‹ L'OrléanaisChapitre 4 sur 20 · XII DESCRIPTION UB L'OULÊANAIS · texte numérisé non relu

XII DESCRIPTION UB L'OULÊANAIS

Imité' ; Arpajun, qui suppelait autrefois Châtres , et c|ui vit populariser son nouveau nom . grâce à Tordre donné par Louis de Saveme de rouer de coups de bâion ceux qui continuaiait de prononcer l'ancien; A/aro/?e»; Lardy: Chamorande et son admirable chftteau; Éfrechy-fe-Larron ; Marigny ; Élampes . dont le château fut construit par la rt iiir C\»nstance , «'pouse du roi Robert. On entre dans les plauif-, de la Beautr Dans le lointain s«' d(''i)loi<Mit >U(•(•e^sivemev\\. Mondcsir ^ MonnerviUe, ( '/ucheiiy , Pussay , Mrrrville , oix. le comte de Laborde fit élever un des plus beaux châteaux de France : Anffervil/e, dernière ville du département de Seine-et-Oise. fameuse par le conseil de guerre où les chefs de l'armée de la Loire résolurent de se soumettre aux Bourbons^.

Thoury est le premier bourL' de l'Orléanais ; son rhâteau joua un pôle importatit dans les (|ii('n ll« s tV>odales et dans nos luttes avec l«'s Anglais ; Artenay. chet-lieu de canton ; Chevilly, sur la lisière d»* la forêt d'Orléans; Cenottes. village de bûchnons. Les Aydes, commencemoit du faubourg Bannier, annoncent enfin Orfèam. Dans le trajet , on a pu compter 402 passages i niveau pour routes royales et autres chemins; 196 passages par-dessous le chemin de fer pour le libre coups des eaux ; :î5 passages par-dessus le rail-w ay ; -iO tinients de ^nin> , einhat > adcres et ateliers; 90 maisims de cantonniers et f^ardiens de passage .

L'embarcadère* , dessiné sur le plan réduit de celui de Paris , a une longueur de 114 m. sur 28 de laigeur et 14 de hauteur; il est Il 78 m. au-dessus du niveau de la gare de Paris et i 117 m. audessus du niveau de la mer au Hâvre.

Le chemin de fer qui doit se diriger sur Chartres est encore à

* Le Utclionnairt d* Mortri, Irnductrur d« la Gfogrtipkic de Baudmiui rt d'atilrrs auteiin gnTM et estimé , ne troaTttiik point du Brétigny |>r^ de Ckartr**^ et voyant Bréti/ny |>rte Sr

Châtrfi , qui est l'atu-n-n t. 1:11 (i'Ar[ .1 jun , ont {l'iMlivoni^ nl <lit -lUi' !<■ tr.u'.i ,tv:ùt i ti- ^:'tu' <lftns cette p«Utc ville, et non Uans le pa>s Orléanais. C ef^l ce qui motiva l em-ur que nouit avons failli repnxinire d'kpréa cet autenra i la pace IIS de cet ouTrag». Mali il eat Men «vriain que le llé- II onnl de !• Chamhro dis ('•inript. >• .le Paria, eolp X). ("lio s2, .m \.'r'.o, an < \|ii. -m hh ni rii-Aifmjf-ifê-Cktrtrfi, ci- qu'explique nuturellemcht In |>usilton (l<-\ armera. Nouk a<io|iton& donc cette opinion, iine pwtagcnt le V. Ooniel , Anquelil et les meilleurs historirnv

UT DE LA (..tM liALlTL h UULtANS. llil

l'état de projet ; mais les études et les travaux préliminaires sont assez avancés pour que nous en disions quelques mots : on coupera , par un rayon intermédiaire « la région de l'ouest , comprise entre la Seine et la Loire , le chemin du Havre et celui de Nantes ; on prolongera l un des deux chemins de fer de Paris à Veisailles et l'on ouvrira par Chartres la lii,MU' di^ lîrest. A partir ilc Vcrs^iillcs , <»ii ya^nera le plateau de ïrap[)f s vers la Maisoii-Blam ln' ; puis Rambouillet , en longeant les fauboui^s de Pierrefitte et La Louvière ; on descendra la vallée de la Guesle, par Gazeran, Voisins et Hilarioo t jusqu'à É^mon ; là , on débouchera entre la butte des Marmousets et le moulin de l'extrémité du faubourg (irand-Pont. D'Épemon à Maintenon , le chemin se dirigera vers la Voise, restera parallèle au tours de l'Eure jusqu à .Nfaiiigouriiois , où il p:is--era sur la rive droite en longeant Chnnay, L<! iMarais, Mévoisins, Dion val; l'Eure sera de nouveau franchie , à la hauteur des prairies de la Vilette , en avant du moulin delà Forte-Maison ; après quoi, on arrivera par Gorget, Monsseau, Lfeves, le coteau du Bouig-Neuf, le cJos Saint^ean et le ravin des Vauroux , dans la ville de Chartres , où le débarcadère sera placé entre la rue Faubourg-Saint-Jenn et îa route de MaiiiMlliers . près le inarcht' aux cheviiux. A partir de Chartres, le chemin de Brest s'établira dons la plame d'Amilly et se dirigera ;iur le Mans ou sur Alençon.

Le chemin de Vierzon , en pl«ne voie d'exécution , traverse la Loire près d'Oriéans et se dirige presqu'aussitôt à travers la Sologne. Un pont en pierres, formé de onze arches marinières et d'une autre arche sur la route , a nécessité d'immenses travaux. Le chemin de Bordeaux s'avarKc vers Meutij; , Beaugency, Blois, et quitte bientôt après le territoire de l'ancien Orléanais.

La province est en outre traversée par les lignes télégraphiques de Paris à Brest par Anet, et de Paris à Bayonne par Tours et Bordeaux.

O» f.É.WS.

Les rues Royale et Jounne-d'Art' attirent d'abord les re^^'urds; d'autres rues viennent aboutir à la place du Maitroi. Les ijuais sont larges , couverts de marchandises et garnis de navires. Un pont magnifique joint les deux rives de la Loiic L"asi)ect de la ville est agréiible; cependant, la plupart des rues sont étroites, bordées de maisons mal construites et fort anciennes

La cathédrale de Sainte-Croix est bâtie sur l'emplacement de celle dont sainte Euverte avait jeté les fondements, et cjui fut brûlée par les Normands en 8()5, détruite de nouveau en 999 et relevée |>ar l'évêque Amout. Elle fut ruinée de fond en comble parles calvinistes (1567)- Henri IV ordonna sa reconstruction et en posa la première pierre (15î)9); les travaux, sus|)endus à diverses reprises, n'ont point enc(»re donné à ce monument toute la |)erfcction dont il est

DESCKIPTION DE L*OnLfiANAlS, ETC. ' xv

susceptible. Toutefois, I bannonie de l'eiiï^enible et des détails proa> vent que le premier plan a toujours été suivi par les architectes qui se sont succédé pendant plus de deux siècles. On admire l'élégance des tours, le portail principal, les portaib latéraux, Tirrégularité audacieuse des voûtes , le fini des sculptures et le noble aspect de l'intérieur Jadis on y voyait de >ujK ilifs \ilraux, peints j)ar 1rs Le Vieil, et des dossiers de stalles, cht Is-dd'uvre de Jules Dui^oullon. E31e possède une Vierge en marbre lilaiic , due au ciseau de Micbel Bottidin; un Christ aux Oliviers, de Jouvenet. Le buffet d'orgues vient de la fameuse abbaye de Saint-Benoît, et le maître-autel est un présent de Louis XV. Parmi les inscriptions tumulaires est Tépitaphe du jurisconsulte Pothier. La longueur totale est de 148 m. SO; la largeur est de 53 m. 0*4. — L'église de Saint Aif^nan fut célMire par 1»:^ actes de dévotion de nos rois, qui acceptaient le titre de chanoines honoraires de son chapitre. Un pense qu'elle fut bâtie i249) sur les raines d'un temple païen Charlemagne lui donna des terres, et fit faire d'importantes constructions. Brûlée à diverses reprises et toujours rebâtie, elle fut rasée (1370|. pour ôter aux Anglius un point de défense en dehors des mars. Louis XI, ayant restauré cet édifice, fit pratiquer au midi de réçlise une esplanade , oii il allait jouir de?, vues pittoresques de la l.oire. Ce nudiuiiient d'un assez bel ordre d'architecture, ne contient point d'objets dignes d'attention. La châsse de saint Aignan , placée (U rricre le maître-autel , dans une armoire de bois , est en grande réputation parmi les personnes pieuses. La diapdle souterraine, dédiée à saint Martin, renfermait ses reliques; cille ofire le caractère de l'architecture du temps du roi Robert. — Saint-Pierre-le-Puellier , la plus ancienne des églises delà ville, renferme de runtMi>es insitiptions. ■ — Sainte-Kuverte, convertie en nuigsisin, était une des plus remarquables d'Orléans. Des fouilles pratiquées aux environs y firent découvrir des chambres sépulcrales , de construction' romaine, où l'on trouva des armes, des cendres et des médailles. L'ui de ces cer-

( Urils ronfenuait un < <>lli('r do feimiic , on votro fl aiuljiv, mais non qui pût indiquer l'oi)oque de l'inhumation des corps. — Saint-Jacques fut fondée, dit-on, fvar Loais-le- Jeune, avant son pèlerinage de Galice. — L'HôtcUde-Ville , ancienne demeure de Groslot, chancelier de la reine de Navarre, contient d'assez belles salles. Dans odle du conseil est une très-antique vue de la ville et un portrait de Jeanne d'Arc . copié en 1581 sur un autre que le temps allait détruire. Il s'y passa plusiours évt'nements renianjuablos. François H y fit 1 ouverture des Êtats-gi'noraux ; il expira dans la pièce qui précède la chambre actuelle du conseil. Jeanne d Albrot a\;iit confié son fils ^né, le duc de Beaumont, à l'épouse de Grosiot, femme trèspâgée, qui entretenait dans ses appartements une chaleur continuelle et presque dangereuse. La reine lui ayant iait des repioehes à ce sujet , elle lui répondit : • Mieux vaut suer que trembler. Sous le rbgr\e do Honii III , le mait'rhal de La Châtre tua sur le perron un de ses officiers, coupable do nieurtre et de désoix-issance. - Le MtsÉE. (|ui était autrefois la Maison-de-Ville , fut ouvert le 4 novembre 1825, et s'enrichit assez promptement, grâce au 2èle désintéressé des Orléanais. Tl contient des tableaux de Vien, de Philippe de Champagne , du Guide , de Van Romain, du Guerchin, de Drooais, de Mignard, de Fragonard, et un assez bon choix de sculptures et d'antiquités, i^'s jK)rtes intorioures sont celles de 1 ancien jubé do Sainte-Croix. La Bibliothèque , édiHce modorne, a été ou\erte au public en I SOG Elle se compose de livres amassi-s par les })énédictins et d'ouvrages légués par divers habitants. U s'y trouve de nombreux manuscrits sur l'histoire de la ville et du département, et surtout sur le siège de 1426. — La maison d'Agnès Sorel , me du Tabourg, a été bâtie vers ré}>oque de la réunion des États àOriléans par Charles VII. Des sculptures ornent sa façade et ses fenêtres: sur les portes sont dos bas -reliefs rcj)r*''-.(nitant les victoires do Charles VU, et des allégories tirées de la fable de Pandore. La cour présente au milieu un compartiment en mosaïque de inerrés noires

ET Ut LA GÈIsERAl.m: li OULÉANS. xvii

et blanches. Au fond est un puits curieux. Une galerie, soutenue {mu- • trois arcades en plein cintre et par des colonnes de six à sept pieds de fut , d'un seul morceau , est à gauche de la cour. Sur cette galerie

est le corridor du premier étage. Le plafond se compose de nombreux caissons au milieu desquels sont srnlpt«''-> do i n ur> ]i»t( ôs de llèclies, des torches enllainmées et en sautoir , des amours , une tortue , un soleil , une assiette de poires et enfin des fleurs de lis. Au fond de la galerie et dans le mur, sont incrustées deux têtes en demi-relief: l'une d'homme et l'autre de femme. Une descente de gouttière , rubanée d'or et d'azur, en spirale , règne au-dessus de la galerie. L'escalier, qui se trouve à l 'extrémité de cette galerie . monte du fond des caves justpi'au dernier ('taL;'" de la maison. Les marclies sont d'une seule pierre de six pieds de longueur. Les armoiries et les écussons qui embci lissaient ( ettc demeure ont successivement disparu. Tout porte à croire qu'elle fut destinée à Sorel ; on croit même reconn^tre, dans les portraits placés à l'extérieur de la grande salle, les figures de la dame de Beauté et de Charles 'VII. La maison de François l", rue delà Recouvrance, fut construite par un seigneur de SI cour Les ujaleries sont élégantf > et gracieuses; les chapiteaux, d ordre corinlhien , sont ornes de faunes et de satyres d'une bonne exécution. Ces galeries aboutissent ù deux {mvillons, qui contiennent chacun un escalier de pierre. Dans le fronton de la porte d'oitrée du premier, est une salamandre au milieu des flammes, parfaitement conservée. .Les chifires , les armoiries , les emblèmes de la royauté «mt subi des mutilations ; mais on remarque une femme nue poursuivie i>ar un amour armé Lu maison de Diane de Poitiers, rue des Albanais, fort richement sculptée . fut bâtie ; ;ir l*ierre Châtel , évêque d'Orléans. Diane y fut déposée après la chute où elle se cassa la jambe. La maison de Pothier intéresse par le souvenir de ce jurisconsulte. Cdle des Du Lys, donnée par la ville à la mère et aux frères de la Pucelle , a lait place à de nouvelles constructions. Les services rendus par Jeanne d'Arc avaient inspiré une juste recon-

DEm.HU TlnN DE L UlU, KA N AIS

naissance aux Orléanais . qui réâuiurent de lui élever un monument, à l'extrémité du pont » sur les lieux mêmes témoins des plus rudes combats entre Jeanne et les Anglais. Il était en bronze et représentait Charles Vil et Jeanne d'Arc à genoux devant Notre-Dame>de-Pitié.

On le brisa, en 179'2, pour fondre des canons. En 1803, la villo lit choix (l uiif statue de Jeaiuie tl'Arc . de Gois fds, dont le tnt>dèle en plâtre re>ta quelque temps sur la place du Martroi. L'année suivante, on éleva le piédestal dans le lieu où il est maintenant. Les quatre bas-reliefs représentent Jeanne recevant Tépée des mains du roi , le combat des Toumelles , le sacre de Charles VII et le supplice de la Pttcelle. Co monument est d'un style faible, et Ton a plusieurs fois songé à le remplacer par un autre d'un plus noble effet. Le Palais-(ir-Jtistice . le Chatelet, dt'truit en 1S()4, puis ran< U'n i Jôtcl-dc-Villi', turent occupés par les tribunaux Le palais actuel s'élève sur remplacement des Pères de l'Oratoire, il est commode, mais n'a rien de monumental. Le pont, qui joua un grand rôle dans le siège de 1428 et qui était gardé par le fort des Toumelles, sur la rive gauche de la Loire , n'existe plus. C^lui qu'on voit aujourd'hui est dil aux ingénieurs Hupeau , Soyer, Tardif, Leroy, Peyra , Chopine ' . i\u\ le termin^rent en ITfil. On eniplova aux travaux les régiments de Ciiartres et d'Oileans-infanterie , qui occupèrent les maisons du Raveliii. Il est formé de neuf arches, dont la largeur varie de 30 à 33 m.; sa kmgueur est de 333 m. sur 15 m. 50 de largeur. On s'aperçut bientôt que les piles du côté du Portereau avaient fléchi , et l'on pensa qu'elles reposaient sur une des sources souterraines du Loiret. Le mal fut pnunptement rt^paré, et , pour faire taire les mécbants discours, niadaim' de l'inupadour, qui s*' rendail à .Menars, consentit à y passer Ja première avec tous ses équipages 2. L hôtel

* Duiii li s nniii^ fiirnit-nt i c jeu <!<■ in<jis . IIa|i«au, tuyes Uutlif, le roi payera cbopine.

* «jili liou au 'jii.iir.iiii suiv.int :

Ceowir» 'ic notre poiil, vous doiil riini>rrlimiire Va iu.<<jirÀ U IvinMU'f

KT DB LA GÊNAR ALITÉ D*ÛRL£ANS. xix

du Préfet <^tail iuif,'ui're un i-oux eut ih" iH'iiédiotiii.s , ioiulé lui-même sur 1 oiii{)lart'int'nt d'un ancien temple ffallo-romain. Les prisons passent pour les plus sûres et les mieux disposées de France. Les promenades entourent la ville et dominent de riants jardins. Le Jardin botanique, créé en 1640 et augmoité en 1818, est au delà du pont, sur la route d'Olivet. C'est un établissement modèle, digne de la haute réputation dont la ville jouit parmi les horticulteurs. L*Évêch<? est à \^Q\l pr^s le seul hôtel complet qui soit à Orléans. 11 contenait jadis lu s 'rie de portraits des évrcjucs, et l'on y voit le rnodMf en bois des tours de la cathédrale. L'c\ê(|ue c^-t suflfragant de l'archevêché de Paris ; il a six \ t* aii » - ...'ik raux , un gnuid-arcliidiacre et quatre archidiacres. La ville se divise en onze pannsses. L'hâpital est un des plus beaux et dés mieux distribués du royaume. Le dmetière actud n'oflfre rien de remarquable. Celui qui subsistait autrefois et que [dusieurs vidllards peuvent encore se rappeler, avait une entrée répondant rue Pavée et du côté de TÉtape. Deux squelettes de pierre oniaient le fronton. Pyrrhus d'Anglebonne, docteur de rUniv< i>it(' dOiléans . parle en termes pompeux de ce ciniPti«'re, - où l'cdi admirait des oiivrat'cs de |K'inture et de sculpture dignes d'Apelle et de Praxitèle. » 1 out cela est détruit ou a pris plaec dans les caUnets des curieux. On y montrait le tombeau de Marie de L'Étoile , qui avait été maîtresse de Théodore de Bèze, alors étudiant à Oriéans. L'épitaphe latine, faite par ce fongueux calviniste, fut e&oée à coups de couteau. Les Orléanais avaient adopté l'usage de sortir les ossements des morts pour en faire des monceaux exposés aux Hijures de l'air, et que charun pouvait toucher et profaner. Les lois sanitaires ont mis tin à ce triste usage.

Les armes de la ville se blasonnent de gueules à trois cœurs de lis d'argent, au chef cousu d'azur, chargé de trois âeurs de hs d'or.

Haptu pu u muI fait vww rMnit au siUan : BiM solide eit ton pont, c« Jour il a porté Le ploa loard ferdcau de le Freaee .

Filles existaient bien avant Louis XI, et on en trouve des traces du temps de Charles VI

■ Orient irais «lu roi Charlea prami^rv ,

Et est innn nom ]>i-(Tpro !<• r/fiir tic Ainsi nommt-v en avii-inbiéc première

I>M iroit ÉUU

I' ['"Ml- .-n mabmaièrc

L-trs fleurs de France . dont noa chef eut joli ; Et Mi-denu« , par moult Mie nwnl^ « Tvfii^ crMif» dr liï sur rliamp 'ii- ::>if aie i(ia: Ije noble roi portrr me 1'» perin».

BLUIS.

