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sires d'Arlon , et le château de la Source , ciitouir d'admirables jardins Ces lieux sont visités par ceux ([ui désirent coiuiaître les sources du Loiret. La plus grande, nommée l' Abîme, est placée vis-à-vis des cuisines du château ; on voit à sa surface un pétillement peu sensible. L'autre , appelée le Boriillon , est au centre d'un bassin , dont le fond est en forme d'entonnoir; sa profondeur n'est que de 3 mètres à partir de l'entrée des conduits souterrains. On lait aussi remarquer, dans le lit même du Loiret, un bassin demi-circulaire, appelé le Gouffre ou le G erre , dans lequel se perd la petite rivière du Duis. MM. de Tristan et d'illiers ont constaté que la profondeur de ce gouffre était de 14 mètres au plus. Il arrive parfois que les ondes semblent repoussées du Gèvre par une force inconnue , et le Loiret, remontant alors son cours, inonde les environs; cet effet n'est produit que lorsque la Loire est à une certaine hauteur, et les mêmes observateurs en ont conclu que le gouffre avait une connmmication souterraine avec le fleuve. Quelques auteurs pensent même que le Loiret doit son existence à la Loire , où il retourne se jeter après un cours de trois lieues. Cette rivière porte bateau prestjue au sortir de sa source; ses eaux conservent une température moyenne au milieu des plus grandes chaleurs et pendant le froid le j)lus rigoureux. On retourne à Orléans en passant par Olivet ; à chaque pas s'offient de délicieuses maisons de campagne entourées de jardins , où serpente le Loiret. Non loin de là est Saint-Mesmin-de-3Iixi ; il ne reste de cette immense abbaye qu'un bâtiment , converti en maison d'habitation, et l'église, qui est devenue un pressoir. L'ancien château de Conbray, habité par Catherine de Médicis et qui reçut le dernier soupir de Guise après l'attentat de Poltrot , n'existe plus. C'hâteauneuf-sur- Loire , bourg considérable , situé sur la rive droite du fleuve , est traversé par la grande route de Nevers. Le château actuel fut bâti par Phelippeaux , duc de La Vrillière , ministre de Louis XV. Cette proj)riété passa ensuite aux mains du duc de Pen- Ihièvre , qui l'emljellit à grands frais. Germigny-d'S-Prés \)os,iik\;u{
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uno nhhayo. côlèbro par le concile où se trouva Théodulphe. archevêque de Bourses. Le château . dont on aperçoit quelques ruines , fut, d,t-on, hal.ité par Eudes de France, frère de Henri I". L'église est digne de fixer l'attention , bien qu'elle ait été fort maltraitée par les calvinistes du temps des guerres religieuses. Sur la lisière de la forêt est Nem-il/r'. gros bourg et chef-lieu de canton, qui a dans ses dépendances Lnury et Rphrechicn , naguère fameuse par ses vins. Toute cette partie de l'Orléanais est d'une fertilité remarquable.
A RROX DISiSK.MENT 1) H (;IF,N.
L'()ri<i;iiic de Gien ost fort ancienne , sans qu'on puisse , nial<rré la ressemblance de nom , reconnaître en elle la Genabum de César. . Jadis agglomérée près de l'endroit nommé G?en-Ie-Vieux , où l'on trouve les ruines d'un monument qui fut, selon les uns , une église chrétienne, et, selon d'autres , un temple païen, sa population se fixa dans le courant du onzième siècle autour du château actuel. Étieime, comte de Vermandois, fut le premier seigneur de Gien. Son fief passa aux ducs de Bourgogne, et vint au sortir des mains des évêques d'Auxerre se réunir à la couronne sous le règne de Philippe-Auguste. Louis XIII l'échangea contre la seigneurie de Chàteaurenard. La situation pittoresque de cette ville séduit au premier abord, mais 1 intérieur ne répond pas à cet aspect riant. Les maisons ont queljue chose de sombre et de triste. Le château, dont la masse étonne et attire les regards, est d'un style qui n'appartient à aucune époque. La grosse tour de l'église de Saint-Etienne contient l'horloefo publique. La maison dite du TpwjjJp , d'une époque anté-
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rionre à celle de l'enlre des Templiers, servit de prêche aux calvinistes, jadis fort nombreux à Gien. C'est dans le monastère de Sainte-Claire que fut renfermée; la belle Sophie, amante de Mirabeau. Les fortifications ont été détruites. Le pont est un des plus beaux qui se trouvent sur la Loire.
