‹ L'Origine des MalgachesChapitre 7 sur 10 · IMMIGRATIONS MALAISES · texte numérisé non relu

IMMIGRATIONS MALAISES

Aux nègres orientaux qui, venus du Sud de l'Asie à des époques diverses, mais fort anciennes, forment, comme nous venons de le montrer, le fond de la population malgache, se sont juxtaposés des Javanais ou en tout cas des Malais^'. 11 n'y a, en effet, aucun doute que les Aîi-

W Le? Indo-Océaniens, comme les Malgaches, appellent du même nom le père et les oncles, la mère et les tantes, les frères et les cousins , les sœurs et les cousines, etc

W Famhy , roussette ; roalavô, rai ; trozonà , baleine; voronâ, oiseau, et volomboronà . plumes; langorô el ranô. héron; rorongaga. corbeau; roay, crocodile; fatw, tortue de mer; tanâ, caméléon; UaUakà. lézard; olatrà, serpent; /a. poisson; akin, requin; amalonà et tanâ, anguille; oranâ, éc revisse; orità, poulpe; valalâ, sauterelle; lalitrâ. mouche \faneniira, mouche maçonne; moka.

moustique; hala, scorpion; HnUi. sangsue; si/otrâ , escargot. eh\

W Hazô, arbre; lioliirâ. écorce; rarma.

feuilles, twny. Heur, et voa, fruit. Ifiry, riz; nikô, cocotier; fan/, canne à sucre; onUy. banane; tsakô. maïs; ovy. igname; rampotni. feuilles de manioc; tamotamôy vuvvunvd; ngiisa% indigo; tw<ï, hibiscus; ampcly. Ih-ii.n ; voarà, iicus; herij , arbre épineux; vakoanâ, pandanus; volô. bambou; via, a roulée; lomotrâ, herbe aquatique; holatrâ, champignon, etc.

(*) Je rappellerai que les habitants du centre de Madagascar se di\iseut en troia castes : i° les Andrusa , d origine javanaise, qui, lors de notre conquête, étaient les maîtres de la plus grande partie de l'ile et qui ont, jusqu'à ces derniers temps,

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le xvne siècle, et qui ont peu h peu soumis h leur autorite presque toute file, appartiennent à la race malaise pure. Ces Andrianà descendent des conquérants de cette province qui ont imposé leur autorité h ses habitants primitifs, les Vazimbâ, dont une partie a émigré dans l'Ouest, d'où ils étaient venus originairement, et dont les chefs (en malgache, Hwâ)W Je ccux qUi sont restés dans Hmerina sont les ancêtres des Hova actuels. Leur physionomie, leur stature, les proportions de leur corps, leur chevelure lisse et leur système pileux peu abondant, la forme de leur crâne ne laissent â cet égard aucun doute; il est à peu près impossible de distinguer un Andrianà de l'imerinà, de sang pur, d'un Malais de rinsulinde(2).

tou» les chefs d'origine étrangère K Ce mot semble être, comme nous l'avons déjà fait remarquer, de la mAmc souche que les titres de Dain ou Uian, que portent le) chefs de certaines populations indonésiennes, des Bougliis des C^lebes, des Benkoulcn, elc. Il a aussi de l'analogie avec celui AWndâya qu'on donnait jadis aux grands personnages à Java^.

O Le titre cTHova que plusieurs peuplades malgaches (Betsileo, Tanali, etc.) donnent encore aujourd'hui à leurs chefs et qui semble avoir été autrefois universel-

lement usité dans ce sens à Madagascar W, est identique à celui qu'emploient certains Mélanésiens et s'applique aux chefs indigènes, par opposition au titre d'AiiDiual qu'on donne à ceux d'origine étrangère.

W J'ai eu l'occasion de voir côte à côle,sur le même bateau, un Javanais ou plutôt un Madourais et un Andrianà de Hmerina; ils semblaient être des membres non seulement d'une même race, mais de la même famille. Presque tous les voyageurs, du reste, sont d'accord à ce sujet M. Le Gentil, cependant, écrit que ce sont des * Arabes abâtardis

libres ayant perdu la liberté pour cause de crimes, de dettes, etc.), les Manendy, les ManisotnS et les TtUrondahy (esclaves ou serfs du souverain), auxquels il faut ajouter les Mangaran6, les Faliary, les Ambohipoioalinâ, les Manjakaray et, depuis leur affranchissement, les Masombika' (ou Africains).

(*> En 1595, le chef d'Ampalazy (dans le Sud-Ouest do Madagascar) portait le litre d' Andrianà comme ceux de l'Àndroy, de l'Anosy, de la côte Sud-Est, etc. Les nom'* donnés aux rois Sakalavâ, Barâ, etc., après leur mort sont toujours précédés de cette qualification. — Dans les provinces où les cbefs ne sont pas d'origine asiatique, chez les Betsiinisarakâ , les Antankaranâ, les Bezanozanô, les Silianakà, il n'y a pas d'Andriana.

(k> Dans une inscription de î&.la, ce titre précède le nom d'un généralissime.

(° Les femmes des rois Sakalavâ s'appellent encore AmpelakovA (litL : femmes de Yhord ou du chef); chez les Mahafaly, j'ai connu un chef nommé Fandakorâ (litL : qui ne quitte pas Yhové ou le chef), etc. Le mot à'Olonkovd (litt. : homme chef) est employé dans beaucoup de districts pour dire un grand homme.

M Mayeur ( Premier voy. au pays d'Ancove en 1 777, Ms. Éibl. Grandidier, p. 58 ) ; Sonnerat ( Voy., 1. II, 1 78s, p. 56); Fressange (Ann. det Voyages, t. Il, 1809, S des Antankay, p. 90); Epid. Colin (A un. det Voyage» t 181 1, p. 9a); Ellis {Hit t. oj Madag., L 1, i838, p. U et îaa); Eug. de Frobenille (Bull. Soc. Geogr. de Pari», 1839, note p. 939); Laverdant (Colonie, de Madag., 18A/1, p. 3o); Humboldt (Ubèr die Kawi-Sprache aufder Intel Java, t. II, i838, p. 336); Crémazy (1m Héunion et Madagascar, 1861, p. 97, et La Question de Madagascar, i863, avant-propos, p. 1); Oawfurd (Proc. Geogr. Soc. Lond., 1 863, p. 70); Mullens (Twelve Monthê in Madag., 1875, p. 173 et 176); R. P. Callet (Tantara ny Andrianà , 1 1, 1878, p. 116 et 118); Sibree(7iU Great Afric. Island, 1880, p. loa); Zannetli (Arck. Anthrop. di Mantegazza, 1880, p. 359); Baron (Antanam. Ann., 1881, p. 193); Cowan (Proc. Geogr. Soc. fjmd., 1889, p. 53i); Dahle (Anlanan. Ann., i883, p. sa); Audebert (Sitzung d. Geogr. Cet. ii Berlin, t883); Marre (Museon, 1886, p. 5); Hartmann (Madag., 1886,

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<u>ntradictoires(1); cependant il semble certain que les Malais dont sont issus les Andrianà de llraerinà ont atterri dans l'Est. C'est, en effet, k

