‹ L'origine du quatrième EvangileChapitre 21 sur 29 · XX · texte numérisé non relu

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* IX, 7. D'après M. Loisy, op. cit., p. 591, note 4, << l'étymologie réelle paraît être émission d'eau. » Cela suppose la racine hébraïque shalah, « envoyer, » ce qui concorde avec l'étymologie à laquelle songe l'évangéliste. Voir plus loin, p. 421, note 2. D'après M. Abbott, art. Gospels, col. 1803, note 2, l'écrivain aurait en vue le Shiloh de Gen., lxix, 10 : cela suppose également qu'il est capable de rapporter ce terme insolite à la même racine shalah. Aussi Renan, Vie de Jésus, p. 503, a-t-il pu dire : « L'explication de lÔMc/.uL est assez bonne. » Et M. Schmiedel, art. John, col. 2542 : « L'évangéliste interprète correctement, dans le sens d' « Envoyé », le mot Siloam, altération de l'hébreu Shiloah. »

' Jean, v, 2. Il semble préférable d'adopter pour ce verset la leçon : « Or il y a, dans Jérusalem, la piscine des Brebis, celle qu'on nomme en hébreu Bethseta, qui a cinq portiques. » C'est la leçon du Sinaiticus, de la Vulgate, de VOnomasticon d'Eusèbe, de saint Jean Chrysostome. Cf. H. Holtzmann, Evang. Joh., p. 88; Loisy, op. cit., p. 385, note 3, et 386. Les Targums emploient : sçêtâh ou sêitâh, pour désigner le bétail. Bethseta signifie dès lors » maison des brebis » ou « endroit du troupeau », ce qui correspond à la dénomination grecque de la piscine « probatique ».

* Jean, xix, 13.

Avec la langue, notre auteur connaît bien les usages des Juifs. Il sait que le culte est obligatoirement fixé à Jérusalem et au temple^. Il n'ignore ni la Pâque^, ni l'affluence des fidèles à la Ville sainte pour cette solennité^, ni l'obligation de la sanctifier par la manducation des azymes*. Il mentionne jusqu'à la fête des Tabernacles^, et celle de la Dédicace, qu'il sait être placée dans la mauvaise saison®. Il connaît le sabbat, le repos auquel il obbge'' et sa préparation^, la loi de la circoncision au huitième jour après la naissance et son rapport avec l'interdiction de toute œuvre le septième jour de la semaine^, les coutumes relatives aux ablutions à l'occasion des repas i° et à l'ensevelissement des morts", les usages touchant la fréquentation des édifices païens^^ et les relations avec les Samaritains ^^

Les idées juives, et particulièrement celles qui concernent le Messie, ne lui sont pas moins familières. Le Messie qu'il représente est impatiemment attendu; quand paraît Jean-Baptiste, on se demande si ce ne serait pas lui^*. Il est mis en relation avec Élie, qui doit être son précurseurs^. On le regarde comme « le prophète » par excellence, « celui qui doit venir ^', »

1 Jean, iv, 20; vn, 8 ; xi, 56 ; xn, 12.

* n, 13 ; cf. V, 1 ; VI, 4 ; xi, 55 ; xn, 12 ; xm, 1. » XI, 55; xn, 12.

* xvm, 28.

* vm, 2.

* vu, 22, 23.

1^ xvm, 28.

" IV, 9 ; vm, 48.

« celui duquel ont écrit Moïse, dans la liOi, et les prophètes^. » C'est le fils de David 2, et, bien que son origine soit mystérieuse^, on croit néanmoins qu'il naîtra à Bethléhem^ accomplira de grands prodiges^ et sera « roi d'Israël »^.

Enfin, l'écrivain est intimement au courant de la situation religieuse des Juifs et de leurs livres sacrés. Il fait déclarer au Christ lui-même que « le salut vient des Juifs»'. Il sait que ceux-ci se disent fils d'Abraham*, qu'avec eux les Samaritains se réclament de Jacob comme de leur père^. Il parle avec vénération des « Écritures ))^°, de « la Loi » et des « Prophètes »^^, et proclame en principe que « l'Écriture ne peut être annulée» ^2. Il sait que la Loi est communément attribuée à Moïse ^^, et il établit une comparaison entre ce « Moïse par qui a été donnée la Loi » et « Jésus-Christ par qui sont venues la grâce et la vérité »^^. Il connaît ce que la Loi déclare au sujet du double témoin ^5, ce qu'elle prescrit touchant l'interrogation de l'accusé ^^ aussi bien que la sentence de mort qu'elle prononce contre le blasphémateur i".

Surtout, l'Écriture est pour lui l'autorité par excellence, et il insiste sur son caractère de prophétie à

1 Jean, i, 45.

« vn, 27.

« vu, 42, 52.

° vn, 31.

* I, 49 ; VI, 15 ; xvm, 33 sq.

» vm, 33. 53.

1° vm, 17.

" vn. 51.

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