Non loin de Gien est Saini-Gondon , bourg- sur la rive gauche de la Loire. On y voit une tour de la plus grande antiquité, assise sur un tertre circulaire, espèce de tumulus formé de terres rapportées , où des fouilles récentes ont fait découvrir des ossements d'hommes et d'animaux. On présume qu'elle dépendait d'un manoir féodal , dont Rahon , comte d'Orléans , fut seigneur vers l'année 790. Les La Trémouille , puis les sires de Béthune , en furent les derniers maîtres. Louis d'Outremer gouverna, en qualité d'abbé, le monastère de Saint-Gondon , qui dépendait de la fameuse abbaye de Fleury- Saint-Benoît.
Alboin , lieutenant de Varnachaire, s'étant retiré avec des idées d'expiation dans son château. de Saint-Benoît-sur-Loire, fit don aux religieux de Saint-Aignan de tous ses biens temporels. Son fils vint l'y rejoindre; ils appelèrent près d'eux quelques moines, et fondèrent une abbaye sous l'invocation et suivant les règles du bienheureux dont les restes étaient enfermés dans les caveaux du Mont-Cassin. Monmole , un de leurs successeurs , désira posséder les reliques du saint, et il chargea d'une mission , qui exigeait de l'adresse et du courage, Aggulfe, un de ses moines, né à Blois. Celui-ci rencontra, pendant le voyage, des religieux du Mans qu'amenaient en Italie des desseins analogues, et qui avaient reçu de leurs supérieurs l'ordre de rapporter à leur couvent le corps de sainte Scolastique, sœur de saint Benoît, et ensevelie dans le même tombeau. Craignant qu'on ne lui ravît le trésor convoité , Aggulfe se hâta de violer pendant la nuit le sépulcre , et jeta tous les ossements pêle-mêle dans un sac. Monmole se trouva fort embarrassé pour distinguer les reliques du frère de celles de la sœur. Mais il eut l'idée de placer les
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plus grands de ces ossements sur le cadavre d'un jeune homme, qui ressuscita , et les plus petits sur le corps d'une jeune lille , que ce contact rendit à la vie. Une table de marbi'e, découverte dans les fondations de 1 abbaye , garde la niénioire de cette translation et en fixe la date (660). Les légendes rapportent que la cérémonie s'accomplit au milieu de l'hiver et par un temps rigoureux; il gelait très-fort, les bords de la rivière étaient pris, mais sur le passage du bateau les glaces se fondaient ; une douce brise faisait épanouir les Heurs. Depuis ce miracle, on ajouta le nom de Fleury à celui de Saint- Benoît.
Pépin-le-Biel', Charlemagneet son lils (.'luichirent successivement l'abbaye, que rendait célèbre le savoir de ses religieux. Après la bataille de Fontenay, son trésor reçut, dit-on, les vases sacrés et les ornements de la chapelle de Lolhaire; des voleurs, précédant (le peu d'années les ravages des Normands , enlevèrent une partie des richesses de Fleury-Saint-Benoît. Les soldats de Rollon livrèrent aux flammes l'église et tous les cloîtres désertés par les religieux. Carloman , ému à la vue des ruines, où s'étaient rassemblés qucl- (]ues moines, donna des ordres pour la reconstruction des bâtiments. Les libéralités des fidèles, le zèle des ouvriers, l'activité de l'abbé Théodebert, firent miraculeusement surgir du sol les cloîtres et l'église Sainte-Marie. Plus tard, le monastère fut entouré d'un mur flanqué de tours et ceint de fossés profonds. Un incendie , causé parla négligence des ouvriers occupés à fondre les cloches, détruisit, en 97-4, une partie des bâtiments.
