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tlrt'S, dispersé les ossements, et lait l'oiidre en balles de mousquets les c-i'i"( ucils de ploiiil) ' . »
Le Poitou lut eette t'ois le théâtre de la guerre. Après un échec sous les murs de la capitale de cette province , Coligny voulut rejoindre Montgommery; mais, arrêté par les royalistes, il livra la funeste bataille de Mon contour, où succombèrent dix mille huguenots. Sa fermeté après un tel désastre sauva la cause calviniste; il rallia les débris de son armée et s'aventura dans les provinces méridionales. Sans cesse poursuivi par les catholiques, il se replia sur le Loing et demanda la paix. Les articles qu'il obtint, malgré ses revers , exaltèrent l'orgueil des siens et jetèrent le monde catholique dans la stupeur.
Des projets de mariage entre la sœur du roi et le fils de Jeanne d'Albret amenèrent des changements dans la politique de la cour. La veuve d'Antoine de Navarre , tué naguère au siège de Rouen , se flattait de recouvrer par cette alliance le pays qu'avaient gouverné ses ancêtres. Reçue à Blois avec distinction, elle y parut entourée de cinq cents gentilshommes. L'amiral de Coligny s'y rendit à son tour, et le roi lui dit en l'embrassant : " Nous vous tenons, mon père, et vous ne nous échapperez pas quand vous voudrez ^. - On lui donna une garde ; il fut comblé de marques d'honneur. Cette fois encore , la paye des auxiliaires allemands et des reîtres calvinistes fut soldée par les catholiques. Les Guise, indignés, se retirèrent de la cour ; les confréries se rassemblèrent comme pour une guerre sainte; les jésuites mtriguèrent près du pape et du roi d'Espagne, et les prédicateurs lancèrent l'anathème contre les fils du Démon.
Toutes ces manifestations n'arrêtaient pas le roi, qui se laissait aller à de bons sentiments pour les calvinistes et pressait, avec l'emportement de son caractère, le mariage de sa sœur. Henri de Béarn et la
' SOUCIIET.
' Dk ThOU , liv. XLVIl.
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princesse ne montraient aucun empressement jjour conclure , car ils avaient dépensé en mille circonstances l'amour cpi'ils n'éprouvaient point l'un pour l'autre. Charles IX cpiitta Blois afin de conclure cette
union qui fut célébrée à Notre-Dame, sous les regards menaçants des Guise, et malgré l'indignation des catholiques. L'un d'eux résolut d'assassiner le chef de cette secte rebelle, et un coup d'arquelmse fracassa le bras de Coligny ; tous ses amis prirent les armes. Réunis en troupes nombreuses , ils parcouraient les rues et faisaient mine d attaquer l'hôtel des Guise. Une collision semblait inévitable. Catherine rassembla ses conseillers pour aviser aux moyens de sauver la capitale, que le sang devait bientôt inonder. Un coup d'État devenait nécessaire ; il fallait choisir l'un des deux partis et le sauver en détruisant l'autre ; il fallait surtout garantir la couronne menacée par des factieux. Les conseillers les plus modérés pensaient que la mort de l'amiral remédierait à tout. Le roi se récria avec force, car il rcs-
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portait ce vicillaid ; mais 1o duc d'Anjou insista en disant que nfiieux \ alait une goutte de saii^ dans Paris que des torrents dans tout le ro\aunio. .< Eh bien ! s'écria Charles IX avec une sorte de rage et de suliitr iin'tanioi'phose , je veux (jue tous les huguenots de France périssent, alin qu'il n'en reste ])as un scml pour me le reprocher après'. ••
Le jour de la Saint-Barthclemy, à minuit, tout était prêt pour le massacre. Aux sons de la cloche de Saint-Germain-l'Auxerrois , le tocsin retentit dans les églises, des lumières paraissent à toutes les fenêtres et l'œuvre de mort s'accomplit. Coligny est égorgé; les protestants qui habitaient sur la rive droite de la Seine éprouvent le même sort. Le sire de Lorges rassemble ceux du quartier Saint- Germain et se sauve avec eux. Ces odieux assassinats durèrent plusieurs jours. Epouvanté des crimes dont il s'était rendu acteur et complice , Charles voulut arrêter le bras des meurtriers , mais il n'y put réussir. Son vœu secret et trop tardif ne fut point écouté dans les provinces , et surtout dans l'Orléanais ; là mille passions haineuses étaient enjeu, et le signal d'une vengeance facile n'avait été que trop entendu .