(*) Les Antats;mft, ou hnbitonls du Sud- Est de Madagascar, rapportent, d'après l'enquête» qu'a faite a ce sujet le R. l\ Callct(*), c|uelc8 ancêtres des Audriana de rimerinl ont abordé sur leur côte, et les Merinft, ou habitants du Centre, que Guillainlb) a rencontrés à Mojanj|a lui ont dit : «Nous sommes une race étrangère; ims pères sont Tenus du Sud- Est sous la conduite d'un chef vaillant et sage qui est l'ancêtre de notre roi Radamà I.i (Test aus*i ce que Mullens a entendu dire à Tanaiiariu», et ce que rapporte le capitaine Oliterdan* son Madagascar. Le récit fait à eu suj-l par les Sa La lava au R. l\ de la Yavssièrc '■'• nous apprend que les immigrants malais sont tenus à bord de praos qui se sont brisés sur les côtes de Madagascar, mais sans préciser

si le naufrage a eu Heu dans l'Est ou dans l'Ouest. Je ne connais guère que deux personnes qui aient dit d'une manière péremptoire qu'ils ont abordé à la côte occidentale, et dont, du reste, l'autorité sur ce sujet est très contestable, c'est fauteur anonyme qu'a cité souvent le Clier de Fioberville dans ses manuscrits d) et M. L. Crémazy'*'. Mais il y a un certain nombre de Malgaches qui, sans préciser le p int où ils ont atteri i , prétendent que les habitants de Mmerinâ ont séjourné dans l'intérieur du Ménalté (entie Ma ha bu et Mavohazn) avant de s'établir dans le massif central; c'est ce que disait Raharolaltv. l'un des principaux et des plus intelligents An Irianâ du temps de Radamà I; c'est ce que m'a allirme uu \ieil ombiasv ou devin de Tananarive;

-tendance malaise des Ho\;ï.» Si l'on admet I» chronologie de* Audriana de l'Imerina que je propose plus loin (p. 79), il n'est pas besoin de se demander, comme M. Marre 1 Musai», 1HK6), ai •?! 'immigra lion malaise a précédé ou «nivi l'introduction de l'hindouisme dans file de Java-, ou, comme M. E.-F. (îautier, »si !<*> différences qui existent entre le malgache et le malais ne rendent pas invraisemblable fin pothè»e d'une immigration malaise -, puisque les deux ou trois coûts naufragés javanais se sont crois** immédiatement avec les habitants du pays dont eux et surtout leurs enfants ont fortement pris la langue et les usages, gardjnt toutefois et même communiquant à leur entourage le génie spécial de leur race. Les conclusions formulées par M. Marre, qui sont à peu près conformes à elles d'jà données parles Re». \Y. E. Coiimiis (The Malagasy langungf, Pli*- Ifilog. Soc.% 1878) et J. Sibree ( The dreaf [frienn Island, 1S80, p. 1 -j 1 et ta* , : i* que rimmigration malayo-javanaise s'est implantée dans l'île de Madagascar avant l'introduclion de l'hindouisme dans Java (qui remonte, comme l'on sait, aux en\ irons du commencement de Père chrétienne); a* que la langue malgache,

3ui n'a jamais été envahie, comme les langues de l'Arrhifiel Indien, par le sanscrit ni par l'arabe, a conservé, ans leur pureté native, plus qu'aucune autre langue océanienne, les racines d'origine grand -polynésienne et présente des traits de ressemblance avec le* longues malaises, indonésiennes et mélanésiennes, sans qu'on ait encore pu déterminer scientifiquement qu'elle se rapproche des unes plutôt que des autres», me paraissent exactes pourvu qu'on sulstitue, dans la première partie, indo-mèlanctienns à maloyo-jnranaUê ; en «flet, les immigrants malais ou javanais ne sont venus, d'après mes recherches, que très tard au xwc siècle et en très petit nombre, de sorte que. eussent-ils été imprégnés d'hindouisme, et quoiqu'ils parlassent une langue différente, leurs enfants, en réalité de simples métis, noyés dans la masse des indigènes auxqueb ils étaient du rest1* attaches par les liens du sang, n'ont du ni pu garder la moindre trace des croyances et de la langue de leurs pères, d'autant plus nue les Javanais, fort indifférents en matière de religion comme beaucoup d'orientaux, accueillent volontiers toutes les superstitions.

<"> Tantaran'nu Andrianà elo Madagascar , n' édition, t. 1 (1878), p. 116.

*) Documenté $ur la côte occidentale de Madagascar, i8&5, p. io.

w Vingt ans à Madagascar, i885, p. 53 et 59.

(4) 9 Quand on interroge les Oves (Ho\a) sur leur origine, ils disent qu'ils descendent de Blancs qui forent jetés vers le milieu de ta côte Ouest par le naufrage d'un grand vaisseau. On conçoit que dans les premiers temps l'équipage fut longtemps errant dans la contrée et que, sans cesse occupés de leur défense, ces malheo reux n'eurent pas le loisir d instruire leurs enfants dans les arts de leur patrie phénicienne et qu'ils dirent l'usage de l'écriture» (Dict. manuscrit de FrobennUe, 18077).

(*> «Las Hovas ont débarqué dans la baie de Bonibétoke» (Revus mariismê H cUoniaU, nov. 1089).

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la côte orientale que les courants et les vents généraux de l'Océan Indien les amenaient tout naturellement, et le climal insalubre de cette côte, d'une part, d'autre part, les Arabes, qui avaient déjà dès longtemps (l) imposé leur autorité aux habitants de cette région et qui avaient toute raison de s'opposer à l'installation au milieu d'eux de nouveaux venus capables de leur disputer la prééminence, pouvaient seuls leur faire quitter un pays fertile pour un pays aussi nu et aussi aride que le plateau central ; la position de leurs premiers établissements sur ce plateau {*\ qui étaient dans le Sud-Est de Tananaiïve, tout près de la crête de la chaîne

ce>* ce que mentionne, d'api es une tradition sakalava. Vinrent Noël * . mais je sois porté à croire «pie ces tradi:ion> appliquent ao\ premiers habitants du t. entre de File, ao\ Vaximba.qui étaient, a*er les Antanandrï . les Umtpom-tmiy ( lilt. : les maîtres da sol), eVst-a-dire les premiers ocupants de l'Ouest, notamment dn Ménabv avant l'invasion des chefs sakalavi, et dont un.' branche a colonisa rimerinà. Quant au R. P. Malzar, c'est à tort que, dans son Abrégé de l Histoire des Bon deTImermà du R. P. Callet w . il d t que la légende sakalavi fait aborder les Malais dans TOnest de 111e; cette légende, qui est la reproduction textuelle de celle des Antatsimô (du Sud- Est j. spécifie seulement qu'ils sont venu* d'outanner, sans dire où ils ont atterri. Quant à moi. je ne crois pas qu'il soit possible d'admettre que les praos javanais aient accosta dans l'Ouest; on pourrait à la rigueur admettre que , partis de la côte Sud-Est, le> naufragé?* aient traversé file jusqu'au Ménabé, d'où ils seraient montes sur le plateau central: mais

la situation de leur* premiers établissements, qui est tout pre de la limite oriental*! de rimerinà, n'autorise pas à accepter cette \ersion. Ce qui est très possible, c'est qu'une partie d'entr'eux se >oit séparée de leurs compatriotes et se soit dirigée soit ws le Sud, soit vers l'Ouest: de nombreux Antandroy et Mahafal) ont. en effet, du sang mongol, et on peut admettre qu'ils sont issus du croisement de quelques-uns de ces Javanais, à moins qu'on ne doive attribuer ce métissage m ..ngoloîJc au naufrage ûV jonques chinoises ou japonai>es sur la côte Sud f ; il nest pas encore impossible que des Malais aient atterri dans la région australe de Madagascar antérieurement ou postérieurement à la venue de ceu\ qui se sont établis dans le rentre. Nous no pouvons formuler aucune opinion sérieuse à ce sujet.