Blois s'élève en amphithéâtre sur la rive droite de la L(»ire, dans un site adnnirable. On la divise en haute et basse ville. La j)artie supérieure est en général mal Mtie, percée de rues étroites, inaccessibles aux voitures , mais propres et remplies de fontaines. Le long du quai s'offre une suite de maisons élégantes qui s'étendent jusqu'à la levée de Tours. Le pont, formé de onze arches en pierres de taille, joint la ville à un des principaux faubourgs. S<ni château fut le séjour d'une foule de seigneurs et de princes qui , suivant leurs caprices , en modifièrent l'architecture. Il est assis sur un ctiteau qui domine la rive droite de la Loire, et son aspect est grandiose. Au nord sont les parties les plus anciennes ; sur d'antiques murailles reposent la salle des États et les débris de la tour de Châieau-RegnauH , ou des Oubliettes : au midi se trouve une tour dite du Foir , sur laquelle Catherine de Médicis fit construire un pavillon en briques , dont elle avait fait son observatoire. On y lit cette inscription : dranio! sacrum . qui rappelle le goût de la reine |x>ur l'astrologie et l'étude di's

constellations. De ce point élevé , la vue s*étend à plus de dix lieues ; on di't ouvn' à gaucho les lli'chcs et les rltH-luTs df Chanilxird , et la forêt de Boulogne ; à droite sont les hois de Hu>^i ; sur la droite la Loire va se perdre dans un horizon où apparaissent çà et là des villes et des châteaux. La tour du Foix domine des bâtiments en briques, qui rappellent les édifices de la Flandre et des Pays-Bas au quinzième siècle. Derrière ces constructions est la petite chapdle de Louis XII , sur l'emplacement de l'église de Saint-Calais. Ce prince naquit dans les appartements qui se trouvaient à l'est du châtoau ; il fit ])lus tiud renij»l;ir< r cet codifiée jiar la fac^adt' aclui-lle. Bâtie en pierre jusqu'à une certaine hauteur, elle se termine par des murs de brique , dont le fond rougeâtre Hût mieux ressortir encore la richesse des sculptures des balcons, des croisées, des lucarnes et même des cheminées. Là se retrouvent une variété infinie de petits sujets, dont quelques-uns blessent la décence. Les curieux remar^ quent à l'intérieur, sous l'encorbellement d'une tourelle qui s'appuie au gmnd escalier, un groupe dont la ])udi(pie Anne de Bretagne dut détourner les reganls , niais qu'elle ne til point enlever. La porte principale du château est au milieu de cette façade, entre deux colonnes dont les fûts sont chargés d'hermines et de fleurfr4e4is. Audessus de cette porte existait la statue équestre de Louis XII, en> tourée de fleun-de-lis d'or; une inscription latine consacrait le souvenir de la naissance du roi et de son avènement au pouvoir dans le châtrau dr Blois. La dernière tViiêtrc à gauche de rette façade, est celle de la ( lianibre à coucher. A l'intérieur, une suite d'arcades soutenues par des colonnes sculptées va de l'un à l'autre des deux pavillons. Chacun d'eux renferme un escalier; mais celui qui omduit à la salle des États est le plus remarquable. Les auteurs rapportent que ce bâtiment était couvert en plomb doré, et surmonté d'une crête à jour découpée en festons. La richesse des tentures et des ameublements répondait à la magnificence de l'architecture. La salle des Etats se trouve en retour d équerre du côté nord. L'esca-

ET DE LA GÉNÉRALITÉ D'ORLEANS. xxiii

lier, qui semble se détacher de la façade niême, passe à juste titre pour un chef-d'œnvre, mais il a subi de grandes mutilalions. • Re-

• présentom-nous , dit un historien * , cet escalier re\'êta de tout le " luxe de sa décoration primitive; rcndrnis-lui par la pensée ses bal-

- cûOB avec leurs balostres; replaçons les salamandres et les F cou- « ronnés dans les écnssons des rampr.s; Rétablissons K s sculptures " dcïj iiit lu s et des eiit.iblemeiits , les (.liilTit s ^'ifffintt'scjucs Fraii-

- çois 1'' et de Claude de France, les hermines et les lUurs-de-lis

- sans nombre, et les arabesques qui dtreignaient les contreforts, " comme les rameaux entrelacés du lierre. Que l'on se figure ensuite

• le roi François I* entouré de sa cour brillante; les femmes aux " chaperons de velours étinodants de pierreries , aux étroits corsages " et aux robes traîtiantes ; les hommes k la toque ceinte d*une lon^o

- plume, au juslautoriis iiuir à ( re\f''s couleur de li u , ;iu luaiilcau " amvt et à la large daj^ue; ou bien encore le roi Henri 111 descen-

- dant de ses appartements à la nuit, suivi de ses pages et de ses " mignons, entouré de ses quarante-cinq, et allant aux flambeaux » entendre la messe de Noël... » La foçade extérieure est fort dégradée. Entre les fenêtres sont pratiquées des niches qui devaioit contenir des statues ; les quatre tourelles à pans étment ornées d*aral)esques; sur les culs-de-lainpe qui les soutiennent, on \ ()yait des bas-reliefs. Le bâtiment est divisé en trois i tages sur une partie de sa longueur, et seulement en deux dans l'autre moitié. Une galerie soutenue par de légers pilastres règne au-dessus de l'entablement. Toute cette partie est masquée par des constructions récentes. Henri III tenait sa cour dans cette aile du château. La salle des gardes , la chambre à coucher du roi , les cabinets sont dans le plus triste état ; les iuiobris en bois de roiiiluiic de la reine, ()U\ ra;,M' d'un goût exquis, ceux de la chambre de Catherine, sont recouverts d'un triste badigeon. La porte (h> la salle des gardes s'eus i-ait sur le grand escalier; on en avait l'ait la salle du conseil. A droite de cette

• M. dv La SAunay^.

xxtv UKSCRIPTIUN DE L'ORLÉANAIS

|jiè( L' était le caliinct de llmri III; l'oratoire s(*parait la chambi'e ù coucher d'une pièçe carrée, appelée 1 ancien cabinet. Guise, invité à se rendre près du monarque, s'arrêta dans la salle du conseil , et traversa la chambre à coucher pour passer ensuite dans le cabinet royal. Les assassins étM&it cachés dans le couloir et derrière les tapisseries. Au moment où le duc se retournait , comme pour fuir son misérable sort, il reçut un premier coup de dague, et eut la force de traîner ses assassins jusque ])rës du lit , où il tomba lourdement. Son corps fut jini ti- dans l'oratoire et remis à la ^■^arde d'un chapelain. Les enil>rasures des croisées olfrent encore des restes de sculptures et de peintures à fresque. Le plafond est formé de caissons de bois, dont quelques compartiments présentent des lambeaux de cuir doré.

Mansard érigea la façade située à l'ouest du château sur Templacement de l'antique manoir des comtes de Blois. La terrasse nommée le Porche aux Bretons servait de promenade aux soldats

de la reine Anne. Les jardins, qui occuj)aient la partie hasse de la place et l'endroit où s'élèNc l'éizli^e des Jésuites, eommunitjuaient avec le palais par une galerie dite des Cerfs. Gaston d'Orléans, préférant à l'architecture si riche et si somptueuse de la Renaissance les monumoits sévères du règne de Louis XIV, résolut de renverser de fond en comble le château. Sur la façade extérieure est un avantcorps en saillie , et à ses deux extrémités s'élèvent deux pavillons : le premier étac^e est d'ordr»» dorique , et le second d'ordre corinthien ; cette partie du bâtiment ie|)ose sur les anc iennes forliticatioiis , (|ui sont d'une tiianiie s()lidit(''. La façade intérieure jjrésente trois étages, y compris le rez-de-chaussée: les ailes en retour sont inachevées. Les appartements eux-mêmes n'ont jamais été terminés. L'escalier, placé dans l'avant-corps du centre , se terminait par une coupole richement sculptée.

La place qui se trouve au pied du château était entourée d'hôtels occupés par les gens de 1» cour; on montre celui du cardinal d'Am-

ET DE LA GÉNÉRALITÉ D'ORLÉANS. xxv

boise. Deux rampes servent de communication avec la ville. Du côté (le la jjlaco, oti sort do l avant-cour en passant sur un pont-lcvis.

Pendant les règnes de François î" et de Louis XII , les apporte* mente éteient meublés avec luxe, tendus de di-ap d'or et de magnifiques taittssenes; on y voyait des tableaux de Raphaël, du Titien, du Pérogin , de Léonard de Vind; des statues, des vases ridiement ciselés , des sphëres , des instruments d'astrokgie et une bibEothèque de seize mille quatre cent trente^q volumes.

Ce magnifique édifice fut converti en caserne dès Tannée 1789, et occupé sucessi\eiiieiit par les rc^^nnients Royal-comtois, de Houssillon, deRouer«(ue. En 1810, la ville lit acquisition du château, à la charge de veiller et de pourv oir à sa conservation. Depuis 1833 , il est occupé par des troupes d'infanterie.

Le Ftolais-denJustioe, situé à l'extrémité de la place Saint-Lovis , fut fimdé vers le treizième siècle. Les seigneurs de la maison d'Orléans le firent continuer; Henri 111 l'acheva. La tour de Beauvoir, qui sert de prison , feisait partie du castd des sires d'Heibanlt. L'HôteMe-ViHe, dont la Ix^lle façade t^t moderne, appartenait aux sires de Saverse. Le monument le y)lus remar(|ua])le, apr«^s le château, est l'hôtel d'Alluye, bâti par Florimond Robertet , intendant des finances sous François I". Les appartements ont conservé des traces de leur première beauté. Tout près est la maison de Denis Dupont, jurisconsulte, où se trouve un escalier orné de sculptures et de devises allégoriques. L'hôtd de Guise ressemble aux manoirs du quatorzième siècle; mais rien ne justifie cette dénomination, puisque le Balafré babitatt le château. Du haut des terrasses de l'évêchc^ , on jouit du plus admirable panorama. L hôtel de la préfecture fut construit sur les d(îssins de Gabriel, architecte de Louis XIV. Mansard bâtit l'ancienne église des Jésuites. L'aqueduc, qui fournit les eaux à une partie de la ville , est taillé dans le roc ; plusieurs personnes peuvent y marcher de firent. La promenade des allées iiorme à l'extrânité nord-ouest de la ville une avtoiue d'une demi-lieue de

xxxt DESCRIPTION DK L'ORLÉANAIS, ETC.

lono^. qui aboutit à la foret. Le mail borde le quai de la Loire-, la salle do s|M'< taclp, les ahattoiî'ïj . la j>()iss(»nncrit' offrent quelque intérêt ; riinpital est |)our\u d uii jaidiii l»()laiiiiiue.

Le \xmt , qui est un des; plus beaux de France . fut confiniencv en 1717 et terminé en 1724. Sa lonijneur est de 302 mètres , sa lai|;eiir do 14 mètres, et sa hauteur de 13 mètres 6 décimètres an-dessus du niveau des eaux moyennes; il fut coupé en 179â par ordre des représentants du peuple. La cathédrale de Saint-Louis, fondée vers le septième siède, est d'une pauvreté peu en rapport avec la ncbesse de la ville de Blois. Dans l'éplisc* de Saint-Laumer , on voyait les tfMni)eaux d'Isabelle de France, lUIe de Chailes VI et comtesse de Blois, et de Guillaume Pot. ^fouvenieur d'Orh'ans et de Bhjis L"»' glise de Saint ÎSatuniin re^'ut le cœur de Gaston d Orléans, celui de mademoiselle de Muntpensier, et les restes de la veuve du grand Sobieski . morte à Blois. Anne de Bretagne fit reconstruire presque en entier cet édifice, qui est d'un style majestueux. Marie de Médicis l'enridiit de ses dons.

Les anciennes armoiries de la ville étaient une flenr-de-lis d'or sur un champ de sable , soutenu du loup et du porc-épic.

CIIARTRKS.

Cbaitres est située sur le penchant d'une colline dont l'Eure bai<nie le pied ; les rues de la basse ville sont tellement escarpées ,

que h's voitures n'y peuvent ciixuler Les (luarticrs neufs attestent progiës de la civilisation et le t^oùt des demeures bien dislriljuécs. Beaucoup de maisons sont en pans de bois. Une partie d«>s vieilles marailles a été convertie en jardins et en promenades , d'où l'on jouit d'un horizon fort étendu.

Le principal monument de Chartres , celui qui commande tout d'abord l'attention, est la cathédrale, l'une des plus magnifiques créations de l'art au moyen âj^e Faute de documents authentiques, on n'est pas d accord sur ! cpoijuc de sa toiidalion Mais on connaît les sinistres que subit le temple élevé dans les premiers ùgcs. Un vieux poète indique qu'il y eut un incendie vers l'année 770 , pendant l'épiscopat de Flavius; mais on sait, d'une manière plus authentique, qu'Hasting prit Chartres en 868 et brûla les églises.

Doux autres incendies se succédèrent en 962 et 1020. La piété des fidèles éclata par un grand nombre de dons, et bioitôt on s'occupa de la reconstruction de l'édifice. Les principaux tnenfeiteurs de Té» glise furent alors Eudes de Charties , Henri I", roi de France, Reau Cormier, son médecin, et Âdelard, doyen du diapitre. Deux ans après, les cryptes du monument étaient déjà terminées. L'évêque Fulbert , (pu poussait It-s travaux avec un f^rand zèle , laissa , en mounuit , une sonitno considérable pour qu'on achevât son œuvre déjà fort avancée. La dédicace eut lieu sous Thierry, successeur de Fulbert, en 1037. Le jubé fiit construit sous l'épiscopat de saint Yves , de 1090 à 1115. Un incendie , qui ravagea la ville , causa de grands dégâts dans l'intérieur de la cathédrale, vers 1194. Ce £ût , contesté par plumeurs historiens, semble maintenant établie La princesse Maliuut , veuve de Guillaume-k'-Bâtarcl , duc de Normaudie , avait t'ait couvrir en plomh le chœur, la croisée et une partie de la nef. Les clochers devaient être faits sur le même dessin , mais on n'avait achevé que celui de droite, i^pelé le vieux clocher, lorsqu'on fut obligé de le reconstruire en partie vers Tannée 1395 et de l'entourer de cercles de fer ; depuis lors, il a facavé les vents et les saisens. L'autre clocher, construit en pierre et sur la plate-forme d'une tour carrée , se terminait par une llèche en charpente , recouverte en plomb. Il fut frappé par la foudre le 2(> juillet lôOfj. La violence des flammes fondit le plomb, six cloches, et calcina une partie de la plateforme, construite en pierres* Pour sauver Téghse, on se hâta de eonper les charpentes et de démolir la partie des toits voisine du clocher. Les chaïKnnes, qui reçurent des princes et du roi Louis XII d'abondantes aumônes, rétablirent le clocher en pierres. Jean Texier, surnommé de Beauce, en fut l'architecte. Grâce à ses efforts, cette pyramide s'acheva en moins de ^ept amit-es. Ainsi, l(^s diverses réparations et restaurations à la cathédrale se prolongèrent pendant près de deux siècles ; on la dédia à la Vieige.

• Pir IctdiMertatiQM de MM. Benoit, Chulcs et Bsanrd.

KT DE LA GtNEHALlTÊ DOHLÉANS xxix

On reconnaît tout d'abord le premier âge du style gothique ; élégant dans ses proportions, noUe. grandiose et imposant dans son ensemble. Sa fiiçade principale a 160 pieds de largeur; ses tours carrées , surmontées de deux pyramides octogones , sont séparées

par un iiiler\ allé de 58 pi»'ds. Sur la place s'ouvrent trois ju'raudt's portes, précédées d un perron de tmq arcades, et lorniées de voussures qu'ornent de belles sculptures. Les figures qui échappèrent aux ravages des anciens incendies ont tontes le caractère des statues de la première race; dles sont d'une hauteur démesurée; les bras sont trop courts; le visage est aplati ; les draperies forment des plis nom* breox et sans goût ; les têtes sont environnées de l'auréole que Ton accordait aux rois ou aux t^rands princes et aux saints. Toutes ces statues ofirent une étude curieuse de l'art et du rostuin»' français au douzième siècle. 11 faut tenir compte de la variété et de la richesse des mouvements, et iaire attention à la forme des couronnes, aox longues chevelures parfois enveloppées de rubans, et qui distinguaient les princcMCs et les personnes de conditian libre, des serfe. Cès statues sont la perfection du genre, car akm le dessin laissait encore beaucoup à désirer ; on serait même tenté de les attribuer à des artistes venus d'Orient, tant elles sont supérieures à toutes celles qu'on remarque sur les portiques de la même époque. £lles sont entourées de colonnes que décorent des rinceaux et des entrdacs; les chapi> teanx et couronnements qui les surmontent sont ornés de bas-reli^ représentant les mystères du Nouveau-Testament. Au-dessus des portiques sont trois grandes fenêtres avec des vitraux peints des plus riches couleurs ; plus haut est une rose , surmontée de la galerie qui sert de c-ointnunication entre les deux clochers. Dans ( ctlr partie du monument bont quinze statues i^ii^^antesques d'une fail)le exécution, que l'on présume être celles des bienfaiteurs de l'église. Le triomphe de la Vierge est représenté dans le grand pignon de la fiiçade andessous d'une statue que l'on prétend être celle de saint Aventin. Les faces latérales du monument sont d'une grande beauté. Au

iiiiili , un perron tle dix-sept tnarchos. soutciui par des inassils (jui servent de base à des tigureti ou à des colonnes d'un sel jet, conduit sous un vaste porche à trois portiques sunnoutés de pignims et de statues placées dans des niches avec des couronnements. Les portails en ogive sont du meilleur style. An-dessus du porche s'ouvrent cinq fenêtres de niveau, et plus haut est une très-belle rose. Des angles du grand pignon se détachent deux tourdles octogones , liées entre elles par une galerie avec balustrade en pierre. Le côté nord présente à [n u pn'^s le niêiiio iispi'ct , et 1 on pense que l'architecture des deux [X)r( hes est du même temps.

Avant le dernier incendie, on vantait la couverture toute en plomb, et Ton faisait admirer la charpente , composée d'une si étonnante quantité de pièces de bois qu'mi Tavait surnommée la Forêt. Elle a été rétablie en fer, et mérite, sous le rapport de l'art, une grande attention. Sur le contrefort du clocher vieux est un cadran vertical en pierre, soutenu par un ange, dont la base semble &ire partie du clocher lui-même. Au-dessous est un une pinçant de la harpe, et désigné sous le titre de l Ane qui vielle. Cette bizarre sf ul{)turt' rappelle les l'êtes de l'Ane, si célèbres dans le moyen âge. Le clocher vieux est remarquable par sa grandeur et sa masse. On monte par une échdle en fer jusqu'à la croix, plantée dans une boule de cuivre doré; sur toutes les fiioes de ce clocher on voit des fenêtres ogives, surmontées pour la phipart de frontons aigus, et flanquées d'obélisques qui s'élèvent aux angles de la tour. Le clocher neuf est phis riche et plus ornementé. Il est divisé en plusieurs étages , que soutiennent des voûtes de pierre. Autour, s'enroule la haUistrade à jour d'une galerie sous latjuelle ont été niénii^^cis ijuatre grandes fenêtres ù frontons aigus. Les obélisques qui surmontent les piliers angulaires de la tour se rattachent au clocher lui-même par de légers aros-boutants. Sur les obélisques ont été placées les statues des douze apôtres . avec leurs attributs. Chaque feoe de cette partie du clocher est percée d'une fenêtre que surmonte un pignon à jour. Du côté de Ui

ET l)B LA GÉNÉRALITÉ D'ORLÉANS. xxxi

place du Parvis t st la statu*' du Père Étemel , tenant en main le glolx* surmonté d une croix. Là s'étalent toutes les magnificraces du génie de l'architecte; ce ne sont que cep? de vi>jne taillés à jour, serpentant autour des ogives, des entrelacs et des nnceaox. Aordessiis de cette galerie est une chambre de forme octogone, voûtée en pierre, où logent deux gardiens, qui veillent nuit et jour pour avertir des incendies. Le clocher se termine par une lanterne de forme octogone, percée de deux fenêtres sur chaque face, dans laquelle est la cloche du ifuet ou le tocsin. Enfin, au-dessus de cette lanterne est une pyramide octogone que surmonte la croix de fer, de 8 pieds de hauteur sur 5 de largeur, implantée dans un \ ase de bronie de 6 pieds 6 pouces de hauteur, sur 2 pieds 6 pouces de diamètre.