L'ère la plus florissante de Saint-Benoît fut celle où l'illustre Abbon accepta le titre d'abbé. 11 accrut tellement la réputation du monastère, que les rois se firent, encore long temps après lui, un devoir de s'y retirer pour de pieux exercices. Philippe T*", qui avait agrandi ses dépendances, voulut y être inhumé. Le ])ape Innocent II y rencontra Louis-le-Gros et la reine Adélaïde. Jean de La Tremouille, premier abbé commendataire de Saint-Benoît, défi'p.dit a\ec
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Ibrce les droits de l'ahbaye contre le duc d'Orkéans, qui voulait reprendre une partie des forêts concédées par Philippe l''^ Les moines ayant résisté aux prétentions du chancelier Duprat sur l'abbaye, le canon lit iicuilcf la tour Saint-Michel. Sous le gouvernement d'Odet de Coligny, les biens du monastère furent dilapidés, et l'on brisa, pour la convertir en lingots, la châsse du saint; mais les reliques i'chappèrent à la destruction. Les manuscrits et les livres précieux devinrent ])lus tard la proie des soldats du prince de Condé. Le duc d'Orléans, qui vi\ait en 1602, était abbé commendataire de Saint- Benoît; il céda son titre à Achille de Harlay, qui eut pour successeur Sully, ministre de Henri IV et huguenot. Ce seigneur vendit ses droits à l'évêque d'Angers. Le cardinal de Richelieu, s'attribuant cette proie, abattit pour trois cent mille francs de bois, malgré les réclamations des moines, qui l'assignèrent devant le parlement. Richelieu crut les punir de leurs plaintes en les assujettissant à la réforme de la congrégation de Saint-Maur. La commende de Saint- Benoît échut à Louis de La Rivière, puis à Philippe de Lorraine. Elle se réunit au siège de Bourges vers 1772.
Le monument qui attire les regards est l'église, dont la grandeur atteste quelle était autrefjis l'importance de l'abbaye. La tour Saint- Michel a des voûtes et des piliers tlanqués de colonnes dont les chapiteaux sont chargés de figures allégoriques et historiques d'une assez médiocre exécution. L'entrée principale est sous les piliers de cette tour. Il existait jadis sur la face nord une autre entrée , qui a été murée depuis long-temps. Le pourtour et le cintre sont ornés de sculptures presque en ronde-bosse. Trois nefs vont aboutir au chœur et aux deux branches de la croix latine. Le clocher, dont la forme ne s'accorde point avec le style du reste de l'édifice, est au centre. Relativement à sa hauteur et à sa longueur, la nef principale semble trop étroite, mais elle n'est point dépourvue de majesté. Plusieurs chapelles s'ouvrent sur les bas-côtés. On voit une assez grande quantité de bas-reliefs représentant divers épisodes de la vie de saint
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Benoît Le sanctuaire doit au style roman son caractère grandiose et mystique. Outre la châsse qui renferme les restes de saint Benoît, on montre les reliques de sainte Placide et un morceau du voile de la Sainte-Vierge A l'intérieur est le tombeau de Philippe 1"', relevé de bosses et jun'té par quatic liens rampiiiits. Ce mausolée, mutilé' par les caJvinistes, et abandonné pendant la révolution de 1793 dans une des cours de l'abbaye, fut restaure en 1830, et placé à l'endroit même où l'on avait découvert les ossements du roi.