(*' Les traditions locales et l'histoire s'accordent à dire que les Si la mu (Arabes) sont venus à Madagascar longtemps avant les Malais.

^ Ce sont, en effet, les villagrs de Meri-

'*' «Quelques tribus d'une rare particulier?, lesquelles se donnent à elles-mêmes le nom de Moctf, furent. «Ht la tradition, chassées da Ménabe. qu'elles habitèrent longtemps, et poursuivies par leurs ennemis jusque dans la partie la moins accessible de Pile* (Itecb. sur les Sakalava. nuU. Soc. Géoçr. Pmrit, avril 18 43).

:%i TmmUtrmm'inj Amdrimm nanjak* teto hmerina, 1S99, p. i5.

1€* Pyrard de Lara! a été* très étonne de toit, en 1 64s , dans la baie de S'- Augustin, sur la côte S.O., «de nombres! habitants qui retirent en quelque chose du visage aux Chinois*). — Jules Yerreaux m'a dit qu'il avait appris, au Cap de Bonne-Espérance, que les peuplades de la côte Sud-Est de l'Afrique avaient commercé, pluawurs siècles avant J.-C.. avec les Chinois qui venaient pêcher des tripangs dans ces parages, rt que le» MatabeJes et tribus voisines avaient du sang jaune.

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cùliùre, montre bien qu ils venaient de l Est. Il y a lieu aussi de remarquer que c est sous le règne des deu\ premiers rois malais, Andriamanelô et Ralambo, qu'ont été, d'après les traditions, introduits pour la première fois dans Tlmerinà l'astrologie et la divination par le sikidy, ainsi que le culte des Sampy ou amulettes(l) et la cérémonie du Fandroanà ou fête de la nouvelle année; il est vraisemblable que les Antimorona, qui en sont les importateurs, ont été induits à monter dans Tlmerina à la suite de l'exode des Malais du Sud-Est vers le centre, ce qui n'eût pas eu lieu sitôt après leur arrivée si ceux-ci étaient venus de l'Ouest.

Quant à 1 époque à laquelle ces Malais ont atterri à Madagascar^, on peut, en se basant sur la généalogie d'Andrianampoinimerinâ, conjecturer que leur venue dans le centre de File n'a pas eu lieu avant le xvic siècle. Tous les Andriana s'accordent, du reste, à dire qu'ils sont arrivés à Madagascar après les Silamô (ou Arabes musulmans ) et les Karany (ou Indiens musulmans). L'arbre généalogique du vrai fondateur de la monarchie malaise, Andrianampoinimerina (1787-1810), quia été soigneusement conservé dans la mémoire de ses descendants, permet en effet de calculer

manjakâ (à 5 kil. nu S. S. E. de Tananai ive), de Betsizarainâ (à 8 kil. au N. E. de Tananarive) et iTAlasorâ (a 5 kil. au S. E. de Tananarive) qui sont le berceau des premiers rois malais.

(*) C'est sous le second roi malais, Ralambo, que fut apporte le fameux talisman Kelimalazà^y talisman national auquel furent attribuées les victoires de ce roi.

W M. Max Leclerc pense que les immigrants malais sont arrivés à Madagascar entre le ix" et le xn* siècle (Les peuplades de Madagascar, Revue d'ethnographie, 1886, p. 4a8). M. René' Basset trouve que erecs

dates doivent être reportées beaucoup plus en arrière, car, à moins de supposer que les Hovâ aient pçrdu leur dialecte, il faut tenir compte du fait linguistique suivant : les mots sanscrits, qui occupent une large place dans les vocabulaires javanais et malais, ne se retrouvent pour ainsi dire pas dans le malgache, d'où l'on doit supposer que l'émigration malaise à Madagascar a eu lieu à une époque antérieure à rétablissement des Hindous à Java et à Sumatra v (Bull. Soc. de Géoffr. de lEst, 1888). C'est qu'en effet les Andriana qui sont des Malais ont perdu leur dialecte.

<*> Ce talisman, dont on ne disait pas la nature, était soigneusement enveloppa d'herbes et de feuille* de bananier afin de le soustraire à tous les regards. Ralambo lui assigna un village romme résidence et plaça auprès de lui des personnes que Kalobé, la femme qui l'avait apporté d'isandrà (bVtsilco), mais qui le tenait d'un Antimorona du Sud-Est, initia aux rites secrets de son culte et à ses vertus. 11 a, jusqu'en 1869, joui d'une grande réputation parmi tous les Merinâ, qui le considéraient romme le palladium de leur paya (Tantara ny Arvlriana eto Madaga$car, s* édit., t. I. 1878, p. 3'{g, et II. P. de Li Vussièbe, Vingt ans à Mcda-

Îrascav, i885, p. 64 à 00). — D'autres disent qu'il a été apporté par un individu do la noble famille des Anal.ard, amille qui e*t, au point do \uc religieux et dynastique, la première de la Iribu des Antimorona et qui est d'origine arabe (Fkriiand, Le$ MiuubnaiH à Madagatcar, a* partie, 1893, p. 69).

rois , et ceux dont la tradition nous a conservé les noms n'avaient certainement rien qui les distinguât de la masse de leurs semblables, s'ils n'avaient été les ancêtres des rois malais ; disons même que les tout premiers appartiennent certainement k la mythologie et sont sortis de l'imagination des bardes malgaches qui, suivant un usage k peu près général dans les pays primitifs, ont cherché k flatter leurs maîtres et seigneurs en rattachant leur famille k Dieu, et qu'il n'y a pas lieu d'en tenir compte11'; les suivants, à partir d'Andrianampongâ, sont des rois Vazimbà , c'està-dire de race indo-mélanésienne, jusqu'au 11e P) ou Andriamanelô,

O AndriandravinX, ou AndrianerinerioS, que ics Andrianft de TlmerinS regardent comme ie premier de tous les chefs du Centre de Madagascar, et son successeur Andriananjavonanâ que Ton donne comme le père d'Andrianamponga, sont, d'après la légende bova, le (ils et le petit-fils de Dieu. Du reste, voiri l'histoire telle qu'ils la racontent et qui semble être une réminiscence de la chute du premier homme : «Dieu, voulant du bien aux VazimbS, envoya un jour son fils jouer avec eux, leur enjoignant expressément de ne pas lui donner à manger du mouton, parce que cette viande lui était mauvaise. Les Vazimbà n'eurent rien de plus pressé que de transgresser cet ordre. Après avoir pris ce repas sacrilège, Andrianerinerinà ne put retourner au ciel lorsque la nuit fut venue. Dieu, s'étant enquis du motif pour lequel les Vazimbà retenaient son fils sur la terre, se mit en colère lorsqu'il sut ce qu'ils avaient fait et il les menaça de les faire tous périr, à

moins qu'ils ne se reconnussent les esclaves d'AndrianerinerinX, ce k quoi ils acquiescèrent. Andrianerinerinà épousa une femme que son père lui envoya du ciel et qui engendra Andriananjavonanâ, dont le fils, AndrianampongX, est le plus ancien des chefs vazimbà connus et l'ancêtre direct de la princesse RangitS, épouse d'un Javanais et mère du premier roi de la dynastie qui a conquis l'île de Madagascar.