La surprise et l'admiration sont plus grandes encore lorsqu'on pénètre dans l'intérieur de l'église. Le demi^our des basiliques du moyen âge aâaie là dans sa mystérieuse majesté, he scddl , qui se joue dans les vitraux , perd son éclat , et donne à tout I'édific« une teinte «jrandiose et vénéraMe. L'ét,'lise a pieds de lonj^meur sur loi de longueur, et lOG pieds de hauteur sous voûte. La nef a 224 pieds de longueur ; les bas-côtés . qui sont doubles autour du diœur, ont 20 pieds de largeur sur 48 de hauteur. On fait intérieurement le tour de l'église en parcourant la galerie qui règne dans r^aisseur du mur, au-dessus des grands vitraux de la nef et du dueur. Deirière le maitre-antel est un groupe de marbre blanc de 19 pieds de hauteur, représentant l'assomption de la Vierge. Le labyrinthe en pierre bleue de Senlis , que les Chartrains appellent la Lieue, bien qu il n'ait ([ue 768 pieds de (lévelo])penient , ressemble kces carreln^'^es dont l'idi-p appartient aux Égyptiens. I,< s vitraux contiennent ks futures de saints personnages, des sujets de la Bible et du NottveaurTestament , et les corporations de métiers qui ont contribué à l'érection de la basilique , soit par leurs travaux, soit par leurs dons. Le sujet de la grande rose , au-dessus de la porte royale, est le Jugement dentier; le Père Étemel est sur un nuage, dans la

XXXII DESCIUPTION DE LORLÉANAIS, ETC.

rosette du centre. Autour du chœur Ye\p\e un ouvrage de la plus belle exécution : c'est l'histoire de la vie de la Vierge, et la passion de Jésus-Christ. Ces sujets sont en quelque sorte encadrés dans une multitude de pjTamides, de dentelures et d'arab«'sques dignes des ouvrages d'orfèvrerie les plus délicats. Le grand-autel en marbre bleu turquin, avec des ornements en bronze doré, a la forme d'un tombeau antique.

L'église souterraine se compose de deux longues nefs qui s'étendent sous les bas côtés de l'éghse haute.

Les autres monuments ou édificc»s de Chartres sont la Préfecture, l'Hôtel-de-Ville, l'ancien couvent de Saint-Pcre, la maison de Saint- Jean, le Palais-de-Justice, l'Hôpital général situé sur les bords de l'Eure; le Muséum, la bibliothèque publique, assez riche en manus- «•rits.

A R R ON D ISS K M KN T I) " < ) B I. É A N 8.

Le premier bourg que l'on rencontre sur la route d'Orléans à Blois est Saint- Ay, agréablement situé sur le penchant d'une cx)lline couverte de vignobles estimés. On aperçoit au loin et sur l'autre rive de la Loire Cléry et sa cathédrale , qu'environnent de riants pâturages et des murailles de verdure. Plus loin , on traverse Meung , dont le château , séjour favori des évêques d'Orléans , s'éleva sur les iKirds de la Loire. Ce bourg, fameux dans nos guerres avec les Anglais, s'illustra par le dévouement de ses habitants qui , lors de la famine de 1338, secoururent les Orléanai» en leur portant de la farine et des grains chargés sur des ânes. Les Guppins leur exprimèrent leur reconnaissance en criant à tue-tête : Allons au pain, toici les ânes de Meumj qui arrivent ! Telle fut l'origine d'une épithëte injurieuse, et d'autant moins inéntée que la plus grande renommée littéraire de l'Orléanais. Jean Clopinel , a été fournie par Meung. Baiille , charmant village qu'embellissent plusieurs villas ,

xxxw DESCRIPTION DE L ORLÉANAIS

s'oUVe bientôt aux regards. Bean(j( ncy ne tarde pas à montrer sa haute tour, ses restes de murailles et les clochers de ses églises. A gauche est le pont de trente>neuf arches sur la Loire, restàuré à diverses époques, et qui offre tous les genres d'architecture. A droite est le magnifique pont du rail-way sur lequd les wagons glissent comme suspendus au milieu des airs. L'intérieur de cette ville, adininiblement placée ^ur le penchant d'un coteau , n'offre rien d'ai^réable; les rues sont montueus»'s , étroites, iMirdées de tnstrs maisons. Au lieu de se porter sur Igu quais de la Loire, les plus riches habitants ont choisi pour séjour des rudles et des impasses où Tair circule avec peine. Le principal monument est la tour, dont la base rectangulaire a 72 pieds de longueur sur 62 de laiigeur. Un incendie, allumé par les protestants en 1668, fit fondre le plomb et détruisit la couverture. Elle avait alors 125 pieds de hauteur, sa cime était t'nvironiit'e d'un rempart luisant saillie au dehors des murs. On n'est pas d'accord sur la date de la fondation de cette tour, qui repose sur une masse énorme de terre, sorte d(t montagne factice. A l'intérieur, il ne reste [dus que des portions de voiites en pierre, liâties en plein cintre. D'étroites fenêtres y laissent pénétrer un jour douteux. On retrouve à peine quelques marches de l'escalier conduisant aux étages supérieurs. Quatre corps de cheminées nNonnent ses murs, épais de 8 ou 10 pieds. L'IIôtel-de-Ville , ouvrage de Viart. a une façade i)ies(jue semblaljlf à celle de 1 ancien Hôtel-de-Ville d'Orléans ; ses sculptures et ses bas-reliefs sont dignes d'attention. L'enceinte de cette ville était autrefois assez étendue; ce qui reste des tours et des fortificaticms appartient à des époques diffiSnotes. L'église de Saintr-FIrmin , le d^t de mendicité , le couvent des G6novéfains, sont des monuments pleins d'intérêt. Aux environs de Beaugency vinrent habiter Bodin de Bois-Renard, littérateur; Gondillac; Claude Dunudmet , à qui l'on doit une histf)ire de celte ville ; Gentien Hervet , curé de Cravant , savant théologien et prédicateur ; Nicolas Gédoyn , de l'Académie française et de celle des Inscriptions,

ET DB LA GÉNÉRALITÉ D'ORLÉANS. xxx\

mort au château de Fontpertuis ; Gabriel iMeunier de(^uerl(m, avocat an pariement , littèratnir distingué ^ rédacteur, pendant plusieurs années, de la Gazette de Fnmce eide» Afickes de pnmnce: Michel Tnrpetîn, pràtre et écrivain modeste autant qu'instruit ; Jacques^ Nicolas Pellieux . médecin des armées ; Charles , fiimeux aéronaute : Jac<jU(^ Labliée, poëte et littérateur, à qui l'on doit sur la ville et les habitunls de iieaugeiicy des mémoin^s curieux ; Aignan , de l'Atadéiuie française. A peu de distance est le clos de Guigner. Entre la métairie de Ver et le château d'Avaray existe un dolmen, formé d'une énorme pierre que soutiennent trois antres perres verticales; un orme a pris racine au centre même de ce monument druidique, qu'il couvre de ses rameaux. Près de la rivière Ime est une fontaine d'eau minérale , dont la découverte est due au docteur Pellieux , historiographe estimé de celte ville. Cette eau, légèrement t\Tru^'ineUb.e, peut opérer de très-bons effets, et les sites agréables du pays et le voistoage de Paris y attireront quelque jour des malades et des promenenis. Au château de Flux, visité par Mably, mourut Condillac; ses restes furent déposés dans le cimetière de Lai7/y, ou l'on a vainement cherché sa tombe. Foniperiuù est aujourd'hui la demeure du descendant des sires de Montgommery. De l'autre côté de la î>nire. on trouve les paysans lieaucerons, crédules et grands amateurs de légendes. Les vignerons conservent la ternie opinion «lu'il suffit d'aller en procession à Cravani pour faire mourir les urbecs, insectes destructeurs des bourgeons. 3 fessas a ses histoires de revenants; mais un foit certain, •> c'est qu'un vigneron, oceopé à mar- • rer sa vigne, sentit la terre s'affaisser sous lui , et tomba dans m un puits à plus de 12 mètres de profondeur. Ce puits était percé

- de galeries , qui semblaient se diriger de quatre côtés difTérents. La

- peur lui fit bnu< her le trou , sans jxmsser ses investigations plus

- loin •• Lortjes . qui appartenait aux Montgommery. possédait un prieuré de Bonshommes de l'ordre de Grammont, dont Rancé, abbé

' M. DocilALLAM, Mimtirê •rvMalayffw mr la tmr ét BÊaagrmit,

\%xvt DESCHIPTION DB L'ORLÉANAIS

lie la 'ririjiiK', l'ut, dit-oii, jirieur'. A une trùs-laible dislance BeuujLîeni y et du chemin de fer sont les hameaux de l 'emon et de Vi/orceau ; J 'illemarceau , séjour de madame de Rippert, veuve du fondateur de la Quotidienne , fut visité par les célébrités littéraire» de l'Empire et de la Restauration. De l'autre côté du fleuve , en s'avançant vers la Sologne , on trouve la belle route conduisant d'Orléans k Blois , et qui fut abandonnée pour celle dont M . de Pompadour , |ti(i|)i iotaiiv de AIi'nai*s , demanda I rtablisseinent. Clrrij. ccMèbre par les pèl« iiiiai(< :> i\v Louis XI, fut, selnn les légendes, fondée par !»aint Liphard de Meung , qui bâtit en ce Heu une chapelle dédiée à la Vierge. Simon de Melun y fonda un chapitre, et Philippe de Valois y fit bâtir une trës-bdle église, que les Anglais détruisirent en 1^28, et qui fîit restaurée , grâce à la magnificence de Louis XI. Cette église , à laquelle mille souvenirs se rattachent , est un des pins beaux monuments de l'Orléanais. La grosse tour carrée, qui s'élève à côté de l'entrée latérale nord . était autreluis surmontée d'une flèche; les contreforts, disposés avec goiit, donnent à l'édifice un air de grandeur et de majesté. Au point d'intersection des deux brancbes de la croix que dessine Tédifioe, est le clocher, de fixme pyramidale ; le portail , surmonté d'une petite campanile , a de la grâce et de la majesté ; la neî est éclairée par vingt>trais croisées, dont les vitraux sont aujourd'hui détruits; il ne reste plus que ceux de la fenêtre du i"ond-point ; la nef principale e>.t accompagnée de basai s nt fs d un dessin hardi. On fait rcMiar<jucr les sculptures de la porte de la sacristie, formées de guirlandes et de ceps de vigne d'un fini merveilleux. Il ne faut pcnnt oublier les stalles, ornées de têtes bizarres et d'autres sculptures. Le morceau qui attire surtout l'attention e^t le tombeau de Louis XI. L'exécution en fut confiée par le roi lui-même à Conrad de Cologne et à Laurent de Wrine, statuaires. L'épouvante qu'il ressentait au seul mot de mort ne l'empêcha \m\\i de dicter aux artistes ses dernières volontés. 11 voulut

* Hi'BBRTt Hnloirt mmmmtcriU. Prixibox , KMMoia kiêtoripin mr hi riU» ét BtnmfHutjf.

KT l)K LA GÉNÉRALITÉ DOKLÈANS, xxxvii

qu'on le représentât à genoux sur un carreau , les mains jointes , eti costume de chasse, ayant son cornet en bandoulière, son ordre de Saint-Michd au cou et son chien à ses cotés ; il prescrivit surtout qu'on écartât de son visage les indices de maladie ou de dépérissement , afin que les siècles futurs ne vissent qu'un prince vigoureux dans le hardi destructeur de lu tV'odalitr. Los calN iiiistcs brisèrent amunument que Louis XllI fit réUiblir par Micliel Bcuudin , Orléanais.

• On le voit â genoux sur son tombeau; quatre enfants sont aux

• angles: ce sont quatre anges , et ce pourraient être quatre Amours

• n on ne leur avait point arraché les ailes; le bon apôtre de roi fiût

• là le saint homme, et est bien mieux pris que quand le Bouxgui- " gnon le mena à Li^.

Je lui trouvai la mine d'oa matoii }

Au.i!ti IVtait, cp prince, dont In vie Doit rareinenl servir d'exemple aux rois, Et pourrait itn ea qadqncs iMlata aolTiv.

• A ses genoux sont ses heures, son chapelet etautres^ menus usteii- " siles; sa main de justice, son sceptre, son chapeau et sa Notre

• Dame ; je ne sais comment le statuaire n'y a point mis te prévôt

-Tristan ^ Ces détails, empruntes à La Fontaine, sont delà

plus faraude fidélité. Le caveau qui se trouve sous la statue renferme les corps du roi et de Charlotte de Sivoie sii femme, et celui de leur fils le prince Louis; le cœur de Charles VIU et les restes mortels de son troisième fils, FVançois de fVance. Les protestants dispersèrent ces dépouilles royales; mais, s'il fallait en croire quelques historiens nnodemes, les pro&nations auraient été plus ccnnplètes en 1792. La tête de Louis XI , cet ennemi des fjrands , fut alors brisée par quelque démagogue ignorant ; les débris du mausolée restèrent à l'abandon jusqu'au jour où ^L Lenoir les fit transporter au Musée des Monuments français. En 1816 , le tombeau fut restauré et rétabh à son ancienne place.

11 est facile de retrouver des traces des murailles dont cette ville

xxxviii DESCRIPTION DE L'OBLÊANAIS

était entourée ; plusieurs maisons rappellent aussi des souvenirs ; dans un li(3tol où se repostiil madame de Pompadour, existent des peinture^ à lVcM|iie fort endommagées. On a transj)orté auinuâée d Orléans ui) |X)rtrait de Louis X[ au bas duquel on lidait :

Du curpa Mulemi-nl la santé Je dtauuKlola à Kotn Dame;

Trop l'i ninirluniT c'oust été

De la prier aussi pour rime. '

En août et en septembre , les habitants d'alentour se réunissent à Cléry pt>ur assister à deux assemblées fameuses dans 1 Orléanais , et qu'on nomme /es Corps saiiits ; on y remarque les costumes pittoresques des paysans de Mareau .et de Sauit- André. Les femmes portent des ooniettes plates, de grands corsets et des jupons courts ; les hommes nnt des culottes courtes , des souliers à larges boudes, des chapeaux à bords relevés , deux vestes et des habits couleur lie de vin. Non lom de Cléry est une tombdle gauloise . connue sous le nom de Renaud tombtttU : on y trouva des médailles de bronze et d at^gent et des fra^jments d'armes, /m Fcrtê Saint- Auhi n , sur la rive gauche du (vosson , fut fondée du trmps du roi liol^ert par \abert et possédée par Henri de Senneterre. Le maréchal de Low endall l'acheta ; elle est aujourd'hui la propriété du prince d'Essling Le château, bâti en briques, est en partie du dix-huitième siècle; le Cosscm baigne les murs. Jargeau, que l'on trouve sur les bords de la Loire, remonte à une haute antiquité. Les Romains y ont laissé des traces de leur séjour. Elle soutint avec courage plimeurs sièges , dont le plus fameux est celui où flottait l'étendard de la Pucelle. Une partie des remparts existe encore J/éi:1l^e Saint-Élienne , dégradée par les protestants, conscîrve un wiractère imposant. L ancien pont a été remplacé par un pont suspendu qui réunit la ville à un de ses faubourgs. A peu de distance de Jaigeau sont les bouigs de SméUUon, de Vienne-en-Val ^ à'Ouvrouer. SaiiU-Cifr'en'Val , joli village, a dans ses alentours le château de la JoncAère, ancienne demeure des

ET DR LA GfiNfiR ALITÉ D'ORLÉANS. Kxm

sires d'Arlon , et le château de la Source, entouré d'admirables jardins. Ces lieux sont visités par ceux qui désirent connaître les wnuoes du Loiret. La plus grande, mminiée l'Alnme» est placée vis-à-vis des cuisines du diftteau ; on voit à sa snr&oe on pétillement pea sensible. L'autre» appelée h BouiUon, est au centre d'un bassin , dont le &od est en forme d'entonnoir; sa profondeur n'est que de 3 mMres à partir de l'entrée des conduits souterrains. On fait aussi remarquer, dans le ht mciiic du Loiret, un bassin demi-circulaire, appelé le Gouffre ou le (J 'erre , dans lequel se perd la [)etite rivière du Duis. MM. de Tristan et d'IUiers ont constaté que la profondeur de ce gouffipe était de 14 mètres au plus. U arrive parfois que les rades s«nblent repoussées du Gèvre par une force inconnue , et le Loiret, remontant alors son cours , inonde les environs; cet effet n'est produt que lorsque la Loire est à une certaine hauteur , et les mêmes observateurs en ont conclu que le gouffre avait nue communication souterraine avec le lleuve. Quehjues auteurs pensent mrmc que le Lt)iret dqjt son existence à la Lt)ire , où il retourne se jeter aprf^s un cours de trois Lieues. Cette rivière porte bateau presque au sortir de sa source; ses eaux conservent une température moyenne au milieu des plus grandes chaleurs et pendant le fnnd le plus rigoureux. On retourne à Orléans en passant par Olivet; à chaque pas s'offifent de délicieuÉes maisons de campagne entourées de jardins , où serpente le Lcnret. Non loin de là est Saint-Memninrde-Miri ; il ne reste de cette immense abbaye (ju un bâtiment , converti en maison d'habitation, et l'éfjlise . (jui est devenue un pressoir. L ancien château de Conbray, habité pai" Catherine de Médicis et qui reçut le dernier soupir de Guise après l'attentat de Poltrot, n'existe plus. ChâUaunmtf'tur'Loire, bonig considérable , situé sur la rive droite du ileave , est traversé par la grande route de Nevers. Le chfttean actuel fut bftti par Phélippeaux, duc de La Vrillière , ministre de Louis XV. Cette propriété passa ensuite aux mains du duc de Penthièvre, qui l'embellit à grands frais. Germigny-des-Pris possédait

XL DKSr.RIPTION DK I.OULflANAlS. FTC

une abbaye orlèbre par le cnncilo où se trouva Théotlulphe. archevêque de Bourges. Le château , dont on aperçoit quelques ruines, fut, dit-on , habité par Eudes de Franco, frère de Henri 1". L'église est digne do fixer l'attention , bien qu'elle ait été fort maltraitée par les calvini.-tes du temps des guerres religieuses. Sur la lisiëre de la forêt est NeuvHlr , gros bourg et clief-lieu de canton , qui a dans ses dépendances I.mmj et Rfhrechipii . naguère fameuse par ses vins Toute cette partie de l'Orléanais est d'une fertilité remarquable.

ahk(»niusm-:mknt ih; <.m:\

L'origine de Gien est fort ancienne , sans qu'on puisse , malgré In ressemblance de nom. reconnaître en elle la Genabum de César. Jadis agglomérée près de l'endroit nommé Gien-le-l'ieiix , où l'on trouve les ruines d'un monument (jui fut, selon les uns, une églisi* chrétienne, et, selon d'autres , un temple païen, sa population se fixa dans le courant du onzième siècle autour du château actuel. Étienne, comte de Vermandois, fut le premier seigneur de Gien. Son fief passa aux ducs de Bourgogne , et vint au sortir des iriains des évêques d'Auxerre se réunir à la couronne sous le règne de Philippe-Auguste. Louis XIll l éihangea contre la seigneurie de Châteaurenard. Ija situation pittoresque de cette ville séduit au preniier abord, mais l intérieur ne répond pas à cet aspect riant. Les maisons ont quelijue chose de sombre et de triste Le château, dont la masse étonne et attire les regards, est d'un style qui n'appartient à aucune époque. La grosse tour de l'église de Saint-Ktieime contient l'horlcge publique. La maison dite du Tenij)!f , d'une épocjue anté-

xi.li DKSCRtPTION DE l/ORLfiANAIS

rieure à celle de l'ordre des Templiers . ser\it de prêche aux calvinistes, jadis fort nombreux à Gien. C'est dans le monastère de Sainte-Claire que fat renfermée la belle Serbie, amante de Mira> beau. Les fortifications ont été détniites. Le pont est vn des phis beaux qui se trouvent sur la Loire.

