‹ L'origine et l'évolution de la vie /Chapitre 110 sur 180 · DOIGT TRES DÉVELOPPÉ · texte numérisé non relu

DOIGT TRES DÉVELOPPÉ

F1G. 109. — Quatre phases d'adaptation chez les Kangourous (Marsupiaux) selon la loi de Dollo.

1. Phase primitive arboréo-terrestre : formes arboréales et terrestres.

2. Phase primitive arboréale des Phalangers (Phalangista): formes arboréales. 3. Phase terrestre des Kangourous sauteurs : formes terrestres sauteuses.

4. Phase arboréale secondaire grimpante : Kangourous arboréaux.

terrestre, à laquelle appartiennent des Marsupiaux primilifs tels que les Sarigues, sans adaptation grimpante spécialisée ; 2) une phase arboréale véritable, celle des Phalangers (Phalangista), dont le pied est apte à grimper, possédant un pouce opposable (hallux) et un quatrième doigt renforcé ; 3) une phase terrestre sauteuse, représentée par les Kangourous, dont le pied est du type sauteur, le pouce (hallux) réduit ou absent, le quatrième doigt très renforcé ; 4) une seconde phase arboréale, représentée par les Kangourous arboréaux (Dendrolagus), dont les membres sont essentiellement du type terrestre coureur etsauteur, mais ont été réadaptés à grimper.

Il est clair qu'il ne peut pas y avoir dans la chromatine héréditaire de ces Mursupiaux une tendance interne au perfectionnement et à la prédétermination, anticipant un cours aussi tortueux que celui de cette évolution de la vie terrestre à la vie arboréale,

avec retour de la vie arboréale à une vie terrestre très spécialisée et finalement de cette seconde phase de vie terrestre, adaptée au saut, à la vie arboréale antérieure. Dans l’évolution du Knagourou arboréal, l’adaptation n'est certainement pas limitée par des tendances de la chromatine héréditaire à évoluer dans certaines directions. La théorie physicochimique de ces remarquables adaptations alternantes est que l’animal, abandonnant l'habitat terrestre et acquérant un comportement arboréal, inaugure une série tout à fait nouvelle d'interactions avec le milieu physique et vivant environnant dans ses cellules somatiques et dans son développement individuel, ainsi que, d’une façon encore complètement inconnue, dans sa chromatine héréditaire, qui commence à présenter des déterminants nouveaux ou modifiés. Il n’est pas douteux que la sélection naturelle ait exercé continuellement son influence à chacune des étapes de cette évolution.

-Osborn (11), Baldwin et Lloyd Morgan ont indépendamment proposé une interprétation de la transformation des Mammifères terrestres en Mammifères arboréaux dans l'hypothèse de la « sélection organique » ou de la « sélection coïncidente », qui peut s’énoncer ainsi : les variations somatiques individuelles etles adaptations dues à la croissance et aux habitudes, quoique non héritables, tendraient à protéger l'organisme pendant sa longue transition de la vie terrestre à la vie arboréale ; elles aideraïient la famille à traverser la période critique et permettraient au temps d'exercer une influence favorable sur les prédispositions et les tendances de la chromatine héréditaire à la fonction et à la structure arboréales ; elles tendraient aussi à éliminer toutes les prédispositions morphologiques et fonctionnelles de la chromatine qui auraient pour effet d'adapter le Mammifère à vivre dans tout autre habitat. Cette interprétation est en harmonie avec notre loi de l'influence continue de la sélection sur les actions, réactions et interactions somatiques ; mais elle n’aide pas à expliquer l'apparition bien définie des caractères nouveaux, qui ne peuvent pas être soumis à la « sélection organique » avant d'exister. Il n’y a pas non plus de preuve que, tandis que l'organisme s'adapte à un mode déterminé d’existence, il se produirait dans la chromatine héréditaire des variations fortuites correspondant aux autres modes d'existence.

(11) Ossorx (H.-F.), 1897.

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