‹ L'origine et l'évolution de la vie /Chapitre 51 sur 180 · TITRE DES ÉLÉMENTS CHIMIQUES DANS LES PROTÉËINES · texte numérisé non relu

TITRE DES ÉLÉMENTS CHIMIQUES DANS LES PROTÉËINES

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Les suspensions bactériennes présentent les caractères des suspensions colloïdales ; ce sont des fluides contenant de minimes particules de gélatine mises en mouvement par l'agitation moléculaire ; elles ont la valeur nutritive des protéines et constituent l'aliment principal de nombreux Protozoaires, forme la plus élémentaire de la vie animale. Il existe plusieurs sortes de véhicules de la catégorie des enzymes (13) : les enzymes protéolytiques, les enzymesoxydantes, les enzymes synthétiseuses (14). Les enzymes protéolytiques, telles que les enzymes tryptiques des animaux, ne peuvent digérer que des protéoses et des protéines simples (caséine, albumine), à l'exclusion des protéines complexes. Il existe des enzymes oxydantes puissantes, mais leurs caractères ne sont pas connus. Il doit exister aussi des enzymes synthétiseuses, formant par synthèse de nouveaux composés chimiques, quoiqu'on n'ait encore à cet égard aucune donnée positive.

Douées de ces propriétés physicochimiques, qui peuvent avoir été acquises une à une, les Bactéries primitives donnent une première image de l'évolution subséquente des végétaux et des animaux ; elles rayonnent par adaptation en divers groupes, qui cherchent de nouvelles sources d'énergie, soit directement dans le monde inorganique, soit symbiotiquement, en transformant les aliments organiques bactériens et végétaux en protéines et en hydrates de carbone. Ces divers groupes vivent ensemble en de vastes commmunautés et agissent chimiquement les uns sur les autres sous l’action des modifications du milieu.

La vie parasitique des Bactéries, qui a commencé par la symbiose

(12) MooRE (F.-J.), 1915, p. 199, Les protéines nucléaires contiennent, en outre, une proportion notable de phosphore,

(13) Sur la classification des enzymes ou diastases (dénomination plus généralement adoptée dans la terminologie française), voir : E. LAMBLING, Précis de biochuimie, 2° édit., Masson, 1919, p. 104-110; E. GLEY, Traité élémentaire de phystologie, 4° édit., J.-B. Baïillière, 1918-1919, p. 89-99. (Note du traducteur.)

(14) KLIGLER (I.-J.),.

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avec d'autres Bactéries, est entrée ensuite en relation étroite avec les végétaux et finalement avec le monde vivant tout entier.

Comme les autres formes de la vie, les Bactéries ont besoin d’oxygène pour leurs combustions, dans leurs actions et interactions intracellulaires; mais l'oxygène libre n’est pas seulement inutile, 1l est toxique pour les Bactéries anaérobies découvertes par Pasteur en 1861, qui tirent leur oxygène de composés inorganiques et organiques. Toutefois, un groupe intermédiaire de Bactéries, les Anaérobies facultatives, peuvent utiliser l’oxygène libre ou l'oxygène combiné et sont un premier anneau entre les formes primitives et les formes plus élevées de la vie, auxquelles l'oxygène libre est absolument nécessaire. Il existe enfin un groupe de Bactéries supérieures sporulantes, qui ont besoin d'oxygène libre ; elles sont sans doute postérieures dans l’évolution et constituent le stade suivant.

La Bactérie du fer, découverte en 1838 par Ehrenberg, tire son activité de l'oxydation des composés ferreux; l’oxyde insoluble s'emmagasine dans la cellule et y abandonne le fer, lorsquela Bactérie vient à mourir (15). Les couches de minerai de fer de certaines roches stratifiées précambriennes, dont l’âge est évalué à 60 millions d'années, sont généralement considérées comme des formations bactériennes (16). Les Bactéries du soufre empruntent de même leur activité à l'oxydation de l'acide sulfhydrique.

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