Non loin de Gii n est Saint-Gondon , bourg" sur la rive gauche de la Loire. Ou v voit luie tour de la plus jurande anti(juité . assise sur un tertre i ir( ulaire, espèce de tumulus lonnc de terres rapportées, où des fouilles récentes ont fait découvrir des ossements d'hommes et d'animaux. On présume qu'elle dépendait d'un manoif féodal , dont Rahon , comte d'Orléans , fut seigneur vers l'année 790. Les La Trémouille , puis les sires de Béthune , en furent les derniers maîtres. Louis d'Outremer gouverna . en qualité d'abbé, le monastère d<' Sairit-(fOiulon , qui dé|H.'ndail de la fameuse abbaye de Fleury- Sjùfit-Benoît

AllK)in, lieutenant de Vamachaire, s'étant retiré avec des idées d'expiation dans son château de Saint-Benoit-surrLoire, fit don aux religieux de Saint- Aignan de tous ses biens tempords. Son fils vint l'y rejoindre; ils appelèrent près d'eux quelques moines, etfimdèrent une abbaye sous l'invocation et suivant les règles du bienheureux dont les restes l'-taicMit ciirerinc'S dans 1rs caveaux du Moiil-Cassin. Monmole, un do leurs successeurs, désira posséilcr les i cliques du saint, et il cliari^a>a d'une mission , qui exigeait de l'adresse et du courage. Aggulfe, un de ses moines, né à Blois. Celui-ci rencontra, pendant le voyage, des rdigieux du Mans qu'amenaient en Italie des desseins analogues, et qui avaient reçu de leurs supéiieurs l'mdre de rapporter à leur couvent le corps de sainte Scolastique, sœur de saint Benoît, et ensevelie dans le même tomlu au Cnugnant ([u on ne lui ravît le trésor convoité, Aggulfe se hâta do \ iol( r pendant la nuit le sépulcre . et jeta tous les ossements pêle-mêle dans un sac. Monmole se trouva fort embarrassé pour distinguer les reliques du frère de celles de la sœur. Mais il eut l'idée de placer les

KT DE LA GENÉKALllk DUULEANS. xliii

plus grands de ces oasemenU sur le cadavre d'un jeune homme, qui resBOsdta, et les plus petits sur le corps d'une jeune fille, que ce contact rendit k la vie. Une table de marbre, découverte dans les fondations de l'abbaye , garde la mémoire de cette translation et en fixe la date (660). Les légendes rapportent que la cérémonie s'accomplit au milieu de riiivcr et pur un temps ri|;oureux , il gelait Irè^-fort; les bords de la nvière étaient pris, mais sur le p<issage du bateau les glaces se fondaient ; une douce brise faisait épanouir les fleurs. Depuis ce miracle, on ajouta le nom de Fleury à celui de Saint- Benott.

Pépîn-le-Bref, CharlemagneetstmfiU enrichirent successivement l'abbaye, que rendait célèbre le savoir de ses religieux. Après la

halaille de F<iiit('nay, son tic'sor re(,-ut , dit-on, les \ast's sacrés et les ornements de !a chapelle de Lolhaire; des voleurs, précédant de peu d'amiées les mvages des IS'onnands , enlevèrent une partie des richesses de Fleury-Saint-Bencût. Les soldats de Rolkm livrèrent aux flammes l'^^Use et tgus les doStres désertés par les rdigieux. Carloman, ému à la vue des ruines, où s'étaient rassemblés quelques moines, donna des ordres pour la reconstruction des bâtiments. Les libéralilé> des Hdèles, le zèle d«ïs ouvriers, l'ac tivité de l'abbé Théodebert, tirent miraculeusement sur^'ir du sol les cloîtres et l'église Sainte-Marie. Plus tard, le monastère fut entouré d'un mur flanqué de tours et ceint de fossés profonds. Un incendie, causé par la négligence des ouvriers occupés à fondre les docbes , détruisit, en 974 , une partie des bétim«ita.

L'ère la .plus florissante de Saint-Benoit fut celle où Tillnstre Abbon accepta le titre d'abbé. 11 accrut tellement la n-putation du monastère, que les rois se firent, encore long temps après lui, un devoir de s'y retirer pour de pieux exercices. Philippe 1"', qui avait agrandi ses dépendances, voulut y être inhumé. Le pape Innocent 11 y rencontra Louis-le-Gros et la reine Adélaïde. Jean de La Tremouille, premier abbé commendataire de Saint-Benoit, défendit avec

xuv DESCRIPTION OB L'ORLÉANAIS

lorce les droits de l'abbaye contre le duc d'Orléans, qui voulait reprciidic une partie «les forêts ('(HH édiM s p;ir Pliilip})e I*'. Li s iiioiiie-> ayant ivsi?.l('' aux pivlcntioiis du chaim lici Duprat sur l'aljbaye, le canon fit croulfr la tour yaint-Michel. Sous le gouvernement d'Odet de Coligny, les biens du monastère furent dilapidés, et l'on brisa, pour la convertir en lingots, la châsse du saint; mais les reliques échappèrmt à la destniction. Les manuscrits et les livres précieux devinrent plus tard la proie des soldats du prince de Condé. Le duc d'Orléans, qui vivait en 1602. était abbé commendataire de Saint- Benoît; il (•«'•(la son titr»' à Arhilli' de I larl.i\ . (lUi eut pour succes!.eur Sully, ministre de Henri IV et huguenot. Ce seigneur vendit ses droits à l'évêque d'Angers. Le cardinal de Hielielicu, â'attrihuant cette proie , abattit pour trois cent mille francsi de lx>is , malgré les réclamations des moines, qui l'assignèrait devant le parlement. Richelieu crut les punir de leurs plaintes en les assujettissant a la réforme de la congrégation de Saint-éVIaur. La commende de Saint- BencSt échut à Louis de La Rivi6re . pu^s à Philippe de Lorraine. Klle se réunit au sié^e de Bourges vers 1772.

r^' monutnetit i|ui attire regard.-. e>t 1 églis-e , dont lu grandeur atteste quelle était aulrel">i.^ rnn|M»rtaiire de l'abbaye. La tour Saint- Michel a des voûtes et des piliers (laiiqucs de colonnes dont les chapiteaux sont chargtHi de figures allégoriques et historiques d'une assez médiocre exécution. L'entrée principale est sous les piliers de cette tour. 11 existait jadis sur la face nord une antre entrée , qui a été murée depuis long-temps. Le pourtour et le cintre sont ornés de sculptures presque en ronde-bosse. Trois nefs vont aboutir au choeur et aux deux Inanches de la croix latine. Le clocher, dont la forme nes a( ( ()rde j)oinl avec le stjle du reste de l éditlce, est au centre. Relativement à sa hauteur et à sa longueur, la nef principale semble trop étroite , mais elle n'est point dépourvue de majesté. Plusieurs chapelles s'ouvrent sur les bas-côtés. On voit une assez grande quan» tité de bas-reliefs représentant divers épisodes de la vie de saint

ET DE LA i;ÈNf:R ALITf: D'OttLÉANS xtv

Benoit. Le sanctuaire doit au style roman son caractère g^randiose et nij^que. Outre la châsse qui renferme les restes de saint Bencnt, on montre les reliques de sainte Placide et un morceau du voile de la Sainte-Vierge. A 1 mtériear est !e tombeau de Philippe I*', relevé de bosses et porté par quatre lions rampants. Ce mausolée , mutilé par les calvinistes, et abandonné pendant la révolution de 1793 dans une des cours de l'abbaye, fut restauré eu 1830, et placé à l endroit même où l'on avait décous ert les ossemt iits du roi.

Sur la rive gauche de la Loire est Suf/i/. mpitale de l'ancien duché de re nom. Au temps de la reine Berthe existait un château où Pépin d'Héristal s'arrêta à son retour de la guerre contre les Vascam. Cette seigneurie fut vendue par la dame de La Tremouille à Maximilien de Béthune, baron de Rosny. en faveur de qui Henri IV l'érigea en duché-pairie. Le château avait été embelli par ses anciens maîtres , qui con8er^•c^ent la chapelle colléj,nal.c. Le duc la fit raser, et sur son emplai-enient éleva la grosse tour de Béthune. Les ornements , les cloi lies et les pierres sépulcndes lurent transportés dans l'église de Notre-Dame. Les descendants de Sully agrandirent encore les dépendances du château. Voltaire fut accueilli par l'un de ces seigneurs lorsque , accusé d'avoir composé tes PWippi^ues , il fuyait la colère du duc d'Orléans. Caché^â Sully, il y continua son poème épique, et fit la tragédie d*.^ir/émûe. Une intrigue amoureuse , où il eut pour rival le chevalier de Rohan , lui valut une bastonnade exécuter, sur l'ordre de rdui-ii. pai' de.> valets à la li\rée de Belhune; le jeune poète, irrité de rmsultc, et trompé sur son auteur, effaça dans les premiers chants de --ii Henriudc le nom de Sully, qu'il remplaça par celui de Momay. Le duc de Béthune tenait à SoUy une véritable cour, dont les ridicules et les petits scandales furent l'objet d'une satire intitulée /a Société choisie. On montre encore hi salle des gardes et les appartements de Sully, tendus de tapisseries dont les légendes gothiques se rattachent à l'histoire de sa famille. La chanjbre qui sert de demeure au concierge est ornée de canons

XLvi DESCKIPIION Dli LUHLfcANAlS

peints et de grenades dorées. Le cabinet de travail reçoit le jour par d'c'troites fenêtres. chanil)re où coucha Henri IV lorsqu'il visita son fidèle ministre, est au-dessus de celle-ci. Un statuaire italien exécuta la statue de Sully, que la famille se fit rendre ])ar le Musée des .Monuments français, où elle avait été transj)(»rlce de Villebon.

Le hén)s , couronné de lauriers , a sous son manteau ducal sa cuirasse et ses brassards; sa main droite tient le bâton de maréchal, sa main gauche s'nppuie sur son écusson ; un casque richement orné est à ses pieds. La ville, qui reçut tour à tour Charles VII, la Pucelle, les Bourfîui^nons, les calvinistes, les i-oyalistes huguenots et les frondeurs, est dans une situation pittoresque. Diverses maisons offrent de l'intérêt : tel est I hôtel de la maîtresse de La Tremouille. La flèche de l'église produit un admimble effet. Ouzover est environné de bois. Dampiirre est plus peuplée, i^o/i/iy est au milieu d un imys vignoble. Ouzouer-sitr-Trczée se rapproche de Briare .

ET DE LA GÉNÉRALITÉ D'ORLÉANS. xuii

ville peu importante, située sur la rive droite de la l^ire et sur la route de Paris à [,v(m. Le caihil de ce nom commence aux portes de la capitale, traverse le département de S* ine-ct-Manie et l arroiidissement de Montargis, et vient se jeter dans la Loire près de cette ville, qui lui doit une partie de aa prospérité Réunissant la Loire à la Seine , il permet le transport par eau des produits débarqués & Nantes et des vins de l'Anjou et de l'Orléanais. Sully en avait conçu l'idée, qu'Henri IV accueillit. Les travaux de ce canal , cmnlnnés avec ceux du Loin}; et de Mdntar^ns, furent jHiusst's rivcf une >:raii(le a( ti\ité sur une longueur de près de 120, ()(>() mètres dans l'ancienne généralité, une largeur de 10 mètres et une profondeur moyenne do 1 mètre 30 centimètres. ïjea écluses sont an nombre de soixantetnns; on cmnpte plus de cinquante ponts. Une foule de roédailleii trouvées pendant ces immenses travaux attestent l'antiquité de la ville et le séjour des Romains aux environs. Les maisons construites sur les iHirds du canal sï)nt bien bâties. Sur le quai exislmt deux rangs d'arbres, et cette promenade s'étend au loin sur les deux rives, qu'entourent des prairies et de riants coteaux.

BeauHeu est une ville agréable. La Buatière possède un château bâti au milieu des eaux, et qui fut le théâtre de sanglantes luttes pendant les guerres religieuses. Trente ou quarante soldats huguenots ayant été massacrés par le seigneur de ce manoir, leurs compaf^noiis ai ( (Mirurcîit et se saisirent, apr^s une esp^ce de siège, de <|uinze prêtres <|ui s y t'taient réfug-iés pour é< happer aux massacres de Gien. Au mépris de la foi jurée , ils inventèrent pour leur ôter la vie les plus cruels supplices. Le village de Lamfftm oifie les mines de phisieurs édifices , et Ton voit dans les bois de Chetnoy de larges et profimds fossés indiquant la place d'un vieux château. Un castel antique s'élève â mille toises environ de ces ruines; il servit de rendez-vous de chasse aux souverains qui tenaient leur cour à Lorris.

ARRIINDISSCMHNT l'E MoNTARCJls

Montarijis. L'origine de cette ville est à jx'U près inconnue, et les étymologistes se sont vainement eirorcés d'en fixer la date à l'aide du nom , (ju'ils décomposaient chacun à leur manière. Elle fut possédée parles sires de Courtenay. (jui Taj^randirent, fortilièrent le château et élevèrent l'église de Sainte- Mario. PhilipiM> -Auguste en exigea la cession de Pierre de Courtenay. Montargis joue un grand rôle dans l'histoire de la province orléanaise; il serait donc superflu de rappeler ici le siège de 1427, si honteusement abandonné par les Anglais. J-.a ville fut brûlée en 1525 par des bandits appelés hoittcs-fcu ou démons follets : on se hâta de la rebâtir. Renée de Fnuue fit ériger en duché-pairie cette terre, où elle se retira après la mort d'Hercule d'Est, son époux. La ville lui dut de nombreux embellissements. Protectrice des calvinistes, cette princesse y attira beaucoup de religioimaires, qu'elle sut, par sa fermeté , préserver des

DESCRIPTION DR L'ORLÉANAIS, RTC. xux

inenan s des Guiî>o. Montargis, réunie au duché d Orléans en laveur de Gaston de France, fut habitée un moment par Christine de Saède.

Le château oooraDnait la cûne d'an coteau dont la ville occupait run des versants. Les fondations et les murailles dataient du temps de Pierre de Courtenay. Charles V y fit faire d'immenses const motions ; il y ajouta huit grosses tours, dans l'une desquelles se trou vait l'horloge. l es an héolon^ues ont décrit la grande salle, qui était Icmgue de 189 pieds et large de 72 ; ^ vitraux, ses peintures, ses ornements, ses six cheminées de 12 pieds d'ouverture, sa fresque représentant le duel du chien de Montafgis contre Macaire, assassin d'Aubiy de Montdidier, tout cela fut l'objet de minutieuses recherches et de patients écrits. Le château, qui avait trois cours assez vastes pour les manœuvres d une garnison de six mille lioiiiiiit était encore assez bien conser\'é vers 1818. [.'église paroissiale . consacrée à la Madeleine, fut terminée dans le seizième siècle; les vitraux, qui étaient célèbres par leur beauté, ont été détruits. Les couvents de femmes qu'on j voyait avant la révolution, renfermaient les tombeaux de phisieurs femmes illustres par leur naissance et leurs vertus.

Ferrièret, séparé de Montargis par la forêt, avait une abbaye fameuse au moyen âge . et qui . fondée par Clovis , fut richement dotée par Clotilde. Les f alvinist(>s sarcagèrent la ville et le monftstëre, dont ils égorgèrent les religieux. Les ligueurs la livrrrent de nouveau au pillage vers 1681. L'abbaye, comme presque toutes edles de l'Oriéanais, sf^iartenait à l'ordre de Saint-Benoit. Phisieus rois, tels que Pépin. Louis m et CSarioman, y furent sacrés. Qnelques-ans de ses abbés devinrent célèbres; et nous citerons le cardinal de Tonmon. L'église seule reste debout ; on remarque l'élégante arcliitecturi' du chœur et les vitraux du sanctuaire. Les fortifications dont la ville était entourée se voient encore çà et là; celles du Bignon, bourg jadis considënible et protégé par deux châteaux, ont entièrement disparu. Près du village de Dardivei exis-

tent les ruines d'un pont de constnirtion romaine. Fontenay n'()irr(> riL'ii (ritiU''n s>aiit hiun le rapport (!<• l'art. Sur le terriloiro de jVaryis est une feriue-niodcle, «jui on upc les hâlinicnlrj du château de Thoury. Les communes de Sceaux, de Mignières. de Mignereite sont en partie couvertes de marais. Aux environs de Ferrièrei est la source de la petite rivière de Clairy, Amilly, traversé par le canal de Loing, a les meilleurs vignobles de la contrée. Nous citerons à divers titres Cepuy, qu embdlit un château de construction moderne; Lombreuil, avec son antique manoir; Vimory, théâtre de quelques escarmouches sons le icgnc île Charles VII , et Paurourt, au centre de la forêt de .Montargis, dont le château était le rendez-vous de chasse des sires de Courtenay.

Bellegarde est adossé à la forêt d'Orléans. Ce fief, qui appartint d'abord aux comtes de BeauoMmt. passa dans la maison de L'Hôpital. On le retrouve aux mains du duc de Bdlegarde, grandécuyer de Hoiri IV, puis en celles de madame de Montespon. Le château réunissait le grandiose des constructions féodales aux riches détails de la Renaissance. Les écuries, dont on citait rél»''i,'ance, existent encore, et sont surmontt'es d'une llèche indienne. Les jardins avaient été dessinés par Le Nôtre; mais jardins, corps de logis, parc, fontaines, tout a disparu. La charrue ouvre de riches sillaos dans ces allées solitaires qui virent d'illustres promoieurs et r^entirent des sons joyeux du cor. « Les pierres, le fer, le plomb et les matériaux provenant de la démolition auraient suffi pour coostmire une ville de trms mille âmes. « Moins boisée que le territoire du canton de Ferrières, cette partie de l'Orléanais renferme une assez grande quantité de prairies et des plaines médiocrement < ultuées. Les communes de Qiiifrs, de Beaiic/iamp, d'Anii/hers, de Mou/on, de Npsploy, de CiMpelon, de Ladon ne présentent aucun aliment à la curiosité.

Lorri», femeuae par sa coutume et par la naissance de l'un des plus grands portes du moyen âge , étale tristement les rares vestiges

ET DK LA GÈN£RAL1T£ D'ORLÉANS. u

de son andeime splendeur. Son château , bâti par Philippe I*', fat habité par Louis-le-Gros , Louis VII et Philippe- Auguste; saint

Louis y signa un traité de paix avec le comte de Toulouse. Cette châtcllenie, nichctcf par h'> ducs d'Orlcuiis , fit parlie de leur apanage jusqu'à la révolution. La rue principale est bordée de jolies maisons. On voit encore les ruines des anciennes murailles , et deux habitations gothiques bien conservées. Les coutumes , qui étaient les plus anciennes du royaume, remontent au temps de Louis-le-Gros; elles consacraient divers usages barbares. Le duel entre les nobles, et le pugilat entre les vilains , décidaient du bon droit dans les cas douteux. L<^' combat à outrance n'était jxrnns que dans les ac( u.sations de crime; trois choses y i (incouraiciit, savoir : crime autre que larcin ; commencement de preuves, grande présomption , et la preuve non entière. Toutefois, les casuistes n'admettaient que deux causes de dnel : la première, quand un prince justement offensé manquait d'argent ou de soldats pour guerroyer; il pouvait alors demander le combat; la seconde , quand un homme sons le coup d'tme accusation emportant la peine capitale appelait les faux témoins au jugement de Dieu. En matière civile, on se biittait seulement à coups de poing, et le vaincu ou le battu payait l'amende, pour avoir essayé de tromper la justice * .

Noyen possède des sources minérales ferrugineuses, maintenant abandonnées. Changy et Premoy avaient des châteaux dépendant des sires de Qmrtenay. Cette dernière ville, placée dans un site riant et agréable, étale les mines du vieux château où naquirent deux em[)i'rcurs de Bywince, Pierre et Rt»bci l df Courtcnav, et l'évêque Robert . qui sacra Philip|)e-le-Long. Les Anglais le démantelèrent du temps de Charles VU , et la construction qui le remplaça

* De là ce quatrain :

Ceit BB proverbe et «mimun rt> , QB'à U coutume de Lorria ,

QBoiqa'oii ftit J iule deoMade ,

Le bMtu paye l'aoïentle.

