‹ L'OrléanaisChapitre 19 sur 20 · CHAPITRE Xlll · texte numérisé non relu

CHAPITRE Xlll

Pbilip)>« de France, duc d'OrIt'ans; nobles Orléanais. — Le Récent; effets de la baaqneronte de Law dans la pruvincu ; Jésuite:! et jansénistes. — Louis , duc dXïrIékns; Pothicr, Lemaire. — Stanislas i Chainbord. — Louis-Philippe, duc d'Orléans. — LouU Philippe (1786); ta Ti« politique et privée-, élections dans l'apanage; procès de Louis XVI, vote du duc; *a miae en jugement ; sa coudomnatioa et sa murl. — Madame la ducliessc douairière d'Orléans.

força de lui donner des goûts efTéiiiinés, pour le rendre incapable de se mêler de {wlitique. On le voyait sans cesse entouré de femmes et de jeunes filles, occupé de mascarades et de frivolités. Devenu Tépoux d'Henriette d'Angleterre, il se montra inquiet et jaloux de l'affection que Louis XIV jxirtait à cette l)elle et spirituelle princesse. Diverses aventures pouvaient jusqu'à un certain point justifier ses soupçons.

m L'ORLÉANAIS

La (diiduito i\e vciXe priiKesse, mn^ifiquement louée parBossuet, avait r[(' si tâcheust', que \\m n'hésita \)OU\t à dire que Monsieur s '(• tait (li barrassé d'elle par le poison. Si sa brusque mort fut véritahienient le résultat d'un crime, rien ne prouve que le duc d'Orléans s'en soit rendu coupable. Toutefois , il vit son agonie sans éprouver de grande douleur, et se oonduiat en homme délivré d'un pesant tutdean. H passa joyeusement le temps de son veuvage, et se rendit à l'armée des Pays-Bas. Bientôt après il épousa Chariotte, fille de l'élecleur de Bavière. - Vous comprenez bien , dit à ce sujet madame de Scv igiié , la '](nv qu'aura Monsieur d'avoir à se marier en cérémonie, et quelle joie encore d'avoir une fenune qui n'entend pas le français. • Cette belle et robuste Allemande offrait le plus grand contraste avec PhUippe, qui était petit et efféminé. Il avait été jaloux d'Henriette , ce fut Chariotte qui se montra jalouse de lui. EUe le tracassa de mille manières. • Durant trente années, écrivaitreUe. je travaillai poor acquérir le bonheur à'êtxe aimée, et j 'y rénsns plei-

ncnieiit. "

11 avait les instincts belliqueux de sa race, et voulut suivre son frère à la conquête de la Hollande . qui s'ouvrit par le fameux passage du Rhin. 11 emporta d'assaut Zutpben, prit Bouchain, et se couvrit de gloire à la bataille de Cassd, qu'il gagna sur le prince d'Onmge; il eut un cheval tué sous lui, et reçut un coup de mousquet dans ses armes. Après cette Inillante campagne, il retomba dans sa vie moUe et oisive, courut froidement les aventures galantes, et devint la fable de la cour par son amour et sa jalousie ]X)ur mademoiselle de Granc^y. " C'est la quintessence de la jalousie, disait madame de Sévigné , et j'admire qu'il en soit resté dans le monde après le partage qui lui eu est échu. - Le sou des cloches, seule manque qu'il goûtftt, lui faisait tant d'impression , qu'il ne manquait pas de venir i Paris pour entendre les sonneries de la vigile des Morts. Son écriture était mauvaise , au point qu'il ne pouvait relire lui-même ses propres lettres. " Madame, disait-il à sa femme , vous

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êtes accoutumée à mon écriture ; lisez-moi un peu cela. - Son aversion pour la chasse et l'éqoitation était extrême» car il craignait plus le soleil et le hfile que la poudre et les coaps de mousquet. Ses galanteries étaient si banales . que madame de Frêne lui dit un joiir : • Vous ne déshonorez pas les femmes qui vous hantent , mais elles vous d»>shon<)rt'iit . ■ 11 aiinail \v roi , (|ui ne le payait point de rotoiir. A la suite d'une scène fort vive avec Louis, Monsieur parut à table tout rouge de colère, man^ren >)eaucoup, et lut frappé d'apoplexie le soir même. Vainement on lui prodigua mille soins. Le roi , averti , crut que c'était un man^ afin d'amener une réconciliation , et ne partit pour SaintCloud qu'au milieu de la nuit. Près du mourant était le père Trévoux, qui prononçait d'inutiles paroles à ses oreilles fermées. I^uis XIV versa des pleurs, (jue l'on allnhua surtout à eette pensée, que son frère expirant était son cadet, et qu'il s'était toute sa vie porté mieux que lui ; puis il s'éloigna, sans attendre son dernier soupir. Monsieur, étendu sur un lit de repos, et entouré de dames et de demoiselles qui poussaient des gémissements, rendit l'âme exposé aux regards de ses serviteurs.

Ainsi finit le chef de la maison réornante d'Orléans. 11 laissait une fortune de dix-huit millions, dont cimi cent mille livres de rente de son apanage pour leijuel il avait fait peu de chose. La construction du canal ne fut opérée sous ses auspices que par des spéculateurs, et il finit par en recueillir seul tous les bénéfices. Mais on retrouve souvent, durant cette période d'années, le nom de Louis XIV mêlé aux souvenirs de notre province Ce grand roi , qui avait ea jxuir nourrice Klisriheth An sel , Orléanaise , femme d(> Jean Ix)nguet, pro( ureur du domaine du n)i dans cette ville, anoMit trois cents familles de la province, dont plusieurs sont éteintes aujourd'hui. Lors de la création de l'ordre de Saint-Louis, il conféra la décoration à quelques gentilshommes d'Orléans. Il créa Maximilien, seigneur de Cormes , lieutenant du Point-d'Honneur dans cette ville L'hôpital général (1672). près la porte Madeleine, fut fondé et doté

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do revenus suffisants. Le canal d'Orléans, qui se réunit à celui de Briare, fut ordonnancé par lui , sur la demande de son frëre (1682i. Il autorisa la culture du safran, source de prospérité pour le Gâtinais. La conservation des vip;ncs fixa son attention , et les habitants des élections d'Orléans ot de Beaufj^ency se virent forcés de déclarer la quantité darpents de vi^es qu'ils avaient, sous |)eine d'amende et de confiscation des parties soustraites à la sur\eillanc€ de l'autorité.

Dans les rares intervalles de paix de ce rbgne si ag^ité , les magistrats Orléanais employèrent les milices qui revenaient d'Elspagne et d'AUemapfne à fuire des battues générales contre les bandes de loups, dont la voracité et les déprédations passaient toutes les bornes. Deux

cents têtes de ces animaux restèrent , après une de ces chasses, exjwsées aux rcf^anls dans la cour de l'Intendance , sur rÉta^xî et pince de l'Hôtel-de-Ville. Lorsciue le pfrand roi donna à la veuve de l'auteur du Roman rominvp le titre d'épouse et le marquisat de Main-

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tenon , il fit rétablir le chemin de César, qui conduiuait de cette petite ville de la Beauce à Orléans. £ntnûné par les suggestions de cette femme devenue dévote après avoir été l'amie de Ninon de Lendos, il révoqua l'édit de Nantes, qui avait assuré le repos des protestants. Une persécution s'organisa , et bientôt des mesures violentes aiipnrent aux rclififioiiiiairt'ï» qu'ils ne clcvait iit espérer m trêve ni pitié. Les temples (\v Bioime et de Mer furent tVnnés, un grand nombre de familles riches de l'Orléanais se résignèrent à l'exil. Xies villes qui , comme Orléans, s'étaient signalées dans les guerres religienaes, avaient attiré dans leurs murs des protestants, gens tranquilles, cherchant Toubli et s'oocupant de commerce et d'industrie. Notre province perdit près de douze mille de ces hôtes industrieux , tous considérables par leur fortune et leur mérite.

Louis XIV avait fait à douze ans su première entiee dans la capitale de rOriéanais; ses visites se renouvelèrent , et furent plus fréquentes que celles d'aucun de ses prédécesseurs. La Maison-Rouge, propriété de M. d'Antin , près du couvent de la Madeleine , le retint pendant planeurs jours. H donna des fêtes brillantes an château de Cbambord , où h Bourgeois geniilhomme fut joué pour la première fois par la troujn; de Molière. Mansard , dénaturant lf'> plans du Primatice, dans ce château le premier essai de fenêtres auxquelles il a laissé son nom. Louis y reçut Jacques II , itn d'Angleterre , et annonça le projet de s'y retirer lui-même si l'armée de Villars ne pouavit anéter le prince Eugène.

l%ilippe, héritier de l'apanage de son père, avait porté jusqu'alors le titre de dur de Chartres. Il était né en 1674, el avait donné de bonne heure les plus grandes espi'-rain ; mais l'abbé Dubois , l'un de ses précepteurs, pervertit ses heureuses disiH)sitions. U débuta dans la carrière des armes au siège de Mons. Blessé légèreident dans une charge de cavalerie à la bataille de Steinkerque . il fit des prodiges de valeur à celle de Nerwinde. On remarquait la justesse de son coup d'œil et sa sagacité dans le conseil et à l'armée.

