‹ L'origine et l'évolution de la vie /Chapitre 9 sur 180 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR XV · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR XV

variations individuelles faibles, qui ne conduisent jamais à la formation d'espèces nouvelles, les variations individuelles fortes, qui n’y conduisent qu'exceptionnellement, et les variations générales, prolongées et profondes, produites sur tous les individus d’un groupe par des changements généraux et persistants des conditions de la vie (climat, habitat, alimentation), qui paraissent être l’une des causes essentielles de la variation des espèces.

De variation en variation, on remonte aux cellules primordiales, qui, dans un milieu purement minéral, ont élé les premières manifestations de la vie. Osborn montre, d’après les dernières données de la paléontologie, que l'assemblage de molécules en cellules vivantes doit remonter à une époque extraordinairement lointaine, les terrains les plus anciens qui aient conservé des vestiges de la vie, les terrains précambriens (antérieurs aux plus anciens sédiments primaires), révélant dejà des organismes très évolués, qui ont derrière eux un très long passé. Comment cet assemblage a-t-il pu se produire ? Osborn pense avec raison que c'est par un mécanisme analogue à celui qui permet à la science de reproduire des substances colloïdales, plus ou moins voisines des cellules vivantes les plus primitives, les Bactéries anaérobies.

La structure micellaire n'est pas en effet caractéristique de la vie et nous savons la reproduire : synthèse des polypeptides (Fischer), synthèse de substances très voisines de l’albumine (Grimaux) et du caoutchouc, photo-synthèse de certains hydrates de carbone (D. Berthelot). Le problème est de savoir si les conditions nécessaires qui étaient réalisées il y a des dizaines (ou des centaines) de millions d'années, lors de la solidification de la croûte terrestre, peuvent être reproduites au laboratoire. L'usage des catalyseurs et des diastases, qui facilitent les réactions et les accélèrent dans des conditions remarquables, autorise à cet égard de grandes espérances. Il reste que l’état actuel d’un corps organisé paraît dépendre beaucoup plus que celui d’un corps organique ou d'un corps minéral de tous ses états antérieurs, de toutes les superpositions d’architectures et des enchaînements de mouvements,

qu'il s’agit de reproduire. Les premières cellules vivantes ont

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