Les catholiques d'Orléans reçurent avec joie la nouvelle des massacres de Paris et l'ordre que leur apporta Sobrin , prédicateur du roi. Divisés en quarante-huit escouades, ils envahissent les douze (juartiers de la ville et tuent les religionnaires dans les rues et les maisons. Douze cents personnes tombent égorgées sur les remparts et près la porte Saint-Vincent. Une multitude de femmes et d'enfants sont immolés dans une maison , près les Quatre-Coins. Des magistrats, Champeau et Chartier; de savants docteurs, Vaillant, Moireau, l'avocat Foucault ; d'honnêtes bourgeois , Nicolas Bongars , Caperon, expirent sous les coui)s des forcenés , dont quelques-uns étaient leurs parents. Des vieillards et des malades, étendus dans leurs hts, ont la gorge coupée. Des frères, les Sevin , les Coulombeau , font égorger
' Mémoires de Villcroy, t. ii, |), lli9.
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leurs frères; des femmes sont exposôes à des outrai^ps pires (juc la mort. Les cadavres , dépouillés de tout vêtement , gisaient dans les rues, jusqu'à ce que des hommes aux f^ages de la ville vinssent les prendre dans des toml)ereaux pour les jeter ensuite dans le lleuvr. D'autres victimes , abandonnées dans les fossés de la ville , servirent de pfiture aux loups et aux chiens. Les eaux étaient rougies ; on trouva des débris humains , un pouce et un nez dans les entrailles d'un poisson. Le vol et le pillage furent les conséquences naturelles de pareilles atrocités. Tel épicier faisait tuer son confrère pour acheter à vil prix les marchandises et les revendre avec profit ; tel drapier excitait ses commis à piller la boutique de son voisin * .
Le massacre eut lieu dans plusieurs autres villes de la province. A Blois, à Jargeau, à Beaugency, on compta quelques victimes. Mais plus qu'aucune autre cité Orléans fit éclater sa ferveur sanguinaire. Elle avait été le berceau du calvinisme , le siège de la puissance du parti , et les protestants y avaient déployé en d'autres circonstances une fureur qui explique ces odieuses et cruelles représailles.
Les religionnaires effrayés se dispersèrent , mais bientôt après ils se réunirent , plus ardents et plus irrités. La guerre éclata sur divers points, à La Rochelle, en Guyenne, dans le Languedoc et le Dauphiné ; guerre sombre et désespérée , où les gentilshommes protestants de l'Orléanais allèrent assouvir leurs haines et leurs vengeances.
Charles IX avait la guerre civile en horreur. Passionné pour la chasse et les plaisirs de son âge, il laissa le duc d Anjou conduire les opérations du siège de La Rochelle, et chercha l'oubli de ses fautes ou de ses crimes politiques dans les bras de Marie Touchet , sous les ombrages de Chambord. On l'avait vu naguère signaler ses ardeurs brutales sur le pont près de la Belle-Croix. Un jour, de jeunes protestants revenaient avec leurs fiancées du prêche de l'Ile-Groslot ; les seigneurs de la cour et Charles IX^lui-même, voulant juger de la
' Estât rie F'rnncc snuf Clinrlen IX, t. I, p. 247.
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beauté dos liu^uenotos , ('iilt'\ èreiit les voiles des femmes et les jett'iciit au \ont. Une rixe s'engagea; les protestants, moins nombreux, furent maltraités et précipités dans le fleuve. Cet exploit, appelé des (.'rands-Chaperons , parce que les jeunes femmes portaient ce genre de coilfure, resta gravé dans le souvenir des calvinistes, et rendit odieuse à ses coreligionnaires Marie Touchet , dont les ris avaient
encouragé les violences du roi. Fille de Jean Touchet , lieutenant particulier du roi à Orléans , elle appartenait à une famille protestante, et fut élevée dans cette religion jusqu'au moment oîi ses parents se convertirent, par ambition , au catholicisme. Elle était jolie, spirituelle , enjouée , et , par son esprit incomparable ^ , elle captiva un prince d'humeur fantasque , qui n'avait aimé qu'elle at ne s'attacha jamais à d'autres femmes. On ignore l'époque précise oîi commencèrent leurs amours, mais ce fut, avant le mariage du roi. Sa gaieté et son insouciance explifjuent l'ascendant qu'elle conserva sur cet esi)rit
' I.K Lmiourf.ur.
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C'haf,nin, latigué et souvLiit bouleversé par le remords i-t le ^oiipron. Rarement elle sollicita (juelque faveur pour elle; il n«- paraît point qu'elle eût reçu de son amant des terres ou des domaines. Deux lils furent le fruit de cette liaison : l'un mourut enfajit; l'autre , Charles . bâtard de Valois, reçut le titre de dur d'Angoulême et se rendit célèbre par su valeur.
