‹ L'OrléanaisChapitre 3 sur 20 · VI DESCRIPTION DE LORLEANAIS · texte numérisé non relu

VI DESCRIPTION DE LORLEANAIS

flont plusieurs furent supprimés comme excessifs. Les aides et gabelles produisaient au roi des revenus énormes. La ferme générale des gabelles se camposait de vingt^deux greniers de vente volontaire, établis i Orléans, SuUy, Beaugençy et autres lieux; il en sortait jusqu'à neuf cents muids de sel , dont le prix s'élevait à près de deux millions, malgré dos iVaudcs audacieuses. Les droits des aides, comprenant la \ r'iite des j)apiers et parchemins timbrés, étaient pour la plujMirt dans l'évaluation des apanages du duc d'Orléans. Le tout s'aiièrmait, année commune, la somme de 478,000 livres. Le roi s'était réservé les fermes du tabac, du contrôle, des exploits, dès actes notariés et du sceau, produisant dans la généralité près de 150,000 livres. Les dficiers des bureaux des finances, ceux des élections ot des preniers à sel. axaient ilniK l( uns attriWutions la direction des Ifriiies, soit du duc. soit du roi, et In juridiction contentieuse des affaires de leur ressort. Le bureau d'Orléans, créé par Henri II, se composait d'un premier président et de vingt-trois trésorioB. L'intendant de la province avait sous sa direction particulière les routes, les ponts et les chaussées, dont les péages et revenus étaient affermés en audience [lulilnpie , au plus ofirant enchérisseur.

Cet aperçu pourra donner quelque idée de l'état politique, militaire, eccl«'siasti([ue et finniif ier de la fjéncralité d'Orléans. Nous avons choisi l'époque de sa plus grande prospérité; elle avait subi de notables modifications , et était destinée à en éprouver de plus considérables encore, avant de disparaître dans le cataclysme de la révolution de 1788. Il nous reste à donner, dans cette partie de notre travail , la description fort abrégée des cours d'eau , canaux et autres grandes voies de ooounumcation traversant le pays dont nous nous occujx)ns.

En première ligne nous aterons la Loire , qui entre sur les terres de la généralité un peu an-desBOUB de La Charité , et en sort au delà de Blois. EUe prend sa sonroe dans les Cévennes, coule dn midi au nord, tourne ensuite à Vouest, et se jette, après un cours de cent

KT DB LA GÉNÉRALITÉ D'ORLÉANS. vu

cinquante lieues, dans l'Océan. Cent une des grandes artères coininerciales du royaume; mais, tantôt à sec. tantôt gonflé au point de franchir ses borda, ce flenve causerait d'aflreux ravages, si Ton n'était sans cesse en gaide contre ses caprices, et toujours occupé de k ▼aincre on de le gouverner. Les plus célèbres de ses débordements sont ceux des années 581, 1003, 1037, 1414. 1426. 1570, 1628, 1707, 1709, 173;3. Dans d'iiutrcs temps, die se rétrécit à ce pt)int qu'on a vu des armées la traverser à gué : ainsi PhilipjX"- Auguste, marchant à la rencontre du roi d'Angleterre, la passa près de Tours avec ses escadrons. Avant 1730, on ne citait sur ce fleuve que dnq ponts en piore. souvent Knnpus ÎNir les crues, et une infinité de bacs servant à communiquer d'une rive à l'autre.

Les ducs , les seigneurs et les villes profitaient des droits de navigation perçus sur les marchandises. Les contestations qui s'élevaient entre les propriétaires de cf»s droits étaient jugées directement par la grand chambre du parlement de Par is Des ofTiciers en titre veillaient à l'entretien et à la conservation des levées; les fonds nécessaires à ces dépenses étaient imposés sur la généralité , et il en coûtait aux Oriéanais 60,000 livres environ chaque année. Les autres principales rivières sont : l'Yonne, dont la source est dans le Nivernais, et qui passe à Magny, Saint-Didier et damecy; le Loing, qui traverse I élection de (iien , celle de Montart^is, et reçoit quel(|ues ruisseaux. Les autres rivières sont : i Eure, qui baigne Chartres et Maintenon; le Loir, qui prend sa source dans l'élection de Chartres, et passe à Bonneval, Châteaudun, 'Vendôme, Lavardin et Montoire; le Loiret, qui, après un cours de deux lieues, se jette dans la Loire près d'Orléans; le Cbsson, le Beuvron, qui arrose Chfitillon , Lamothe , La Ferté , et a son embouchure dans la Loire . près de Blois; la Sandre. (|ui passe à La Ferté- iniliaiilt , à Selles et à Romorantin; le Cher. Ces rivières sont ouvertes de ponts en pierre et en bois. 11 n'y a que le Cher et la Loire de navigables; r£ure, l'Yonne et le Beuvron sont flottables. Le canal de Briare et celui