Un sentiment de jaloiise prudence vint au cœur du roi, qui ne se * aottciait pas de faire d'nn prince si accompli un levier de traublea et de révoltes , comme Tavait été le vainqueur de Rocroy. Philippe fut

tfiui loin (le l'ainu'e, et obligé de vivre à la rour au milieu d une oisiveté (1 autant plus funeste que DuUas déniontrait >;ins peine à un Jeune homme de dix-huit ans que le plaisir faisait tout excuser. Quelques scandales eurent lieu; mais le vieux roi, malgré sa dévotion . fermant les yeux sur des désordres fi^vocables à aa politique, désigna pour épouse à ce prince si brillant une des filles de madame de Montespan , mademoiselle de Blois. On la disait bdk comme sa mère , mais moins spirituelle , et d'vne indolenoe qui allait jusqu'à rapalhii'. Le duc de Chartres montra de l'éloignement |x»ur ce mariage. Son père y consentait, malgré la désapprobation publique; mais Dubois, saisissant l'occasion de se mettre en crédit prës du roi, usa de scm mfluenoe pou déterminer son élève à accepter l'énonne dot qui cachait cette m^allianœ. La nouvelle ducbesse savait dit - " Je ne me soucie pas qu'il m'aime, je me soucie qu'il m'épooae*. • Le jeune prince répondit : « Et nu» je ne me soude pas d'une épouse (|ue je n'aime point; - et il s'entoura plus que jamais de femmes et de jeunes lil)ertins. On citint i»aiiui ses favoris les d'Effiat, les Broglie, les Canillac, les Noce, les Brancas, les La Fare. Ainsi, le prince (|ui devait un jour gouverner la France oubliait, au sein des voluptés, la gloire de sm passé et le soin de aco avenir.

Cependant, après la mort de Charles II, roi d'Espagne, il a'iar digna de la clause du testament de ce prince qui appelait au trône la maison de Savoie , à défaut de U branche aînée de Bourbon , et & l'exdusion de celle d'Orléans ; reconnaissant le mauvais vouloir de Louis XIV, il fit des |)ii)t<'>tatioiis pul)li(jues. Plus tard encore, il fut informé des articles secrets insérés dans le traité de Rastadt, et qui tendaient à l'éloigner de plus en plus de la couronne d'Espagne et de cdle de France. Sortant alore de sa torpeur, on le vit s'occuper

da mouvement des années , et parler de la guerre ftvec une science qui excitait l'admiration des vieux généraux r.e roi, faisant taire ses défiances , accepta les services d'un prince habile, qui pouvait le tirer des embarras on le jetaient ses défeites multipliées. 11 lui donna le commandement de Tannée d'Italie; c'était placer le duc dans une situation diflSeile et compliquée , car il se trouvait en lutte avec le duc de Savoie, père di' la duchesse de Rnurgotrne, qui iuuiss.ait à In cour du plus grand crédit. Près du prince, ei comme pt)ur accroilre ses embarras, on plaça le maréchal de Marsm. muni d'ordres secrets qui se trouvaient constamment en oppontion avec ce qu'il fallait pforoptement faire exécuter. Dans les combats qui se livrèrent sons les murs de Turin , il montra le courage d'un soldat , faute de pouvoir diriger les attaques en capitaine. Atteint de deux blessures, il rendit moins fiinestes les suites d'une défaite qu'il avait prévue. L'opinion publique lui était favorable, et, loin de lui faire un crime du désastre de Turin, on l'envoya 1 aimée suivante à l'année d EIspagne, qu'il rejoignit la veille même de la bataille d'Almanza. L'échec que nos armes subirent fut dû à la précipitation du maréchal de Berwick, qui attaqua trop tdt, pour s'attribuer tout l'honneur de la victoire. Le duc Philippe fit la conquête des royaumes de Valence et d*Ara< gon . et emporta d'assaut Xativa et Alcaraz. Lérida , si fière de la résistance qu'elle avait opposée à Condé , fut prise de vive forée. L'année SUIS aiite M 7081 il obtint eiirore des succès remanjuables . et dirigea les expéditions contre Dénia et Alicante. 11 forera 'i'«ulos«' à capituler. A son arrivée à Madrid , il re(;ui du roi et de la population le plus brillant accueil , ce qui lui remit en mémoire ses droits à la couronne d'Espagne pour le cas ou le faible monarque accéderait, comme Louis XIV, aux exigences des souverains alliés. L'abdica» tion du nri d'I^spagne donnait carrière à toutes les prétentions de la maison d'Oiifiiiis, On assm-e >\n'i\ confia ses projets à des f^erviteurs dévoués, les avertissant de se tenir {)rêts ,'in premier signal. .Mais

houU XIV ne pouvait souffrir un tel acte de désobéissance. Les

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iitreiits <lu prince furent saisis; lui-mriue faillit être accusé du crime de lost^-inajestt'. Le duc de Bouilgogne parla en sa faveur, et balança l'influence hostile du dauphin ; mais on exigea de lui un acte de renonciation formelle au trône d'Espagne, et il ^happa à cette crise pour voir éclater sur sa tête les plus odieuses calomnies.

Parmi les sciences qu'il avait cultivées avec succès, on citait la chimie , et souvent on l'avait vu se retirer dans un laboratdre isolé pour s'y livrer à des manipulations. Lors donc que la ti^nihe s'ouvrit et se referma coup sm' eouji, dans l'espace de moins d'une année, sur le dauphin , le duc et la duchesse de Bourgogne, et sur leur fils lûné , le vulgaire , étonné de ces trépas imprévus , en accusa haute* ment le prince voinn du trône, et qui devait profita' de ces calamités. Une foule éperdue, insensée, fit entendre des dameurs furieuses lorsqu'il se présenta pour jeter l'eau bénite sur le corps de la duchesse de Bourpt^ie. La |)()])ulace i)rit une attitude menaçante (juand le convoi des deux princes et de la dauphine passa devant son palais. Etifin les alarmes et l'irritation publiipie furent à leur comble, lorstjue le second fils du duc de Bourgogne fut atteint, peu de teinjw après, de la même maladie que ses parents. Le duc d'Orléans, dé»> espéré de ces cabninies» qu'un &tal concours d'événements semblait justifier, se jeta aux pieds du roi pour le supplier d'ordonner une enquête, et de faire examiner sa conduite et cdie du chimiste Homlierg, son maître et son professeur. Louis XIV lui répondit avec sé- V(Tité qu'il de\ait imputer de si cruels soujtçons à la licence de ses mœurs et à ses désordres, mais il ne permit pas qu'un prince de son sauf? fût livré à des ju^es ; Honiberg lui-même trouva les portes de la Bastille fermées lorsqu'il voulut se constituer prisonnier. La santé du dauphin s'étant rétablie, on eut hi preuve qu'aucune tentative d'empoisonnement n'avait eu lieu; et comme sa mort était nécessaire au Imt que l'on accusait Philippe de poursuivre, les clameurs de la foule et les inquiétudes du roi se calmèrent. Toutefois, cédant aux inspirations de madame de Maintenon et des princes légitimés , Louis bon-

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tinua de montrer à son neveu la même froideur et la même défiance. Tous ces personnages voulaient l'carteT Philippe de la régence, et ils

réussirent à faire signer au roi un testament dans letjuel étaient renouvelés en faveur de ses bâtards tous les principes d hérédité et les usages de la monarchie Cîeix^ndanl l'œil exercé des courtisans prévoyait un retour de Louis à de plus sages dispositions ; on vit les seigneurs rechercher le duc d'Orléans, et l'entourer d'hommages. A la mort du roi , toutes les plaintes, toutes les calomnies retombèrent dans l'ouî'li.

Le duc avait pris des mesures vigoureuses |X)ur assurer la conservation de ses droits ; tout était préparé |)our rendre inutiles les articles du testament. Il y allait de son honneur d'empêcher que le duc du Maine restât chargé de la garde du jeune roi ; c'eût été l'aveu tacite des bruits d'empoisonnement. Il se rendit au Parlement, et prononça un discours fenne et habile, où il alléguait que le conseil de régence qu'on voulait lui imposiH avait été dicté à Louis XI V par

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JacaptaticHi; il ajouta (|u'il souhaitait qu'on l'einiiêchàt de faire le mal , mais qu'il voulait être libre de faire le bien. 11 fui pruclamé régent du royaume avec une autorité aaDS partage; on lui décerna le commandement de la maison militaire du roi , attribué an duc du Maine par le testament. Le peuple le reconduisit en triomphe jusqu aux portfîi de son ])alais Ses ennemis reçurent de lui un accueil bienveillant; il oubliiiil tous It's torts, toutes les caloniinps . et n'exerça am un acte de vengeance. Tout changea de face : les jésuites et les molinistes cédèrent la place aux jansénistes; Purt-Royal revit la splendeur de ses beaux jours; les affiûres ecclésiastiques, qui jouaient encore un grand rôle dans le gouvernement, forent dirigées par les Noailles. les Fleuiy, les d'Aguesseau Le Pariemant, comblé d. privilèges et de faveArs . retrouva la liberté dont il avait été privé sous le dtM tiK r règne. Au milieu des embarras et des obstat los de tous genres, le rt'^gent conserva la jwiix sans nen >acrifier à l'honneur; généreuse conduite de la part d'un prince jetine et belliqueux !