Le roi , ennemi de la galanterie , se livrait aux exercices violents avec une ardeur si exclusive, qu'une dame de la cour lui dit un joui" à Chambord : .• Vous faites plus de cas de vos chiens que de nous autres. •• C'est là qu'il força un cerf à course de cheval et sans le secours des chiens. Pour cet exploit , Baïf le compare à Hercule et le juge digne de figurer parmi les héros qui ont donné leurs noms aux constellations ' .
Les calvinistes imposèrent une nouvelle paix, qui fut confirmée par l'édit de Boulogne. Ils obtenaient amnistie , réintégration dans leurs biens et honneurs , liberté de conscience , liberté du culte dans La Rochelle, Nîmes, Montauban, Orléans et autres villes (1573). Ceux qui avaient été victimes de la guerre ou de la Saint-Barthélémy, montraient avec orgueil leurs blessures et se regardaient comme des martyrs. L'un d'eux, qui lors du massacre fait à Orléans s'était caché sous un monceau de cadavres , après avoir reçu plusieurs blessures , se promenait avec un nez d'argent contenu pai des ressorts. Le roi de Navarre, le fils de Condé, recevaient dans la même
' Que ne suis-je Conon , maistrc en la connoissancc- Des astres du haut ciel ! Là-haut votre scmblancc , En veneur étoile, la trompe sous le bras , L'ëpieu dedans le poing , vostre cheval plus bas , D'estoiles flamboyroit
Charles IX, poète lui-même, improvisa à Blois ce quatrain :
François premier prédit ce point , Que ceux de la maison de Guise Mettroient ses enfants en pourpoint Et son pauvre peuple en chemise.
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cité dc< témoigDiiyes publics de respect et de sympathie. ■' Ce parti ruiné, dissipé et du tout perdu, Dieu permit, miraculeusement et pour nos péchés , qu'il fût restauré à la ruine de ce royaume et pour servir à de nouveaux troubles*. -
Lorsque Henri, qui avait été duc d'Orléans, partit pour la Pologne , les calvinistes envoyèrent au roi des députés pour lui présenter une si exorbitante requête que la reine-mère s'écria : " Si Condé était encore à Orléans avec vingt mille chevaux et cinquante mi;le fantassins , il ne demanderait pas la moitié de ce que ces gens nous proposent. - Un complot éclata; Montgommery fut battu, pris à Domfront et exécuté; Condé se sauva; le roi de Navarre fut enfermé à Vincennes.
Charles IX , malade de la poitrine , vomissait du sang , et dans son délire il ne voyait que du sang autour de lui . Fatigué de toutes ces conjurations suivies de meurtres judiciaires , il s'écriait avec désespoir : " Ne me laissera-t-on pas mourir tranquille l » Une dernière exécution signala presque son dernier jour , et elle eut lieu à Orléans ; Geoffroy Vallée , théologien calviniste , fut brûlé vif pour crime d'hérésie (1574). Le roine laissait point d'enfants légitimes Charles , fils de Marie Touchet , né au château de Fayet , en Franche- Comté , fut confié à sa tante Marguerite , et Henri III le pourvut de la charge de grand-prieur de France.
Henri avait eu soin de faire assurer ses droits au trône. A la nouvelle de la mort de son frère, il s'échappe mystérieusement de son palais de Cracovie et se déclare seul héritier de la couronne. Pendant son absence , qu'il prolongea , passant le temps en fêtes et en plaisirs, Catherine gouverna le royaume. " Falloit-il pas que cette l)auvre femme qui , à la mort de son mari, avoit eu cinq petits enfants sur les bras et deux familles prétendant envahir la couronne , les Bourbon et les Guise ; falloit-il pas qu'elle jouât d'étranges personnages pour trompei- les uns et les autres , et cependant garder,
' Ch. ïav.\nnes, ch. XX.
