‹ L'Orléanais; histoire des ducs et du duché d'Orleans, comprenant l'histoire et la description de la beauce, du pays chartrain, du biésois, du vendomois, du gatinais, du perche, et de ce qui constituait l'ancienne généralité d'OrléansChapitre 3 sur 38 · I:T DH I.A GflNKirVLlTK DOULKANS. \\i · texte numérisé non relu

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On reconnaît tout d'abord le premier âge du style gothique ; élégant dans ses proportions, noble, grandiose et imposant dans sou ensemble. Sa façade principale a 150 pieds de largeur; ses tours carrées , surmontées de deux pyramides octogones , sont séparées par un interv'alle de 58 pieds. Sur la place s'ouvrent trois grandes portes , précédées d'un perron de cinq arcades , et formées de voussures qu'ornent de belles sculptures. Les figures qui échappèrent aux ravages des anciens incendies ont toutes le caractère des statues de la première race; elles sont d'unf^ hauteur démesurée; les bras sont trop courts; le visage est aplati ; les draperies forment des plis nombreux et sans goût; les têtes sont environnées de l'auréole que l'on accordait aux rois ou aux grands princes et aux saints. Toutes ces statues offrent une étude curieuse de l'art et du costume français au douzième siècle. 11 faut tenir compte de la variété et de la richesse des mouvements , et faire attention à la forme des couronnes , aux longues chevelures parfois enveloppées de rubans, et qui distinguaient les princesses et les personnes de condition libre, des serfs. Ces statues sont la perfection du genre , car alors le dessin laissait encore beaucoup à désirer; on serait même tenté de les attribuer à des artistes venus d'Orient, tant elles sont supérieures à toutes celles qu'on remarque sur les portiques de la même époque. Elles sont entourées de colonnes que décorent des rinceaux et des entrelacs; les chapiteaux et couronnements qui les surmontent sont ornés de bas-reliefs représentant les mystères du Nouveau-Testament. Au-dessus des portiques sont trois grandes fenêtres avec des vitraux peints des plus riches couleurs ; plus haut est une rose , surmontée de la galerie qui sert de communication entre les deux clochers. Dans cette partie du monument sont quinze statues gigantesques d'une faible exécution , que l'on présume être celles des bienfaiteurs de l'église. Le triomphe de la Vierge est représenté dans le grand pignon de la façade audessous d'une statue que l'on prétend être celle de saint Aventin.

Les faces latérales du ninnuiiient sont d'une "-rande beauté. Au

v\\ DESCIUPTION DH LOULEANAIS

muli , un perron dv dix-sept marches, soutenu par des massifs qui servent de base à des figures ou à des colonnes d'un sel jet, conduit sous un vaste porche à trois portiques surmontés de pignons et de statues placées dans des niches avec des couroimements. Les portails en ogive sont du meilleur style. Au-dessus du porche s'ouvrent cinq fenêtres de niveau, et plus haut est une très-belle rose. Des angles du grand pignon se détachent deux tourelles octogones , liées entre elles par une galerie avec balustrade en pierre. Le côté nord présente à peu près le même aspect , et l'on pense que l'archite'cture des deux porches est du même temps.

Avant le dernier incendie, on vantait la couverture toute en plomb, et l'on faisait admirer la charpente, composée d'une si étonnante quantité de jnèces de bois qu'on l'avait surnommée la Forêt. Elle a été rétablie en fer, et mérite, sous le rapport de l'art, une grande attention. Sur le contrefort du clocher vieux est un cadran vertical en pierre , soutenu par un ange , dont la base semble faire partie du clocher lui-même. Au-dessous est un âne pinçant de la harpe, et désigné sous le titre de l'Ane qui vielle. Cette bizarre sculpture rappelle les fêtes de l'Ane, si célèbres dans le moyen âge. Le clocher vieux est remarquable par sa grandeur et sa masse. On monte par une échelle en fer jusqu'à la croix, plantée dans une boule de cuivre doré ; sur toutes les faces de ce clocher on voit des fenêtres ogives , surmontées pour la plupart de frontons aigus , et flanquées d'obélisques qui s'élèvent aux angles de la tour. Le clocher neuf est plus riche et plus ornementé. Il est divisé en plusieurs étages, que soutiennent des voiites de pierre. Autour, s'enroule la balustrade à jour d'une galerie sous laquelle ont été ménagées quatre grandes fenêtres à frontons aigus. Les obélisques qui surmontent les piliers angulaires de la tour se rattachent au clocher lui-même par de légers arcs-boutants. Sur les obélisques ont été placées les statues des douze apôtres , avec leurs attributs. Chaque face de cette partie du clocher est percée d'une fenêtre (lue sui'inonte un pignon à jour. Du côté de la