(*) Voici, suivant leur ordre chronologique, avec l'indication des villages qu'ils gouvernaient, les noms de ces 1 o souverains, comprenant 8 rois : i° Andrianampongi, qui résidait à FanongoavanS; 9° Andrianamboniravini et 3° AndriandranolavX (à Ambatondrakorikia); 4° AndriampandranX, 5°Rafandrandavi, 6° RamasindohafandranX, 7° Rafandrompohy et 8° Rafandramanenitri (h Ampandranà), et 9 reines : 9° Rafohy et 1 o° RangitX (à Morimanjakâ) (,). L'existence des trois premiers est historiquement douteuse, car, dans les prières à

<aJ Ellis, dans son History of Madagascar, t II (i838), p. 116, donne une liste on peu différente, que reproduit le capitaine Oliver dans son Madagascar, 1. 1 (1886), p. 93. Non seulement, en effet, il met en tête les chefs d' Ampandranà (dont il énumère six, au lieu de cinq, et dans un autre ordre : i# Rafandrani, •* Rafandrandavâ , 3*Rafandrampohy, &* Rafandraroanenitrft , 5* Ralohafandranfi, et 6* Ramasinalohafandrairf), mais il en interpose huit entre ceux-ci et la reine Rafohy (70 Andriampararaahery, 8* Andriamiiiamiziana , 90 Andrianahitrahitrâ [à Fanongoavanfi], 10* Andrianambaniravinft, 11* Ratokanaminitany, 19* Raveri«ahalft et i3° Ratsimitoaiy); quant à Andnanampongft , il en fait le fils de RanjpU et le père df Andriamanelô. La liste que je donne plus haut me semble, d'après les traditions qu'a recueillies avec soin le R. P. Callet et qu'ont contrôlées les P. P. A binai et Maliac, et d'après mes propres recherches, la plus digne de foi. Tout récemment, comme nous l'avons déjà mentionné, M. Jully a publié, dans les NoUm, n*connai**anc** *t Exploration* du 3i juillet 1898, un article très étudié sur C Origine de* Andrimnà ou Noble*, où il émet l'hypothèse que

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malaise, qui a joué, surtout sous ses derniers représentants, un si grand rôle k Madagascar.

Dès 1 entrée en scène de ces chefs de race jaune, on constate de suite un grand changement dans l'organisation sociale de ce pays; c'est en effet à Àndriamanelô que la tradition attribue l'introduction dans le centre de Madagascar des sagayes de fer, la construction plus savante des fortifications, etc. Il est certain que, dans le cas présent, ce chef personnifie dune manière générale les 100 ou 200 immigrants javanais (l) qui ont apporté avec eux leur génie spécial, car le père d'Àndriamanelô n est pas le seul qui soit venu de Java sur le plateau central ; beaucoup d'autres y sont arrivés avec lui, et il y en avait dans tous les villages de l Est de rimerina, dont les habitants les avaient aussi bien accueillis que l'avait été leur compagnon par la petite reine de Merimanjaka, qui a donné le jour au fondateur de leur dynastie w.

Laissant de côté les rois Vazimba, dont la chronologie ne saurait être fixée avec exactitude et nous importe, du reste, peu au point de vue au-

hisatrà; 1 1° et 1 9° les deux successeurs d'Aodriainasina valonS a Amhohinianga, ancêtres directs d'AndrianampoiuinH'rina, Andriantsimitoviaminandriandraznka cl Andriambclomasinâ^.

t1) D après certaines traditions locales, très acceptables , il n'y a guère eu plus d'une centaine d'iudividus de race jaune qui soient arrivés dans TlmerinS.

<2) N'ayant pas donné naissance à des chefs de la valeur d'Andriamasinavalonâ et de ses descendants, ces immigrants n'ont pas joué de rôle important et l'histoire n'en a pas conservé le souvenir, excepté de quelques-uns, comme Andriandranando, le chef d'Ambohipeno (village à U kil. 1/9 au

N.-E. dAlasora) el Andrianandrintant. le chef d'Ambohibato, qui vinrent eu aide au filsd'Andriamanelô, Ralam bu, contre les attaques des Yazimbà (Tantaranny Andrianâ, 1899, p. 38 et 39, et Irahà* 1897. p. 196 et 197), Andriamanalina, qui dut le salut de son village, AmlK>himanambolâ,au talisman Kelimalaza. etc. U est à remarquer que tous ces noms essentiellement malgaches montrent que ces Javanais avaient non seulement épousé des femmes \ azimbi, mais qu'ils s'étaient intimement mêlés aux indigènes, abandonnant leur langue pour celle du pays d'autant plus facilement du reste que les syntaxes et souvent les motsracines sont les mêmes.

*' Le successeur d'Amdriambelomasinâ ù Ambohimangà, Andrianjafy, n'ont pas cité dans la liste des ancêtre* d\\itdrianampoiiiimerin£, parce que celui-ci lui fit la guerre, le dépoWda de ses États et le fil mettre i mort. C\">t pour des raisons analogues que la liste des rois de Tananarive s'arrête h Andrianavalobetniuisatri, dont le frère, Andriambaloliery, ne fut pas admis dans le tombeau des ancêtres parce qu'il mourut de la lèpre, et dont le fils, Andrinnamboalsimarofy, fut chassé de ses Ktats par AiiririanatnjK>iuimeriné. On y a aussi omis le fils aîné d'Andriantsimitoviaminandriandehibé,qoe son frère cadet. Andriam;i«inn\alond, a déposé f»t remplacé.

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sur cette cote, parce que, s'ils avaient été depuis longtemps dans l'île, ils n auraient plus parlé leur langue natale, dont ils eussent perdu l'usage au contact journalier des indigènes*. H semble très probable que ce sont les Javanais, que Vasconcellos a trouvés en 1009 sur la cote Est de Madagascar, entre Matitanaua et Mahanorû, ou tout au moins leurs compagnons qui, fuyant l'hostilité des Àndriana ou seigneurs arabes, maîtres •de cette côte d'ancienne date, et peut-être aussi le climat fiévreux de celle région, out gravi la chaîne côtière et se sont réfugiés dans le centre de Tile au milieu de populations douces et inolfensives sur lesquelles il leur a été facile d'asseoir leur autorité. Il y a, en effet, une concordance remarquable entre l'époque à laquelle a eu lieu ce naufrage et la naissance du premier roi de la dynastie malaise (l).

Voici, du reste, le tableau chronologique tel qu'on peut le dresser avec les rares documents dont nous venons de parlerl2) et où, si les deux

pel Indien et la cote orientale d'Afrique, •et probablement Madagascar, remontent à des femp* très éloignés, si Ton en croit une inscription de Tannée 800 après Jésus- Christ, qui a été trouvée à Java et qui nous apprend qu'à celte époque on y apportait déjà des esclaves Zendjes, rVst-à-dire d"s nègres de la cote orientale d'Afrique (V. Kern, Verslagen en medcdceUtigen van de Klk. Akad. van Wetenschappen Âfd. Lctterkundc, 2e R. X. 93.) — Les Adjdïb (ou le Livre des merveilles de l'Inde, traduit par Van der Litii), qui datent de Tan 1 000, mentionnent qu'en Tan de l'Hégire 336 (966 après Jésus-Christ), les Javanais venaient chercher des esclaves nègres à Kanbalou (l'une des Comores, Anjouan). On sait que, dans les temps anciens et même modernes (au moins jusqu'au commencement du xixe siècle), sinon l'unique, au moins le principal commerce avec les pays sauvages était la traite des hommes.

W Dans les premières années du xvi* siècle, une jonque de Java s'est mise à la cole dans le Sud-Est de Madagascar, un peu au Nord de l'embouchure du IMatitananâ (') et, dans les siècles précédents, il y en a eu certainement d'autres, mais il ne me semble pas probable que les Javanais qui se sont établis dans le Centre de l'ile, et qui n'y sont pas montés avant 1 55o , soient des descendants de ces naufragés.