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comme elle a fait , ses enfants , (\\n ont successivement régiK^' par le fait d'une femme si advisée ' ? - Moins inquiète sur le compte des protestants, elle redoutait les Guise, si populaires depuis le massacre de la Saint-Barthélémy et si puissants par leurs créatures , leurs iniin(?nses richesses et leurs amis. Elle ne s'occupa que de balancer 1 inlluence des uns par l'influence des autres et s'appuya sur un tiersparti, composé de courtisans égoïstes qui rêvaient le retour des temps féodaux. L'Hôpital venait de mourir dans la retraite à Vignay en Beauce. C'était une grande perte pour le parti modéré , dont les huguenots et les catholiques désignèrent alors les membres par le nom de politiques. La guerre éclata dans diverses provinces; le jeune duc de Guise , victorieux au combat de Fismes , y reçut à la joue une blessure qui lui valut le surnom de Balafré. Partout les catholiques avaient l'avantage; ils s'irritèrent en voyant la reine-mère solliciter avec persévérance et obtenir une trêve à des conditions désavantageuses. Condé put garder une armée soldée par le roi; la cour promettait de licencier ses troupes , et on accordait aux calvinistes six places fortes pour gage de sécurité. Les Parisiens, catholiques exaltés , déclarèrent qu'ils ne payeraient ni impôts ni subsides , et la trêve ne fut point exécutée. Condé passa la Loire à La Charité et opéra sa jonction avec le duc d'Alençon. Bientôt Henri de Navarre, hérétique relaps, accourut avec ses compagnons d'armes, ce qui mit à la disposition des chefs près de trente mille hommes. Les catholiques refusaient leur appui à la reine ; il ne restait à la couronne d'autre espoir que dans les négociations, qui amenèrent une cinquième paix, signée à Chastenay. On y faisait aux rebelles de larges concessions : Henri recevait le gouvernement de la Guyenne , Condé celui de la Picardie ; on réhabilitait la mémoire de Coligny, de Montgommery et des autres victimes ; on accordait la liberté du culte; enfin , les États-généraux étaient convoqués à Blois.
C'était la restauration du parti protestant. Le peuple , qui voyait
' Paroles attribuées à Henri IV. Mémoires de Groulrird , p. 381.
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la Saint-niiithrlcniy désavouée et la cour livrée aux huguenots, ne songea plus ^u'à iornier une ligue à l'instar de celle des protestants. Le clergé, chargé de payer la solde des reîtres, souffrait, en attendant la vente de ses biens, toutes les déprédations d'une soldatesque impie , et s'indignait de ce qu'il nommait une spoliation. Les Guise souriaient à ces idées de ligues , jadis vainement tentées (1565) ; cette fois, ils se servirent, pour les propager, des jésuites, auxiliaires adroits et perfides. Dans la Picardie et l'Orléanais on se ligua pour résister aux progrès des huguenots , maintenir les lois et la religion de la monarchie; on jura de consacrer à ce but sa fortune et sa vie , de ne jamais se retirer de l'association sous peine de mort; d'honorer et de suivre partout le chef élu, et de le défendre contre ceux qui s'attaqueraient directement ou indirectement à sa personne. Quand l'instant de déployer ses forces arriva, la Ligue se présenta si terrible et si puissante qu'on se demanda quel serait le monarque digne d'elle. Guise en fut nommé chef malgré les clameurs des huguenots , persuadés ou feignant de croire qu'il traiterait le roi Henri comme Pépin , son aïeul , avait traité Childeric. Les protestants avaient aussi leur ligue , et la royauté isolée, tombée dans le mépris, devait, pendant long -temps, flotter de l'un à l'autre de ces partis dont elle essuyait tour à tour les dédains ou la colère.
Pour triompher de tels embarras , il eiit fallu toute l'habileté , toute la sagesse d'un grand homme. Mais Henri III, brave alors qu'il était duc d'Orléans, général expérimenté quand il portait le titre de duc d'Anjou, semblait avoir perdu en Pologne les qualités de sa jeunesse et ses talents. Dépravé dans ses mœurs, sans souci de la gloire , indifférent en matière de religion , il croyait faire assez pour la foi catholique en portant l'habit de capucin. Il mêlait les processions aux danses, les pénitences aux mascarades , cultivait les arts par ennui et mollesse, et ne s'occupait que de frivohtés. Informé des projets de la Ligue, il compta sur les États de Blois pour les
déjouer. 11 se fiait en la séduction de ses manières et dans sa faconde pour vaincre les résistances des députés, qui envahissaient tout et usurpaient toutes les attributions. Les prédicateurs et les pamphlétaires catholiques se mirent à travailler les esprits ; les élections furent faites dans leur sens , et les députés arrivèrent aux Etats avec cette devise : •• Une foy et une loy dans ce royaume. •• Us étaient au nombre de trois cent douze : cent quatre pour le clergé , soixante- douze pour la noblesse, le reste pour le Tiers-Etat. On remarquait parmi eux Mathurin de La Saussaye, Jacques Chauvereux, pour le bailliage d'Orléans; le sire de Chantemelle, de Blois; le sire de La Fosse, du bailliage de Dreux ; Charpentier, Devaux , Maintenon , envoyés par Chartres ; Sébastien Royer, de Gien ; Martin Pistoris , de Montargis; Bodin , auteur du Traité de la République , et des ecclésiastiques éminents.