Mil DKSI'.KII'TKIN IH: I HHlJ^iANAlS

il Uricaiis st rviul. on oiilr»'. aux ber-oiiis du « uiiimen»'. Ce deiuit'i , romnieiicé en iGS'i i t IrnniiH' vu \it\)'2, part do Combleux, uiio lieue au-dosiîsUs d'Orléans, ^■l ï^o joltc d;iiis la Li»iro au delà do Moiitargis.

Parmi les forêts de la proviru-o, ou rite eolles d'Orléans, de Boulof^iic, d<; .Marohoiioir, d»- l'^iétoval . do C'hainb(»rd et d»' Dourdait.

Les arbres (ju'on y voit sont l'onne, le hêtre, le tilleul, le |H)iiiinier. • le iK)irier, h- noyor, le cbâtai^Miier. La forêt d'Orléans, du temps do Fran«,-<)is 1", oontenait cent (piaianto millo ar|>eiits. mais elle <'st au-

ET DE LA GÉNÉRALITÉ DORLÉAKS. ix

jourd'hui 1m auroup moins étendue. K\\(^ alK)îi(l;iit on ^bier de toute osp^co ; Henri 111 y ût mettre des buffles et des chameaux, et Gaston Phœbu», comte de Foix , y chassa avec des meutes de seize cents chiens.

Les vignobles' 8*étendent sur les bords de la Loire, dejnns Chft> toraneof jvsqa'an delà de Beangençy, sur une lai^r variable. Le plant d'Ânvemat est le plus estimé. Nos rois redierchaient le vin

d'OrlAins, et Henri I* ne buvait que du Rebrechien.

Lt' ])ays est di\'isô par la l^iirc ( ii deux parties bien distinctes. Au sud du fleuve (»st la Sologne, au terroir sablonneux, c«)uverle de bruyères, de bois de sapins, d'étants, de forêts de chênes rabougris, mais oflBrant çà et là des coteaux plantés de vignes qtii donnent des vins de médiocre qualité. Sous la couche première, fonnée de détritus de plantes et de tourbe, est une couche argileuse qui s'oppose à réooukment des eaux dans les années pluvieuses, et à la décomposition putride quand la saison est sëche. Jadis peuplée , et sans doute bien cultivée, ainsi que l'attebtent diverse ruines et les découvertes des arehéologues , elle n'était point in.saluVire comme aujourd'hui. Mais , livrée à des agriculteurs que minent des fièvres endémiques, elle est inféconde, et semble, aux portes de Paris, un désert abandonné à des hommes auxquels l'amour de la chasse ou le asUe ardent du bien public font braver des maladies lentes, insidieuses dans leur cours, et souvent mortelles. C'est en effet le pays des grandes études agricoles, de la noble lutte de l'intdligence avec les difficultés de la nature; c'est la terre qui attend des colons, et que l'on oublie pour fonder ailleurs des établissements sans avenir. Au nord de la Loire sont les plaines fertiles de la Beauce ' , avec de belles prairies artificielles, de gras pâturages et des forêts majestueuses. Là viennent en abondance les céréales de toute espèce, que

• Drtsia . d«le« Ml«m, libi desunt flumina, aolùm

Fontes, prmta, nririun, montcii, viri;ultR, raMnot , FriirtUK, siniia , pani^, millier, cnro, |>i»ria ctlgnia.

% U£SCHlPTiUN UK L'OUtEANAlS

sèment et récoltent des hommes laborieux, intelligents et robustes. Une chaibe de collines peu élevées traverse le pays du sud-est au

nord-ouest.

Le cliin-it t >t (Irnix et toiupt'iv. L'air, pernicieux en Soletj^ne, était autrefois si salubre près de Montargis , que les reines de France y venaient passer le temps de leurs couches. Les eaux des puits engendrent» dit-on, la gravelle et la pime; celles du fleuve n'ont point ces propriétés malfaisantes.