Kl l)H LA GÉNÉRA I.ITK DOULÉANS. \\\i

place du Parvis est la statue du Père Eterhel, tenant en main le globe surmonté d'une cioix. Là s'étalent toutes les magnificences du génie de l'architecte; ce ne sont que ceps de vigne taillés à jour, serpentant autour des ogives , des entrelacs et des rinceaux. Au-dessus de cette galerie est une chambre de forme octogone, voûtée en pierre, où logent deux gardiens, qui veillent nuit et jour pour avertir des incendies. Le clocher se termine par une lanterne de forme octogone, percée de deux fenêtres sur chaque face , dans laquelle est la cloche du guet ou le tocsin. Enfin , au-dessus de cette lanterne est une pyramide octogone que surmonte la croix de fer, de 8 pieds de hauteur sur 5 de largeur, implantée dans un vase de bronze de 5 pieds 6 pouces de hauteur, sur 2 pieds 6 pouces de diamètre.

La surprise et l'admiration sont plus grandes encore lorsqu'on pénètre dans l'intérieur de l'église. Le demi-jour des basiliques du moyen âge existe là dans sa mystérieuse majesté. Le soleil , qui se joue dans les vitraux , perd son éclat , et donne à tout l'édifice une teinte grandiose et vénérable. L'église a 396 pieds de longueur sur 101 de longueur, et 106 pieds de hauteur sous voûte. La nef a 224 pieds de longueur; les bas-côtés, qui sont doubles autour du chœur, ont 20 pieds de largeur sur 48 de hauteur. On fait intérieurement le tour de l'église en parcourant la galerie qui règne dans l'épaisseur du mur, au-dessus des grands vitraux de la nef et du chœur. Derrière le maître-autel est un groupe de marbre blanc de 19 pieds de hauteur, représentant l'assomption de la Vierge. Le labyrinthe en pierre bleue de Senlis , que les Chartrains appellent la Lieue, bien qu'il n'ait que 768 pieds de développement, ressemble à ces carrelages dont l'idée appartient aux Égyptiens. Les vitraux contiennent les figures de saints personnages , des sujets de la Bible et du Nouveau-Testament, et les corporations de m('tiers qui ont contribué à l'érection de la basilique, soit par leurs travaux, soit par leurs dons. Le sujet de la grande rose , au-dessus de la porte royale, est le Jugement dernier; le Père Eternel est sur un nuae-e, dans lii

wMi DESCRIPTION DE L'ORLÉANAIS, ETC.

rosette du centre. Autour du chœur règne un ouvrage de la plus belle exécution : c'est l'histoire de la vie de la Vierge , et la passion de Jésus-Christ. Ces sujets sont en quelque sorte encadrés dans une multitude de pyramides , de dentelures et d'arabesques dignes des ouvrages d'orfèvrerie les plus délicats. Le grand-autel en marbre bleu tur(|uin, avec des ornements en bronze doré, a la forme d'un tombeau antique.

L'église souterraine se compose de deux longues nefs qui s'étendent sous les bas côtés de l'église haute.

Les autres monuments ou édifices de Chartres sont la Préfecture, l'Hôtel-de-Ville, l'ancien couvent de Saint-Père, la maison de Saint- Jean, le Palais-de-Justice , l'Hôpital général situé sur les bords de l'Eure; le Muséum , la bibliothèque publique, assez riche en manuscrits.

ARRONDISSEMENT 1) ORl.EANS.