Lit DESCniPTlON DE L'ORLÉANAIS

disparut à son tour. L'«'-Lrlise paroissiale est dans un état de dégradation complète. Près de la ville, on aponçoit les vestiges d'une voie romaine qui se dirigeait vers le bourg de IViguère». Près du gracieux village de SaiTU-Hilairê'leê-Andresis, sont les ruines du castd de Montanba!) , qui était un rendex-vous de chasse , et iut démoli dans le (lix-s»*pliètno sicric. L<^ souterrains du iminoir de ChoiUi ro(j , roncédé à Philippe- Aui,'uste par Robert de Courtenay, peuvent encore s'apercevoir. Dans ces lieux, Thibaut composa ses lais d'amour pour célébrer les charmes de la reine Blanche. Ce pays, un des plus pittoresques et des plus giboyeux de l'Orléanais , est couvert de maisons de campagne et de châteaux.

Buges. près du canal de Briare, a des pa|>eterie8 estimées. Cepoy , sur le canal de Loinjr. était une ville importante, ainsi que l'attestent les ruines d un pont île cunstiiK tion lotnaine, et des restes de bains publics pavés en mosaïques. Chàiil Ion-sur- Loing est le berceau des CoUgny. Un arrêt du parlement, rendu peu de jours après la Saint- Barthélémy, avait prescrit de raser ce castel, de couper les arbres du parc et de semer du sel là oii s'élevaient ces insolentes murailles. Cétte mesure, dictée par les haines politiques, ne fut pdnt exécutée. Le cadavre de l'amiral a3rant été détaché , par les soins de Montmoren(y, du <:ilM't de Montfaucon. iut trans|)orté à Chantilly, et conlie à la garde d'un serviteur Hdèle. La chaux consuma les chairs, et les ossements, d'ahonl inhumés à Montauban, furent ensuite rendus à la veuve de Teligny, qui les renferma dans le tombeau de ses pères, à Châtillon-sur-I^ing. Aux environs de Ctur^t-U-Rai, est le castel du CkâUlet ; ces lieux abondent en antiquités romaines. La petite ville de Châleau-Regnard n'était , dans 1 'ori^ne, qu une forteresse construite par Regîiard-le-Vieux , comte de Sens. Louis-le-Gros assiéfjea et détruisit ce repaire 1 1230) , qui lut rebâti un sièi le après par Robert, comte de Joigng. On voit les ruines du donjon qui dominait la campagTie. Cette sdgneurie, acquise par le duc Charles d'Orléans, fit retour à la couimme du temps de Louis XII. Gaspard

ET DE LA GÉNÉKALl l t U UKLfcANS. mu

de Coligny Tacheta de François I**. Les calvinistes convertirent le châtean en place d'armes, où ils renfermaient leurs prisonniers. Les troupes de Louis XIII le démantd&rent en 1627, et l'on n'en retrouve pas de traces aujourd'hui.

Près de AogeiU -sur- J'erntssnn , et dans le parc du i liâtcau de Chem rier. on voit d'iissez beaux restes d un amphithéâtre romain formé de petites pierres cubiques . semblable à ceux des aqueducs de LjroD, des arènes de Fréjus et de la tour Magne à Nîmes. C'est, aux yeux des antiquaires, un des plus remarquaUes que possède la Firanoe.

ARHONDISSI-MKNT DK PITHIVIERS.

La ville de Pithiciers. d'abord fondée aux ejivitx)ns d'un lieu nommé Pilhiviers-le-Vieil . s'est éloiy^née de son berceau pour venir occuper la place où nous la voyons aujourd'hui. De nombreuses médailles des empereurs Galien et Claude II, des débris d'armes et d'ustensiles romains attestent son antiquité. Aloïse de Champagne, qui portait le titre de duchesse d'Orléans, fil bâtir un castel de formr carrée, flanqué à l'un de ses angles d'une immense tour; dans l'enceinte était une église, sous l'invocation de saint Georges et de saint Luc. Bientôt les habitants de Pithiviers-le-Vieil bâtirent leurs demeures sous l'abri protecteur du château. L'accroissement de la nouvelle ville rendit nécessaire la construction d'une seconde église. Henri I" y assiégea un chef de l)andes appelé Bardoulfe ; irrité de sa longue résistanre, il livra la ville aux flannnes. I^s paiitoureaux y

DESCRIPTION' DE L'ORLÉANAIS, ETC. «v

commirent des excès , que surpassèrent plus tard encore ceux des Anglais, en 1356. Salisbury y pénétra de vive force en 1428. Les 4ialvini8tes saccagèrent la ville, massacrèrent les prêtres, brûlèrent les vdiqoes et pillèrent les églises. Henri 111 et le roi de Navarre en «Classèrent les Ii|?iieQr8 , et firent p«idre à un arbre du cloître Saint- Ge<^r2rcs le capitaine l- aurainbcrir»'- La (io|)uis lori£;-teinps dé-

pourvue de toute espèce de fortifications , subit de la part des cosaques un efiroyable pillage , accompagné de mille autres crimes.

Le cfaultean oooronnait la cime du coteau, et communiquait avec la ville par un pont-ievis ; le donjon avait un aspect imposant. L'église, autrefois fort belle, avait été restaurée à grands lirais; elle lut, pendant la révolution, convertie en salpêtrière. Lors des réparations, on v{)\ait dans le chœur le tonilx^au d'Aloïse. I.a statue de cette princesse était étendue couchée et les mains jointes; à ses pieds était un lévrier , symbole de sa fidélité à son époux , Raynard de Broyés , dont elle ne cessa de pleurer la mort. Sur l'une des portes latérales de l'église de Saint-Salomon , se lisait une inscription ^ placée audessous du buste de Henri IV, dont la funeste mort inspira de vi& regrets aux habitants de Pithiviers. Dans le fiiubourg de Gàtinais, on remarque les ruines du prieuré'de Saint-Pierre, fondé par les fils d'Aloïse.

Aux environs est une fontaine minérale, dont les propriétés ferrugineuses furent préconisées |)ar Rosset, en 1560. Long-temps délaissée , elle est de nouveau recherchée par quelques malades du pays. On prétend que saint Grégoire d'Arménie, évêque de Nioopolis , choisit pour retraite une grotte près de Pithiviers, et qu'il y mourut*. Au cfafttean du ffalh'er vécut une recluse d'un autre genre , Bfarie Touchet. Charles IX l'y visitait parfois à l'insu de Catherine. Une nuit qu'il chevauchait en compagnie de deux écuyers seulenu nt , il tomba au milieu d'une bande de calvinistes, réfugiés dans la forêt

• Qiiotf mt/HaUt fala Imgemt.

* SyiiPiioiiiiir OcTON.

LVI DHSCHIPTION DE LURLÈANAIS

d'Orléans. Us lui ofinrent de rhydromel et les restes d'un pâté qu'il trouva délicieux; après quoi ils le laissèrent continuer son voyage. Le monarque vanta le mérite de ce pâté , et de là vient . dit-on , l'an-

ti(]ue v{ SI juste renommée des j)âlés de Pithiviers. A }faJesfierhes , Henri IV oublia , près de la perfide marquise de Venieuil . le tracas des aâaires qu elle-même lui suscita plus d'une fois. Yèvre-l»-Vil/e ne mérite aucune description; mais, tout près, sous les raines d*Yèvre'le-Châiêl, au milieu d'une vaste plaine, s'élève une colline isolée que couvrent des débris de tours et des murailles. Du fond du vallon surgissent de hauts j)eu|)liers (jui embellissent le paysage. Les fossés, autrefois larges et profonds , n'existent plus. La première enceinte était flanquée de tours auxquelles se suspendaient les herws et le pont-levis. A l'intérieur se trouvaient les logements des gardes, aujourd'hui remi^aoés par des demeures rustiques et une petite église paroissiale ; dans la seconde enceinte était le donjon on le réduit. Le guieliet , pricé près de la tour du nord-est , communujuait par un j)OTil-levis ^vec la preiinère enc emte. Le donjon commandait le reste du château; sa forme était celle d'un carré parfait, ayant quatre tours aux angles et une cinquième tour un peu en avant du mur de la iaçade de l'est. Des courtines, pratiquées dans l'épaisseur des remparts , faisaient le tour de l'enceinte , et on y arrivait en gravissant dt^î* escaliers de pierre construits dans 1 intérieur de (^liaijue tour. Chaque face du carré avait environ cent pieds de longueur. L'espace intérieur devait être occupé par une place d'annes et par des jardins. Le du sdgnenr se composait de trois pièces d'inégale grandeur, ornées de colonnes et de sculptures grossières; d'épaisses voûtes de pierre couvraient , dit-on , toutes les parties de ce caslel, d où les hommes d'annes s'avançaient au loin dans la campagne , par de nombreux et profonds souterrains. Quant à l'origine de ce fort , quelques archéologues ia font remcmter jusqu'au temps des Romains, et ils s'appuient pour cela de la découverte d'armures et de médailles, communes dans tout l'Orléanais. 11 e!»t plus probable que

ET DE LA GtNKRALITR D ORLÏ- ANS. lvii

sa fondation ne remonte pas au delà du règne de Henri , et que ce prince en fit le point d'appui de ses attaques contre les barons ft^odaux.

Nous citerons des lieux sans importaiice historique , tels que CêsarriUe, AvderiJIe, ^forriUe, Nanffpville, 3foniex'ille, et enfin Ou- /arr///f que recommande seulement son assemblée des Corps-Saints La petite ville de Maies herbes , située sur V Essonne, est dominée par de jolis bois ; son château fut habité par le président Lamoignon de Malesherbes, défenseur de Louis XVL Auxy se montre entourée de niches et de champs de safran . L'une des cloches de Beaune-Ja- Rolande porte une inscription qui a soulevé de grands débats entre les archéologues de l'Orléanais. Bois-Commtm fut détaché du domaine de couronne et donné en apanage au fils de saint Louis. Le jubé de son église paroissiale est un des plus beaux de France. Louis VI avait coutume de s'arrêter dans cette petite ville lorsqu'il se rendait au château de î^a Motte-d'Eijry.

ARRONDISSEMENT DR BI.OlS.

Après avoir traversé la forêt de Bussy , on aperçoit le château de Beauregard , bâti sous le règiie de Henri H, par Jean de Thiei"^. Le domaine (jui l'entoure eut autrefois pour maître Gaucourt, le brave gouverneur d'Orléans à l'époque du siège et de la Pucelle. Foumier , dans ses Essais sur Blois , parle d'une ancienne route connue sous le nom de chemin de Charlemagne et qui se voit près du bourg de Ce Nettes. Le château de Chailles domine de belles prairies. La crème de Saint -Gênais est fort connue des gourmands. Près de Saint-Dxjé est le bourg de J font /i ira iif. ]'ineuil , aux lx>rds du Cosson, est formée de riantes habitations dont les blanches murailles se détachent sur la verdure de la forêt. Lac/taussée , presque aux portes de Blois , fut saccagée par les calvinistes , mais les reliques de saint Victor échappèrent à la destruction. Lors des processions , on remarque le costume bizarre de ceux qui portent la châsse Marie de Médicis prit sous sa protection les eaux minérales que pos-

DESCRirilON DE LORLÈANAIS, ETC. i.ix

sède Sa»ni'Dettt9, et elle séjoaroa quelque temps dans le château voisin. Sami^Lubin et Saini-Bohaire se montrent dans les plaines de la Beauce. Non loin de ce dernier hameau existe un dolmen

formé d une inorrc plat»' soutemu- jtar (juatic antres. Fnssr . Sainfffufpicê , bur Ifs contins de la forêt, ont un terriliurc tcrtilo ft bien cultivé. HcrbauU possédait un château magnifique liâti par un maître-d'bôtel de François l". Dodun, marquis d'Herbault, qui fit reooostniire cette demeure sous le règne de Louis XV, y déploya le lusse et les prodigalité des financiers de cette époque. On visite, non loin d» là, à Orchaâe , une grotte creusée dans les flancs d*nn coteau. Les gens du pays racontent à ce sujet mille ftibles sans intérêt. Les vins roujros de cette localité étaient autrefois eji crrand renom. Les ruines du ( hâteau de Jhiry s'élèvent an sdinnu^ d'une cx)lline baignée par la Cisse IViiiier donne I histonc du manoir féodal auquel succéda le s])lcndide monument ctmstruit par Florimond Robertet, ministre de François I*'. 11 ne reste aucune trace du luxe déployé à l'intérieur, et quelques pans de murailles seuls sont encore' debout. Le vieux castel à^Onzain appartenait aux seigneurs de Neilbac, devenus propriétaires de la terre de Bniy. On prétend que Voltaire y œmposa plusieurs chants de son poème de la Pncelle, infâme plaisanterie consommée sur les lieux mêmes témoins des exploits et de la gloire de Jeanne d'Arc! C'est sur les bords de la Cisse et près d'Onzain que fut livrée la bataille entre Lothaire et Louis-le-Débonnairo.

L'aibbaye de La Guicke^ qui renfermait les tombeaux des comtes de Blois, fat fimdée par un sire de Châtillon et par son épouse, la comtesse Alix, en 1277. Les calvinistes violèrent les sépulcres de tous les princes et princesses qui y reposaient depuis trois siècles ; Téerlisif n'existe plus aujourd'hui. Celle de Mesland a subi peu de dégradations.

Mer, fameux à l'époque des guerres de religion , est la patrie de Jurieu. théologien protestant. La tour de l'église est digne d'atten-

tiofi. Ce boui^^ qui possède un pont sur la Loire, se nommait autrctuis M rnars- la- Mlle, el c'est à Mî nnrs-h-Châleau qu'il faut chercher des souvenirs intéressants , là s eK-ve un château que madame de Pompadour fit construire à la place d'un ancien édifice où séjourna Stanislas » roi de Pologne. Le luxe des ameublements et la richesse des décors répondaient au grandiose de l'ensemble. Ce domaine, vendu à la révolution , i)assa aux mains de plusieurs maîtres, pour veiiii- en celles du martk'lial de Bellunc. Le château a (''t«' converti en un Prytaiice. On jouit , du haut des terrasses , d un immense horizon. Suivre» est entourée de vignes et de hauts noyers Ataray se recommande par le souvenir du compagnon d'exil de Louis XVIII et par son château, l'un des plus beaux de l'Orléanais. La ville de Marehenoir, dont le nom se mêle au récit de nos guerres téodalcs, t'tait bcain'oup plus considt'iable (lur nous ne la \o\ons aujourd'hui. Dans l'ori^xine . c'était une nialadrme fondée pai' Thibaut V, dotée de droits d'usa<ro dans la forêt. Saccagée tour i tour par les Anglais et les Orléanais , cette cité reprit quelque importance lorsque le temple protestant, qu'un édit autorisa, y eut ramené de nombreux habitants de la religion réformée ; elle souffrit de nouvelles pertes par suite de la révocation de l'édit de Nantes, et de'puis loi-s elle n a jamais repris sun ancienne prospérité. On montre les ruines de son donjon et des murailles qui formaient l'enceinte. On a découvert à Joanes d'assez nombreuses antiquités. L'église renferme un tableau de Boucher qui fut, dans l'origine, destiné à la chapelle de Chambord. Près de là est le château de Cerqueur. où I on a trouvé |)lusieuis cercueils de pit*rre. A /.vy, >,e voient encore des rumes attribuées par les archéologues du pays, dont le témoignage est douteux, à un temple d'Isis. Non loin ^ Huiteau-wr- Afauve était Monlpipeau, jadis magnifique séjour, maintenant déchu de son ancienne splendeur. Oucquns possMe des richesses minérales , deux iumuli et des vignobles assez estimés. Les antiquaires se sont ell'orcés de trouver l élymologie du nom d'Ouzouer-

HT DE LA GÉNÉRALITÉ D ORLÉANS. • lxi

le-Mmhè, Ge mot Onanier te retroiive sur pluaeurs points du département, et en général dans les lieux où s'élevaient des oratoires, quelques auteurs ont donc adopté Vidée que cela venait à'ori jun-

gere, jirier. Au delà de Verdes-^'iwX k-s ruiiu's de 1 abbaye du PetH- CUeaux, foodée par Thibaut, comte de Champagne, et dévastée successivement par les Anglais, puis par les calvinistes. Parmi les abbés de ce monastère on retrouve les noms de Juvénal des Ursins, d'Hippolyte d'Est, d'Eustacbe du Bellai. L*étang de Verde» est remarquable par son étendue.

Sur l'autre n\e du fleuve est HracwiiT, vilhige que côtoie le ruisseau de Bonneheure. EnHn nous arrivons à Chambord. Les comtes de Blois y avaient, dès l'an 1090, un rendes-vous de chasse, dont les nns de France acquirent la propriété. François 1*' chargea le Plrimatioe d'élever un magnifique diâtean dans ce lieu si favorable à la chasse, et qui lui rappelait les plus doux souvenirs de son enfance. Le Prmiaiice eut à sa dis|X)sition des sommes considérables. Dixhuit cents ouvriei-s travaillèrent sans relâche pendant plus de douze ans à l'édilioe, dont l'architecte Ducerceau nous a transmis la description. •* Le bâtiment est situé dans une plaine, à quatre lieues de » la ville de Blds, du côté d'orient, prochain d'une lieue de la ri-

- vière de Loire. Le lopis est ncconipa^né d un lK>is assez grand; " au pied d'icelui lo^is, du côti- de la rivii're, se présente un marais

- avec un canal , par le moyen duquel l'on pourroit pratiquer de

- grandes beautés, et qui donneroient beaucoup de contentement. " La commodité du dedans a été ordonnée avec raison et sçavoir, » car au milieu et au centre est un escalier à deux montées , percé à

- jour, et autour icelui quatre salles, des(|uel!es l'on va l une à l'autre

- en le circuisant. Aux (juatre enco<,'nures d'entre chaque salle , il y

- a un pavillon garni de chambres, garde-robbes, cabinets et montée. • Plus , ès quatre coings de la masse de tout le hastiment , se voient " quatre grosses tours garnies à chacun estage de tontes commo- « dités, comme chambres, garde-robbes, privés, cabinets et mon-

LXll DESCRIPTION DE L'ORLÉANAIS

•• tées. Cet édiâce a trois estages sans le galetas, et tant aux quatre

- pavillons et ès quatre tours; les quatre salles du troisième estage

- sont voûtées, sur lesquelles il y a quatre terrasses régnantes à " Tentour de Tescalier, ainsi que les salles. Quant à l'escalier, il

•• rëyiio en hautoiir .'in-dessusd icelles. Oultre plus, autour de rc ror])s

- de logis (]ue j'appelle le donjon , est la tour régnante en trois côtes, " qui sont fermés de hastiments dont les bas estages ser\ent d'of- « fioes; et le dessus, oe sont ces terrasses qui ont été ainsi ordon-

- nées pour garder les vues dudit donjon. Ès encoignure de ces der- « niers édifices , vous voyez par dehors quatre grosses tours pareilles

- a eelles du donjon, dont les deux ne sont avancées que jusqu'au

- premier estage, encore qu'au-dessus de l'élévation je lesaye laites. " Et aux deux côtés plus prochains du même donjon, sont élevés les " estages au-dessus des terrasses, d'une certaine longueur, à Tune

- desquelles est comprinse une salle, gaide-robbe et montée, et à

- chaque estage , ainsi que à chaque angle d'iceux par dedans , il y •• a une montée par la cour, de fort bonne ordonnance, qui sert pour •• la commodité de membres procliains'. - André Ducliêne, dans ses /Recherches sur les villes et châteaux de I^rarux, complète ainsi la description : « Cette royale maison a sa vue jusque sur la ville de

Blois, encore qu'elle en soit distante de trois lieues , et limitée de

- tous côtés de prés, eaux et forêts... Au bout du jardin de la Reine, •• grand de cinq arj)ents , vous remarquerez , vers la foret do Blois . •• une allé(^ large de six toises et longue de plus d une demi-lieue, " embellie de plus de quatre rangs d'ormeaiix plantés à six pieds « l'un de l'autre, montant à plus de six mille, et si adroitement ali- » gnés au niveau . que ceux du roi de Perse, tant vantés , ne seroient

rien au|irt s... En l'état où elle est maintenant, on tient cette demeure assez amjiie pour loger tous les princes de l'Europe, et il " semble (qu'elle met derncr»? soi tout ce que jamais l'architecture a » produit de singulier. » Cette architecture, en effet, n'a rien du

• DonactAO, Dn jrfwt vtcMmU bàtimaHê d« Frmee.

