n’y apparait d’infusoires ciliés. Si vous placez, au contraire, l’autre portion sous une petite cloche dans le meme volume d’air isolé, vousy trouverez des infusoires ciliés au bout

de quatre à cinq jours.»

« L’ébullition, dit avec raison M. Pasteur, détruit les germes que les vases ou les matières de l’infusion ont apportés dans la liqueur. » Mais plus loin il ajoute : «le lait soumis • à l’ébullition à 100, et abandonné au contact de l’air chauffé, se

PREUVES A HUI^ CLOS

remplit, après quelques jours, de petits infusoires, le plus souvent d’une variété de vihrio îineola et de bactenums, et tout en conservant son alcalinité, il se caille » par le fait même du développement de ces infusoires.

Ce résultat n’a rien qui puisse surprendre les hétérogénistes, leurs expériences ont suffisamment démontré que les microzoaires de cet ordre apparaissaient dans les liquides bouillis mis au contact de l’air calciné ; mais il contrarie sensiblement les assertions précédemment émises par M. Pasteur qui se trouve en présence de deux alternatives : ou, comme il l’avait déjà fait pour d’autres expériences, laisser celle-ci, inédite jusqu’au jour où il parviendrait à l’entacher de quelque cause d’erreur ; ou, risquer une explication qui pût cadrer avec la jjanspermie. Il s’arrêta à cette dernière et, sans tenir compte des notions les plus élémentaires de la physiologie, il ne craignit point d’avancer que rebelles à l’action de liquides bouillants, les œufs des animalcules microscopiques pouvaient braver une température qui cuit ceux d’une poule. « Les germes de ces infusoires peuvent résister à la température /mnu'de de 100% ditil, lorsqiœ le liquide où on les chauffe jouit de certaines •propriétés . » Dans le cas présent le résultat serait dû selon lui à l'alcalinité du lait.

Or, il suffit de rapprocher de cette affirmation

l’origine de la. vie.

toute gratuite, les expériences de MM. Joly et Musset exécutées avec le même liquide que M Pasteur, et eu suivant ses indications, . pour se convaincre : 1° que du lait bouilli depuis vungt jours au lieu d’être alcalin comme le lait frais, est au contraire d’une acidité prononcée ; 2” qu’il peut v avoir coacjulation sans bactéries, et réciproquement bactéries sans coagulation.

L’expérience de M. Pasteur pêche d’ailleurs par la base. Cet habile chimiste prétend connaître les germes des infusoires, il les a, dit-il, montrés a tout Paris, ( les micrographes seulsl’ont vainement supplié de les leur faire vmir.) Il devait donc constater directement leur présence dans le liquide avant de le faire bouillir. Cette objection nous parait sans réplique.

Le savant chimiste affirme que le liquide contenait des germes, les micrographes le nient, et attribuent la présence ultérieure des infusoires à une genèse hétérogénique ; le seul moyen de trancher la question était de les voir d’abord et de les montrer ensuite.

La chose devait être si aisée à M. Pasteur qui se vante de les connaître I Jusque là son expérience restera sans valeur.

L’intervention de Pair est ordinairement nécessaire dans les phénomènes de genèse spontanée hétérogénique, mais, nous l’avons vu, il agit si

PREUVES A HUIS CLOS

peu comme véhicule de germes atmosphériques, qu’ou peut, saus altérer les résultats, le calciner à travers des tubes capillaires rougis à blanc.

Si le fait est vrai , il est évident que l’air artificiel peut être substitué à l’air atmosphérique, et s’il est vrai également que ce Iluide n’agit que par son principe actif, Voxijgène, ce gaz peut le remplacer. C’est en effet ce qui a lieu.

Dans l’expérience suivante, M. Pouchet détermina la formation d’une faune variée d’animalcules et de végétaux microscopiques dans un milieu privé d’air atmosphérique. « Nous avons pris, dit- il, un grand flacon de cinq litres de capacité, bouchant à l’émeri. Ce flacon a été rempli d’eau bouillante et immédiatement on l’a hermétiquement fermé et renversé sur une cuve à mercure. Lorsque l’eau fut refroidie, on introduisit dans ce flacon un mélange de gaz oxygène et d’azote, clans les proportions voulues pour constituer l’air artificiel ; celui-ci occupa les trois quarts de la capacité du vase. Enfin, en prenant les plus grandes précautions, on a aussi introduit dans ce flacon dix grammes de foin qui Amenait d’étre exposé durant vingt minutes dans une étuve à la température de 100 degrés. Ce foin ayant été enlevé de l’étuve dans un flacon à large ouverture , bouché luimême dans l’étuve et débouché seulement sous la cuve, on l’introduisit dans le flacon. Ainsi, on était

