‹ L'Orléanais; histoire des ducs et du duché d'Orleans, comprenant l'histoire et la description de la beauce, du pays chartrain, du biésois, du vendomois, du gatinais, du perche, et de ce qui constituait l'ancienne généralité d'OrléansChapitre 5 sur 38 · ARRONDISSEMENT OE MONTARGIS · texte numérisé non relu

ARRONDISSEMENT OE MONTARGIS

Mo?ifar(/Js. L'origine de cette ville est à peu près inconnue, et les étymologistes se sont vainement efforcés d'en fixer la date à l'aide du nom , qu'ils décomposaient chacun à leur manière. Elle fut possédée par les sires de Courtenay, qui l'agrandirent, fortifièrent le château et élevèrent l'église de Sainte- Marie. Philippe -Auguste en exigea la cession de Pierre de Courtenay. Montargis joue un grand rôle dans l'histoire de la province orléanaise; il serait donc superflu de rappeler ici le siège de 1427, si honteusement abandonné par les Anglais. La ville fut bruiée en 1525 par des bandits appelés doutes-feu ou démons follets; on se hâta de la rebâtir. Renée de France fit ériger en duché-pairie cette terre , où elle se retira aprè-; la mort d'Hercule d'Est , son époux. La ville lui dut de nombreux embellissements. Protectrice des calvinistes , cette princesse y attira beaucoup de religionnaires, qu'elle sut, par sa fermeté, préserver des

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menaces des Guise. Montargis , réiinie au duché d'Orléans en laveur de Gaston de France, fut habitée un moment par Christine de Suède.

Le ch.âtcau couronnait la cime d'un coteau dont la ville occupait l'un des versants. Les fondations et les murailles dataient du temps de Pierre de Courtenay. Charles V y fit faire tlimmenses constructions; il y ajouta huit grosses tours, dans l'une desquelles se trou vait l'horloge. Les archéologues ont décrit la grande salle, qui était longue de 189 pieds et large de 72; ses vitraux, ses peintures, ses ornements, ses six cheminées de 12 pieds d'ouverture, sa fresque représentant le duel du chien de INJontargis contre Macaire, assassin d'Aubiy de Montdidier, tout cela fut l'objet de minutieuses recherches et de patients écrits. Le château, qui avait trois cours assez vastes pour les manœuvres d'une garnison de six mille hommes, était encore assez bien conser%'é vers ]818. L'église paroissiale, consacrée à la Madeleine, fut terminée dans le seizième siècle; les vitraux, qui étaient célèbres par leur beauté , ont été détruits. Les couvents de femmes qu'on y voyait avant la révolution , renfermaient les tombeaux de plusieurs femmes illustres par leur naissance et leurs vertus.

Ferrieres , séparé de Montargis par la forêt, avait une abbaye fameuse au moyen âge, et qui, fondée par Clovis, fut richement dotée par Clotilde. Les calvinistes saccagèrent la ville et le monastère, dont ils égorgèrent les religieux. Les ligueurs la livrcrent d( nouveau au pillage vers 1591. L'abbaye, comme presque toutes celles de l'Orléanais, appartenait à l'ordre de Saint-Benoît. Plusieurs rois, tels que Pépin, Louis 111 et Carloman, y furent sacrés. Quelques-uns de ses abbés devinrent célèbres; et nous citerons le cardinal de Tournon. L'église seule reste debout; on remarque l'élégante architecture du chœur et les vitraux du sanctuaire. Les fortifications dont la ville était entourée se voient encore çà et là; celles du Bignon, bourg jadis considérable et protégé par deux châteaux, ont entièrement disparu. Près du village de Dardives exis-

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