Sur la rive gauche de la Loire est Stilly. capitale de l'ancien duehé de ce nom. Au temps de la reine Berthe existait un château où Pépin dHéristal s'arrêta à son retour de la guerre contre les Vascons. Cette seigneurie fut vendue par la dame de La Tremouille à îMaximilien de Béthune, baron de Rosny, en faveur de qui Henri IV I érigea en duché-pairie. Le château avait été embelli par ses anciens maîtres, qui conservèrent la chapelle collégiale. Le duc la lit raser, et sur son emplacement éleva la grosse tour de Béthune. Les ornements , les cloches et les pierres sépulcrales turent transportés dans l'église de Notre-Dame. Les descendants de Sully agrandirent encore les dépendances du château. Voltaire fut accueilli par l'un de ces seigneurs lorsque , accusé d'avoir composé /es Philippiqves , il fuyait la colère du duc d'Orléans. Caché à Sully, il y continua son poème épique, et fit la tragédie à\ï)iéîni.se. Une intrigue amoureuse, où il eut pour rival le chevalier de Rohan, lui valut une bastonnade exécutée, sur l'ordre de celui-ci, par des valets à la livrée de Béthune; le jeune poète, irrité de l'insulte, et trompé sur son auteur, effaça dans les premiers chants de sa Henriude le nom de Sully, qu'il remplaça par celui de Mornay. Le duc de Béthune tenait à Sully une véritable cour, dont les ridicules et les petits scandales furent l'objet d'une satire intitulée la Société choisie. On montre encore la salle des gardes et les appartements de Sully, tendus de tapisseries dont les légendes gothiques se rattachent à l'histoire de sa famille. La chambre qui sert de demeure au concierge est ornée de canons
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{jeiiits et de grenades dorées. Le cabinet de travail reçoit le jour par d'étioites leiiêtres. La chanil)re où coucha Henri IV lorsqu'il \isita sou fidèle ministre, est au-dessus de celle-ci. Un statuaire italien ex(''ruta la statue de Sully, que la famille se fit reiidie \rày le Musée lies .Monuments français, où elle avait été transportée de Villclx)!).
Le héros , couronné de lauriers , a sous son manteau ducal sa cuirasse et ses brassards ; sa main droite tient le bâton de maréchal , sa main gauche s'appuie sur son écusson ; un casque richement orné est à ses pieds. La ville, qui reçut tour à tour Charles VU, la Pucelle, les Bourguignons, les calvinistes, les royalistes huguenots et les frondeurs, est dans une situation pittoresque. Diverses maisons offrent de l'intérêt : tel est l'hôtel de la maîtresse de La Tremouille. La flèche de l'église produit un admirable effet. Ouzoïier est enviroinié di! bois. Dainpirvre est plus peuplée. Bonny est au milieiT d un pays vignoble. Ouxoucr-sur-lrexèe se rapproche de Briare ,
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ville peu importante, située sur la ri\c (li(»itc de la J.niic et sur la route de Paris à I>yon. Le canal de ce nom commence aux ])ort('s de la capitale, traverse le département de Seine-et-Marne et l'arrondissement de Montargis, et vient se jeter dans la Loire })rès de cette ville, qui lui doit une partie de sa prospérité Réunissant la Loire à la Seine, il permet le trans|)ort par eau des produits débarqui's à Xaiites et des vins de l'Anjou et de l'Orléanais. Sully en avait conçu l'idée, qu'Henri IV accueillit. Les travaux de ce canal, combinés avec ceux du Loing et de Montargis, furent poussés avec luie grande activité sur une longueur de près de 1 '20,000 mètres dans l'ancienne généralité, une largeur de 10 mètres et une profondeur moyenne de 1 mètre 30 centimètres. Les écluses sont au nombre de soixantetrois; on compte plus de cinquante ponts. Une foule de médailles trouvées pendant ces immenses travaux attestent l'antiquité de la ville et le séjour des Romains aux environs. Les maisons construites sur les bords du canal sont bien bâties. Sur le quai existent deux rangs d'arbres , et cette promenade s'étend au loin sur les deux rives, qu'entourent des prairies et de riants coteaux.
Beaulien est une ville agréable. La Bussière possède un château bâti au milieu des eaux , et qui fut le théâtre de sanglantes luttes ])endant les guerres religieuses. Trente ou quarante soldats huguenots ayant été massacrés par le seigneur de ce manoir, leurs compagnons accoururent et se saisirent, après une espèce de siège, de quin/e prêtres qui s'y étaient réfugiés pour échapper aux massacres de Gien. Au mépris de la foi jurée, ils inventèrent pour leur ôter la vie les plus cruels supplices. Le village de Langesse offre les ruines de plusieurs édifices , et l'on voit dans les bois de Chesnoy de larges et profonds fossés indiquant la place d'un vieux château. Un castel antique s'élève à mille toises environ de ces ruines; il servit de rendez-vous de chasse aux souverains qui tenaient leur cour à Lorris.