Le premier bourg que l'on rencontre sur la route d'Orléans à Blois est Saint- Ay, agréablement situé sur le penchant d'une colline couverte de vignobles estimés. On aperçoit au loin et sur l'autre rive de la Loire Cléry et sa cathédrale , qu'environnent de riants pâturages et des murailles de verdure. Plus loin, on traverse Meung , dont le château , séjour favori des évêques d'Orléans , s'éleva sur les bords de la Loire. Ce bourg , fameux dans nos guerres avec les Anglais, s'illustra par le dévouement de ses habitants qui , lors de la famine de 1338, secoururent les Orléanais en leur portant de la farine et des grains chargés sur des ânes. Les Giiéjnns leur exprimèrent leur reconnaissance en criant à tue-tête : Allons au jmni , voirÀ les ânes de Meuny qui arrivent ! Telle fut l'origine d'une épithète injurieuse, et d'autant moins méritée que la plus grande renommée littéraire de l'Orléanais, Jean Clopinel , a été fournie par .ATeung. Baulle , charmant village qu'embellissent plusieurs villas .

wxiv l)l-:S(:i{ll'TION l)H L OHLKANAIS

s'offre bientôt aux repirds. Beaiujcncti lu; tarde pas à montrer sa haute t(i\n', ses restes de murailles et les clochers de ses églises. A trauche est le pont de trente-neuf arches sur la Loire, restaure à diverses époques, et qui offre tous les genres d'architecture. A droite est le magnifique pont du rail-way sur lequel les wagons glissent comme suspendus au milieu des airs. L'intérieur de cette ville, admirablement placée sur le penchant d'un coteau, n'offre rien d'agréable; les rues sont montueuses , étroites, bordées de tristes maisons. Au lieu de se porter sur les quais de la Loire, les plus riches habitants ont choisi pour séjour des ruelles et des impasses où l'air circule avec peine. Le principal monument est la tour, dont la base rectangulaire a 72 pieds de longueur sur 62 de largeur. Un incendie, allumé par les protestants en 1568, fit fondre le plomb et détruisit la couverture. Elle avait alors 125 pieds de hauteur, sa cime était environnée d'un rempart faisant saillie au dehors des murs. On n'est pas d'accord sur la date de la fondation de cette tour, qui repose sur une masse énorme de terre, sorte de montagne factice. A l'intérieur, il ne reste plus (}ue des portions de voûtes en pierre, bâties en plein cintre. D'étroites fenêtres y laissent pénétrer un jour douteux. On retrouve à peine quelques marches de l'escalier conduisant aux étages supérieurs. Quatre corps de cheminées sillonnent ses murs, épais de 8 ou 10 pieds. L'Hôtel-de- Ville , ouvrage de Viart, a une façade presque semblable à celle de l'ancien Hôtel-de-Ville d'Orléans ; -ses sculptures et ses bas-reliefs sont dignes d'attention. L'enceinte de cette ville était autrefois assez étendue ; ce qui reste des tours et des fortifications appartient à des époques différentes. L'église de Saint-Firmin , le dépôt de mendicité , le couvent des Génovéfains , sont des monuments pleins d'intérêt. Aux environs de Beaugency vinrent habiter Bodin de Bois-Renard, littérateur; Condillac; Claude Dumolinet, à qui l'on doit une histoire de cette ville ; Gentien Hervet , curé de Gravant , savant théologien et prédicateui- ; Nicolas Gédoyn , de l'Académie française et de celle des Inscriptions,