Le discours d'ouverture prouva la finesse du roi. " Quand je viens à considérer, disait-il , l'étrange changement qui se voit partout depuis les temps des rois mon père et mon aïeul, je connois combien étoit heureuse leur condition , et la mienne dure et difficile, car je n'ignore pas que de toutes les calamités publiques et privées qui viennent en un Etat, le vulgaire, peu clairvoyant en la vérité des causes de tous maux , s'en prend à son prince et l'en accuse , comme s'il étoit en sa puissance d'obvier à tous sinistres accidents. " Les effets de la harangue royale, " qui étoit fort belle , >• furent modifiés par l'ennuyeuse allocution du chancelier Birague. Les Etats manifestèrent les sentiments les plus hostiles ; ils proposèrent de donner force de loi aux délibérations des trois ordres, sans qu'il fût besoin de la sanction royale , et d'imposer au roi un conseil de vingt-quatre membres au nom de la couronne, et de trente-six commissaires pour la nation. Le roi, attaqué dans sa prérogative même, crut devoir accepter le contrôle des trente-six commissaires; puis, cédant à des avis plus énergiques, il alla au-devant des délibérations, dont il était facile de prévoir les résultats. On le vit se ranger du côté des catholiques, signer
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l'acte d'union , et se déclarer le chef de la Sainte-Ligne. 'Les gouverneurs et chefs militaires suivirent son exemple dans les provinces. Il croyait siitisfaire le vœu public, mais ses farouches adversaires ne furent pas dupes de cette ferveur, et, pour juger de sa sincérité, ils décrétèrent à l'unanimité que le roi serait prié de supprimer les édits de pacification et d'interdire dans le royaume toute autre relig:ion que la foi catholique. Henri révoqua donc son dernier édit, comme extorqué par violence, et contraire aux serments du roi très- chrétien. Condé protesta contre cette décision , (pi'il envisageait comme un défi aux huguenots , et il en appela au Dieu tout-puissant d'une si flagrante violation des traités. L'épée fut aussitôt tirée dans le midi; Henri de Navarre s'empara de plusieurs villes importantes. Les Etats, alarmés de cette levée de boucliers reconnurent que la dette s'élevait à plus de cent millions. Les députés du tiers s'en effrayèrent; la noblesse, exempte d'impôts, se montra plus ferme. Après de longues discussions , oii brilla le talent de Bodin , député du Vermandois, les demandes de subsides furent repoussées. Le roi employa tour à tour la menace et la prière ; sa mère épuisa toutes les ressources de son esprit, si fertile en expédients, pour fléchir les députés, qui se montrèrent impitoyables. Compromis pour avoir cédé à leurs premières instances , il les supplia de nommer trente-six députés chargés de délibérer sur la question des impôts. Ils répondirent hypocritement qu'il fallait se garder d'instituer des États en petit pied, faciles à séduire ou à contraindre, et sur lesquels on rejeterait tout le poids de la responsabilité. Il leur demanda de pourvoir aux frais de la guerre ; ils répliquèrent que le roi " traiteroit si gracieusement ceux de la nouvelle religion , qu'ils n'auroient plus d'occasion de se plaindre et de se révolter ' . •• Néanmoins le clergé off'rit en cas de collision de soudoyer cinq mille fantassins et douze cents cavaliers, et la noblesse promit ses services et son concours. La noblesse et le clergé autorisèrent également la vente de trois cent mille livres
' Jour nul de L'Élnilc.
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de rente en biens appartenant à la couronne; mais le Tiers-Etat désapprouva cette mesure. Henri , fort ému , s'écria : •• Voilà une énorme cruauté; ils ne M'ulent ]ias me secourir du leur, ni me permettre de me servir du mien. " Pour comble d'incohérence, les États déclarèrent qu'ils demandaient l'abolition du culte réformé, mais sans la guerre. La couronne se trouvait ainsi privée de soldats et de subsides, en présence de lactieux qui ne respectaient point les édits. L'assemblée faisait preuve de malveillance, car elle était composée d'hommes expérimentés. Du reste les cahiers servirent de base à des réformes importantes dans la police , la législation et l'administration , et aux trois cent trente ordonnances de Henri IIL
Cette sixième guerre , fomentée à Blois , fut éteinte par la paix de Bergerac, dont les articles étaient avantageux aux calvinistes. Les villes les plus imbues du venin de la réforaie obtinrent des grâces et des avantages. Orléans, qui jouissait de la prérogative de ne point loger les soldats en marche, reçut de nouvelles marques de la faveur royale ; mais le nom de cette cité , lieu des études de Calvin et berceau de sa fougueuse doctrine , revint d'ime triste manière s'offrir au monarque. Un protestant échappé des prisons d'Orléans chercha à l'empoisonner tandis qu'il se trouvait à Blois. Le coupable subit le dernier supplice * . Malgré ce triste signe de la haine implacable des protestants Orléanais , Henri les fit assurer par Arthus de Cossé, leur gouverneur honoraire , de ses bonnes intentions , et convoqua à Blois de nouveaux États-généraux. Par une ordonnance datée de cette dernière ville, il ôta à l'université de Paris l'autorisation d'enseigner le droit civil, ce qui amena à Orléans tous les élèves de la capitale, et rendit ses chaires les plus célèbres du royaume. Les éghses recevaient des dons, les édifices publics étaient réparés. On eût pu croire que la reine-mère, si <• advisée pour les affaires de la couronne, n'oubliait pas le bien-être de ses vassaux, afin d'enrichir les domaines qui formaient son douaire. Les États de la province orléanaise s'as-
' M. LoTTiN, Rechercher sur la ville d'Orléans.