KT DE LA GÊNÉRALllE D UKLLANS. uuii

style grec » ni rien dn genre gothique ; c'est un cheM'œuvre i part, conçu par une imagination anssi riche que capricieuse. Le hfttiment

principal offre aux regards trois drdn s do pilastres d une extrême simplicité. Toute l'ornementation semble avoir été réservée pour les terrasses , qui forment le toit du château ; là se montrent prodiguéii les has-ieliefs et les plus élégantes sculptures , dues au ciseau des Jean Goujon , des Germain Pilon , des Cousin , des Bontems. Les pierres, tirées des carrières de Dînant et de Ménars . étaient très> propres à recevoir et à garder les innombrables dessins dont elles furent chargées. Do toutes parts se montrent I F et la salamandre couronnés, et, de loin en loin, le croissant de Diane , et l'H et le D entrdacés; on y ymt anssi le soleil , emblème de Louis XIV, avec sa devise : ^ec plurtbus impar. Le grand escalier est pratiqué dans une tour située au centre du bâtiment ; par une disposition ingénieuse, cet escalier est à double ramjje, se croisant l'une sur I uiilrc, et ayant un noyau commun. Deux escaliers d'un dessin admirable sont aux angles de la cour; dans celui de l'aile d'Orléans se trouvent trois cariatides ayant quelque ressemblance avec François I*', la duchesse d'Étampes et la comtesse de Chftteaubriant. Dans Tautre escalier, qui ne fut jamais entièrement terminé, l'artiste se proposait de mettre les ])ortraits de Henri II, de la reine sa femme, et de Diane de Brézé. il y a deux chapelles , dont l'une, bâtie par (^atberine de Médicis, est bien conservée; l'autre, ornée de délicatet» sculptures, était l'oratoire de la reine de Pologne. Au-dessus se trouvaient les appartements de François I*'.

Ce monarque y tint une cour brillante, formée de jeunes seigneurs et de damoiselles . auxquelles la reine taisait coninuindenient exprès de se parer comme des di t sses. On y menait la plus joyeuse vie, passant de la chasse aux festins, et de la table à d'autres plaisirs. Tous les gentillâtres du voisinage , leurs épouses , leurs filles et leurs soeurs recevaient bon accueil du monarque et de ses favoris. A son retour de Madrid , François vint se reposer à Chambord; la duchesse

d'Angoulême était allée à sa rencontre avec une suite de jeunes beautés, parmi lesquelles roademoiseUe d'Heilly brillait aa piemier rang. Le roi , désirant le silence et le mystère , recommanda aux architectes de multiplier les escaliers dérobés, les portes secrètes, les

j^aleries souterraines, qui bientôt protégèrent d'infidèles amours Madame d Étampes, trompée à son tour, fut long-temps avant de soupçonner qu'il existât près d'elle une rivale et d'autres intrigues galantes. Charles-Quint voulut voir cette célèbre demeure, et, an rapport de Davila, il déclara qu'elle renfermait tout œ que pouvait créer de mieux l'industrie humaine. Sur la fin de sa vie, irrité contre 1rs dames, le vainqueur de .Marignaii écrivit, avec la }X)inte d'une éineruude . ces deux vers sur une vitre de son appartement :

SouTent femme T«rie , Bian fol eit qni a'j Se.

Sous If en ri II , le château ne perdît rien de son éclat et de sa raagnifirenre. Un roi de vingt-neuf ans voulut prouver aux siècles à venir que les grâces du visage et les charmes de l'esprit avaient, chez Diane , bravé le passage de quarante hivers. Partout il étala ses chiffres et ses emblèmes, sans s'inquiéter des hnmitiations de Catherine de Médicis. Peut-être la belle Florentine laisaa-t-elle échapper plus d'une fois un sarcastique sourire à la vue de ces sculptures où la chîiste déité des forêts se montrait sous les traits de madame de Bré/é , avec un arc , des flèches et un carquois. Peut-être aussi pensaitrdle que l'amour porte en lui-même ses pciaons et ses vengeances. En effiet, uïie aventure qui fit qudque bmit cou- , vrit Diane de honte, et son royal amant de ridicule. Henri fiôUit un soir se trouver face à face avec Brissac, qui sortait de chez la favniite. Le L^'daiit prit la fuite, et heurta Claude de Taïs, graiulmiûtre de l'artillerie. Diane , fort irritée des indiscrétions de cet offider, sut présenter les choses sons un jour tel que le roi lui ôta quelque tempe après sa charge, pour la donner à son rival. Frui-

RT DB LA GfiNfiRALlTfi D'OBLfiANS. i.xv

Ç()is II , Henri III et Charles IX rendirent par moments à C'hatnbord son éclat et ses (êtes. Henri IV le délaissa pour les ombrages de Saint-Germain. Louis Xill vint s'y consoler de l'éloignement de mademoîadle de La Fayette, et l'assigna ensuite pour lieu à'esà\ A Gaston , qui y tint une sorte de oour. Goûtant pour la pranièfe fois les charmes de la paternité , ce prince s'amusut à se &ire suivre par MademoiseUe, et à l'égafer dans la double montée du pprand escalier, l'appelant d'un côté tandis qu'elle grimpait do l'autre. Trente ans après, l'orgueilleuse vieille fille y avouait nu heau I>îiuzun son amour en soufflant sur une glace et traçant avec le doigt ee nom adoré.

Soos le r^e de Louis XIV, tout changea d'aspect. Les magnifioenoes, les folies, les scandales de la cour rendirent une nouvdle vie A ces murs restés, an temps de Louis XIII, silendeux et taciturnes comme le pAle visage de Ridieiieu. Le jeune im , désirant

fasciner Mancini et plaire à La Vallière , fit sous leurs yeux, et an gré de leurs souhaits, d'immenses changements à I nuYie du Primatice. Mansard y apporta ses gigantesques plans , mais les travaux qu'il entreprit sont inachevés. Deux ailes, destinées aux écuries et anx communs , eussent formé une vasfe oonr réunie an château par nne grille. Sur les fondations de l'nn de ces bâtiments , le maréchal de Saxe éleva les caséines que l'on voit aujourd'hui. On prétend que Mansard fit à Qiambord le premier essai des toits Apans coupés, aaxqnds il a laissé son nom. Louis XIV parut pour la dernière fois à Chambord vers 1684. Déjà madame de Maintenon prenait laveur, et les mémoires du temjis la citent parmi les personnes qui étaient dans la voiture du roi . Louis était décidé à y chercher un abri derrière la Loire , si Villars eût succombé à Denain . Lorsque Stanislas perdit le tr✠de Pologne, Qiambord lui fut donné pour demeure; U reine Marie y passait sa vie dans de saintes pratiques; fan-mâme y goûtait le calme et le repos , après tant de troubles et d'agitations. U fit combler les Ibesés et planter le grand parterre. Une médaille a

LXVl UËSCHiFTlON UK LORLÉANAIS

conservé le souvenir de son séjour à Chambord. Plus tard , le maré-

chai de Saxe reçut ce prix moprnifique de la victoire de Fontenov. Les paysans des ctix lions rai oiitoiit iiii'.le ant'cdotes sur ce liéros. et la plus populaire est celle de son entrée en voiture à six chevaux, (|ui montèrent le grand escalier. Panai les obligations des mutins de postes , était celle de conduire eux-mêmes , au lieu et place de leurs postillons, les carrosses des personnages importants. Un original , nommé Moreau , (jui résidait à Nouant , entra à toute volée de ses six chevaux dans la pn-iiucit' cour, t^t arriva jusque dans la salle des gardes du rez-de-chaussée; le maréchal mit la tête à la portière et lui cria : «• Où me conduis-tuf » — - A votre appartement, monseigneur. « En effet , les deux premiers chevaux étaient déjà lancés sur les marches de l'escalier. » Cétte &nfaronnade plut beaucoup à Maurice , qui fit donner un lar^^e pourboire à ce maître de poste des anciens temps. •< hv maréchal ax ait près de lui deux régiments de hulans , qu'il soumettait à une sévère discipline. Tous les matins il présidait aux manœuvres, et l'on voyait arriver sur la place d'armes, à l'appel sonné par les trompettes, des chevaux d'Ukraine,' qu'on laissait vivre en liberté dans le parc. Les soldats étaient pendus sans pitié pour la plus lé^à^re faute; on a montnS long-temjts, )»rès du champ de manœuvre, un gros orme qm servait à ces exécutions, et que la foudre brûla en 1820. D'autres plaisirs partageaient la vie du héros; c'étaient les spectacles donnés par la troupe de Favart, et dans la salle qui servait à ces délassements on avait pratiqué une petite loge grillée pour Tévèque de Blois. Maurice de Saxe y connut mademoiselle Chantilly, et cet amour hâta la fm d'une existence que les fatigues de la guerre avaient dès long-temps minée. Il mourut des suites d'un frisson qu'il prit en forçant un cerf. Mais rien ne pourrait détruire dans la contrée l'opinion que ce frissim avait été causé par Tépée du prince de Conti. « Vers les derniers jours du mois " de novembre, vers huit heures du matin, une chaise de poste, " précédée d'un courrier sans couleurs, entra dans le parc de Cham-

KT DE LA OÊNÉRALITÉ D'ORLEAKS. lxvii

\h)hI jutr la pdili; de Muides ; t Uf s'anôla au bout de l'avenue du " parterre ; il en descendit deux personnes ; le courrier se rendit au

- château, chargé d'une lettre pour le maréchal, qui était encore

- couché. Moraeignear, après avoir lu cette lettre, s'habilla à la

- hâte, fit prévenir son aide-de-camp, et, suivi de son valet de

- chambre, il descendit par l'escalier dérobé de son appartement ,

• sortit par les fossés du château, et marcha à la rencontre des étran- " gers. Le j)ère Dessins, l'un des fermiers des environs, le \ it mettre

- l'épéc? à la nuiin , et bientôt aj)rès les deux inconnus remontèrent -en voiture; le maréchal, soutenu par son aide-dr-c^imp , revint

- au château et se remit au lit. Le bruit courut qu'il venait d'être

- blessé par le prince de Conti ; mais on ordonna le j^us grand secret » à tons les gens de service. On expédia un courrier à Fontainebleau,

• ou se trouvait k cour , et le roi envoya aussitôt, dans une de ses

- voitures , son médecin , M. Sénac , qui arriva quelques heures avant sa mort. Les motifs de ce duel étaient les paroles lâcheuses

prononcées par le maréchal de Saxe sur les hésitations du prince de Conti à attaquer la colonne anglaise qui nous disputait le champ de bataille de Fontenoy. Le maréchal, près d'expirer, dit : •• Je sens que la vie n'est qu'un songe; le mien a été beau, mais il a été court. • On rendit à ses restes les plus grands honneurs. Tous les appartements furent tendus de noir. Le corps fut exposé sur un lit de parade, dans une chapdle ardente, durant quarante jours. Les drapeaux conquis à Lawfidd et à Raucoux l'entouraient. Six |nèces de canon, prises aux ennemis de la France, tiraient par intervalles depuis le lever jus(iu'au coucher du soleil; après quoi le maréchal fut transporté à Strasbourg , et déposé dans l'église protestante de Saint- Thomas.

■ Cette magnifique demeure échut au comte de Fri^en , neveu de Maurice de Saxe, puis elle fit retour à la couronne.

Pendant la révolution, l'intérieur du cfaftteau fut dépouillé, et en quelque sorte saccagé. On enleva les tentures d'Arras, les meubles

LWM ' DESCHIFTIUN Db L ORLEANAIS

incrustés d'ivoire et de nacre, les tapisseries des Gobelins et de la Savonnerie, et toutes sortes de richesses artistiques qui s'y étaient

accumulées depuis plusieurs siècles. Tout fut vendu aux criées par ordre du District de Blois. Mais ce (jui est inexplicable, c'est la destruction des part[uets. des chambranles de chennnées, des boiseries, des jalousies et des fenêtres, des portes même du château. On avait prescrit de fiûre disparaître toutes les fleurs-de-lis et les insignes de la royauté qui se trouvaient sculptés en divers endroits; mais Tarchitecte charcré de faire le devis des dépenses qu'occasionnerait cette mesure eut a>M /. de patriotisme et d'adresse pour élever les frais à plus de cent nulle francs, ce qui Ht reculer les profanateurs. Sous le règne de Napoléon , Chambord fut désigné comme le chef-li«i de la quinzième cohorte de la Légion-d'Honneor, et aflecté à la demeure de son chef, le maréchal Âugereau. Vers 1809, ce domaine fut réuni à la couronne , mais pour peu de temps seulement ; car a l'é- [xxjue de s<iii nninage avec l'archiduchesse d'Autriche , Napoléon lit don de Chambord à Berthier, iit't^oc'iateur de cette illustre alliance. Une des conditions essentielles du présent impérial était que tous les revenus seraient, pendant cinq ans, aflectés à la restauration du parc et du château , ce qui formait l'obligation d'y employer trois millions; mais le maréchal accepta sans se mettre en devoir d'exécuter son obligation, et c-ette rlaux- resta dans l'oubli. Sous la instauration , la princesse de \\ agrum ne rendit aucun lustre à Chambord, dont elle chercha seulement à tirer parti en louant les bâtiments et le droit de chasse âun Anglais, qui fit retentir les bois des fanfares de sa patrie. Bientôt , jugeant qu'une propriété de cette espèce était fort onéreuse, elle voulut la vendre. On se souvint alors de la ntiidition dont nous avons j)arlé plus haut, et (jue son époux n'avaù pouit exécutée. Cependant une ordonnance royale, rendue sur ses vives sollicitations, autorisa, le 11 août 1819, la vente de la terre et du château. Les spécukteors acooummit, tons se proposaient de démolir l'édifice et d'abattre la forêt; mais le chef-

ET DE LA UÊNÉliALlTE U UHLÉANS.

d'oenvre du Primatice écbappa à la destruction. M. de Galonné» ancien officier attaché à la maison du roi , proposa une Booscription nationale. Les meneurs royalistes vinrent en aide à ( L tteidée, et l'on obtint le résultat ilésin'*. Le château et ses dépendances, ebtiméspar les eiperts à 1,301,180 ir. 11 cent., furent adjugée pour le prix de 1 ,6^,000 fr. , outre les charges. A part quelques souscriptions indignement extorquées à de pauvres offiders et à des employés besogneux , forcés d*obéir aux désirs de leurs chefs , on peut dire que les vrais royalistes avaient acquis de leurs deniers, et volontairement, le nHijLjnifttiue présent qu'ils offraient à l'héritier du sceptre des Bourbons Cette aâkire, car c'en était une pour les deux partis, mit Cbambord en grande vogue, et de toos les points de la France on accourut pour le viâter. Les artistes reproduisaient tous les détails de cette admirable demeure, et des ouvrages d'un luxe sans égal et d'un prix inusité trouvèrent de généreux ncheteurs. On a<rita la (juestion de restaurer cette splendide demeure; mais il fallut renoncer à cette dépense, évaluée par un arohitecte à trois millions. La duchesse de Berry n'y vînt qu'en 18S8. Elle fit ma entrée par la porte de Mnides, sans garde ni suite» an milieu d'une ionle immense que sa présence avait attirée. Elle voulut inscrire son nom sur les murs, et ce badina^e fut acx'omjmgné de quelques paroles bienveillantes» , qui retentirent au cfeur des habitants.

Les détails du procès qui suivit la révolution de 1830 sont encore présents à tous les souvenirs; on voulut enlever au duc de Bordeaux la propriété de Chambord, ou du moins le forcer à vendre un immeuble trop considérable pour un prince exilé. Le bon sens public repoussa cette prétention, dont les tribunaux firent justice. Et nousmêmes, qui eussions vu avec plaisir restituer de modestes sommes

* Tlufllflan faite , ébra1t#t par les joumatn . «talaiit Sal par J«tcr de la déSmor sur cette af»

faire Louis XVIII et le comfp d'Artois ne voyaient point nvrr plaisir qu'on mit m fin'sfncc le» deux partia pour nn but difficile à bien juger. Moks-iei. k reçut avec beaucoup d'humeur le comte à» **% qal, M MTtlr de rw^tidlaittea . vtat teot eeeenSM loi «moMer ««'elle nrait es Hea m projn dv due de Bordmui. - f)r ,,u'.i veut miUî ramf répHqoa daicBie»tlep«iaee,dMtla ierté s'était émue en écoutant cette plate contldirncc.

DKSCUll'ilUN Uli LURI.EANAIS

arrachées à de pauvres souscripteurs , nous applaudissons à ce résultat, qui fut, en définitive, favorable à la conservation d'un tel monument. 11 est difficilo do faire des revenus de Chainlwrd un plus noble usii^M*. Ils sont i liaque année employés à d<'S réparîitions, à de» restaurations et à l'entretien de l'édifice. Les terres s'améliorent, et leur valeur est aujourd'hui triplée. Mais le château est désert, ses murailles sont nues, ses vastes appartements délabrés; les terres, incultes faute de bras, api)otl< nt ([uelque établissement rural, quelque prince de l'industrie, dont la Sologne vivifiée payerait au centuple les frais et les < llorts.

Le bour^r de C'/iamùord cât au milieu du parc, qui contient environ cinq mille cinq cents arpents clos de murs. Dans cette enceinte sont renfermés quatorze étangs et onze fermes. Saint- Dyè n'est plus (]u*un bour^, et l'on ny retrouve pas de vestigres du monastère que Clovis y fonda. Saint-Laurcnt-dps- lùntr est dans un pays humide et malsain, où les fièvres sont endémiijues. Contres se recommande seulement par le souvenir du pacte que signèrent Louis XII et les envoyés de l'archiduc d'Autriche. Le château de Cour^Cheioerny est un des plus intéressants de l'Orléanais. U appartient encore aux descendants de Philippe de Huranit, son fondateur. Dans la chapelle, qui sert de scpulluic aux membres de cette famille, est une épitaphe que nous transcrirons ici :

Passant, cm pL-v do marbre avaronioii*. «.•nsiTti'

Les coevra ensevelis de troys proches parents ,

Tora troys morts en iroyn ans en troys artn de RVerre ,

ToTS troys pareils m sort et tors trois (lifférmt*.

Ctr rvn perJit ta vio av choc d'vne bataille.

Noyé dedans son sang covlant de toTtrs part^,

L'avtrc Unit ses JoTia forçant vue mvraUle , ^

Kt rartre en gardant rnc Pt sa^Tnnt «toi rrmpnrl» •

Ils bnrlércDt tors truys d'Toe commrnc flamme ,

Dont la wlneie v«m fM l'vnIqTo flaabcav :

Levrs troys <■ T|>> en yirant n'errant «iv'vn-' iiie^ime asmc . » Levrs troys OEvn; estant morts n'ont qv'vn inesme tombi-av.