{2) Les dates que je donne dans ce tableau, et que j'ai discutées avec soin en inappuyant sur tous les faits qui pouvaient faire un peu de jour sur ce sujet et que j'ai pris aussi bien dans les traditions locales que dans les récits des divers auteurs, ne di lièrent pas sensiblement de celles que les PP. Abinal (Vingt ans à Madagascar, 1 885 , p. 54) et Malzac (Tantaran'ny Andriana nanjaka teto Imerina, 1899), d'une part, et M. Jully (Notes, Reconnaissances et

<"} Diogo Lopez de Sequoira, que le Roi do Portugal avait charge d'explorer Pile île Saiul-Laurent ou Madagascar, apprit à Matitanaua, au milieu du mois d'août de Tannée ijo 8, «r qu'une jonque de Java s'était mise à la rôle un pou au Nonl de celt^ rivière avant la venue de Ruy Percira en i5o6, et que le girofle qui composait sa cargaison avait été éparpillé sur la plage, ce qui avait fait ci-uirc à tort à Ruy Pereira que cette épice froissait on abondance à Madagascar*) (Barros, Dec. Il, Hv. iv, ch. m, p. 396).

MADAGASCAR

Son petit domaine avait tout au plus une dizaine de lieues carrées.

Il a régné de t59o(1)ài6i5.

3. Ralambô, 7* fils d'Andriamanelft et de Randapavolâ. Ayant réussi à se procurer quelques fusils, il a notablement agrandi le domaine paternel, faisant la guerre à ses voisins immédiats, Yazimbà comme Malais, et leur imposant son autorité par la force ou par la ruse. II eut, à plusieurs reprises, k se défendre contre les incursions des Sakalavâ. C'est lui qui a commencé h élever des bœufs dans le Centre de Madagascar et à qui on doit les premiers travaux d'irrigation el de drainage pour les rizières, ainsi que Tinstitulion du Fandroanâ (ou fête du nouvel an, le premier jour du mois d'Alahamady 2 ) et du culte de divers talismans, notamment du célM>re Kelimalazâ wim du Sud-Est. II imposa une taxe de capitation sur tous les habitants de son domaine, et il divisa ses parents de race malaise en quatre classes, qui formèrent l'aristocratie de rimcrinà. A sa mort, ses Ktats comprenaient une cinquantaine de lieues carrées i6i5 - 16&0.

3. Andriauaka, fils de Ralamho vl de HaUilohinâ. laquelle était fille d'un Javanais, cousin de son mari, Andriananiboninolonâ (3). Avant acheté aux Antalaotrâ ou Arabes du Nord-Ouest une cinquantaine de fusils et trois barils de poudre, il réussit à s'emparer d'Annlamangâ, qui appartenait aux descendants du fameux chef vazimbâ Andriampirokana et dont il changea le nom contre celui d'Antananarivo1-*), c'est-à-dire la ville des mille guerriers; il s'y installa et, après avoir soumis à son autorité diverses familles vazimbâ du voisinage, il chassa d'Amhohidrapelo (qui est à û kilomètres à TOuest deTananarive) le célèbre chef de ce village Rapetô et sa femme Rasoalao , qui allèrent se réfugier du côté du lac llasj. On lui doit l'cndiguement de l'Ikopa et les travaux qui ont trans-

(*> Les deux années inscrites dans cette colonne, qui ne sont naturellement qu'approximatives, sont : i° celle où ces rois ont succédé à leurs prédécesseurs; s° celle où ils sont morts. Mais avant leur avènement ils avaient leur petit domaine, leur village ou groupe de hameaux où ils étaient sinon nominalement, effectivement indépendants.

(*2) Le mois d'AlahamadJ (è) des Merinâ correspond au mois d'Hatsia des autres Malgaches (mois lunaires).

l5) Ralambo avait une seconde femme, d'origine Vazimbâ, Rafotsimarohavinâ, qui

lui donna, antérieurement à la naissance d'Andrianjakâ, un fils nommé Andriantompokoindrindrâ, que son père exclut de sa succession a cause de son indolence et de son amour du jeu, ou plutôt peut-être parce que sa mère n était pas de race javanaise. — A partir de ce troisième roi de la dynastie malaise, les autres ont tous pour mères des princesses de sang javanais (du côté paternel).

(4) C'est aussi probablement sous le règne d'Andrianjakâ que le chef vazimbâ Andrianonifomanjakatany quitta le Sud de Tana-

(é) Alahamady ont lo nom arabe do la Constellation du Bélier.

KTHNOf.RAPHlK. 81

formé en rizières les marais t|iii entourent Tananari\r. Il a donné plus de solennité à la cérémonie de la circoncision, notamment en recommandant l'usage des chaînes d'argent, à l'imitation des Arabes des Comores et du Nord-Ouest, et il a promulgué diverses lois somptuaires relatives aux termes et locutions à employer à Tégard du souverain et des Andriana ou nobles d'origine malaise, aux rites funéraires et au deuil à la mort du roi, etc it>4o - tfiliô.

\. A\D*nNTsiTAKATiA:sDHiA\A, (ils d'Andrianjakâ et de Kavadifo (laquelle était fille d'Andrianipanarnomanga, chef javanais descendant du roi Ralambo). Il s'occupa surtout à augmenter l'étendue des rizières, et on lui doit en partie la transformation des marais de Betsimitatatra , qu'il protégea contre les inondations de l'ILopâ au moyen de grandes digues t665 - i(>8o.

5. A>DMANTsmiTovuni!«A\DRi andkhibl , fils aine d'Andriautsitakatrandriaiia

et d'une princesse de sang javanais. Il s'employa . comme ses prédécesseurs, à accroître l'étendue des rizières 1 680 - 1 tii|5.

6. Raxakatsitakatiasdiiasa , fils aîné du précédent. Il se fit détester de ses

sujets et fut déposé par son frère, dont la bonté et la sagesse

étaient au contraire fort appréciées 1 G90 - 1696.

7. \sDRiAvtsiYtvALONA l . frère du précédent et second fils d'Andriantsi-

mitoviaminandriandehihé,est le plus illustre des rois malais jusqu'à Andrianampoinimerina. Le premier, il a étendu son autorité sur presque tout l'Imerina, d'une part, entre la forêt à l'Est et rOmbifots) à l'Ouest et, d'autre part, entre les parallèles de 18° ;io' au Nord et de 19° 10' au Sud, soit sur une surface d'environ a5o lieues carrées w. Il a gouverné son peuple avec bonté et sagesse; il \ eut sous son règne une famine terrible qui dura sept années, ce qui l'incita à augmenter encore l'étendue des

narive où il vivait avec ses deux sœurs Ha- *' Andriamasina\alonà sut, sans recouraanjakâ et Ramanalinà, et s'établit dans rir aux armes, mettre sous son vasseiage le le Vakinaukaratrii occidental . d'où ses des- chef des Fanougoavana qui commandait cendants étendirent leur autorité jusque un territoire assez étendu vers l'Est et il dans le pays Sakalavâ. Ramanjaka et ses s'empara . par ruse , d'Ambohijoky, ville descendants ont occupé les régions d'Antsi- qui est située à 1 G kilomètres au S.-S.-O. rabé et d'Àmbositrà. Quant à Ramanalinà, de Tananarive et dont le chef, encore indéqui s'était querellée avec son frère, elle alla pendant, lui portait ombrage. Par un traité en plein Vohitsoniby (actuellement la pro- avec Andriambahoakà qui résidait à Alevinée Lalangina du Retsileo), et certains nazary (à l'Est du lac ItasJ), il étendit son chefs Betsileo sont ses descendants (Lieut. domain*» du côté de l'Ouest jusqu'à l'Om- Joua.vietaod, Notes, Reconnaissances et Explo- hifots), grand affluent de FIkopi, qui devint ration* du 3o juin 1900, p. 270). dès lors jusqu'au règne d'Andrianampoini- (*) Avant qu'il prit le pouvoir, son nom nierinâ la limite de l'Imerina et de fliuamo. était Andrianjakanavalondambo. Il a acheté aux Antalaotra du N.-O. beau-

