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XIV PRÉFACE DU TRADUCTEUR

variation, dite « fortuite », dans le germe ou par la fusion des germes, et variation par l’action du milieu et l'intermédiaire du corps. En réalité, il s'agit toujours d’une variation par l’action d’un milieu, car aucun système n'est rigoureusement isolé et une variation purement spontanée n’est pas concevable ; de sorte que l'idée de variation fortuite nous paraît également devoir être écartée, comme le soutient Osborn pour d'autres raisons : elle ne nous semble présenter aucune signification. |

Dans cet ordre d'idées, une de ses conceptions favorites est celle de l'orthogenèse, dont Eimer et Cope ont été les initiateurs, et qu'il présente sous le nom de rectigradation : un grand nombre de faits montrent que certains organes, certaines structures se développent en suivant une marche définie, par accumulation de variations, dans des directions multiples mais déterminées; cette marche ne doit pas être interprétée comme une tendance interne au perfectionnement, thèse où se complaisent certains romanciers de la biologie ; car elle ne se produit pas dans une direction unique, elle est suivie d'arrêts et de régressions, elle est très souvent indépendante des avantages qu’elle procure à l'organisme.

La forme personnelle qu'Osborn a donnée à cette conceptionestcelle qu'on a appelée sélection organique, sélection coincidente, qui a été formulée à peu près en même temps et indépendamment par Baldwin en Amérique et par Lloyd Morgan en Angleterre, et qui a pour butée concilier le rôle de la sélection naturelle avec l’hérédité des caractères acquis : une petite variation innée, dans le germe, trop faible pour donner prise à la sélection, s'amplifie par une variation analogue du corps, qui vientse g$reffer sur elle, et les deux variations combinées deviennent suffisantes pour pouvoir être fixées par la sélection (1).

Ces idées pourraient être complétées par celles de Roux sur la lutte des parties dans l'organisme et sur l'excitation fonction-

nelle (2), ainsi que par la distinction qu'a faite Delage (3) entre les

(1) Y. DELAGE et M. GorpsmirH, Les théories de l’évolution, Flammarion, 1909, p. 285.

(2) Zbid., p. 156-168, et Y. DELAGE, L'hérédité et les grands problèmes de la biologie générale, p. 754-772,

(3) Y. DELAGE, L'hérédité et les $rands problèmes de la biologie sénérale, p. 843,

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