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semblèrent pour ache\er la derniî'ie rédaction de la " coutume du duché , bailliage et prévôté d'Orléans et ressort d'iceux. " Achille de Harlay, président à mortier du parlement de Paris, signa le procèsverbal. La noblesse, le clergé, la ville d'Orléans et le reste du pays supportèrent les frais, et par égale portion. On rétablit l'ancien cours de la Loire, qui abandonnait les murs de la ville pour se porter du côté de la Sologne. Les capucins, ordre monastique fort honoré par le roi , fondèrent , grâce aux dons et aux aumônes des Orléanais , une magnifique église. Ces temps, assez prospères pour notre pays, furent troublés par les ravages d'une peste meurtrière et le retentissement lointain d'une septième guerre civile. Bientôt le roi de Navarre sollicita une paix nouvelle, que le roi, suivant l'usage, s'empressa d'accorder aux turbulents huguenots.
Il ne lui était plus possible de faire autre chose que de louvoyer entre deux écueils. Son impopularité croissait chaque jour. Une sorte de féodalité s'était reconstituée; les gouverneurs des provinces levaient les impôts , soldaient des troupes et traitaient fièrement avec le roi. 11 cherchait à leur opposer ses mignons, qu'il accablait de richesses, sans réussir à les entourer de considération. Joyeuse, La Valette et d'Épernon excitaient d'implacables haines , et ployaient sous le poids du mépris. Pour suffire à leurs prodigalités, il inventait des impôts et ne payait personne. Résumant tout en lui, il pensait que si la royauté durait autant que lui-même, cela suffisait à un prince qui ne devait pas laisser de postérité ; il voyait la race des Valois s'éteindre , car son frère , le duc d'Anjou , héritier présomptif de la couronne, venait de mourir de la même maladie que Charles IX.
Le seul prince qui restait de la race de Capet était Henri de Navarre, chef d'un parti odieux à la nation. Il n'était parent do Henri 111 qu'au vingt-deuxième degré, et les lois civiles ne reconnaissant aucun droit héréditaire au delà du septième, il était permis aux plus furieux ligueurs de lui contester ses prétentions. Déjà ils
ANCIKN ET MOUlîRNE.
songeaient à lui opposer un ianlônie de prince, le cardinal de Bourbon, son oncle, vieillard imhécile et (jui ne pouvait que servir d'ins-
W'N^frpt
tmment à l'ambition cachée des Guise. La cour s'efforça de tourner l'obstacle en négociant avec le roi de Navarre pour le décider à abjurer. Il s'y refusa, ne voulant point renoncer à l'appui des huguenots, et n'osant se fier aux promesses de Henri III.
La Ligue persévérait dans son système d'insolence et d'envahissement. Dans une grave circonstance, alors qu'il s'agissait d'accepter ou de répudier l'offre des Provinces-Unies, révoltées contre l'Espagne, et qui proposaient au roi la souveraineté des Pays-Bas, on vit Henri s'occuper de momeries. Il partait de sa capitale et se rendait à pied, vêtu d'une robe blanche de pénitent , à Notre-Dame de Chartres et à celle de Cléry. Quarante-sept confrères, la tête couverte, comme lui, d'un capuchon ayant deux petites ouvertures à la hauteur des yeux, avec un fouet et un chapelet pendus à la ceinture, l'accompa-
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ijnaient. Les \Ans ^^laiuls persoiina<i-es de la cour suivaient la procession , portant tour à tour une grtinde croix sur leurs épaules. Lorsque le cortège pénétra dans la ville d'Orléans, le duc d'Aumale traînait cette croix de carton. Le roi s'arrêta aux Capucins, près de Saint- Jean-le-Blanc , et fit son entrée dans la ville le soir, à la lueur des flambeaux et des torches, pour aller coucher chez le doyen de Sainte- Croix. Avant son départ, il institua la confrérie des pénitents, et conduisit la procession générale des pénitents de la ville et de ceux de la cour. Après un joyeux festin, il reprit à pied la route de Paris, psalmodiant les Heures de la Vierge. Il s'arrêta dans le bourg de Notre-Dame-des-Aides , et y toucha les écrouelles à un grand nombre de malades. Chartres, qui avait vu la jeune Louise de Lorraine accomplir au milieu de l'hiver un pareil pèlerinage , fut témoin de cérémonies analogues présidées par le roi , et qu'il y renouvela l'année suivante (1585). Les cardinaux de Vendôme, de Guise et de Joyeuse l'accompagnaient. Il exigea que les pénitents fissent seuls le service , chantant les psaumes sans orgue ni musique. 11 défendit ([u'on lui tendît le dais, et s'occupa de prescrire les moindres détails de ces bruyants actes de piété.