Prbs de Montifs, et non loin de Beuvron, sont les ruines assez considérables d'un vieux château qui appartenait aux comtes de

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i:r IJE LA GÉNKHAI.ITK D oULKANS. iaxi

Blois. Madan» ancienne maison Ue plaiMDoe des évêques, était autrefbis un rendez 'Voiis de chasse des comtes. Le pays d'alentour, riant et agréable, est arrosé par le Cosson. A Ouehamps. à FoV'

ijt res, on voit deux cliâteaux : le premier, de construction iiiodt nie; ie second, bâti par le Irésoner de LouLs XI. Montncliard Q^i une ville fortandennOp située sur une coUiiic dont le Cher baigne le pied. Foulques Nerra, à son retour de la Palestine, y éleva une forteresse pour protéger les Tourangeaux contre les incursions des sdgneu» de Pont-Levoy et deSaint-Âignan. On a cherché Tétymolot^ie du nom do Montrichanl , et on a cru l'avoir trouvée en disant (ju'il siirnifie Mont du li'ic/ieur, d'après le sobriquel donné au coinle Thibaut, l'un de ses sdgneura. Sans nous arrêter à cette définition . nous rappelletQos. que Gelduin, seigneur de Saumùr et de Pont-Levoy, se plaignit à Eudes, comte de Biais, qu'on eut bâti cette forteresse sur des terres qui étaient sa propriété. Célui-d , empressé à rendre juslice, assembla une petite armée et attendit sous les murs de Pont- Levoy Foul(iues Nerra, qui s'avançait a\ec son digne allié, Herbert, comte du Maine, surnommé ÊvetUe-chien. Les deux armées, que trois lieues séparaient à peine, sortirent ensemble de leur camp, et se hairtèrent non loin de Montrichard. Eudes culbuta l'aile droite des Angevins, blessa Foulques Nerra et le fit prisonnier. Mais Herbert culbuta les troupes qu'il avait en lace de lui , et rétablit le com- Ijat; puis, tout à coup, craignant d'avoir atfaire ù toute l'armée ennemie, il battit en retraite avec ordre. Eudes, satisfait d'avoir Foulques en son pouvmr, se tint tranquillement sur les bords du Cher, oii ses soldats se reposaient sans défiance, lorsque le comte du Maine , revenant à la charge . les tailla en pièces et délivra les prisonniers. On porte à six mille hommes la perte des vaincus. Lii grosse tour de Montrichard fut bâtie pai Hugues I", seigneur d'Amboise. Les. rois d'Angleterre, comtes de Touraine, y entretenaient une garnison. Philippe-Auguste la prit d'assaut en 1188. Deux ans après cette forteresse fut rendue aux Anglais , par suite du traité de

uwn DESCRIPTION DE L'ORLÉANAIS

CoulomniR-rs. Rirhard Cœur-de-Lion releva los murailles, qui avaient été détruites. Louis XI , fort dévot à Notre-Dame de Nanteuil« faisait à Montrichard» voisin de Plessis-lès-Tours, de fréquents pèlerinages. Il fit célébrer dans la chapelle du château le mariage de sa fille Jeanne , âgée de douze ans , avec Louis , duc d'Orléans. L'évêtiu*' d OrlcS'iiis . assisté de l'abbt' de Pont-Levoy, donna la bénédiction nuptiale à ce couple si mal assorti. Louis XII vendit ce fief pour la modique aomme de sept mille francs, mais avec fiiculté de rachat perpétuel. On n*est point d'accord sur l'époque du retour de Mmitrichard à la couronne. Dans le dix-septième siècle, cette terre appartenait à la dame de Montluc , i{ui la donna en dot à sa fille, en la mariant au marquis d'Efïiat, premier écuycr du duc d'Orléans. Henri III reçut au château de .Montrichard liosny, porteur d'un traité d'alliance avec le roi de Navarre traité discuté et arrêtt> en partie au château de La Moite, qui est dans le voisinage. Au mois de septembre 1589, Claude de MaroUes, ligueur, s'empara de Montrichard, dont il fit sa place d'armes. La Trémouille réussit il l'en f hasser. Peu de temps avant la ré\ olution , les domaines d'Amboibo el de Montrichard furent échangés par le roi contre la principauté de Dombes et le comté d'Ëu, qui appartenaient au duc de Penthièvre, et la duchesse douairière d'Orléans en hérita de ton père.

Les ruines de ce castel sont très-pittoresques, l^n pan de muraille s"é< roula en 175.), el détruisit une j)artie de l'anciemie i haj)elle de Sainte-Croix. En 1793 et 1704 la municipalité fit démolir les voûtes et les parties de murs susceptibles de fournir du salpêtre. Le PrécÂe , maison qui se voit dans la ville , était , dit-on , un temple calviniste. On peut visiter l'ancien hôtel d'Effiat , celui dit de la ChanoeDerie, le pont et surtout l'église de Nanteuil, qui était autrefois un prieuré. Un des curés dv ( ette église rapporta de la Palestine un morceau de la vraie croix et diverses reliques qui mirent Notre-Dame de Nan-

' SfM.Y, ÊennimirM royntn.

ET DE LA GÉNÉRALITÉ. D'ORLÉANS. lxuii

teuil en grand renom parmi les pèlerins. Naguère encore on montrait i rentré de l'égUse le pied d'un voleur qui, sur le point d'enlever les vases saints, sentit la pierre s'amollir, et prit la fuite.

Aq hamean de Lu Maladrêrie eiistait un hôpital de lépreux. Les carrières de Bmirri ont servi à la constmction des principaux monuments de rOrléanus. Aux environs on montre les ruines d'un ancien couvent de templiers. Afonf/ioii . pays de carrioles . jx)»sède de bons vignobles. Le château de Gué-Pcan ai)parteiiait au ministre Anielot , mort en prison , sous le régime de la Terreur , iqpvès avoir dit qu'il ne voudrait pas du pouvoir s'il était privé des lettres de cachet. Angè fot le castel de l'un des chevaliers qui combattirent k Bovines. PanULetoy est oâèbre par son abhaye , deve> nue un collège. Le château, dont on retrouve quelques vestiges, fut bâti . selon plusieurs auteurs , ou , selon d'autres , seulement agrandi par Gilduiii , seigneur turbulent, sans cesse on guerre a\ec ses voisins. Au déclin de sa vie , il voulut régler .>rs » oinj)les avec Dieu . et, se rappelant jqu'il avait autrefois fait un vœu à la Vierge, il donna l'ordre de roronstniire la vieille église de Saint-Pierre , où l'on disposa la chapeUe de Notre-Dame-des-Blanches , ainsi nommée par aUusion à l'apparition qui s'était jadis oflèrte aux yeux du fondateur. Des mânes de l'ordre de Saint-Bencît , tirés de leur couvent de Saint-Florent , près d'Amiens . s'établirent dans ce monastère avec l'autorisation de Théodoric, évêque de Chartres. (1034.) Gilduin leui- accorda de grands liun^. et le droit de glandée dans sa iuret de Chaumont Les religi» ux , livrés à d'austères praticjues, n'en ouvrirent pas moins une école où ils inatruisment les enfiuits pauvres. Tdle fiit l'origine du collège. Nous ne suivrons pas à travers les révolutions des âges les progrès , les revers et les succès de l'abfaaje de Pont-Levoy, célèbre par le grand nombre d'hommes éminents qu'dle a eus pour chefo. Le fomeux Armand du Plessis- Rididiett , l'un de ses abbés, y introduisit les statuts de la congrégation de Saint-Maur. A 1 époque ou Pierre de Béi uUe en fut nommé

LXXiv DhSCIUl'TlUN IJK l. UKLÉANAIS

oommendataire , le séminaire fut érigé en collège. Son sacoessenr y créa une chaire de philosophie. Panni les élèves de cette époque on cite Crébillon. Dom Oémencet, auteur de VAri de vérifier fe» dates , y professa vers 1 732. Louis XVI donna à ret établissement le nom (1 ('cole militaire , et y iiistilua cinquante liijurs.es en faveur de fils de chevaliers de Saint-Louis. La communauté de Saint-Maur perdit à la révolution tons ses biens , et , par suite* le moyen de soutenir le collège ; mais plusieurs religieux se dévouèrent , et les cours ne jfurent point suspendus. Bientôt Tinstniction reprit son ancien éclat; Pont-Levoy rivalisait avec Vendôme et Juilly. Après quelques vicissitudes, ce coHi-^m', un moment fermé, fut rouvert [)ar l'abbé Demeuré. Les bâtiments se développent sur une étendue de huit cent vingt-trois pieds. Une ancienne tour restée debout, l'abbaye et l'église sont dignes d'attention.

Près du château de La Ckarmoise on montre la pierre de Minuit, espèce de dolmen qui . selon les crovances ])opulaires , tourne sur elle-même pendant la nuit de Noël. Chaumoni s élèye au fond d'une riante valh-e , au pied d'une colline que surmonte une antique forteresse. Gildttin , chevalier danois , bâtit ce manoir sur les terres du comte Thibaut, qu'il reconnut pour son seigneur. Ses héritiers jouirent de ce domaine jusqu'au moment où ils crurent pouvoir refuser l'hommage aux comtes de Bîois. Sulpice lî , sire de Chaumont . fut (h'fait , pris et renienné axtc ses deux fils dans un cachot où il mourut. Le comte de Blois fit raser le château. Mais c^-tte position ne pouvait être négligée par les seigneurs féodaux, qui recherchaient les lieux élevés comme susceptibles de la meillenTe défense. Bientôt surgirent de nouvelles murailles , qui firent place à leur tour àu castel fondé par les sires d'Amboise. Les La Rochefoucault en devinrent propriétaires , et le reveiuhrent à Catherine de Médicis. Là , disent les mémoires du temps , cette reine superstitieuse jiouvait contempler les astres et se livrer à toutes les recherches de l'astrologie judiciaire. Après la mort de Henri U , elle força Diane de Poitiers à

KT DE LA GÉNÈRALITf: DOHLEANS

échanger Cheiionceaux contre Chauinont. (1559.) Le château, bâti à diverses époques, est un assemblable de styles différents. La partie la plus ancienne est du côté de la Loire. Saiiit-Aiynan fut fondé par des moines de Saint-Martin-de-Tours qui s'y retirèrent. La tour d'Agar faisait partie d'une ancienne forteres.se dont les mines couvrent le sol. Non loin de là sont les carrières de silex pyrornaque qui fournissent à la France et a une partie de l'Europe une immense quantité de pierres à fusil. Le château de Fréchines fut habité par Lavoisier. Landes possède un dolmen gigantesque , formé d'une pierre de treize pieds de longueur, de neuf de largeur, soutenue par neuf autres pierres d'une énorme grosseur. Une haute et vieille tour annonce de loin l'ieui ff

AHHONDl.s.vHMKNT l»K \ ENI>OMi:.

l 'ntdâme est une villo fort nncieniip , si l'on s'en rapporte aux découvertes faites sur son territoire! , mais, si l'on est parNcnu à constater aux environs l'existence de l'un de ces établissements militaires dont les Romains couvrirent le pays des Camutes . il faut , pour retrouver les faits historiques, se reporter à la vie de Contran , roi d'Orléans , qui demanda au roi d'Austrasie la restitution de diverses places, parmi lesquelles figurait celle-ci*. Le Martyrologe donne aussi le tribut de ses légendes souvent douteuses. Bouchardle- Vieux est le premier cojnte de Vendôme cité par des auteurs dignes de foi. Il sen'it avec zèle Hugues Ca|)et , et joignit aux couronnes comtales de Vendôme et de Melun celle de Paris. Il habitait ordinairement Corbeil . et ne faisait dans l'Orléanais que de courtes apparitions. Il finit . comme beaucoup d'autres bandits féodaux . par

DESCRIPTION DE L'ORLÉANAIS, ETC. iaxvii

Ununer à la dérotian , et moanit , aous l'habit de moine , dam l'abbaye de Saint-Maiir-dea-FoaaéB. Ses denendants possédèrent son fief et son ehfiteau , que l'un d'eux rendit à Geoffiroy Martel , comte

d'Anjou , qui fonda , en 103*2, l'abbaye tic hi Sainte-Trinité. Ce seigneur guerroya contre les Sarrasins , dont il délivra Messine et la Sicile. L'emperear de Byzance reconnut ses services en lui faisant présent d'une larme de Jésos enfermée dans un reliquaire et d'un bras de saint Georges qu'il déposa avec grande pompe dans la chapelle de son château , en attendant que i'ëglise de la Trinité fîit achevée. Bientôt (•»' monument s'éleva sous l'inilueiice des brillants souvenirs de l'architecture byzantine. Partagé entre ses devoirs pieux et ses goûts guerriers . Geoffioy bâtit plusieurs chapelles^ dota des abbayes» et commit envers ses voisins diverses exactions et cruautés. Aprte quoi il prit l'habit monastique et se retira dans l'église 6aint«»NioolaB d'Angers. Il avait en de fréquents démêlés avec son neveu Foulques XOisoii , (}iii obtint son ])ardon et reçut son héritafjo. Leurs successeurs figurent avec éclat dans les i^uerres saintes, dans celles d'Italie et de Siciie. Presque tous se firent remarquer par leur humeur turbulente et leurs fréquentes querelles avec les se^neurs du voisinage ; mais ces fiûts , que nous reproduirons quand ils se lieront i l'histoire générale de l'Orléanais , ne peuvent trouver phuse ici. L'importance de cette innisno s'accrut . et seifi^neurs eurent le droit de • pousser un cri de guerre, qui était tantôt Saint-Georges Vendôme ! et parfois : Sainie larme Vendôme! Ils fiûsaient battre monnaie , et jouissaient des privilèges réservés alors aux seigneurs bannerets. François I" érigea le comté en duché-pairie en faveur de Chariea de Bourbon , qui avait donné des preuves de son courage et de sa fidélité pendant les guerres d Italie. Bientôt le duc de X'etidome joignit aux gouvernements de Pans et de 1 Ile-de-France celui de la Picardie. Il refusa le pouvoir presque absolu que le conseil , mécontent de la régente, hd offirait pendant la captivité du roi à Madrid. Alors la reine, tout à la fois par gratitude et par politique , lui confia les rênes du

Lxwm DESCRIPTION DE L'ORLÉANAIS

gouvernement , qu'il sut tenir avec bonheur. La capitale de son duché fut en proie deux fois à une épidémie cmelle qui désola une partie de l'Orléanais (en 1516 et 1519). On observa que la contagion sévit dans les rues qui se dirigeaient du midi vers le nord , et qn*dle ménagea celles qui allaient de l'orient à l'occident. Père d'Antoine de Bourbon et aoéul de Henri IV. il est é<:alement le chef de la maison de Coudé par Louis , son septième fils. Jeanne d'Albret passa !«'^ i>n'niièrfs beinaines de soïi iimnaj,^^ à \\-iidôiiie. Son i''|)(iux avait fait un lieu de plaiï>ance d'une espèce de ferme isolée apjH'Iee Prr/xUour , où racc()mpa<niaient ilabelais et Ronsard. Le château fut deux fins le théâtre des complots qu'ourdissaient contre les Guise le prince de Ccmdé . Goligny et Antoine de Bourbdn. Cdui-ci périt d'une façon singulière , et fiit déposé , en 1662 , dans les caveaux de Saint-Georges. Jeanne d'Albret , ardente calviniste , fit bâtir à Vendôme un prêche . et y attira des ministres de la reH- ^ion réformée. Le> l alholiqucî» ses viLs^uu\ ^ouliiucnt d elle des injustices et de mauvais traitmients. Partol^ ses gardes commettaient mille excès dans l'intérieur des églises : ils mutilaient les tomlx^aux des anciens comtes , et enlevaient ou brisaient leurs statues. Pour excuser cet oubli de la protection que devait la duchesse i ses vassaux , l'historien de Vendôme* €ût remarquer que Rome , abusant de ses fimdres , avait donné aux Espagnols l'investiture du royaume de Navarre. Jeanne d'Albret , morte en 1572 , fut ense- \elie près de son mari. Henri IV, héntier du duché i\v Vendôme, ne troiuant point, au temps de la Ligue, de s\inpaUn(' parmi gens de son duché, fut obligé d en faire la conquête. Lorsqu'il se présenta aux portes de la ville avec une petite armée . il se trouva arrêté par le manque d'artilloie , et alla prendre ses quartiers an château de Meslay pendant qu'on amenait les canons. Le gouverneur, Maillé de Benhart, attendit qu'on livrât l'assaut. Le château- fut enlevé de vive force . et la gamiscm, suivie de près par les vainqueurs,

• L'abtx- Simon , Hittutir Ue Veuiiàiiu.

ET DE LA GÉNÉRALITÉ D'ORLÉANS. txxix

se léfiigia dans la ville , où elle se défiendit encore. MailU fat pris et oondnit devant Henri IV, qui se roontia inflexible : sa tête , séparée

dn corps , fut exposée au Imtit de l'une des portes de ville. Un cordelit-r (jui avait prèclu^ avoc ar(l<nir ( (iTitrr le roi hii<ju('nnt fut trouvé en chaire et soutenant par ses discours le courage des assiégés. Les soldats lui ordonnèrent de descendre ; il n'essaya point de les apitoyer, et adieva froidement son sermon. Comme ils perlaient de le pendre , et qu ils manquaient de corde, il leur donna sa ceinture, et mourut avec fermeté. Le pillage dura trois jours, mais l'église seule des cordelieis fut pnjfanée.

Henri IV donna le duché de Vendôme à l'un de se:> Imtardâ, César de Bourbon, fils de Gabrielle d'Estrées. Sa vie, qu'il eût pu rendre glorieuse par de beaux fiiits d'armes, fot ternie par son goût pour les conspirations de nielles, qui le conduisirent à paàser sept années captif. Toujours éloi^é de son duché , il y fonda cependant diverses mui.sons reliijij'uses. Son fils, après s'être montré vaillant capitaine, chercha dans l'état ecclésiasticjue un adoucissement à la douleur que hii causa la mort de Laure Mancini , sa femme. Devenu cardinal , il sentit sa première ardeur renaître quand on perla d'une croisade pour la délivrance de Gandie , et partit avec son firère, le duc de Beaufort. Il rapporta de cette e3q)édition le corps de saint Théopiste, qu'il plaça dans l église de Saint- Georges. L'héritier de ce prince, et le di rnier des Vendôme, fut un des plus illustres généraux du règne de Louis XIV ; ses hauts iaits en France et en Espagne lui valurent une tombe i l'Escurial. Après sa mort et celle de mademoiselle d'Enghien, son épouse, ses biens firent retour à la couronne. Depuis lors, l'histoire de Vendôme se confond avec celle de France.

La ville est en général him bâtie, niais son aspect a quelque chose de grave et de sévère, dû aux constructions, les unes en ruine, les autres encore debout, qui rappellent le moyen âge. Le château, où firent bi^che les canons d'Henri IV, possédait tous les moyens de défense alors connus. Il est encore facile de distinguer la place de

Lxxx DESCRIPTION DE L'ORLÉANAIS

ses tours, de ses portes et de ses poternes. Le peuple était penoadé, mais à tort, qa'il existait des oomiiramcatioiis sonterfaines entre ce château et celui de LavaitHn. H commença à tomber en ruines quand

il eut ]ierdu le dernier de ses seigneurs, car on cessa d*y ftnre des réparations. L'ahbaye de la Trinitt' de Vendôme, wciijH'e par des rdigieux de la congrégation de Saint - Maur, tut de tout temps célèbre , et compta parmi ses prieurs Philippe de Bourbon , qui garda ce titre pendant 8oizantfr<|uatre ans. L'église est citée parmi les plus beaux monuments de l'ère ogivale; on admire son portail, qui date du quinzième siècle, et que mille sculptures décorent. Les stalles àu chœur sont des chefs-d'œuvre de sculpture sur bois. Les oratoriens dirigèrent, à partir de J6*iU, un collège qui mérita la réputation dont il jouit encore. L'une des anciennes portes de la ville, située sur le Loir, est devenue l'hôtel de la municipalité.

MofUoire, an pied du vieux donjon de âaintOurille. dut sa prospérité aux soins du maréchal de Tallard , son protecteur. Près du bourg de 17iorê est le t liàleau de Horhaml)eau , biiti par l'un des libérateurs de rAméri(]ue. Villedieu avait jadis une forteresse féodale et un prieuré ; tout cela fut détruit , et à la place s'élève une chapelle que visitent les curieux. Sur le territoire de Ckmiurê est le chftttau de la Poissonnière, où naquit Ronsard, le jour mtoede la bataittede Pavie. « Dieu, dit ce vaniteux poète , voulut ainsi consoler la France de son malheur! - Le sei^aieur de Lavardin possédait le ( astel dont on voit encore les ruines sur la rive gauche du Loir. Les fortifications du bourg furent détruites par les troupes d'Henri IV, qui en chassa les ligueurs. U reste des ruines du château de ifon^^puMmu, place trtsforte , qui protégeait contre les incursions des comtes du Maine cette partie du Vendomois. On visite près du Temple^\e manoir de fa Frcdonnière , dont le souvenir se mêle à l'histoire de la conjuration d'Amlmise. L église d'-^r//n« repose, dit-on, sur les ruines d'un temple de Jupiter; les antiquaires font remonter l'enstenoe de cette petite ville au temps des Celtes ou des Romains. Les eaux du Loir

ET DE LA GENÉHALITE DOKLÈANS. l\xxi

permettent d'iipuicevoir les arclies» et les piles d'un \mui qui a résisté nu passage des siècles. Entre A / tins et Souyé est un champ consacré à des sépultures. 0\\ suppose que les fermes de Fins tirent jcur nom de Fines Carnutum , jwint signalé sur les anciennes cartes (le Ptolémée. Fréterai est célèbre |)ar la défaite de Philippe-Auf^uste, qui perdit ses bagages et tous les registres publics. JJorir fut jadis ceinte de murailles qui formaient un carré parfait flanqué à chaque angle de hautes toui's. Roches , sur un coteau taillé à pic , domine une plaine fertile. Les habitants se sont creusé des habitations dans le rocher. Il en est de même à 7Vo«, où l'on admire les terrasses du château de h Vovfe.