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niurl au château de Fontpertuis ; Gabriel Meunier deC^uerlon, avocat au parlement , littérateur distingué et rédacteur, pendant plusieurs années , de la Gazeite de France et des Affiches de province ; Michel Turpetin , prêtre et écrivain modeste autant qu'instruit ; Jacques- Nicolas Pellieux , médecin des armées ; Charles, fameux aéronaute ■ Jacques Labliée, poète et littérateur, à qui l'on doit sur la ville et les habitants de Beaugency des mémoires curieux; Aignan, de l'Académie française. A peu de distance est le clos de Guigner, l^nlre la métairie de Ver et le château d\lvaray existe un dolmen, furmc d'une énorme pierre (|ue soutiennent trois autres pierres verticales; un orme a pris racine au centre même de ce monument druidique, qu'il couvre de ses rameaux. Près de la rivière Ime est une fontaine d'eau minérale , dont la découverte est due au docteur Pellieux, historiographe estimé de celte ville. Cette eau, légèrement ferrugineuse, l)eut opérer de très-bons effets , et les sites agréables du pays et le voisinage de Paris y attireront quelque jour des malades et des l)romeneurs. Au château de Flux, visité par Mably, mourut Condillac; ses restes furent déposés dans le cimetière de Lailly, où l'on a vainement cherché sa tombe. Fontpertuis est aujourd'hui la demeure du descendant des sires deMontgommery. De l'autre côté de la Loire, on trouve les paysans beaucerons, crédules et grands amateurs de légendes. Les vignerons conservent la ferme opinion «ju'il suffit d'aller en procession à Gravant pour faire mourir les urbecs , insectes destructeurs des bourgeons. Jfessas a ses histoires de revenants ; mais un fait certain , " c'est qu'un vigneron, occupé à mar- " rer sa vigne , sentit la terre s'affaisser sous lui , et tomba dans

• un puits à plus de 1*2 mètres de profondeur. Ce puits était percé

• de galeries , qui semblaient se diriger de quatre côtés différents. La •• peur lui fit boucher le trou , sans pousser ses investigations plus " loin *. " Lorges , qui appartenait aux Montgommery, possédait un l)rieuré de Bonshommes de l'ordre de Grammont, dont Rancé, abbé

' M. Dlciiai.IM:- , Mtimoire iirc/n'olngique sur la lour ilc /i'ii.iyeitci/.

\xxM DKSCUirTION \)li L'OIILK AN A IS

(le la Trappe, lut, dit-oii , prieuré A une très-faible distance de Beaugency et du chemin de fer sont les hameaux de l 'enion et de T'ihnrau ; Villemarceau , séjour de madame deRippert, veuve du fondateur de la Quotidienne , fut visité par les célébrités littéraires de l'Empire et de la Restauration. De l'autre côté du fleuve , en s'avançant vers la Sologne , on trouve la belle route conduisant d'Orléans à Blois, et qui fut abandonnée pour celle dont M. de Pompadour, propriétaire de Ménars , demanda l'établissement. Cléry, célèbre par les pèlerinages de Louis XI, fut, selon les légendes, fondée par saint Liphard de Meung , qui bâtit en ce lieu une chapelle dédiée à la Vierge. Simon de Melun y fonda un chapitre, et Philippe de Valois y fit bâtir une très-belle église, que les Anglais détruisirent en 1428, et qui fut restaurée, grâce à la magnificence de Louis XI. Cette église, à laquelle mille souvenirs se rattachent, est un des plus beaux monuments de l'Orléanais. La grosse tour carrée, qui s'élève à côté de l'entrée latérale nord , était autrefois surmontée d'une flèche; les contreforts, disposés avec goût, donnent à l'édifice un air de grandeur et de majesté. Au point d'intersection des deux branches de la croix que dessine l'édifice, est le clocher, de forme pyramidale ; le portail , surmonté d'une petite campanile , a de la grâce et de la majesté; la nef est éclairée par vingt-trois croisées, dont les vitraux sont aujourd'hui détruits ; il ne reste plus que ceux de la fenêtre du rond-point ; la nef principale est accompagnée de basses nefs d'un dessin hardi. On fait remarquer les sculptures de la porte de la sacristie , formées de guirlandes et de ceps de vigne d'un fini merveilleux. 11 ne faut point oublier les stalles, ornées de têtes bizarres et d'autres sculptures. Le morceau qui attire surtout l'attention est le tombeau de Louis XI. L'exécution en fut confiée par le roi lui-même à Conrad de Cologne et à Laurent de Wrine , statuaires. L'épouvante qu'il ressentait au seul mot de mort ne l'empêcha point de dicter aux artistes ses dernières volontés. Il voulut

' IIiBKKT, lli^lnirc miinxtnritc. Pki l.IKU.v , Kssais /lisforiques sur la rillc de Braiigruci/.