La cause des Stuarts, plaie saignante et toujours doukrareuse que le feu roi avait acceptée, fîit abandonnée, et il fit aUianoe avec le roi d'Angleterre, que les fidèles de Charles I*' appdaîent un nsorpar teur. n prescrivit dans les finances de sages r^onnes , et parvint i éteindre quatre cents millions de dettes. Ses efforts de ce côté ne purent coniMer le précipice creiis^ par I^niis XIV. On eut vainement recours à des moyens extrêmt*s , tels que la refonte des monnaies , la punition des traitants, la confiscation, l'examen et l'aimulation des créances sur l'État, le rétablissement de certains impôts. La banqueroute semblait imminente, lorsque parut l'Écossais Law. Ses premières tentatives pour fonder le crédit public furent accueillies avec enthousiasme. Abusant de la facilité d'écouler des valeurs imaginaires, il mit le crédit public en circulation, fit ac<juitter en peu de mois la plus graïuie partie des di ites de l'Etat, combla de richesses une foule de gens indignes de la fortune, et alla jusqu'à payer des subsides à l'Angleterre. Mais le Parlement s'aperçut des

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dangers de oe système, ei refîiaa d'enregistrer les édits sur la refcMite des monnaieB; défense fut faite aux étrangers de s'immiscer dans le maniement des daiiers publics; on arrêt interdit toute communication entre le trésor royal et la caisse du banquier écossais;

des commissaires furent iiiême chargés d'instruire le procès contre Law, qui faillit être jjeiidu dans l'enclos du Palais-de-Justice. Le régent ne se laissa point émouvoir par ce blâme et ces attaques ; il donna à son protégé son palais pour demeure, lui fît octroyer les terres de la Louisiane, et l'aida à jeter les fondements de la fisbuleuse oompagnie du Missiaeii». Le duc de Noailïes, qui était opposé à rÉcossais, perdit Tadministnition des finances, et d'Aguesseau fut exilé. Bientôt apparurent cent millions d'actions delà Compagnie, dont la valeur devait être payée, les trois quarts en billets d'Etat, et le reste en arf^ciit. Tout le monde accourut à la caisse de Lîiw (jui , redoublant d'audace, ae fit accorder par le régent une multitude d'avantages, aussitôt convertis en actions nouvelles. Pour faire hausser ces actions, il avait recours à des manœuvres inouïes; on le vit remettre à des affidés six millions , pour qu'ils les déposassent oetensiUement à la oompagnie d'Occident, devenue oompagnie des Indes. Le public fut dupe de cette ruse , et la fureur d'agiotage s'accrut encore. Tout sp faisait au nom du roi ; des édits répétés semblaient avoir |K»ur Init d'exciter l'avidité; les juMisées honnêtes étaient étnuifées par l'amour du gain. Pour satisfaire l'emprebsement du lieuple. les bureaux de la rue Quincampoix eurent des succursales i Tours, à Oriéans et à Amiens. Il fut ordonné que dans ces villes, objets de si dangereuses ftiveors, les espèces de billon et de cuivre ne pourraient être offertes ni reçues dans les payements qui dépas* serakint six livres . que les espèces d'argent ne pourraient être données ou re<;'ues dans les payements ipii exi éderuient six cents livres, excepté pour appoints. Défenses furcTit faites aux notaires et autres officiers de passer aucuns actes pour ceux qui contreviendraient à ce mode de libération. Pour activer l'agiotage, le régent fit accorder à

Ift Compagnie des privilèges énonnes. Vaines promesses, qui cachaient un abîme profond ! Cepenéant seigneoiv. laquais, magistrats, prêtres , femmes perdues jouaient avec rage. On citait des désastres épouvantables et des fortunes soudaines. Le valet achetait les terres

••t les châteaux du maître, dont il acquérait aussi le nom et les titres. La cour, enrichie plus rapidement , parce qu'elle possédait les secrets et jouait à coup sûr, se prêta à tous les manèges , et reçut sans rougir ces nobles d'un jour, ces parvenus de la vàlle. Dans les villes comme Orléans, où le jeu avait été ouvert, ces revirements de fortune, ces anoblissements furent surtout remarqués. Enfin les datneurs des victimes se firent jour. Le duc du Maine et les princes légitimés se rendirent l'échi) de toutes les plaintes. Fatigiié dos murmures du peuple et des résistances du Parlement , Philippe résolut lie tenir un grand lit de justice; il convoqua les princes avec un ton d'autorité qui les glaça de terreur. Puis . en présence de l'assemblée, il parla avec une adresse . une vigueur et une habileté sans égales. Sa réponse aux remontrances en matière de finances fut brève et haute : « Le roi, dit-il veut être obéi, et sur-lenrhamp. » Averti par son frère, le comte do Toulouse, (|u ils allaient être déjxjuiUés de toutes les faveurs dont Louis XIV avait comblé ses bâtards, et réduits au rang de pairs , le duc du Maine quitta l'assemblée . laissant le champ libre au régent. Tout ce que celui-ci proposait fut accepté et enregistré. Peu de jours après, il fit mettre en prison trois conseillers au F&rlement qui avaient élevé la voix au milieu de ce conflit.

La duchesse d'Oiléans fut très-aflligé'o d une insulte (]ui l'atteignait aussi bien que ses frères. Mais le ]x>uplc applaudit et salua avec joie un ordre de choses nouveau (1718). Peu à peu^sa douleur se calma, et elle retomba dans son heureuse tranquillité. 11 n'en fut pas de même de la duchesse du Maine, qui, pour se venger, ourdit des trames et fomenta des complots dont le due de Cellamare , ambassadeur d'EÉpagne , était le chef. Ce diplomate méconnut le droit des na-

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tions, son devoir cl rhoiiiieur. Mais il s'abusait sur les dis|M)siti()i)s des grands, et surtout sur ceDes du menu peuple; les pamphlets étaient loin de représenter l'opinion , et rien n'était plus faux que de croire à la possibilité d'une régence exercée par Philippe V. Le complot , tramé dans ce but , fut révélé à Dubois piw une courtisane

nommée Fillon. On se rendit maître des correspondances ; l'ambassadeur d EIspagne étant venu réclamer, chez le ministre de la guerre, ses dépêches que l'on avait saisies, fut arrêté. Dubois le reconduisit jusqu'en son hôtel , et fit apposer , en sa présence , les scellés sur tous ses papiers. Les portes de la Bastille se fermèrent sur le duc de Richelieu . le marquis de Pompadour, Saint-Geniez et quelques autres conspirateurs ; Vincennes reçut les moins importants.

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Philippe, soit clémenre, soit politique, n'exerça point une justice îMn'ère ; il voulut ainsi rcpii'sentor cette conspiration coninie une intrigue sans portée. Mais il lit arrêter le duc et la duchesse du Maine, et obtint peu die roob après de cette princesse la dédaration publique qa elle seule avait tout dirigé A Imsu de son mari. Hinniliaot aveu, qui jetait sur son époux un triste ridicule! Mais elle était femme de peu de tête et dt |)( u de cœur, car elle acheta sa liberté au prix d'une dénoiieialion . en livrant à l'échafaud quatre pauvres genlil>honiines as-^ez in>enst''s pour >e mêler des querelles des fjraiid^ '

La (inspiration de Cellamare ne lit (|u'affermir le pouvoir du duc d'Orléans. Les «ccès , qui achevaient d'énerver son corps , ne lui avaient rien ôté de sa vigueur d esprit. Philippe V s'était |^nt avec hauteur du renvoi de Cellamare , et 1 avait nommé vice>roi de Navarre. Lè régent , sensible à cette insulte , fit alliance avec les cours de Vienne et de Londres, et déclara la guerre à l'Espagne ilTlOi. La^ jK)htiques et les gens de l'ancienne cour blâmèrent cet acte de violence envers le petit-fils de Louis XIV et un pays allié de la France. Mais Philippe n'était point homme à reculer. La destruction de la marine espagnole , si ardemmoit souhùtée par les Anglais, commença. Les forteresses d'Uigel et de Fontarabie tombèrent an pouvoir des Français, que n'ébranlèrent point les tentatives de séduction du roi d'Espagne. Le maréchal de Berwick incendia les ciiantiers et neuf vaisseaux de la marine ei>paguole , tandis que Byng hattait et dispersait une Hotte nombreuse. All)eroni fut honteusement chassé du conseU du roi , dont les vaines illusions étaient dissipées , et on signa une paix qui consolida le repos et la tranquillité de l'Europe.

Malheureusement la France, lasse et épuisée par la guerre » fut en proie à d'autres fléaux : un incendie consuma la moitié de la ville de Rennes ; des kindes de loups affamés se montrèrent dans l'Orléanais, y tui'reiit plus de deux cents personnes, et obligèrent les officiera de vénerie de leur fiure la chasae avec les meutes du roi. La peste exerça d'horribles ravages à Marseille et dans les provinces

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méridionales. La chute du syslème de Law détruisit la fortune publique et faoulevena tontes les existences; le parlement, ayant refusé son concours an régent, qui avait besoin de fiûre enregistrer des édite, fut exilé à Pontoise; le cours de la justice se trouva suspendu, et le peuple accusa la cour de provoquer, par des désordres, tant de calamités. Le régent voulut tenir tête à l'orage. Il montra de l'énergie, mais ne sut pas appliquer les remèdes. Les jésuites, d'aijord sacrifiés aux colères des parlements , furent réhabilités pour flétrir les arrêts de oeux-ci. Jjb régent blessa les justes susceptibilités du clergé par son mépris des choses religieuses; à son exemple, les plus hauts fooctiomiaîres se firent honneur de leurs dérèglements. De cette é^jiK|ue datent la décadence des idées religieuses et la licence des mœurs. Les vices, jus<ju"alors réservés aux gens de cour, se glissèrent dans la bourgeoisie. Mais on accuserait à lort le duc d'Orléans d'avoir £ùt de la corruption un systtaie. 11 subissait la fatale in^ fluence de Dubois. Jamais il ne prit de résolution importante sans consulter cet homme dépravé, qu'il surpassait en génie et en lumië> res ; il le méprisait, lui montrait du dégoût , et se laissait guider par lui. Inexplicable travers de l'esprit humain ! mystérieuse alliance de deux cœurs si j^eu faits pour so rapprochei ! Ktait-ce un éclatant témoignage de l'adresse de Dubois, de sa finesse, de son astuce! Étaitrce la récompense des avis utiles qu'il avait parfois donnés et du dévouement dont il avait fait preuve! Péut-<m y voir nn indice de cette faiblesse, de cette bienveillance poussée à l'exe^s, et qui for-« maient la base du caract^ du duc d'Orléans? Plusieurs écrivains ont essayé d'expliquer autrement le crédit et la pui->>»iiMre de Dubois, mais il n'entre point dans notre cadre de refaire le tableau si (oiinu des mœurs de la régence , et d'exposer ici de triâtes vérités. Les goûts et les plaisirs de Henri IV souriaient à Ptuhppe d'Oriéans, qui les fit changer de forme et les dénatura. Dubois sut tirer parti de cette disposition du prince; mais, pas plus que les femmes de son entourage , il ne lui arracha, en aucune circonstance, le» secrets de

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I Élut. M{*6darnes do Parabère et de Sabran eurent sur le régent peu il'iiirtuence et parfois, il leur faisait sentir cruellement son mépris.