A RROXniSsRMENT DK ROMORANTIX.

Les terres de Sologne forment la totalité <le cet nnx)ndissemetit . Rnmorantiu . situoe aux bords de la Saiddrc, fut fortifiée |>ar les comtes de Blois , et joua un rôle assez important dans nos guerres avec les Anglais. Sur la place du Curroir-Dorr s'élève la maison où François 1", alors fort jeune, fut blessé par le sire de Montgommei^ . Ce qui ri'ste de l'ancien château offre j^ou d'intérêt. Selles . placée dans un site enchanteur, |>ossèdc un château magnifique construit par Philippe de Bélhune, frère du duc de Sully. L'abbaye de Selles, richement dotée par le roi ChildclK-rt , fui en grand renom au moyen âge, et subsista jusqu'en 1780. On voit à Soivgs deux tumulus de quarante à cinquante pieds de diamètre, placés sur les rives d'un immense étang; on a découvert aux environs des médailles et des vases romains. Dans l'église de f.nssay existe le tombeau d'un sei-

DESCRIPTION DM L'OHLKANAIS. KTC. lxxmii

gneur nomme Pierre du Moulin , qui sauva la vie à Charles VllI à il bataille de Fomoue. Safijris offre des traces irri^cusables du séjour des Romains en Sologne ; les f milles y font sans cesse découvrir de nouvelles antiquités. Le chœur de l'église paroissiale attire les visiteurs. Le bourg de Ptitrefilte occupe reniplatenieiit même d'un camp romain , dont on reconnaît les quatre entrées. Non loin de là se trouvent cincjuante-cinq tomhf^lles. qui servirent de sépulture ù des chefs de trou|x^. Le château de La Moffr-Beiirron. que possédèrent les Duras, a été converti en fabrique. La l'r/ic-Beauharnais se nonmia d'alwrd La Ferlé - Chàteaumuf , puis La Ferli- Arrain. Elle appartint ensuite à la famille illuslri'e par la nais>anci' de l'impératrice Joséphine et du prince Eugène. La Frrtè-Saiitf- Aignan porte aussi les noms de La Fertc-Sainf-Cyr et La Fertr- Huhert. Un château de construction modenic occupe la place du vieux rastel qui couronnait la colline, aux In^rds du Beuvmn,

ARRONDISSKMKNT I) K (IIAKTRES.

Brvti<jn\j. [)r('si|ue inaperçu sur les cartes , est fameux par la sit^nature du traité qui sauva la France Amilhj possède des souterrains s'étendant au loin dans la direction de CourN'ille ; ils sont voûtés et ajjsez élevés pour qu'une personne puisse s'y tenir debout. De loin en loin existent des espèces de cellules de dix à douze pieds carrés , que l'on présume avoir ser\ i à la circulation des promeneurs;. Anneau, situé sur les bords de Y Aunay^ avait |)our seigneur le duc de Joyeuse. Sous ses murs furent livrés divers combats pendant les guerres de religion. On aperçoit encore une tour et des ruines des remparts. Les défenseurs de la place avaient établi un moulin à bras dans la cave de cette tour. De tout temps une foule de pèlerins se sont rendus à Saint-Maur, et l'on prête à sa fontaine des propriétés bienfaisantes. Non loin de Boufflninral existe un beau rhâteau et les vestiges du canal de Maintenon. A Ciiisnes on voit d' qui reste de la lelle église du prieuré de Saint-Saurin , bâtie dans les onzième et douzième sièHes.

DESCHIFTION DE LORLÊANAIS, liTC, iww

Le pays Chartrain alxnide en monuments drmdiqnes. Ceux qui se trouvent aux environs de Corancez et de Morfz ne sont autro chose <|ne de pros blocs de prës posés h terre et sans ordre dans un champ inculte. Ils pit^sfiitent un aspect singulier. Tout i)rès sont les débris d'un dolmen renversé et une pierre levée plantée dans le sol. C'ourtith , patrie de Favart , nous conduit à parler du vieux château de ViUebon , ok nonrvît Sally. Le aeignear de Torey avait élevé sur les confins de )a Beanee et dn Perche une habitation que le duc fit abattre et reconstruire en entier sur le modMe de la Bastille , dont il était gouverneur. Il est entouré df loss^'s huges et pleins d'eau . cpie l'on passe sur des ponts-levis. Les tmis corps de logis en façade sont flanqués de quatre tours ayant une plate-forme en plomb et des créneaux déforme irrégulière sur la façade opposée. On a rdigieuseroent conservé tous les ameublements du temps de Sully. Le lit ou coucha Henri TV se compose de deux matelas et d'un sommier: la rànchette en Ixus est de la })lus i^nitide simpliciti' ; 1»^ solives de la salle des gardes sont peintes en noir avec filets d'or. L'antique billard est garni de fer. Sur les murs sont des peintures à fresques représentant les chftteaux de Snlly-sur-Loire , de Rosny, de Courville , de Villebon et de Nogent. CSette pièce est en outre remplie d*antiquail]es , d'objets d'art et de curiosité. Les fenêtres sont ornées de vitranx peints de diverses eoulmirs. Dans l'une des tonrs existe un oratoire dont la frise mérite d'être étudiée Apfès la mort de Sully i l641i. ses entrailles furent enfermées dans une urne de plomb et déposées dans hi chapelle de Villdxm. Son corps devait être transporté à KHôtel-Dieu de Nogent-le-Rotron , et . pendant qu'on préparait le faveau mortuaire . le corps resta lon^r-temps dans la chambre même où d avait rendu le deniier soupir. La duchesse sa veuve fit faire sa statue en marbre blanc . qu'elle éleva sur un piédestal dans la galerie basse du château . Sully est représenté armé de pied en cap , une couronne de laurier sur la tête , couvert d'un manteau ducal . et le bftton de maréchal de France i la main. Les euiraases . les armures ,

i.xxxvi DIÎSCKIPTION Dli LOULfcANAIS

les boucliers qae Ton montre aux visitears appartenaient à de^ chevaliers tués à la batailje d'Iviy.

Êpemon porta d*abord le nom à^Autrisi. Les ruines de son château sont dans un site pittoresque . et dominent la ville. Bâti sous Hug^urs f'apt t . re fort fut d(^mantelé par les Aiii,'lais. Henri lll érigea la Uaronnied Kpemon en duché, qu'il donna au plus habile de ses fiivoris , le duc de Nogaret. Dans l'une des églises de cette jolie ville on voit un plafond peint de diverses couleurs où Ton remarque de petits croissants surmontés de cassolettes. Le seul monument de Prê9nay-rÉvê(jiip , pays fertile en céréales , est une pranp^ tdlement spacieuse qu elh- pourrait contenir la recolle de la commune tout entière. Gaillardon, place jadis très-forte, souffrit cruellement des guerres avec les Anglais. Prise et reprise souvent . elle compta parmi ses défenseurs le brave Dunois. On aperçoit de loin sa vieille et imposante tour. L'une de ses portes offre des détails dignes d'at* tention. A GeUaintif/e on trouve un cromlech ou ellipse formé avec des blocs de grès brut. Son plus grand diamètre a vingt-deux mètres de l(»ngueur. Ce monument , d Origine druidique , iisl suriiionté d'une croix que des prêtres chrétiens y érigèrent |)our le sanctifier. GaudremUe et GommeniUe ont quelques restes d'antiquités. Le premier de ces bourgs possède une tour qui , comme celle Janville , fiûsait partie d'une forteresse. C'est à Lèces , village éloigné d'une lieue de Chartres , qu'on montre , au milieu d'une forêt , la colline noninu^e la Montocjup-des-Lmics. Sa tonne (*st celle d un cône tronqué dont la base a cent quarante mètres de circonférence , le sommet quarante mètres, et la hauteur dix mètres. Elle est entourée de fossés et couverte de broussailles. Les fossés ont huit pieds de profondeur. La fontaine qui s'échappe des flancs de cette colline artificielle est la caverne ou les Druides se rassemblaient pour tenir leurs conf<*rences. Il existe aux environs plusieurs grottes taillées dans 1«* rocher et le tuf.

Maintenott est situé dans un agréable vallon , au confluent de

ET U£ LA GKNf:UALITK DUULÉANS. Lwwii

rEore et de la Voiae. Le château , bâti du temps de Philippe-Au' gaste , a été remplacé par celui que fit élever Jean Cottereau , tréao> lier den finances «ma Louis XI et Charles VIH. Madame de Main-

lenon y fit de ^tiiikIs changeiDents pour l'augnientor et reiiibellir. La chapelle , qui [K»ssèUe des vitraux bien coni>er% és , lui téinuin du mariage de Louis XIV avec la veuve de Scarron Les appartements de la marquise occupaient le centre du corps de iDgis principal. On montre encore dans sa chambre à coucher son portrait , peint par Mignard. Les eaux de la Voise et de l'Eure serpentent dans mille canaux à travers les jardins , le parc et les fosses du château. L'a- (lueduc de Mamtenoii , dont il reste des ruines jlssc/ ht llt s . lut bîxU , en 1684, pour conduire à Versailles les eaux de 1 Eure. Un {jartagea les travaux en cinq parties bien distinctes. Les constructions qui servaient à franchir la vallée de Maintenon occupent cinq cent une urises de développement. U devait y avoir trois rangs d'arches suj»erj)osées. Le premier ran^ se compose de quarante-sept cercles iiyunt quiiiaiile pieds d ouverture et >oixaiile-dix-liuil pieds d'élévation sous voûte. Les piles , avec coutit^forts , ont huit mètres d'épaisseur. La hauteur totale de ce premier étage est de trente mètres. On employa de nombreux ouvriens pour hâter l'achèvement de ces travaux gigantesques; mais ils ne furent point tenninés. Soixante ans plus tard on en détruisait une partie pour réédifier le cbftteau de Crée y, que Louis XV voulait rendre digne de la marquise de Pompaduur.

Non loin du hameau de Champgé» a une demi-lieue de Maintenon , sont les restes d'iâi camp romain , dont les fossés et les remparts de terre sont fiuôles i reconnaître. Tout aupvès existent plusieurs dolmens formés de pierres énormes. Une foule de pèlerins visitent

chaque année la chapelle de S(U7i/-3Ianiers. Au-des&us de la porte latérale de 1 église de MerviUiers est un bas-reliel' encastré dans une ogive i une époque postérieure à la construction du reste de l'édifice. U représente un chef assis sur une espèce de trône , vétu d'une timi-

Lxxxvi.i DESCRIPTION DR L^ORLËANAIS

que et portAut u» maiileau. 11 lient à la main un bâton de commandement , et parait recevoir de la main droite étendue un objet que lui présente un chevalier armé de pied en cap et qui fléchit le genou. Le cheval et l'écuyer de ce vassal sont derrière hii. Sur la

gauche ou voit un juvliv (jUi paraît in'inr le tribut et 1 offmiulo ; et , à demi cachée par l'autel, est la ligure, de propurlious Irès-réduiteb, d'un homme occupé à écrire sur une feuille roulée en forme de cartouche , mais dont une partie entoure gniciettsement le bas-relief. On y Kt une inscription qui date du onzième siècle. Dans un champ des environs se trouve un dolmen dont la pierre supérieure est percée de |)art on part d un trou pratiqué à (l( >>('in, Phis loin sont les parois verticales d'un autre dolmen dont la parti<> horizontale n existe plus. A Mecoisin, sur les bords de l 'Eure et à MorUainville, on peut v<ur plusieurs dolmens. L'église de Morancez est fort ancienne. Bfttie sur un emplacement rectangulaire, «uu» bas-côtés ni chapelles latémks. elle a un portail composé de trois arceaux concentriques et à pldn cintre, avec moulures et ornements en zigzag. Les i hapiteaux des eolonnes qui supportent ces arceaux sont de la plus grande simplicité. Dans im petit bois nommé Rigollea^ et qui se trouve aux environs, est un dolmen incliné et un terrain oouvertde pierres posées àplai de manière à présenter l'apparance d'nn vaste carrdage dont les pavés ont jusqu'à huit mètres de longueur sur cinq de largeur et trms pieds d'épaisseur. A Chanijè, non loin (h' Sam/- Fiai . et sur la roule de Maintenon, est un peulvan dont la partie supérieure a été brisée. A quelque distance, dans la même contrée, on voit un autel circulaire de quinze pieds de diamètre . finrmé de deux pierres indinéës lune vers l'antre et présentant àlenr point de jonction une sorte de rigole pour recevoir le sang des victimes. Tout auprès on remarque un dolmen cx>lossal dont la pierre supérieure peut abiiter plusieurs personnes. Aux environs de Ponf-Goiiin reiommençait K: canal . long de ijualunte-cinq mille mètres et large de plus de trente , qui , après d'iuimenses travaux , eût aniduit les eaux de l'Kure jusqu'à l'aqueduc

HT ni: LA GÏ-NfiHAl.îTï: IVOULfeANS. i.xxxix

de Maintenon. La vallée de La Diabîftrie possède une très-grande quantité de blocs de pouddinjîue siliceux figurant trois enceintes. Les ruines du château du Pw'spf . bâti par Constance , frinine du roi Robert , et l'église de ce village doivent attirer les regiirds du voyageur. Tliounj. qui se lie aux événements de la même époque , conserve encore les traces de son château. A 1'ert-/ès-C/iar/res , près du bois de Rigolles , se distingue un mallus formé de pierres dures , de l'espèce de celles dont Chartres est pavée. Tout autour sont une multitude de pierres plates ayant de huit â seize mètres de superficie , et qui entouraient les dolmens dont on rencontre les vestiges. Le dolmen fmonv il le-Ja- Grande diffî're peu de tous ceux dont nous venons de parler, et qui sont on grand nrmibre dans cette |>Rrtie du pjtys Chartrain.

ARRONDISSKMKNT DK I II A T R A V Dl X.

Chnifiauflvn ♦'•tait lo chef-li<Mi de l'un des plus anciens i^vêchë> des Gaules, supprimé lors du concile de Paris, en 673. Un décibel de Contran (MI de Sigol)ert . rois d'Orléans, changea son ancien nom de Ville-Claire on celui «pi'elle porte mainlotiant. Charlemaofne \ fonda une abliaye de Tordre de Saint- Augustin , sous l'invoration dr Marie-Madeleine. Cette ville fut détruite par un épouvantable incendie en 1723, mais elle sortit de ses ruines plus belle et plus régulière. Sa situation est fort pittoresque; bâtie sur le sommet d'une colline , elle s'élève à plus de quatre cents pieds au-dessus de la vallée, que traverse le Loir. Son château est remarquable par

DESCUIPTIUN DË L'ORLÉANAIS, ËTC. xci

roriginalitéderarchitecture. Thibant^le-Tricheor jeta les fondements delà grosse tour, seule partie qui soit antérieure au quinzième siècle. Xuus ne reproduirons point ici (-(^ (jui scni dit iuUeurs do rhisloirc de cette ville, sans cesso nicnatée par les Brabançons, les routiers, les Ckittereanx et le^ Anglais. Sous ses murs furent e&terminées des bandes nombreuses de ces aventuriers, vers 1383.

Bonnetai, jadis dose de murs et de fossés, était une place tfès-lorte, qui défia long temps les attaques de Louis-le-Gros. Ses remparts furent détruits : Henri V, avant le siège d'OïK'ans, la fit entièrement raser. On y voit encore les restes d'une abbaye de l'ordre de SaintrBenoit, fondée selon les uns parCliarles-le-Chauve, et, suivant d'antres , par Foulques. La flèche de l'église paroissiale est belle et hardie. Près de Bonneval , et dans la direction de Mariera . est un dolmen incliné , lonjr de dix pieds et largie de six.

Allmji's, forteres.M- iiii|utrlante . jirotéi^t-u la fuite de Chilj)éric , poursuivi j)ar les rois d'Oriéans. Les restes du château se composent encore de deux tours placées aux angles d'un grand bâtiment qui se relie à tuie troisième tour, posée simplement sur le sol, sans aucune fondation. Les Anglais, diint ce pays conserve de tons côtés les traces, a^tiient choisi ce Heu pour un de leurs établissements mili> taires au quatin/ièinc >ièrle. On distingue les lignes de leur camp et réminence j>larée au centre. Sur la rive droite du Loir i^t une pierre druidique debout, dune forme pyramidale, haute de sept à huit pieds. Tout près est une énorme pierre de dix ou onze pieds de diamètre sur deux d'épaisseur. Au nord d'Alluyes. au lieu dit la Gades Clapins, se trouve une vaste enceinte remplie de ladères. monuments celtinues de la plus ^i.mde antiquité. Plusieurs de ces blocs gigantesques ont cédé aux ouirjiges du temps , et tcunbent en ruine. Quatre peulvaiis et un dolmen sont dans un parfait état de conservation. Saint' Avit, à cent pas de la rive gauclie du Loir» possède aussi un dolmen fort remarquable par sa grandeur; les trois )ûerres pniu ipales ont trois mètres de longueur sur plus de deux

X€ii UbSCIUPTlON DE L UULÊANAIS

mètres de largeur. Un autre dolmen non moins curieux existe aux environs de Saint^Gennain-fét'AI/uyes, à cent pas du moulin de Bauddn , sur les bords du Loir. La pierre couverte a près de quatre

inMres tle longueur sur tiois d»' largeur. .\on loin de là surgissent du sol plusieurs peulvans, qui aimuticent de loin l'existence d'un dolmen circulaire, à moitié kurisé. Mais la pierre demi-circulaire que l'on aperçoit est d'une énorme grosseur. Brou, dont ÏOzanne arrose les jardins, dut sa prospérité à Florimond Vooerlet, secrétaire d'état sous Henri II. Là sont les ruines du magnifique château de Fhizf. ( loijcs est une jolie ville, assise aux bords du l.oir. On îi découvert récemment aux environs de Marboue une niosai(iue, dont la partie supérieure est occupée par deux figures ailées soutenant un médaillon sur lequel se lit une inscription romaine. Stûni-Maursur-Loir, village dans une situation très-piltore8«iue, est aujourd'hui le but de pieux pèlerinages; ceux qui viennent prier dans son église se tlattent d'obtenir la guérison de certaines maladies. Ces lieux, jadis consiicrés aux sacritices dmidiques, joui-saient dans les Gaules d'une grande célébrité. La place du sanctuaire est signalée par deux immenses dolmens circulaires et un peulvan de cinq mètres de longueur sur deux de largeur. On s'arrête aussi près d'un monument singulier, formé de deux pierres inclinées en regard l'une de l'autre. La plus grande a (juatre mètres de longueur sur deux et demi de large; elle est soutenue j)ar deux bornes (jui sortent de terre d'environ un mètre et demi. L'autre» qui avait été fort habilement allongée, est supportée de même par deux bornes; elle n'a que deux mètres et demi sur deux mètres trente centimètres. On trouve encore un dolmen à Moniemain, village à cinq lieues de Chateaudun ; il est de forme irrégulière et a deux mètres et demi sur autant ctivnou dr largeur. Unj'trts rappelle d'autres souvenii-s; une Iroup» de bngjuids y avait établi son domicile : après une longue instruction, vingt-trois de ces misérables furent condamnés à mort (1800) ; soixante subirent des peines plus ou moins fortes. Non loin de là on retrouve la contrée

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