KrBlOf.RtPBIE. 11

MADAGASCAR

rizières du Ketsimitatatrâ. Il a pris douze femmes dont il n'a eu que huit enfants; il a partagé son royaume entre quatre d'entre euxt1). Il était contemporain de Tsimanongarivô ou Andriamanetiarivo. le fils aîné du fondateur de la dynastie Sakalavà, LahifotsN, et le second roi du Mena hé , qui a régné de 1 680 à 1718 (?) , et de son frère Tsimanatô ou Andriamandisoarivô, qui a conquis rAmhongô et le Boinâ. et qui vivait encore en 1711 'a). Il est mort très âgé (à 70 ans?)

Andriamasinavalona ayant eu la fâcheuse idée de partager son royaume entre ses quatre enfants favoris (3), l'arbre généalogique de la dynastie malaise s'est divisé, jusqua Ândrianampoinimerina, en quatre branches dont deux seulement méritent de fixer l'attention : celle de Tananariv*» ou du Sud et celle dWmbohimanga ou du Nord, les deux autres frères n'ayant joué aucun rôle important et l'un d'eux, Andrianavalonimerina, ayant même, dès le début, prêté serment de fidélité au roi d'Ambohimangaw.

coup de fusils, de la poudre et un canon ((iiiLLAiN, Documents sur r Ouest de Madagascar, i845).

') Andriamasinavalona a institué, pour ses quatre autres fils et leurs descendants, la classe des Andriamasinavalona ou a' classe de la noblesse, au-dessus de laquelle il mit les Za/.amarolahy ou princes du sang. Ces deux classes, comme nous Ta vous dit plus haut (p. 67, note a), priment les quatre qu'avait antérieurement instituées Ralambo.

(2; Archives coloniales : rr Massai y (baie de Bombétoke)et Samanatte( Tsimanatô, le roi sakalavà du Boinâ), c'est la même chose. *

•3} Andriamasinavalona a donné le Nord , avec Ambohidrabiby pour capitale, à Andrianavalonimerina; l'Ouest ou le Marovatanâ, avec Ambohidratrimô pour capitale, à Andriamananimerinâ; le Sud, avec Tananarive, à Andrianjakanavalomandimhy ; et l'Est, avec Ambohimangâ et Ilafy, à Andriantsimiloviaminandriandrazakâ, qui était le plus intelligent de tous et qui sut agrandir sa part et devint le plus puissant. Mécontent

des remontrances que lui avaient values de la part de son père sa brutalité et son despotisme cruel, Andriamananimerinâ le récompensa mal de sa sollicitude affectueuse; il l'attira traîtreusement dans Ambohidratrimô où il le retint prisonnier pendant sept ans jusqu'à ce que ses sujets aient réussi par ruse a le délivrer. — Guillain rapporte cette même histoire du partage de l'Imerinâ entre les quatre fils d'Andriamasinavalonâ et son neveu >a), qu'on lui a racontée à Majunga (Documents sur t Ouest de Madagascar, 1 8 '1 5 , p. /12; voir aussi Col. Prudhomme, Notes, Reconnaissances et Explorations du 3i mars 1900, p. 11).

t* Le quatrième fils d' Andriamasinavalona ou Andriamananimerinâ eut pour successeurs : 1 ° son fils Andriantomponimerinâ ; 3° le neveu de celui-ci, Andriambelo, qui fut tué et remplacé par son cadet; 3° Rabelonanâ, auquel succéda sa sœur; h° Ravorombato , à laquelle succéda son fils ; 5° Rabehety, qui fut vaincu et dépossédé par Andrianampoinimerinâ.

(a) Andriamasinavalona a. en effet , retiré Alasorà de ses États pour le donner à bon neveu Andriambonimeni.

MADACVSCAH.

Avec Àiidrianainpoiniuieriiiû, qui, seul roi de riiiicrinsi depuis 179V a régné jusqu'en 1810, nous entrons dans la période, à proprement parler, historique. Il n'est plus besoin de recourir aux traditions transmises de bouche en bouche avec plus ou moins d'exactitude et sans date précise; nous avons, pour nous guider, des documents écrits qui nous renseignent fidèlement sur les faits du règne de ce roi, le fondateur de la puissance et de la grandeur des Merina, qui soumit à sa loi, de 1787 à 179'i, tous les chefs malais de rimerinâ, notamment ceux d'Ambohidratrimô, d'Alasorà, de Tananarive, ainsi que ceux de l'Imamô et du Vakinisisaony, et qui commença ensuite la conquête des provinces voisines (,;, conquête poursuivie et menée à bonne fin par son fils el successeur Hadamà 1er (1810 '^-189 8) et par sa fille adoptive et belle-fille RanavalonaIrc(i83 8'3)-i86i).

De ce qui précède, il résulte que la venue des Malais ou plutôt des Javanais qui ont joué le rôle prédominant à Madagascar a eu lieu à une époque relativement récente, puisqu'il semble qu'ils ont abordé à la côte orientale au milieu du xvic siècle, vers i5&7 ou 1 558 w, et que le premier chef de leur race est né peu après dans l'Imerinâ 5) d'une princesse

{V; Dans le faraud Kabary ou assemblée qu'il tint à Fidasianâ en 1787 lors de son intronisation ou prise de possession du Nord de l'Imerinâ, Andrianampoinimerina s'écria : * Cette terre est à moi ! 11 faut que la me" soit la limite démon royaume \r> et, avec un intelligence supérieure et une persévérance remarquable, il s'occupa de réaliser son ambitieuse conception, ajoutant chaque année à ses États de nouvelles provinces (Marovatanâ, Vonizongô. Imamô, Vakinisisaony, Bezanozanô , Antsihanakâ .

Betsileo), qu'il conquérait tantôt par la force des armes, tantôt par la ruse ou les cadeaux. 11 a fait preuve pendant tout son règne de hautes qualités politiques.

,%1- Radama I"rest né en 1793.

'3) Ranavalonà fre est née en 1802.

(*' Comme les Malgaches d'origine malaise ne présentent aucune trace de musul manisme, quelques auteurs en ont conclu que l'immigration de leurs pères a dû être antérieure à 1&91, date à laquelle l'islamisme s'est solidement établi dans Java^ ; mais il faut se rappeler que toutes les peuplades javanaises n'ont nullement accepté dès le début la nomelle religion et que. du reste, comme nous l'avons dit plus haut, quelques centaines de naufragés récemment convertis, perdus dans un pays nouveau et intimement mêlés à ses habitants, ont dû rapidement abandonner leurs croyances, de même qu'ils ont oublié leur langue.

(&) 11 n'est pas douteux qu'à peine arrivés dans l'Imerinâ. les immigrants javanais, qui, du reste, d'après la tradition, y ont

(') La première tentative d'introduction de lu reuVkm musulman»* à Java a eu lieu vers ii5o; en i3oo, elle a été adoptée dans l'Est, mais elle ne >esl établie »olidcment dans toute l'Ile qu'en 1 /i a i .