A la mort de Dubois, on espéra voir quelque changement dans la conduite du prince ; mais ses habitudes étaient enracinées et la vieillesse était venue le chercher avant le temps. Las du ïwuvoir, il se hâta de faire sacrer Louis XV et de lui rendre l'exercice de l'autorité. Son empressement répondait aux calomnies qui l'avaient naguère assailli. Le jeune nn le sollicita vivement de présider au conseil , en sa qualité do premier ministre; il s'y refusa d'abord par ennui des alTaires et par indolence, puis il accepta. On le vit alors mener une existence incroyable, travaillant le jour et passant des nuits sans sommeil au milieu des plaisirs. 11 mourut, frappé d'un coup de sang, dans les appartements et près de la duchesse de Phalaris (17231.

Ce prince, i\ne les écrivains ont diversement jugé, les uns en l'accnblant de reproches et de calomnies', les autres' en le comblant

« Vie du duc trOrléan», par M. I.. M. D. M. Mimoirm df la RfÇfncf, par Piossrv; Nisloire d« lu Rigtnc*y par Makmontei..

» Voltaire, SiicU de LouU XII' el de l.ouit AT.

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d'éloges, ce ]iiince était doué de qualités rares et même de quelques vertus. Sa magnanimité, sa clémence étaient sans bornes ; les oflen- 'an le trouvaient toujoiin prêt au pardon» ou plutôt à l'oubli. Lon d'une émeute affireuae, ou la populace promena eous les fenêtres do son palais trois cadavres sanglants , tombés victimes du systîone du Law, il resta sourd aux insultes et aux imprécations , et ne voulut pas qu'on employât la force pour disperser ces malheureux ; il lisait avec intt'ivt les satires de La Grange-Chaiicel, et ne s'émouvait \n\< des atix)ces imputations qu'elles renferment. Un seul trait sembla l'affliger, ce fut rinacription destinée au tombeau de sa mère : Ci-gît l'Oisiveté ( mère de tous les vices ) ! et cela le blessait pour la mémoire de la duchesse plus encore que pour lui-même. 11 montra du courage à la guerre , de l'habileté dans le conseil et de la sagacité en affiùres. Le système de Law, si chaudement protégé par lui , était une œuvre de génie (ju'il l'iUlait deviner, iju il apprécia, et dont il ne sut pomt arrêter les excès. A ces qualités d'un prince, il alliait les talents de l'homme privé. La Fare composa le poème de deux opéras dont il fit la musique, et qui furent joués dans son palais. Les murs du château de Meudon offrirent long-temps à l'attention de connaisseurs d'excdlentes peintures de sa composition. 'Enfin, on lui attribue les estampes d'une fadle édition de Daphnie et C3ibé, traduction d'Amyot. On ne connut qne trop son luxe , son faste et ses prodigalités; mais parfois il fit des dépenses dignes du chef d un puissant royaume. La couronne lui doit l'acquisition du maguidque diamant connu sous le nom du Régent.

Nous trouvons peu de traces du passage de ce prince dans son duché , ni la preuve qu'il ait porté aux Orléanais l'intérêt que leur avaient accordé plusieurs de ses ancêtres. Un édit de Louis XV* publié par le régent, rétablit la Monnaie d'Oriéans, dont les pièces étaient manjuées de la lettre R. (1716). Une bibliothèque publique fut ouverte jxnir la première t'ois dans le cousent des Bénédictins, et contice plus tard ^u^suyis de dom Méri, savant pei*bonnage. il uuiuuiu

Hobrrt l'ntliK'i , jui ixoiisulle, aloi"s âgé de \in<j!;t et un ans \ll'2(h, fons< illt I au pn sidial d'Orléans. Le chevalier deLiOUville, asirononie de l'Académie des soiences, fit établir un observatoire sur les bords de la Loire, à Saint" Jean-de-Bmge, et là, encouragé par Philif^. il se livra pendant la nuit à des travaux qui le firent passer pour sorcier aux yeux des habitants de la contrée.

Philippe laissait tnus lilles , dont l une épousa le duc de Bern'. l autre le duc de iModène, la troisième lut abbesse de Chelles, et un fils, Louis, duc d'Orléans, né à Versailles (1703). L'éducation de ce jeune prince fut dirigée par un prêtre vertueux , qui le déroba aux filcheux exemples de la cour. Il épousa la princesse de Bade, et la perdit après deux années d'une union {mrfaite. Il renonça au monde et ne parut que rarement à la cour, dans les circonstances où sa présence était n(''cr'ssairc. Le cardinal de Fleurv lui ôta la char^re de colonel-général de l'infanterie, sans qu'il laissât paraître le moindre déplaisir. L'étude des sciences naturelles , la culture des lettres lui ofiraient des consolations. Pendant dix années, il alla fiûre une sorte de retraite dans l'abbaye de Sainte-Geneviàve, et il s'y fixa tout à fiut (1742) , après avdr remis l'administratitm de ses biens à la duchesse d*Orléans, sa mère. Plus que jamais il consacra ses revenus à des œuvres de bienfaisance et de piété , à encourager les littérateurs et les savants * . Les langues orientales 1^ étaient familières. 11 avait cherché, dans la connaissance de l'hébreu , du syriaque et du chaidéen , les sources de la rdigion. Fidèle à son Dieu, à son roi qu*il éclairait parfois de ses sages avis . et à la patrie qu'il dotait de jeu- . pes savants et de bons ouvrages , il mourut (1752) consumé par les travaux et les austérités. Cependant le calme de ses derniers moments fut troublé par l'insistance de Bouettin , curé de Saint-Étienne-du- Mont , qui voulait lui fiiire rétracter quelques opinions suspectes de jansénisme. Louis recommanda qu'on ne poursuivit pas œ prêtre qui

* n .trccpia la dédicace de U première traduction complète de la JirmtmUm délient^ par Mi* raband , M>rr#taiiv den commandcmrats de madane la dvdiwse dtkléaiia.

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lui refusait la communion , et il se fit administrer par twn aumônier. Son corps fut, ainsi qu'il lavait prescrit, inhumé sans pompe dans l'église du Waï^de^tiee. Le roi ne permit pas que le corps de ce sage prince fut , suivant sa dernière volonté, livré aux élèves de TÉoole de ohiruigie. » Ce bienheureux . qui laissait après lui une foule de malheureux. « légua à l'abbaye de Sainte-Geneviève un riche niédailler, et aux Doininicaiub une magnifique bibliothèque avec du précieux manuscrits. On cite de lui quelques ouvrages : une traduo tton littérale des Psaumes faite sur l'hébreu, avec des notes, accompagnée de dissertatiras; des traduciiom liUènUes d'une partie des livres de V Ancien Tutammi et des Êfitret dê tahU Paul; des Dimertaticm en réponse au livre hébreu intitulé le Bouclier de la Foi; un traité centre les Speetaelee et une JRéfuiaHon de» Hexaplee,

Un prince si peu mêli'- aux évc^nements généraux de la politique ne paraît point dans l'histoire des laits relatifs à la province, qui perd elle-même son mdividiialité et se confond dans celle du reste de la France. Mais les noms de Pothier, l'une des gloires de l'Orléanais, de Louis Lemaire, ancien notaire à Beaugency et historien, survivent à ceux des compagnons de la jeunesse de Louis XV. La ville d'Orléans , abandonnée à ses propres instincts et à la sagesse de ses éehevins , ne tarda point à s'embellir. Son pont sur<.nt du son des Ilots de la Loire, et la rue Royale traversa majestueusement les rues gothiques témoins du séjour de Jeanne d'Arc. Chambord, si long-temps silencieux, devint l'écho de douleurs étrangères : Stanislas , renversé du trône de Pologne , y chercha l'asile que lu France accflflda toujours au malheur. • D y passa dans le repoa les huit plus belles années de sa vie (1785), • lui rendit sa splendeur, l'orna de constructions nouvdles , et sanctifia par sa piété un séjour créé pour les fêtes et les folles joies.