A ces cours d'eau si multipliés , qui fécondent la terre , les conquêtes de l'art ont de nos joui's apporté dans les limites de l'ancienne Généralité jilu.sieurs lignes de chennns de Ter. L'un des prenuers canaux creuscf» dans le royaume avait été le «anal d'Orléans, qui devait joindre une grande ligne commerciale . la Loire, à un grand centre de débouchés et de produits ; par les mêmes raisons , le pr^ier chemin de fer mis en activité sur un long parcours fiit celui de Paris k Orléans. Ce chemin fut autorisé par la loi du 7 juillet 1838 , et concédé à des particuliers pour une durée de soixante-dix ans. Les lois du L' août 1S;}Î) et du lô juillet 1840 apportèrent des modifications à ce traité. La concession est de quatre-vingt^x^neuf ans, et le gouvernomont garantit, pendant quarante-six ans et onze mois à partir de la mise en circulation , un minimum d'intérêt de 4 pour 100 sur le capital des dépenses , à la condition , par la compagnie , de réserver chaque année 1 pour 100, pour amortir le capital. H fut accordé cin(| ans })our la construction (le la litjne. La partie de ce chemin qui est entre Paris et (\iibeil fut livrée au public le 17 septembre 1840. Mais, à la suite de (pie!- (|ues dissidences entre l'Ktat et la compagnie, les travaux de la li^e de Juvisy à Orléans ne commencèrent que vers la fin de janvio* 1841>. Les entrepreneurs déployèrent une célârité si grande , qu'ils terminèrent en 1843 ce parcours de 102,437 mètres de dévdoppement , et purent inaugurer la ligne principale le 2 mai de la même année. Sept mille cinq cents parcelles de terrain avaient été achetées

ET l)K LA GK.NÉH Al.liK D UULKANS. XI

pour la somme totale de 6.980,000 francs. Oii avait remué près de 5,000 ,000 de mètres cubes de terre. Les ouvrages d'art , an nombre de deux cent vingt-sept, sont remarquables. Mais ceux qui se trouvent dans l'Orléanais proprement dit offrent peu d'intérêt. Les eaux

nécessiures aux machines sont louniits j»ai des puits creusés à de gnunlos j)n»ri)iHl( nus. Le j)nx total des travaux s'elevu à lu somme de 19.-2U{),0(H) lianes.

L'embarcadère de Paris, situé sur le boulevard de l'Hôpital, se lait remarquer par son étendue. On y arrive en traversant une va»te cour, séparée de la voie publique par une grille en fer. C'est un hangar de 225 m. de longueur sur 26 m. 50 de largeur et 14 m. 50 de hauteur, partagé en trois nefs, dont le milieu renferme les deux voies de service. D'un côté sont les salles d'attente, de l'autre sont les bureaux de In douane, où les voyagcui*s doivent se présenter à leur arrivt^e. Les ateliers vastes et bien disposés , les approvisionnements de charbon annoncent la grandeur et les dépenses journalières de l'entreprise.

La machine à vapeur vous entnâne rapidement, et l'on voit successivement La GareRvec ses verreries et ses fours à chaux ; Bercy: Yrry sur-Seine et sa maison de fous ; J'ifri/: l^ort -à -l' Anglais , qui doit son nom aux guerres des Orléanais et des Bourguignons , sous Charles VI ; Charenton ; CIioisxj-Ie-Roi , (ju'habita mademoiselle de Uontpensier, la virile fille de Gaston d'Oriéans ; à droite est Or/y, que les moines du neuvième siècle appelèrent Aurelianum ; VHIeaeiite>/e-/2ot; Vilienewe-Saint-Georget; Ablùn, qui posséda un prêche et reçut souvent les visites de Sull}' : Athis'Movs , séjour aimé (le Philippe le-Bel ; Jurisi/, où Napoléon apprit la c.ipilulation de Paris ; Sacif/ny ; Grand-Vaux ; Kpinay, joli village ; I illemoisson; Petit-Vaux; Longponi , Sninl-MUliel ; Montlhèry . dont l'imposante tour servit de prison d'État aux Orléanais ou Armagnacs en guerre avec les Bourguignons; Brét^ny, qu'il ne faut pas confondre avec le hameau près de Chartres, où fut signé le célèbre

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