Les ligueurs , enhardis par tant d'insolence au milieu de si graves intérêts, se chargèrent de répondre à l'appel des Provinces-Unies; ils se récrièrent contre toute atteinte aux droits d'un roi bon catholique comme Philippe IL Guise et Mayenne rassemblèrent leurs troupes, Hrent soulever plusieurs villes, s'emparèrent de Lyon, d'Angers et d'Orléans , et publièrent au nom du cardinal de Bourbon un manifeste oii sont rappelées les tendances hérétiques du roi. Toute la Ligue était en armes , sans que le duc de Guise osât, malgré sa force, commencer les hostilités. Le roi, troublé, indécis malgré son courage naturel, ne savait quel parti prendre. D'Épernon, son favori , agit avec vigueur, et dispersa à Gien une bande de ligueurs. Mais Guise , appelé à grands cris par les Parisiens et le conseil des Seize, se dirigea vers cette capitale à la tête de douze mille hommes.
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Catherine, vieille et souffrante, s'humilia chnis l'esjwir de sauver son fils. Sa souplesse et ses intrigues échou^rc nt , car les Guise voyaient la royauté sans appui. Pour la première fois, un trait»' favorable à la cause catholique suspendit les hostilités. L'exercice du culte protestant fut interdit ; on devait retirer aux calvinistes leurs places de sûreté, expulser du royaume ceux qui ne se convertiraient pas dans le délai de six mois , payer les troupes des ligueurs , donner aux chefs onze places fortes, des gardes et des pensions. Cette paix consteiTia le roi de Navarre , qui avait inutilement essayé de l'empêcher. Il déploya toute. son activité pour sortir d un péril imminent, et, fort de l'appui d'Elisabeth, engagea la huitième guerre civile. Le duc de Mayenne s'avança contre lui avec une armée de quinze mille ligueurs. Une bulle d'excommunication était lancée contre les deux Bourbon par le pape , qui les déclarait déchus de leurs droits de princes du sang et indignes de posséder aucune souveraineté. Les sujets du roi de Navarre furent déliés de leur serment de fidélité ; il était enjoint au roi de France de le poursuivre et de lui arracher sa couronne. Le Béarnais répondit avec hauteur à cette bulle , contre laquelle le fils de Médicis se récria, la qualifiant d'attentatoire à la majesté royale.
Le supplice de Marie Stuart, la jeune et belle épouse de François II , i)arut aux regards étonnés du monde catholique une étrange protestation, un coup audacieux frappé en faveur et au nom de la Réforme. Les espérances des Guise périssaient avec cette reine, qui avait jeté un si grand éclat sur leur maison. Les ligueurs éclatèrent en reproches contre Henri III. Ils répétaient hautement que ses conseils avaient soutenu le bras tremblant de la vieille Elisabeth , et qu'il livrerait son royaume aux protestants d'Allemagne. Une armée nombreuse marcha à la rencontre de Joyeuse , un des mignons de Henri. Le roi de Navarre manœuvra vers la Loire pour se joindie aux Allemands et repousser les troupes royales qui cherchaient à le rejeter en Guyenne. La victoire de Coutras exalta le courage
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(les hui,nir!i(its et <:i'ai!(lit le nom dr lleiiri de Bourbon, qui, livré à do lollcs aiiio\u-s, voulut ])orter ses trophées aux pieds do la belle Corisande. Los troupes alloinandes traversèrent le royaume et arriNÔront près de lA Charité-sur-Loire. Au lieu de passer le fleuve et do se réunir aux protestants , elles descendirent le long de la rive droite et se mirent à piller la Beauce. Henri III , qui restait à Étampes, envoya d'Épernon avec l'avant-garde au secours de Montarg-is, menacée parles Allemands. Guise, inquiet do l'inaction do ce fa\{)ri , leva des troupes à ses propres frais , et mit les reîtres en déroute près de Vimaury- Leur général , le baron de Dohna , se rapprocha de Gien pour passer la Loire et fut arrêté par d'Épernon. Il reprit alors la route de la Beauce, harcelé par les paysans et perdant chaque jour des hommes que lui enlevaient les maladies et la désertion. Aux environs de Chartres , les vingt mille Suisses , ébranlés par les discours de leurs compatriotes de l'armée royale, déclarèrent qu'ils voulaient retourner dans leur pays. La discorde était au milieu de cette armée , lorsque , sur un ordre du roi , alors à Beaugency, Guise partit d'Etampes pour surprendre une troupe ennemie campée près d'Auneau. Le château-fort de ce bourg était au pouvoir des catholiques qui laissèrent l'ennemi se loger dans les maisons et parcourir la plaine avec trois ou quatre cents chevaux. Guise , instruit de tous les détails , dressa une embuscade où les maraudeurs vinrent se jeter; il en périt ainsi une centaine. Les autres se hâtèrent de décamper ; mais , attaqués vivement par la garnison du château , ils perdirent près de deux mille hommes et tout leur butin. Les vainciuours prirent la route de Chartres, oîi ils trouvèrent le roi, moins satisfait de ce triomphe qu'irrité de voir ime place forte comme Auneau livrée aux partisans de Guise*. Tandis qu'il négociait pour satisfaire les ligueurs, expulser les reîtres et ôter à 1 ambitieux Lorrain de nouvelles occasions de combattre, celui-ci, sourd à tous les ordres, poursuivait les Allemands et leur faisait
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payer cher riiivusion de la Beauce. La tk-slructioii de (•clic armée, si lieureusement commencée à Auneau , est comparée par les historiens à ]i\ ruine de hi fameuse Armada catliolique, (pii venait de s'accomphr sur les plages d'Angleterre. Dès lors la lutte entre les deux religions n'eut plus d'autre théâtre que la France; les secours que l'un des deux partis attendait de l'Espagne périssaient au moment où les protestants d'Allemagne recevaient un châtiment (pu les dégoûtait de leurs invasions. La Ligue, dont le succès était plus direct et qui n'a\ait rien dû aux laveurs de la tenq:)ête, salua le retour du roi dans sa capitale par des moqueries et des injures ; on ne parlait que de Guise et de ses vertus; les enthousiastes en faisaient un dieu. Le duc assembla ses partisans , et il fut résolu qu'on adresserait au roi une requête dans laquelle il serait sommé de se déclarer ouvertement en faveur de la Ligue, d'établir 1 Inquisition et défaire une guerre impitoyable aux suppôts de Satan. Le roi répondit d'une manière évasive , feignant même d'être prêt à donner aux Guise les places de sûreté qu'ils avaient demandées. Les Seize, qui trouvaient ceux-ci trop lents, et faciles à se laisser abuser par de belles promesses , jurèrent de se saisir de la personne du roi , d'égorger les favoris «'t de s'emparer du gouvernement. Leduc, leur prêtant une sorte d'appui , choisit, pour commander les milices bourgeoises, des gentilshommes de sa maison. Tout annonçait un mouvement populaire. La cour s'entoura de Suisses, et fit défendre à Guise l'entrée de Paris; mais il accourut, sollicité par ses partisans. Peu s'en fallut qu'Henri ne le fît arrêter. Il revint le jour suivant au ])ahiis et pria le roi de tenir ses promesses. Le monarque répondit cpi'il n'aimait pas les huguenots , mais qu'il ne pourrait les réduire par les armes , faute d'argent ; il ajouta que les Parisiens étaient encouragés à mal faire par quelques milliers d'étrangers que l'on saurait bien chasser de la ville.
La journée des Barricades a lieu. Les Suisses et la garde du roi sont désarmés; le tocshi sonne, on dépave les mes, on tend des chaînes,
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iiiilU- biiifKiules t'iitraveut la circulation. Bientôt le Louvre est enveloppé. Guise s'oppose à ce dernier acte de violence; il sort de son iiôtt'l, une Ici^mette à la main , empêche le nnassacre des Suisses, et l;in iciidrt' les armes aux gardes royaux. Pendant la nuit, des corps de milice se répandent dans la campagne pour couper les routes et s'opposer au départ du roi. Catherine annonce le désir de traiter, et , tandis qu'elle se dévoue , Henri III monte à cheval , se dirige à toute bride sur Saint-Cloud et se sauve à Chartres (1588) . Cette ville était dévouée aux ligueurs ; cependant , les autorités et le peuple reçurent le roi avec acclamation. Après avoir assisté à une procession générale, il écrivit à tous les gouverneurs et chefs militaires du royaume, pour les instruire des événements de Paris et leur ordonner de ne point s'associer aux rebelles. Il manda au duc d'Epernon de venir le joindre avec l'armée de Normandie, et installa à Chartres le siège du gouvernement.