Louis-Philippe, duc d'Orléans, héritier du titre et de l'apanage, naquit à Paris le 12 mai (1725i. Son éducation avait ru- (onfiée au comte de Balleroy, qui remplit lual ces importantes fonctions. Héri-

lier du couia^e de ses aïeux, il»ae signala dans les cain|)agiies de Flandre . et fut créé maréchaUde-camp après la bataille de Dettingen, où U fit des («odiges de valeur. A son retour de l'expédition du Rhin » il épousa , malgré ses défiances personnelles, la princesse de Bourbon-Conti , femme belle et spirituelle . dont les défiiuts troublèrent sa vie. 11 voulut s'i tourdir au bruit dos armes, et assista aux sièges de Menin, d'V'pres, de Fumes, de Fritourg, deToumay, et à la bataille de Fontenoy. Après les victoires de Raucoux et de Laufeld, il obtint le gouvernement-général du Dauphiné et prit le titre de duc d'Oriéans. Il chercha» dans la culture des lettres , l'oubli de ses chagrins domestiques, et donna connigeusement l'exemple des innovations salutxiires à l'humanité. En 1756, il fit inoculer, par Tronchin , célohre médecin de Genîîve , son lils unicjue et sa fille , la duchesse de Bourbon. Le succès de l'opération mit en vogue dans l'apanage cette pratique dont les bons effets ne sont point avérés. 11 reparut à l'armée du Bhin , prit Winkelsen à la tête de cent compagnies de grenadiers et combattit à Hastembeck.

La duchesse d'Orléans étant morte (1769) , il se livra sans trouble ù ses goûts d'intérieur, et lit construire , dans sa maison de campagne de Bagnolet , un théâtre , où il joua lui-même la comédie avec succès ; il excellait dans les rôles de financier et de paysan , et fit valoir toute la bonhomie de celui du meunier Michaud, dans ia Partie de ehuee de Henri /V, représentée chez lui pour \a première fou*. Une foule de gens de lettres étaient admis dans son intimité. Il avait pour lecteurs ordinaires Sanrin , Collé et Carmontdie. Protecteur des talents inconnus, il donnait aux jeunes }K)ètes des pensions qui les mettaient à même de se livrer à leurs goût^ et à leurs inspirations. On tenta vainement de l'arracher à cette douce et noble vie, pour le mêler aux querelles de Man^MOU avec les parlements. Les Bretons le sollicitaient de prendre leur défense, nuis il ne voulut point encourager la guerre civile, et montra pour la cour une dé-

* L'ui rupondauct de Ghimm.

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férence» une soumission que l'on attribue à son désir d «Witer toutes tracasseries an sujet de son mariage avee madame de Montesaon. A nn goût plus vif pour le plaisir, il joignait Tinépuisable bienfaisanoe et la charité de son père. H se cadiait pour faire le bien, et dépensait chaque année phis de cent cinquante mille francs en aumônes. H laissa (ruiiiverbcls regrets (1785). On ])r()iioiiça sur son ccrcueri plusieurs discours. L'un des orateurs, l'abbé .Maurj', se signala par l'inoonvenanoe de ses détails louangeurs sur la vie privée du prince, sur son union secrète avec madame de Montesson , et par le pan^3rrique public de cette dame, &it dans la métropole de Paris. L'abbé Rozier, chanoine de la cathédrale d*Oriéans, composa une oraison funèbre (ju'îl prononça long-temps après dans l'église de Sainte- Croix. On a parlé avec amertume de ce j)rince bon et afTable', lui reprochant - d'avoir passé à côté de son siècle sans jeter nul éclat ; •• prince sans âan, sans scandales et digne de se perdre dans la oon- - fusion des personnages que le siècle emportait pêle-mêle parmi ses • désordres. » D'antres ont dit de lui , avec raison, « que sa vie offrait phis à louer qu'à citer.

(1785.) Héritier du titre et de l'afvinage, Louis-Phi lippe- Joseph d'Orléans naquit à Saint-Cloud le 1:3 avril 1747. nature avîiit été pour lui prodigue de ses dons. Ses traits étaient beaux et réguliers; sa taille était haute, tvelte et élégante. Il avait un esprit naturel, que ses instituteurs laissèrent sans culture. Il excellait dans tous les jeux et tous les ex^ces; on admirait son adresse à manier un cheval , et son habileté à guider à travers les rues tortueuses de Paris un char attelé de plusieurs coursiers. Passionné pour le merveilleux , il montait dans un aérostat pour encourager les prenners essais de Charles, et s'offrait en mille occasions de ce genre en spectacle an peuple ; mais les applaudissements qu'il semblait rechercher avec tant d'ardeur étaient parfois suivis de signes de Uâme; on tron-

' M. Lm rcntie, m^'oirr % durr /i'OrUmu. Ptimpilict «H qvatK Toliunn , OÙ I* Um Mt é\M, où le mal est soigneusement ex|M»i«.

A ait sa «•oiuluitc pou réfrulii-rc , ses nurui s rt-lâclii'cs , ses plaiMi s in- (li^MU-s d'un pi nue. Des piiinphlels eirruUuent , el ijeigiiaienl sous fies couleurs affreuses ses débauclu^ iinpiioyables et ses orgies mystérieuses. Ses serviteurs, ceux qui rapprochaient, louaient , an contraire, sa bienfaisance, son affabilité, sa Ubéralité, et taxaient d'esagéraâon tous ces bruits si méchamment répandus par ses ennemis. Ils prétendaient que la malveillance de (]uek|ues créanciers prouvait que son immense fortune ne .sulTisail poml a sa générosité; ils diraient encore que \v>, Parisiens s 'indignaient ù tort de l'usage qu'il avait voulu faire du Palais-Royal , convertissant en boutiques , en vastes galeries ouvertes à l'industrie, une promoiade devenue l'asile de tous les vices. Les nouvelles constructions avaient fipoissé tant d'intérêts, troublé de si nombreux calculs, qu'il faut y vmr la première origine des infamies prêtées à un prince qui se moquait des satirw et riait volontiers des caricatures et de> < alenilniurs ' . Cependant il gardait le souvenir des offenses. L'archiduc Maximilien, ({ui était venu voir sa sœur, Marie- Antoinette, s'af&anchit de l'ennui des visites d'étiquette, et oublia le duc de Chartres comme les autres princes. Des paroles amères échappèrent au duc. Bientôt deux partis se formèrent; celui de la reine, outragée par de cyniques pro- |X)s, et celui des princ<^s. lyirsquc les préoccupations de la ]X)litique firent place à ces futilités, les haines de cour trouvèrent tie st'rieux aliments. Las des vertus de son épouse, Marie- Adélaïde de Bourbon, fille et unique héritière du duc de Pentbièvre, et dégoûté de tous les plaisirs dont il avait abusé , il se livra aux rêves de Tambîtioii , et sollicita la chai]ge de grand-amiral , que son beau-père oonaentait à lui céder. H attribua au mauvws voulmr de la rdne les lenteurs que le roi mit à lui accorder cette satisfaction.

Louis XVI ne voulait point confier une flotte et la vie de milliers «l'honunes à un jeune prince étranger aux premiers éléments de l'art nautique. Il fallut que le duc d'Oriéans se livrât à de grandes

' On lo rrpripanitall en ehiibnnlvr rImriMnt dct lafWf'à'Urff.

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ëtades, et servit connue volontaire sur l'escadre de d'Onilliei-s , qui croisait daiw la Manche. A la hauteur d'Ouelisant, les Français firent rencontre de la flotte anglaise, sous les ordres de l'amiral Keppel. Le vaisseau le Saint- Etprii, commandé par le brave Lamothe-Piqnet . avait pour capitaine honoraire le duc d'Orléans. Il tenait In iL'lt' (le la (li\ision (l'arrière-ganlc , t-t tut, par Miitc d une manœuvre imprt'vue, le premier enpit(é. Les bouh ts lenversèrent plusieurs hommes autour du prince, et coupèrent le banc de quart, où il se tenait. L'amiral ayant ordonné à l'arrière^arde de serrer le v«it pour empêcher les Anglais de déborder la ligne, ses signaux furent mal compris , et la flotte anglaise ëdia]^ aux conséquences de cette manœuvre. Etait-ce désobéissance aux signaux! Etait-ce le désir de nuire à la n jdilalion du prince ou à celle du comte d'()i \ illiers? Les versions varient à cet égard, et laissent le clianip libre aux plus injurieuses supix)sitions. Los ennemis du duc d'Orléans affirmèrent qu'on avait ^tnilu le retirer du combat et sauver sa vie , en négligeant l'honneur du pavillon ; d'autres allèrent jusqu'à prétendre que le StUtd-Esprit s'était trouvé hors de la portée du canon, ce qui écartait l'imputation de làchet(^ pendant le combat , mais détruisait aussi les actes de sang-froid et de bra\oure que les anus du priiK e se ])laisaient à citer. Le bon mot d'une femme, la marquise de Fleury, rendit aux faits leur véritable caractère * ; les signaux avaient été mal interprétés. Vainement le public de l'Opéra le salua de mille applaudissements, le roi ne se décida point à lui donner la charge de grand-amiral , et sa nomination au grade de colonel-général des hussards prêta aux railleries de lu ville et de la cour.

Aigri par ces mécomptes, ces insultes et les calununes que les serviteurs de la reine ne lui épargnaient pas, Louis-Philijjjie se tint éloigné du château, et fit pour se distraire un vojrage à Londres. 11 y connut le prince de Galles, comme lui ami des plaisirs sensuels.