ETHNOGRAPHIE

vazimbà dont les États étaient bien modestes, puisqu'ils comprenaient simplement le village où elle résidait avec quelques rares hameaux épars dans ses environs immédiats. Les traditions dont j'ai cherché à résumer les plus importantes au point de vue de l'étude ethnographique des Malgaches montrent, d'une part, que les habitants actuels de l'imerinâ sont, pour la plupart, des descendants directs des Vazimbà et autres indigènes qui vivaient dans le centre de Madagascar avant l'arrivée des Javanais; d'autre part, que ces immigrants de sang jaune, après s'être au début mêlés aux indigènes et avoir épousé des femmes vazimbà, ont pris soin, à partir de leur troisième roi, de ne plus se marier qu'entre eux et ont par conséquent, malgré leur métissage originel, conservé une assez grande pureté de race et leur génie spécial. Le changement que les immigrants de race malaise ont apporté à l'organisation sociale des peuples au milieu desquels ils se sont établis et l'introduction ou le perfectionnement des arts divers relatifs à l'agriculture, à l'élevage, à la métallurgie, à la construction des maisons et des fortifications, etc., qui ont marqué le gouvernement de leurs premiers rois, ainsi que le développement qu'ont pris sous leur impulsion le commerce et l'industrie, ont complètement transformé Madagascar en moins de deux siècles.

L'amour du travail , l'esprit d'économie, l'obéissauce aux chefs, surtout le désir de se civiliser sont autant de qualités inhérentes à la race jaune qui les a importées et imposées dans le centre de l'ile, tandis que les autres peuplades d'origine indo-mélanésienne livrées à elles-mêmes, malgré une intelligence assurément aussi vive et certaines qualités fort appréciables, n'ont jamais progressé et sont encore aujourd'hui aussi brutes, aussi sauvages que lors de la découverte de Madagascar par les Portugais.

été parfaitement bien accueillis, tandis que les Arabes de la rote, au contraire, les avaient forcés par leurs exigences et leur despotisme à quitter la région orientale, ont été recherchés par les femmes et princesses vazimbà dont les mœurs étaient, comme celles de toutes les autres peu-

plades d'origine indo-mélanésienne, très libres et qui considéraient comme un simple devoir d'hospitalité de se livrer aux étrangers. La naissance d'Ândriamanelô, peu de temps après la venue à Madagascar des Javanais, n'a, en réalité, rien qui doive surprendre.

MADAGASCAR

Il est fait pour la premier*» fois mention de la province centrale d'Imerinà en 161 3, dans le récit du voyage du P. Luiz Mariano, sous le nom de Royaume des HovXi;. Il résulte de ce récit qu'au commencement du xvne siècle, les Hova(2) venaient déjà traGquer avec les Arabes de la haie

W erNns côres e feiçfies os buques téem entre si notaveis variedades, porque uns sâo aievichados como os cafres de Mozambique e Angola, corn o cabello tambem revolto; outros sâo pretos, mas com 0 ralxdlo corredio; outros sâo como mulatos entre aquelles que téem nienos de preto, e tocam de branco se arham alguns, aos quaes, nenhum bom mestiço faz vantagem que sâo trazidos do reiîso de Lva, que è o sertâo, e mais interior da ilha , e vem a vender a Mazalagem aos mouros da costa de Melinde; e entre estes brancos alguns ha com 0 rabello crespo como de cafre que certo è cousa estranha, outros corredio como nos, os mais sâo propriamente baços, retendo a mesma variedade de rabello crespo e corredio; universalmente sâo bem dispostos, corpulentos e de boa estatura, e de bastantes forças para o traballo, posto que n'ellas sâo inferiores aos cafres da nossa Cafreria, aos quaes no que toca aoentendimento, capacidade e boa inclinaçâo levain muita vantagem; e posto que agora no miseravel estado, e cegueira em que vi\em, se nâo emxergue, vivendo se pode dizer sem Deus, sem lei e sent rei que os encaminhe, todavia em havendo quem os faça capazes das cousas e ensine as de Deus e da rasâo, logo se aquietam e accomodam , mostrando-se n isto de naturaleza facil e docil, e assim 0 affirmànios pela experiencia que no ensino dos captivos e forros toma'mos mui devagar; nos officios de carpinteiro, ferreiro, tecelâo, lavrador, que sâo geraes a toda a ilba , sâo muy perfeitos

e destros » ( Boletim da Sociedade de Geo-

grafia de LUboa, 1887, p. 3 18, d'après le manuscrit de la Bibliothèque de Madrid).

H y a de notables différences dans la cou-

leur de la peau et dans l'aspect physique des naturels de Madagascar (bouques). Les uns sont noirs et ont les cheveux crépus comme les Cafres de Mozambique et d'Angola ; d'autres sont également noirs, mais ont les cheveux lisses; certains ont le teint des mulâtres et quelques-uns même sont presque blancs, comparables aux métis les plus clairs; ce sont ceux qu'on amène du royaume des Hova , qui est tout h fait au centre de Me, pour les vendre à Mazalagem (baies de Bombétoke et de Boinâ) aux Arabes de Malindi, et, parmi ces individus clairs, il y en a qui ont les cheveux crépus comme les Cafres, ce qui est étrange, et d'autres les ont lisses comme nous; mais la plupart sont basanés avec les cheveux soit crépus, soit lisses. Ils sont d'ordinaire bien faits, corpulents, de belle taille, assez forts pour le travail, quoique, sous le rapport de la force , ils soient inférieurs aux Cafres; mais, en ce qui touche l'intelligence, les capacités et le caractère, ils leur sont très supérieurs. L'expérience que nous avons acquise dans nos rapports avec les esclaves et les prisonniers nous a montré que ce peuple était d'une nature facile et docile. Ils sont habiles dans les métiers de charpentier, de forgeron, de tisserand, de laboureur (Alfred G randidier, traduction du Voyage de découvertes sur les côtes occidentale et méridionale de Madagascar, par le P. Luiz Mariano, en 1 6 1 3 , Bull, du Comité de Madagascar, 1898, p. 606).

W Le nom d'HovX , que les habitants de la côte Nord-Ouest de Madagascar donnaient au commencement du xvu* siècle à la population du centre de l'Ile, montre, comme nous le savons d'autre part, qu'à cette

MADAGASCAR

On croit, en général, que le pays des Vohite-Anghombes (Vohitsanomby), cité par Flacourt en i658, nest autre que rimerinà. Je ne sais quel est l'auteur qui a, le premier, fait cette identification, acceptée à tort sans discussion jusqu'à ce jour par tous ceux qui ont écrit sur Madagascar10; niais pour celui qui, connaissant ces régions et leur histoiiv, lit attentivement le texte du vieil historien, il n\ a aucun doute qu'il ua jamais eu en vue la province centrale de Tîle, dont il n'a eu, du reste, aucune connaissance12'. Au xvne siècle, comme au xvme et même au corn-

pièce 3), Parât, gouverneur de Hic Bour bon, dit r qu'il y a dans l'intérieur des terres des peuples qui s'appellent Balambo(a' (Amboalambo ou Andriana) et Dambouet ( Tainbohitrâ ou Sihanakà), lesquels sont gouvernés par des Rois qui paient tribut k ceux de la côte Xord-Ouest ». — Drury, qui était à cette même époque dans le Ménabé, sur la côte Ouest (Robert Drunfs Journal, London, 1729, p. 'iot-&o3), parle aussi des Amboalambo et rapporte, d'après des marchands de cette nationalité qui vinrent vers 1719 à Mahabo, que ces Amboalambo étaient, au temps d'Andriandahifotsy (iti/ir>-i68o?), plus puissants que les Sakalavà, uiais qu'ils ont perdu cette supériorité sous son successeur Tsimanongarivô ou Andriamanetiarivô (1680-1718?), par suite de l'importation des armes à feu sur la côte Ouest par les Européens^. — Sur sa carte de i738,Holst marque que la rivière Mananara ( Betsibokâ vr ) , qui se jette dans la baie de Bombétoke, vient du pays des Amboalambo (Imerinâ). — De Valigny parle aussi, en 1 7 M, des Lohalambô *qui ont les

cheveux longs et plats comme les Indiens Malabars. Ce terme veut dire tête de cochon et on le leur attribue |>arce que leurs cheveux naissauts sont rudes et droits comme les soies de cet animal* (Manuscrit de la Bibliothèque du Muséum a* histoire naturelle de Paris. copie de la bibl. Grandidier. p. 91).

