‹ L'origine et l'évolution de la vie /Chapitre 7 sur 180 · PRÉFACE DU TRADUCTEUR XIII · texte numérisé non relu

PRÉFACE DU TRADUCTEUR XIII

soient incluses dès l'origine dans l'œuf dont il est issu. Cela est inimaginable. Mais il suffit de ne pas l’imaginer : c'est une simple vue de l'esprit. |

La physicochimie des colloïdes, qui n’en est qu'à ses débuts, permet d’ailleurs déjà de pousser le problème un peu plus loin, en précisant dans une certaine mesure ce qui persiste dans l’hérédité et dans l'espèce. Puisque les corps organisés sont constitués par des architectures superposées de corpuscules en mouvement, la question qui se pose est de savoir si l'hérédité et l'espèce sont attachées aux architectures des atomes, à celles des molécules, des micelles ou des parties de la cellule, noyau, nucléoles, chromosomes, etc... L'expérience paraît avoir montré qu'il faut descendre dans l'échelle des dimensions au moins jusqu’à la micelle (1). On peut donc dire provisoirement que l’individualité spécifique résulte de différences dans la structure et les liaisons des micelles ou des molécules, comme l’individualité chimique résulte de différences dans le mouvement orbital et le nombre d'électrons, dans la charge des ions, dans la fréquence des vibrations des atomes... La persistance de ces liaisons statiques et dynamiques dans le développement individuel constitue la part de l’hérédité; les variations dans ces liaisons engendrent les variations spécifiques.

Quel est le mécanisme de ces variations, quelles en sont les conditions déterminantes ? De nombreuses théories ont essayé de répondre à ces questions. Osborn témoigne à leur égard d’un esprit souple, averti, très accueillant. Comme la plupart des biologistes contemporains, il ne se réclame d'aucun système exclusif : lamarckisme, darwinisme, formes diverses du néo-lamarckisme et du néo-darwinisme ; il pense avec raison que chacun peut s'appliquer tour à tour et contenir une part de vérité : variation dans le plasma germi-

natif, lors de la formation des éléments sexuels et de leur matura-

tion, ou pendant la fécondation et la maturation de l'œuf; varia-

tion des cellules du corps sous l'influence du milieu, transmise aux

cellules reproductrices. Ce sont les deux grands types d'explication :

(1) J. DucrAUx, La chimie de la matière vivante, Alcan, 1910, p. 237.

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