» Le diif d'Orléans .ayant dit quVlK- f'tait la femme l.i plus laide île la ruur.— mQuc mlmporte ■ Sflst rrprii-elle, il uc se connut pus plus en Mgn.-ticmcnt qu cii signaux. »

m L'ORLÉANAIS

t't an!<'ha (h puis lors lo <roût des usa<,'f's et (l«*s modes ai»t,daiscs. Il oiH'i-a une xôritable révolution dans nos costumes, jusqu'alors éclatants des plus vives couleurs et des plus riches liroderies. L'excessive politesse de nos usages, la mignardise de nos jeunes seigneurs firent place aux graves et peu courtoises habitudes de nos voisins. Les grands personnages évitèrent de recevoir les hranmages de leurs inférieurs, et affectèrent plus de laisser-aller dans leurs relations avec eux. La bourpreoisie lui sut gré de ces clmiim inents. Les brillants d( i'ens< lus des Ktats-L'nis d'Amérique se groui)èrent autour d'un prince enthousiaste des idées républicaines. Ainsi se formait une sourde conspiration dont il était le chef choisi, à son insu peut-être, et le véritable drapeau. Les francs-maçons de France ayant perdu leur grand-maître, il accepta cette espèce de dignité, qui l'offimit en spectacle et l'afliliait à une foule d'hommes remuants, dévorés par l'ambition . et en proie à des haines vivares. Pour lui , toujours retiré (le kl cour, il se montrait indin«'ivnt aux agitations politiijut^s , et continuait ses voyages à l étran^u r Personne ne pouvait l'accuser de prendre part aux manifestations hostiles du peuple contre la cour, ou d*encourager les affreuses calomnies répandues contre la reine. Mais lorsqu'on signala l'état déplorable des finances, causé par l'obstination des parlements rebdles aux édita, il reparut sur la actoe, et assista à la fameuse séance du 24 novembre 17S7, où Louis XVI, accompairné de tous les princes de son sang et des. pan s du royaume, demanda compte aux parlementaires de leur opiniâtreté. La pn-sence des pairs ayant voix délibérativc constitua en faveur du gouvernement une majoritt' ({ui détruisait les résistances de la majorité par* lementaire, et Louis ordonna d'enregistrer les édita. Ce petit ooup d'état risqué timidement pouvait, s'il eût réusai, sauver la monar> chie ; mais le duc d'Orléans se leva , et demanda d'un ton résohi ai le roi avait voulu tenir im lit de justice t H ajouta qu'il protestait contre tout ce qui venait d'êire fait Louis XVI, surpiis et troublé, ré^)ondit avec eml>arras que c'était une séance royale, et

ANCIlîN KT MODKUM:. ila

que c'était légal , parce que telle était sa volonté *. On n i:i au il< spotisine , et une protestation fut rédigée.

Louis, affligé de la conduite de son cousin, lui ordonna de se retirer au château de Villers-Cotterets. Mais l'exil du prince ne fut pas

de longue durée ; il revint triomphant et au milieu des félicitations de la magistrature, dont il avait protégé les droits, et des hommages des brouillons, qui mettaient en lui leur esjwir. Son nom devint si populaire, on lui prêta de si audacieuses prétentions, que le parlement, formé d'hommes sages, s'éloigna de lui pour se ranger du côté de la cour.

La confusion était partout ; on crut y remédier en convoquant les États-généraux, et chacun se mit à travailler les élections. Les ins-

tructions du gouvernement aux bailliages choquèrent la masse de la nation , tandis que le duc d'Orléans et ses amis en adressûent d'ex« cessivement libérales aux électeurs de l'apanage. Li sont formulés tous les principes de la révolution ; jamais manifeste p^us énergique,

plus complot, n'avait étt5 publi»* contre la royauté. On gardait le silence sin* ra(Taire des j)arlemenls , dont la mine se trouvait naturellement consommée par l'adoption des mesures provoquées. Ces instructions révolutionnaires, rédigées par Sieyès, un des &miliers du duc, furent, dit-on , envoyées dans TOrléanais à Tinsadu prince, et sans son aveu. A Paris on s en aperçut à pdne» mais elles produis sirent dans notre province TefTet d'un brandon incendiaire , et Ton ne peut douter (pi elles n'aient eu beaucoup d'influence sur la marche de la révolution elle-niênio.

Depuis lors, tous les actes du duc furent interprétés avec méchanceté par la cour. Sa bienfaisance envers les pauvres, qu'il chanffiût et nourrissait jusque dans son propre palais pendant un hiver rigoureux (1789), était mal jugée; on y voyait le perfide dessein de caresser la populace et d'entretenir un parti contre le roi. Les émeutes, celle entre autres où périt Réveillon, lui étaient attribuées; on l'accusait hautement de rechercher par tous les moyens une indigne popularité. Grâce au marquis de Limon, son serviteur fidèle, il fut élu, non sans difficultés et comme par surprise, député de la noblesse à Crespy. Il avait laissé croin qu'il n'accepterait pas , mais il vint peu de jours a})rès remercier lui-même les électeurs et prêter serment. Aussitôt il entra dans la carrière révolutionnaire, avouant hautement sa haine contre la cour, et arborant sans déguisement le drapeau du parti ([ui se groupait autour de lui. Les députés de la noblesse ayant voulu faire passer, comme un point fondamental de la constitution , la délibération par ordres , le duc d'Orléans s'opposa à cette mesure anti-libérale, et fut soutenu dans aes attaques par une quarantaine de membres. Lorsque la majorité de la noblesse dénonça an roi la délibération du tiers-état, qui s'était constitué le 17 juin

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en assemblée m'iicrali , ijuarante-trois niembies )»rotesl^^ent contre cette dénonciation , et le duc d'Orléans , absent pour cause de santé, fit parvenir son adhésion écrite à cet acte si violent, déclarant en outre qu'il adoptait les principes des opposants. U se réunit à la ini> norité de la noblesse et au tiers-état » et répondit avec calme aux acclamations d'une multitude enthousiaste. Le 3 juillet, il fut porté à la présidence de l'assemblée, mais il déclina cet honneur.

La révolution, de plus en plus ardente, |)rovo(juait des émeutes et des rassemblements. Le jardin du Palais -Royal était le quartiergénéral des agitateurs; là se formaient les groupes qu'échau&ient de bouillants oreteurs. Un rassemblement s'avisa de prendre dans la boutique d'un statuaire les bustes de Necker et du duc d'Orléans , et de les promener en triomphe dans les rues de la capitale. Cette manifestation sans objet causa lis plus grands désf)rdres. Lu cour en accusa le prince et ses familiers, mais on se livra en cette circonstanoe à des imputatioiis odieuses, qui ne firent que l'irriter. Déjà les séditieux lui donnaient par acclamation le titre de lieutenantgénéral du royaume; la couleur des lys de Frimoe était remplacée par le Ueu, le nnige et le blanc, couleurs de la maison d'Orléans. De là à un autre titre, de ce complot sans chefs à une révolution de dynastie, il n'y avait qu'un faible intervalle; il est donc facile de comprendre l'éloignemrat que le prince inspirait à Louis XVI.

Lorsque le duc , au sortir de la fameuse séance du 14 juillet , se présenta pour exposer au roi les vœux de la nation, dont il se croyait l'interprète, il reçut du baron de Breteuil la réponse que, le monarque ne voulant admettre persomie , il serait lomble au prince de faire connaître par écrit les motifs de sa visite. Les uns ont prétendu qu'il venait , au nom du comité révolutionnaire de Montrouge, sommer le roi de lui conférer la lieutenance générale du royaume; d'aulne ont avancé qu'il n'avait d'antre dessein que d'obtenir la pejmiHwiMi de passer en Angleterre. Breteuil, qui reçut la lettre du prince an monarque, emporta dans la tombe le secret de cette démarche. A

partir de ce moment, le dao d'Orléans ne fat pli» un prince «apirant

à la rovîiuté , mais un tribun fougueux sîf^ewnt parmi ces membres exaltés que Mirabeau intcrpi llail «mi lo.s appelant les trente voix. Est-il permis de croire qu'il ait dirigé les mouvements des 5 et 6 octobre 11789), provoqué dea meurtres, conduit le bras des aaaassinst DoitKm ajouter foi aux procédures dans lesquelles il se trouva compromis, et i la suite desquelles le Ghfttelet demanda qu'on IV bandonnât à la justice ordinaiiel Doit-oo , au oontraiie , rqwocher i ses ennemis des mesures irritantes . capables d'exaspérer l'homme le plus paisible et le moins hostile à la cour, et faul-il i>enser, comme l'Assemblée nationale, alors iiulc-pciulaute et libre de toute iiitluence, qu'il ne s'élevait aucune charge contre le prince calomnié? C^uoi qu'il en soit de l'opinion de la postérité sur la oonduite de Louis-f iiilifqpe dans ces crudles journées, on ne peut nier qu'il rqpouasa avec éoMgie les accusations dont il était l'objet. Sans tenir compte de son rang, il adressa un cartel au président de Fnmdeville, qui avait provoqué les poursuites du Ghfttelet. Il publia un mémoire, et fut défendu dans 1 Assemblée nationale par 1(^ duc de Lau/uii et le marquis de Perrière, députés royaliste». Mais la satistaction que lui causa la décision de l'assemblée ne rem}K>chait {)oint de frémir du passé, et de redouter l'avenir. Vainement Mirabeau, que l'on supposait oooiplioe de ses desseins ambitieux, voulut le retenir; il résolut de passer en Angleterre, se déroba aux terribles élans de l'amoar du peuple de Boulogne , et franchit le détroit.

Du fond de son exil , il donna plusieurs fois des témoignages de sa sympathie pour ses anciens îiUiés; il en\oya son adhésion au serment civique prononcé par le roi le 4 janvier (17901, et écrivit «ifin à l'assemblée pour demander (sdns inutiles peut-être) la permission de rentrer dans son sein. Une réponse favordile ne se fit point attendre, et il aooounit, malgré les observationi de La Fayette, qai trouvait soo retour prématoré. Aussitôt pafunnt dans les feuUss publiques des attaques violentes contre La FViyette, chef do parti

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constitutionnel. Le peuple lit les manifestations les j)liis violentes, et le dno d'Orléans, qui ne pouvait plus arrêter le lion déchaîné, se laissa dominer par de sinistres pressentiments. De la conduite qu'il allait tenir dépendait, non plus son élévation au trône, mais son existence et sa vie!

