LA GENÈSE SPONTANÉE HETÉROGÉNIOUE
Burdach admettait déjà que les corps organisés se sont primitivement développés des corps inorganiques, mais il ne pouvait dire comixicnt s’était effectuée cette transformation. La chimie moderne a complété sa pensée et répondu en partie au défi de Jean-Jacques qui se réservait de croire à la chimie^le jour où les chimistes seraient parvenus à faire de la farine.
Or, la science des Wœhler, des Berthclot, des )Smée, en créant artificiellement des substances que l’on ne voyait avant eux se former que sous l’influence de la vie en activité, a mis en lumière le passage de l’état minéral de la matière à l’état organique ; et celle dos Burdach, des Pineau, des Pouchet, des Joly, des Musset, des Wyman, des Mantégazza, a pris sur le fait le mystérieux plié-
CONDITIONS DE LA GENÈSE SPONTANÉE. 81 nomène de l’organisation spontanée de la matièi’e organique.
Quiconque, sans études préalables, entend signaler de semblables résultats, se prend à douter ; mais ceux qui ont étudié les curieux phénomènes :de la cristallisation de la matière inorganique, ont souvent proclamé ce phénomène plus incroyable cent fois.
Or, s’il est permis de mettre en parallèle des faits d’ordre aussi divers, nous pouvons affirmer avec M. Schaafhausen qu’on peut voir les infusoires se produire aussi sûrement qu’on voit des ■cristaux se former dans une solution qui en contient les éléments !
Chacun sait que, toutes les fois qu’une substance organique se trouve unie à l’eau dans des iconditions déterminées, elle se putréfie et que le liquide se peuple d’animaux ou de plantes.
Quelles sont les conditions préliminaires de ’apparition de ces proto-organismes ?
Burdach professe que la réunion de trois éléments, un corps putrescible, de l’eau et de l’air ".ist indispensable à la manifestation do l’hétéro- :jénie mais, s’il est vrai que ces conditions se •encontrent toujours simultanées dans la nature, .1 est parfaitement démontré aujourd’hui qu’il ist possible dans nos expériences d’en éliminer ,iiu moins une.
l’origine de la vie.
Pour M. Poucliet , le- corps solide joue le principal rôle, l’eau ne fait que fournir le milieu vital et l’air, le fluide respiratoire. Du trèfle soumis à l’ébullition et du trèfle en macéralion ont, en effet, donné à Burdach des infusoires différents et M. Poucliet, en variant le corps solide de l’infusion, tout en sc servant de la même eau et du même air, voit les infusoire.s varier avec les substances employées.
Ainsi donc , l’hétérogénie exige un corps PUTRESCIBLE et si Gruithuiseii a vu naître des jiroto-organismcs dans des infusions d’antliracite et de marbre coquillier, il faut eu rapporter la cause à l’origine organique de ces corps. On doit expliquer également par la présence de particules organiques, les résultats positifs obtenus avec le sel marin par Tréviranus et M. Poucliet.
Aucun animalcule n’apparait en effet dans l’eau ne contenant que des substances métalliques, comme le plomb, le cuivre, le fer.
Plus la substance mise en expérience est putrescible, plus vite a lieu l’apparition des infusoires ; ce fait a été mis hors de doute nonseulement par les expériences de Priestley, de Tréviranus, de Burdach, mais par tous ceux qui so sont occupés de génération spontanée. Spallanzani lui-même avait parfaitement reconnu que le gluten produit plus d’animalcules que l’amidon»