ET DK LA CJE.\f:ir\l.ll !•; Il ()IU.i:.\N>. ^^^^,|

qu'on le représentât à genoux sur un laneau, les mains jointes;, eu costume de chasse, ayant son cornet en bandoulière, son ordre dr Saint-Michel au cou et son chien à ses côtés; il prescrivit surtoui (ju'on écartât de son visage les indices de maladie ou de dépérissement , afin que les siècles futurs ne vissent qu'un prince vigoureux dans le hardi destructeur de la féodalité. Les calvinistes brisèrent c<monument que Louis XIII fit rétablir par Michel Bourdin , Orléanais. " On le voit à genoux sur son tombeau; quatre enfants sont aux •• angles : ce sont quatre anges , et ce pourraient être quatre Amours " si on ne leur avait point arraché les ailes; le bon apôtre de roi fait " là le saint homme, et est bien mieux pris que quand le Bourgui- " gnon le mena à Liège.

Je lui trouvai la mine d'un matois; Aussi l'était, ce prince , dont la vie Doit rarement servir d'exemple aux rois, Et pourrait être en quelques points suivie.

•• A ses genoux sont ses heures , son chapelet et autres menus usten- •• siles ; sa main de justice , son sceptre , son chapeau et sa Notre " Dame; je ne sais comment le statuaire n'y a point mis le prévôt

•■ Tristan •• Ces détails, empruntés à La Fontaine, sont delà

plus grande fidélité. Le caveau qui se trouve sous la statue renferme les corps du roi et de Charlotte de Savoie sa femme, et celui de leur fils le prince Louis; le cœur de Charles VIII et les restes mortels de son troisième fils, François de France. Les protestants dispersèrent ces dépouilles royales; mais, s'il fallait en croire quelques historiens modernes, les profanations auraient été plus complètes en 170"2. La tête de Louis XI , cet ennemi des grands , fut alors brisée par quelque démagogue ignorant; les débris du mausolée restèrent à l'abandon jusqu'au jour où M. Lenoir les fit transporter au Musée des Monuments français. En 1816 , le tombeau fut restauré et rétabli à son ancienne place.

Jl est facile de retrouver des traces des murailles dont cette vilir

wxMii DI'SCIUI'TION DK L'Oll iJvXN A IS

ctîiit eiilourée; plusicur.s maisons rappellent aussi des souvenirs; dans an hôtel o il se reposait madame de Ponipadour, existent des peintures à frcsqui' Ibrt endommagées. On a transporté au musée d'Orléans un portiait de Louis X[ au lias du(]uel on lisait ;

Du corps SL'uloim'nt la santé

Je (Icmandois à Notre Dauic; "

Trop l'iir.portuncr c'eust été

De la prier aussi pour ràmc.

En août et en septembre, les habitants d'alentour se réunissent à Cléry pour assister à deux assemblées fameuses dans l'Orléanais, et (ju'on nomme les Corps saints; on y remarque les costumes pittoresques des paysans de Mareau et de Saint- André. Les femmes portent des cornettes plates, de grands corsets et des jupons courts; les hommes ont des culottes courtes , des souliers à larges boucles , des chapeaux à bords relevés, deux vestes et des habits couleur lie de vin. Non loin de Cléry est une tombelle gauloise, connue sous le nom de Renaud tombant ; on y trouva des médailles de bronze et d'argent et des fragments d'armes. La Ferté Saint- Aubin , sur la rive gauche du Cosson , fut fondée du temps du roi Robert par Nabert et possédée par Henri de Senneterre. Le maréchal de Lowendall l'acheta ; elle est aujourd'hui la propriété du prince d'Essling. Le château, bâti en briques, est en partie du dix-huitième siècle; le Cosson baigne les murs. Jargeau, que l'on trouve sur les bords de la Loire, remonte à une haute antiquité. Les Romains y ont laissé des traces de leur séjour. Elle soutint avec courage plusieurs sièges , dont le plus fameux est celui oîi flottait l'étendard de la Pucelle. Une partie des remparts existe encore. L'église Saint-Étienne , dégradée par les protestants, conserve un caractère imposant. L'ancien pont a été remplacé par un pont suspendu qui réunit la ville à un de ses faubourgs. A peu de distance de Jargeau sont les bourgs de Sandillon, de Vienne en-Val , à' Oavrouer. Saint-Cyr-en-Val , joh village, a dans ses alentours le château de la Jonrhère , ancienne demeure des

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