Ap^^s la tiiite de Varennes . le parti républicain prépara une adresse aux ilr-partenifiits ]wur demander la (lérh»^'incf de Louis XVI et sa mise en juorement. On prétend que cette œuvre des démagogues lut rédigée par Laclos, secrétaire du duc d'Orléans, et protégé de madame de Genlis, institutrice des en&nts du prince. Une sédition populaire, vigoureusement réprimée par BaiOj, en fut la oonséquence. L'assemblée nationale rejeta la pétition à la presque unaninntt' , et le club des Jacobins fut dissous. socicHé des Feuillants, qui se forma aussitôt, et où le duc d'Orléans se fit admettre, proclama des sentiments conservateurs. Dès les premières séances . les modérés attaquèrent vivement les rootenre de l'insurrection du Champ-de-Mars. et surtout Ladoe. secrétaire du prince. Le marquis de Sillery se hâta d'annoncer que le duc était étranger à l'œuvre do son secrétaire , auquel il avait sur-le-champ retiré ses bonnes grâios; innis fouis Philippt' vint le lendemain au club déchirer d'un ton ferme que SiUeiy s'était trop avancé , et que Laclos n'avait pas perdu ses bonnes grftoes. Il se sépara des Feuillants, et suivit les •éanoes des Jacobins, hommes turbulents, prêts i tout risquer. On 7 fit de la pTDp^ande pour exciter les peuples à se révolter contre les ^rois: des libelles, des journaux incendiaires se répandirent dans toute l'Kurope, se glissèrent au iiulieu de T Assemblée législative, et la cour, épouvantée , mesura toute l'étendue du danger.

Louis XVI fit alors offrir au duc d'Orléans la charge de grandamiral, qu'il avait si long-temps briguée. Il parut touché de cette démardie, maaifesia ledéeirde voirleioi, eteutavee hiiuneanex kmgoe conférence. •» Je nus de votre avis, dit Louis XVI à Bertrand Moleville. ministre de la marine; il revient à nous, et s'eflbr-

cera de répaier le mal fait en sou nom , et auquel il e:>t possible qu'il n'ait pas eu autant de part que nous lavions cru. • Le dimanche suivant, le duc se présenta au lever du roi ; les courtisans, indignés du passé, lui firent subir de si graves outrages, qu'il fîit contraint de se retirer. Accablé d'insolences, il descendit, comme un homme chassé des appartements, les marches de l'escalier, et, sans cesse poursuivi par les malédictions de ces ini]>rudents serviteurs, il se persuada que le roi et la reine avaient provoqué ces int>ultes, et, à partir de ce jour, il accueillit, reçut à sa table, eDoouragea peut-être les terribles chefs du parti dantoniste.

D ne figura point en posonne dans l'émeute du 10 août, où ceuxci jouèrent le principal rôle. Aprës la victoire, cette faction se divisa en deux partis , dont le but était dilléront. Les uns, tels que les Girondins, étaient animés d'un amour sincère pour la république ; les autres, tels que la plupart des Montagnards, n'envisageaient les révolutions et les bouleversements que comme un moyen de fortune. Ceux-ci s'attachèrent par instinct au prince qu'un évâMment impfévu pouvait charger des destinées de la France. Os veillaient sur lui, pleins d'un dévouement biarre. cherchant à le sauver de la tourmente pour leur propre compte , et sans s iinjuiélcr de sa dignité et de son honneur. Manuel lui persuada qu il ferait bien d'accepter le nom d'Égalité, que lui décernait la commune de Paris. U hésita avant de se résigner à cet acte de faiblesse; mais, obéissant au dédain de toutes choses plutôt qu'à la crainte d'une proscription immédiate, il adreesa à la Commune une lettre d'acceptation et de remerdments.

Ses amis l'ayant fait nommer député à la Convention nationale, il prit part à tous les événements ; il siégeait à l'extrême gauche, pamu les homjnes déterminés qui ne reculaient devant aucune mesure. Son palais, vide de ses anciens serviteurs, abandonné par les ocmpogimis mêmes de sa folle jeunesse, s'ouvrit tristement aux penomiages les plus renommés de cette époque sanglante; il avait renoncé s toute espèce de hixe, aux chevaux, aux voitures, et se rendait seul.

ANCIRN ET MnnBRNB. Ut

à pied, aux séances de la Convention. li y prit rarement la parole, oe te mêlaiit aux discussions que lorsqu'elles avaient pour lui un intérêt persoond. On l'entendit demander que la princesse, sa 6Ue, ne fut point considérée comme ém^^rée, et annoncer le piemier la victoire de Jenunapes. où son fils, le duc de Chartres, s'était signalé.

Le motif de son vote, dans le procès de Louis XYI, a finimi jusqu'à présent matière à d(^ nomUreux commentaires et aux plus pénibles

interprétations. De tout ce que l'un a pu dire à cet égard , il résulterait que le prince aurait suivi de coupables et honteuses impulsions, écoutant le désir de la vengeance, ou le besoin de sa propre conservation. U paraît aujourd'hui prouvé que ses terribles amis, le voyant décidé àne pas venirà la séance, lui firent un point d'honneur de se montrer dans cette circonstance solomdle. Il vota contre lappel au peuple , pour la mort et contre le sursis, et fiullit être assassiné le soir niêm^

Ui L'ORLEANAIS

p:ïr le parde-du-corps Pnris • . \a* ])rinee de Grallps . instruit de m conduitf, lura ^dii p<iiliait - , Duinouriez rf?.sa (io cone^poïKlrp nvcc lui . et il re(,"ut de ses atius . de son filâ inêiue, le duc de Chartres ^ tics itMnoigiiages de désaveu*.

Cependant on l'accusa d'avoir provoqué lei» événements qui ae passèrent à l'année du Rhin. La Convention, en proie à ce délire qui sauva le pays de l'invasion étrangère , faisait tout par inspiration . sans Ic^que ni calcul. A la nouvelle de la défection de Dumouriez entmînnnt avec Ini le duc de Chartres et livrant aux Autrichiens les ( (*mini^-aiic> <!•■ 1 assomblép, il s ôl«'va un cri de fureur. Les jdus forcciu^ atlnbui'rent «-e coup imprévu à une trahison longuement méditée, vX l'on pensa généralement que le fils était d'accord avec te përc fiour commettre ce qu'on appelait un crime de lèsennation. Mais dans quel but f Le duc d'Orléans restait à Paris, au milieu d'ennemis prêts à le déchirer: cette fuite ne pouvait que lui causer de cruels embarras, sans aucun avantage. ])uisqu'elle améliorait le sort des Bourbons captifs, leur créait des otatrcs , assurait leur vie et les préservait ilu luiiotc tlc^tilu^e Louis X\'I (.^uant à l'acliun même du duc de ( liai très, elle fut la eonséijuence des événements ; 1 armée était sur le |x)iiit de se révolter, d'arrêter ses généraux pour les Iivht à la Convention , ou les tuer sur pkice , s'il en était besoin. En pareil cas, il eût fallu, pour rester, posséder ime forte dose de ce courage de

théâtre qui vous menait alors tout droit à l'échafaud. L'insolence des députés de la Convention envers un général à la tête de son armée,

explique fort bien le parti vigoureux de Dumouriez, sans donner lie>i de croire (ju'il y ait eu complot formé à 1 a\aiH <' Mais ces < (in^^idératiuns n'étaient pomt admises par des hommes qui avaient perdu tout

' L'acte d'acrtisation lui rt-proclic i xprcssëmvnt d'avoir CbmI» MM *>te Wttl «i «-hargrant Sil. I«ry <l<! voler contre , tandis que lui- mtaM Tvtait MtcmlblemcBt pow tai mort.

* MoiuUur du 6 Uvricr.

' Corrt$p^amee de Louh-Phitipi* . Introdnrlion , p. 4&.

• Il ckt iinpoftAlble df <t-n ra|>|>i>rUT iri, ro.ntix- li.ins If rrsir <l<- la rie du priiKf', à rbffttorira U'iMfjuie, t\ul a acicmmrnt caloinin>-, cl Mé, à f'irrc de violence, toute portA; aux vMl^ mlmr «{u'il a )»u r«|i«ler.

ANCIKN KT MODBRNB. <i.l

tfAng-fruid. et *]ui, oxécraiit Loui»-Philipi)< à cause même de sa naissance, cherchaient un prétexte pour rimmoler. Chose étrange! de tous ceux qui lavaient entraîné, un seul, Marat, lui restait fidèle. Robespierre proférait les plus graves accusations. - Législateurs . disait41, voUji resseinhlrx à ces Athéniens qui s'endormaient au bruit des 'fers que PhilipiK» for^^eait pour eux; or Philippe est à Londres. Philippe fsl tl.iiis vos (k'pai'iciiu'iits, Philippe rst au iiiilicu dr vous! Il linil en pr(»(io>iiiit dt; lictrélei* l'expulsion du terntone de la république de toute la l'aniillo Capet, et la mibe en accusation de Mûrie - Antoinette. Le député Lamarque. homme de bon sans et impartial, demanda s'il était possible d'envdopper. dans une pareille proscri)ilion . tous les membres de la famille Capet, dont plusieurs avaient , au prix di s ])lus ^^rands sacrifices, prouvé leur attachement à la République? Sur cette observation, l'assemblée ^lassa à l'ordre du jour. Mais des paroles brûlantes axaient été prononcées contre Duniourie/. , contre la faction orléaniste et se:» chefs. Danton ht tête à l'orage avec sa fougue et son audace accoutùmées. Les comités de défense et de sûreté générale ne se laissèrent point intimider. Les plus fidèles amis du duc d'Orléans furent arrêtés, et l'on décerna des mandats contre MM. de Montpensier et de Beaujolais. L'assemblée nationale, forcée d'examiner l'opportunité de ces actes, entendit Levasseur de la Sarlhe demander la mise en suspicion du duc d'Orléans lui-mêmt! et de Sillery. Louis-Pliilipj>e protesta vainement contre de telles mesui'es et de si odieuses imputations ; son sort était décidé.

