‹ L'origine et l'évolution de la vie /Chapitre 10 sur 180 · XVI PRÉFACE DU TRADUCTEUR · texte numérisé non relu

XVI PRÉFACE DU TRADUCTEUR

derrière elles un passé considérable. Certaines étapes de ce passé peuvent-elles être brûlées par l'emploi de catalyseurs, de la lumière, de corps radio-actifs, etc., ou par tout autre moyen? Alors même que les synthèses de plus en plus délicates de la chimie des colloïdes échoueraient à reproduire et à conserver cet assemblage particulier de molécules et de mouvements qui constitue la cellule vivante, il n’en subsiste pas moins que la science s'approche sans cesse davantage de la constitution physicochimique de la cellule, que rien ne distingue essentiellement (c'est un fait aujourd’hui bien établi) de la micelle organique la micelle organisée (1), et que les phénomènes de corrélation, si caractéristiques de la vie, ont leur fondement dans la physicochimie et se retrouvent, sous une forme plus simple, dans la matière non vivante.

La physicochimie est loin d'épuiser nos connaissances de la matière vivante, elle constitue un ordre de recherches qui se poursuit dans un plan déterminé. La morphologie, la botanique et la zoologie descriptives, la paléontologie en constituent d’autres, qui conservent une valeur provisoire ; elles ne pourront d’ailleurs jamais être remplacées, car elles fournissent d'importantes données à la physicochimie. Osborn leur a maintenu dans son ouvrage une place considérable ; toute la seconde Partie leur est réservée et révèle la maîtrise et l'autorité toutes particulières que l’auteur a acquises en ces matières. Le tableau qu'il trace de l’évolution des Invertébrés, des Ampbibiens, des Reptiles, des Oiseaux, des Mammifères, et qu’il place dans le cadre des grandes transformations géologiques où ces évolutions se sont produites, est de maïn de maître ; il est le plus complet et le plus récent qui ait été présenté dans un ouvrage de vulgarisation savante. Il est éclairé par les principes généraux de l'évolution morphologique, sur lesquels l'auteur a spécialement fait porter ses études et ses réflexions dans Sa longue carrière de paléontologue et dont il donne de nombreuses

et frappantes illustrations : le rayonnement adaptatif, qui exprime

(1) « L'idée que la molécule de protéine morte puisse différer de la molécule de protéine vivante paraît « monstrueuse » à Jacques Lœb. » (G. Bon et A. DRZE- WINA, La Chimie et la Vie, Flammarion, 1920, p. 27).

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