l’origine de la. vie,

certain que si quelques parcelles d’air étaient restées dans les interstices de ce foin, cliaulTées à 100 degrés, elles ne pouvaient receler aucun germe susceptible de se développer. Enfin, le flacon ayant été bouché sous le mercure, fut remis dans sa situation ordinaire et tout le contour de l’ouverture, pour plus de précision, quoique le bouchon ait été enduit d un corps gras, fut revêtu d’une couche de vernis a la copale, épaissi avec du vermillon. Le vase fut ensuite place dans notre laboratoire, près d’une fenêtre, et observé chaque jour à l’extérieur. »

Durant les six premiers jours, le liquide resta limpide ; le huitième, il devint nébuleux et un îlot Ilottaut de Pénicilliums commença à apparaître ; le douzième, on remarqua vers le fond du vase un globule sjiliéi'ique constitué très probablement par un amas d’Aspergillus ; le dix-huitième, on découvrit un nouvel îlot flottant de Pénicilliums en fructification, et le trentième , c’est-à-dire après un mois, pendant lequel la température moyenne avait été de 15 degrés, le flacon fut débouché. Le gaz contenu dans son intérieur n’avait contracté aucune mauvaise odeur; quatre petits îlots de Pénicilliums flottaient à la surface du liquide, qui était jaune et trouble et dans lequel nageaient plusieurs flocons d’Aspergillus de grosseurs diverses; la surface du liquide offrait, en outre, une

PREUVES A HUIS CLOS. 231

faune assez riche et composée surtout de Protées, de Trachelies, de Monades et de Vibrions.

Lorsqu’on 1859, M. Pouchet fît connaître cette expérience, les représentants de la panspermie lui opposèrent quelques objections.

M. Milne Edwards fît remarquer que le foin employé avait pu être placé dans une étuve chauffée à 100 degrés sans, pour cela, avoir été porté à cette température, et que, même en admettant le fait, les germes qu’il pouvait contenir avaient pu résister.

Or, le professeur Houzeau, qui avait fait l’expérience avec M. Pouchet, s’ôtait assuré, à l’aide du thermomètre, que cette température de 100 degrés avait bien été atteinte par le foin, et d’ailleurs M. Pouchet , dans des expériences ultérieures , porta le corps putrescible à 200, 250 degrés et plus sans entraver l’apparition des protoorganismes. La première objection n’a donc plus sa raison d’ètre.

Quant à la seconde qui reposait sur la résistance vitale attribuée aux Tardigrades par M. Doyère , elle a perdu également depuis, sa valeur primitive, à la suite des expériences de la Société de Biologie , de celles de MM. Pouchet et Tinel , do nos expériences personnelles enfin. D’ailleurs, elle ne serait pas applicable au cas de chauffage à 250 degrés. Ce qui rend nulle aujourd’hui la critique de M. Milne Edwards.

jl’ouigine db la vie.

Mais , écrivait récemment M. Laugel , « M. Pasteur a montré par où des germes pouvaient entrer,

c est par la cuve a mercure L’expérience reste

donc illusoire. » Depuis l’époque où M. Pasteur a foitlui-môme cette objection, on a démontré qu’elle était sans valeur ; pourquoi M. Laugel ne reproduit-il pas les réponses des hétérogénistes. Les ignore-t-il ? Il est à ce compte bien facile de trancher les questions et d’écrire, comme il le fait, « qu on peut affirmer qu’aucune observation concluante, irréfutable, placée à l’abri de toute chance d erreur, n a encore ete faite à l’appui de la théorie do la génération spontanée. » M. Laugel n’en conclut cependant pas à « l’impossibilité absolue .'> de 1 hétérogénie : nous ne désespérons donc pas de le voir, après un examen approfondi delà question , regretter une assertion lancée aussi à la légère. Ne professe-t-il pas qu’il faut bien que la nature possédé virtuellement la puissance de tirer diiectemont des organismes de la matière inerte et qu’elle l’ait exercée autrefois, « car la vie a eu un commencement sur notre planète. » ?

Ce que nous avons dit plus haut du prétendu ensemencement par le mercure nous dispense d’entrer ici dans de nouveaux détails. « Il u’j a que le mercure, ditM. Pasteur, qui ait pu fournir les germes , a moins qu’il n’y ait eu génération spontanée. » Or , le résultat est le même quand on

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