De nouveaux détails arrivèrent sur la ^te de Dumounez ; Carrier ayant fiiit entendre d'effioyaUes menaces, le duc d'Orléans et Sillery se constituèrent prisonnière. On discuta pour savoir le lieu où le prince serait retenu ; les grondins désignaient Bordeaux, et les monta^ards Marseille, tjette dernière ville lut choisie, comme étant animée de sentimcjits républicains. Le duc partit sous lM)nne escorte, et ses biens furent séquestrés. «iSes enfants subirent le même sort.

4it L'ORLÉANAIS

Mais lu vertu et U'n malheurs de la duchesse d'Orléuiis touchèrent les plus impitoyables. Restée seule au monde depuis la mort du duc de Penthièvre, qui survécut peu au meurtre de Louis XVi, elle vivait dans son château de Vemon, chérie et respectée de la popolation. La Convention permit qu'elle y restât pendant qudqne temps. Le doc de Montpensier fut arrêté à l'armée de Biron, et par ec gënérel luimême; la duchesse de Bourbon, sœur du duc d'Orléans, avait été enfermée à la Force Tout cola se faisail à l'instigation des g-irondins. Mais quand ceux-ci succombèrent, Marat n'était plus, et les montagnards n'osaient risquer leur popularité en provoquant des mesures favorables à l'un des membres de la famille Capet, fut-ce Louia-PhiUppe Égalité lui-même. Le tribunal du département des 6oiiche»-dtt*Rhfine l'avait reconnu innocoit, et le dépoté Rhull, chargé de l'examen de ses papiers , n'y avait rien trouvé qui pût le compromettre. Voidel publia sans suct ('s un mémoire en sa faveur. Rien n'ébranla les convictions des membres du comilé de sûreté générale . qui ordonnèrent qu'on le resserrât davantage dans la prison du fort Saint- Jean, où il avait été transféré.

Le 3 septembre 1793, il fut décrété d'accusation, en même temps que les vingtième girondins dont les damenrs et les dénonciations avaient le plus contribué à sa perte. CSétte nouvelle lui fut donnée par le duc de Montpensier; il répondit : - Tant mieux*! - Son caliiK^ et sa confiance étaient extrêmes. Quelques jours après arrivèrent de Paris trois commissaires chargés de l'accompagner jusqu'à la Conciergerie. L'acte d'ac<;u8ati(m était commun aux députés enveloppés dans la proscription; et ceux-là mêmes qui avaient reproché au duc d'Oriéana d'aspirer au trône de Louis XVI, prétendirent alors qu'il avait voulu placer sur le front du duc d' Yoik la couronne de France.

Fouquier-Thinville . accusateur public, lui fit subir un long interrogatoire en présence du tribunal. On lui demanda quels avaient été

■ Mimain» êm dmc ét Mviapiittitf. *

ANCIEN BT MUDEKNK. 445

ses rapporte avec Briasot. Laclos» PétHm, la Genlis, Buzot, Lou- ▼et*. Docost On lui rappela le propos qu'il avait tenu à Poultier . • Que me demanderais-tu, si j*étais roi} et la réponse de ce député : » Je te demanderais un pistolet pour te brûler la cervelle. «

On lui parla de son voyage en Angleterre, de celui de sa tille, madame Adélaïde; de ses liaisons avec les Anglais , des manœuvres de Dnmonriez ; de son vote dans le procès du roi , vote d'autant moins sinoèie, dit l'acte d'accusation, que Sillery, à son instigation, en détruisit l'effet par un vote contraire. Enfin , on alla jusqu'à lui reprocher l'acquittement du tribunal de Marseille, dont les membres avaient été corrompus sans doute par ses largesses. Il réjjondit avec siuig-froid , franchise et fermeté. Tous ces prétendus crimes lui étaient , en effet , étrangers , et , jusqu'au dernier moment, il ne |»it point l'accusation an sérieux. La sentence de mort le trouva fier et résigné. > Moins qu'un antre , ditril à Antondle, chef du jury, vous ne pouviez me croire coupable de ce dont vous venez de me déclarer convaincu. Au reste, puisque mon sort est décidé, je vous prie de ne pas me faire lan^ir et d'ordonner que je sois conduit à la mort sur-le-champ. ■• Le tribunal lui octroya cette cruelle faveur. S'il faut en croire ses juges les plus sévères ^ le sentiment céligiemL n'mdstait plus en lui ; s'il faut s'en rapporter à d'antres écrite plus chariteUes*. il avait reçu dans la prison, d'un - prêtre nommé Lotheringer, des avis et des encouragemente. Que son courage fut puisé aux sources de la grâce divine ou qu'il fôt inné en lui, toujours est- il que ses bourreaux en parurent étonnés. 11 traversa la salle d'audience, et alla se placer lentement sur la charrette , où se trouvaient quatre autres condamnés. Les injures et les cris de la pqnilaoe qui avait outragé Louis XVI ne l'émurent point. A son air vraiment noble, on l'eut pris pour un général entouré de ses

• Antear de Famblm . â*pnté do Loiret à la ConvenUvn nattoMde.

* .M LKV>*%s-nz, Hhtnirr dff ducs iTOrUaM. ' Annalei ettHMiquêB , tom. lu, p. 445.

soldais, et non \)mv un iii.ilheuiciix *\\U' I tin mène au supplice'. - L'infâme multitude ht arrêter la charrette devant le Palais'Royal . Mais elle épia vainement un signe de douleur ou de regret sur le visage calme et dédaigneux du prince. Il leva un instant les yeux sans paraître ému» et se tourna vers le Château-d'Eaa. Près de lui était un pauvre serrurier qui se lamentait et dont il soutenait le courage. Lorsqu'il eut passt* la rue do Richelieu , il demanda au prêtre de se ra]ipr(K her i\r lui et de ne plus i iibanilunner. Il reçut le deriner coup avec nitrcpulité ^ |179;J|.

La duchesse d'Orléans, sa veuve, « qui eut, pour adoucissement k des chagrins amers, le respect général dans un temps où tien n'était respecté , " ne fut bientôt plus en sûreté dans son château de Vernon. Les habitants déclarèrent qu'ils sauraient bien la garder, mais chez elle. Le comité de salut public fut obligé d'envoyer des forces considérables pour l'arrêter. Les paysans voulaient la défendre; mais «'lie ne le soulFrit pas, ci se laissa coîuUiire dans la prisuji d-i Luxembourg. Chaque jour elle voyait enlever et traîner à lu mort ses meilleurs et ses plus fidMes amis. Un é^mrgna sa vie. qu'une lente maladie menaçait, et on lui accorda la permission de se retirer dans une sorte d'hospice ap|)elé la maison Belhomme, où elle rrsta trois ans. Après le décret de confiscatimi de ses biens, elle partit pour j'Espatrne. n'ayant d'autre débris de son ancienne opulence qu'une pension de cent mille IVancs. Elle liahita d ahord la Mlle de - Barcelone, et rejoij2;^nit si F'igiiières sa tille, dont elle était depu!> lon^-temps séparée. Au moment du siège de cette ville par les Français (1808), leur maison iiit atteinte par les bombes , et elles se virent obligées de foir pendant la mût et de se retirer au couvent de Villa-Sacra. Vers cette épo(]ue , S. A. R. madame Addaïde s'em» hni q la i)our Malte, afin d'y retrouver son firère; la duchesse se rendit d'abord à Palerme , où elle finllit mourir, puis à Tarragone et à

' fl ' .j.i^/Jw unirrrirtU «lo MlcilM'f), nrlM lt- rnlige par M. UcBulidl.

> .Mo^TJuiK , Hiêloire dr la coHjuralion de Philippe U'Orltamê, tom. m, p. lav.

ANOlKN KT MODKHMi. il7

Miiluin. Là tout ce qui restait de la famille d'Oricatis se trouva nhuii après vingt ans de sé|)aration. La priiiresse vint à Palernie. près de la reine Caroline . et le mariage du duc d'Orléans avec la fille du roi de Sicile resserra les liens qui unissaient les deux familles. Peu de tenq)s après la naissance de son ()etii-fils, la duchesse retourna à Mahon ; et, lorsque le triomphe des Bourbons l'eut ramenc'e en France , elle fut reçue avec enthousiasme par les habitants de Marseille. Bonaparte, pendant les cent-jours, lui donna d»'s marques publiques de respect et de déférence. Après la chute de l'empereur, elle alla |H>scr, à Dreux, la premicre pierre du monument qui renfermr les restes de tous les anciens bienfaiteuis d'Anet'. Cette vertueuse princesse-, dont la vie fut tourmentée, mounit, laissant à son fils les deux tiers de ses biens, et l'autre tiers à sa fille.

' Lii familK* du duc de Penthif'vr»- «loni il i Ht in <iur>iion potHédait le rhiteau cl'An> I. Il n'en rr)>lr aujourd'hui qur quetiiix'K lraKinrnt<t. i|i)r le pru|iriv(ïirL- actuel, M. «le Caraman, poiit-nrveu du l'élèbrr Pnul Riqurt, >Vlliirrr di cuiist-rriT. LuKR-tcmp* dclaÎMUt, il sutiit en rr momrnt -ir nonihrruaoK r^parnlioni. | Xotê rfr l'rifHfur. i

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