,} Guillaix (Documents sur la partie occidentale de Madagascar, i865, note 1 de la page &o); le R. P. Malzac (Notes, Reconnaissances et Explorations. 1899, pages 556 et 555), etc.

-1 -Le païs des Krindranes (Arindrann) est un grand païs qui se divise en grandes et petites Eringdranes; les petites Eringdranes sont au Sud, et c'est d'où sort la rivière de Mangharac (Menaharaka). Les grandes Eringdranes sont au \ord et finissent au pays des Yohits-Anghombes (Vohitsanomby ou YohiUomby), dont la rivière de Mansiatre ( Matsiatrâ ) fait kt séparation. (l'est un pays très peuplé et qui peut fournir plus de trente mil hommes en uu besoin. Le pays est tout plain et est bordé à l'Kst de grandes montagnes fertilles en

'*> Ce nom d' Amboalambo, qui est appliqué aux seuls Merina (ou habitants de rimorinà) de race malais»' cl qui u'apparait qu'au commencement du xtiii* siècle, montre, comme nous l'avons déjà dit, que ce n'est qu'à cette époque que les chefs malais ont commencé à avoir une réelle autorité dans l'intérieur du pays.

-b) Les Sakalcvâ se refusaient, en effet, à vendre aux Amboalambo ou MerinA des armes à feu et de la poudre, et les relations asseï rares et difficiles que ceux-ci avaient avec les gens de Matitanana' et d'Anosy (Drury* Journal, 1799, p. 'io3) ne leur permettaient pas de s'en procurer beaucoup de ce côté.

(f) Le Betsibokâ s'appelait autrefois Mananara; sur le plan d'Owen (1 8 9 4), il est désigné sou» ce nom, que du reste il porte encore aujourd'hui dans l'ImerinA où il prend sa source et qui n'a été taboue par les Sakalavà

3ue vers le milieu du xix* siècle. Le nom de Mananara n'est plus aujourd'hui appliqué dans le Boinfl qu'à l'un es bras de son delta , nu fond de la baie de Bombétoke.

mont : au Sud, FArindranô (les Eriiigdraiies de Flacourt) où leMananantanana, affluent du Matsiatra, et le Menaliaraka, affluent du Mananara, |>rennent leurs sources et qui forme aujourd'hui le district méridional du Betsileo; et, au Nord, rAndriainbohitsombilahy, ou plus brièvement rAmbohitsombv ou le Vobilsanombv (litt. : où il v a des bœufs dans les montagnes) [les Vobits Anghombes de Flacourt), qui correspond au LalauginA actuel ou district Est du Betsileo et que traverse le Matsiatra -1'. H faut arriver à 177/1 Pour avo*r c'es notions sérieuses sur Flmerina. Mayeur qui a, pendant trente années, de 1768 à 1787. rempli dans

resle, Flacourt n'a pas aborde, ni à Foulepointe, ni à Tilc Sainte-Marie, les deux seuls points où il a atterri sur la côte orientale et où il a pris connaissance du pays d es Sihanaka qui y venaient trafiquer fréquemment. Il est donc tout naturel que, n'ayant entendu parler d'aucun peuple intermédiaire entre les Vohitsombv et les Sihanaka, il les ait considérés comme limitrophes et les ait placés sur sa carte au hasard de son imagination au beau milieu de Tile. Mais la réflexion suffit pour faire comprendre qu'à cette époque, où il n'y avait que de petits clans continuellement en guerre entre voisins, il était matériellement impossible pour les habitants de la province d 'Arindrano d%aller attaquer et piller une peuplade qui habitait h 75 lieues de là et dont les séparait un vaste désert montagneux et aride, sans ressources d'aucune sorte. S'il y eût eu guerre entre ces deux tribus, l'attaque fût, du resle, plutôt venue des Hovâ dont le pays plus froid, plus stérile, très pauvre en bétail, comme nous l'apprennent les Européens qui l'ont visité au xvme siècle et comme nous l'enseignent les traditions locales, ne pouvait, à cette époque, tenter ses voisins, mais qui auraient eu, au contraire, tout lieu d'aller razzier les nombreux troupeaux de bœufs

que possédaient les habitants du pays de Vohitsombj arrosé par le Matsiatra.

f1- Voir mon Histoire de la géographie de Madagascar . 1899, notes des pages 1 83 et 188. — C'est à la suite de la tentative, du reste infructueuse, que fil vers 18 1 5 Ramitrahâ, le roi des Sakalavâ du Ménabé. pour conquérir flsandrft, district situé à FOuest du Matsiatra, que les divers chefs de ce district et des districts voisins firent alliance pour se défendre contre l'ennemi commun, et qu'après leur victoire tous les habitants du pays compris entre le aoe et le 29e parallèle, d'une part, et la bande de forêts de l'Est et le désert montagneux qui s'étend à l'Ouest jusqu'au Bongolava, d'autre part, ont adopté le nom de Betsileo , c'est-à-dire les Invincibles. — Le district d'Arindrano, le plus méridional, a été visité pour la première fois en 1667 parle sieur de la Case qui y a pris 90,000 bœufs(!) (Arch. colon., Méni. du 18 fév. 1668). Ce district, que gouvernaient les Zafy Anaranâ, était en effet riche en bœufs; le climat, plus doux que dans l'Imerinâ, y est favorable à l'élevage, et il y a le long des cours d'eau de bons pâturages. Quant au district de Vohitsaomby, il avait deux villes principales, IalananindriU*), où régnait Andriambavizanakâ lors de la conquête de ce pays

0 Ville située sur le bord gauche du Matsiatra, à 8 kilomètres à l'Est-Nord-Est de la ville moderne» de Fiaoarantsoa ( Giâxdidiir, llietoire de la géographie de Madagascar, 1899, t. I, p. 188).

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grande douccMir el d'une extrême poIitt»s8t» , ils sont menteurs, Inpomtes. Apres au gain e! avares, rusés, très portés au vol. s'ingéniant a vendre à faux poids et à fausse mesure, pillant et rançonnant les passants et les voyageurs.

L'organisation sociale et l'activité agricole et commerciale des Meriiict, ainsi que leur habileté dans les divers métiers, qui ont fait, ajuste titre, rétonnement de Majeur habitué a la barbarie des Malgaches de l'Est, du Nord et du Nord-Ouest, si différents sous tous les rapports des habitant du centre, sont caractéristiques de la race malaise qui. en moins de deux siècles, a donné au centre de l'île un commencement de vraie civilisation.

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