I:T DF I-A (JflNÉHALITK D'ORLKANS. viii
des doliiH'ns. :i Saumeray. à Trîzay-h'z-nnnneval , ici se ri'iitoiitro le plus gigantcs(|ue de ces antiques Jiionumciits. La table, tomiL^e d'une seule pierre circulaire . a quatorze mètres de circonférence sur un d'épaisseur; sept pierres plati^ disposées en rond la soutiennent. Le castel de Larardîn . fondé par Devaii^our v<'rs le milieu du quinzième siècle, mérite tl'ètrc visité.
AHHONUI>..sKMi;\T U li DKI-IX.
Le iMiurg d\ lnef se recomniandr pur les souvenirs qui se iiitta- «.lieiil îi son château. Sur les ruines d uii ant ien tnanoir l'éodal , Philippe. toMite d'Évreux . frère de Philippe-le-Bel, jeta les premiers fondements d une forteresse tlaïujuée de tours, qui fut terminée par Charles-le-]Mauvais, roi de Xavaire et comte d'Évreux. Charleit-le- Sage lil démanteler cette forteresse, et réunit à la couronne la châtellenie, qui en avait été détachée du tenq)s de Philippe d'Évreux. Charles Vil la donna en pré^ent à Pierre deBrézo, son vaillant compagnoji darmes. Louis de Brézé, son petit-fils, é|X)Usa en secondes noces Diane de Poiliei"s, fille du sire de ÎNiint-Vallier. (jui ti'avait que tjainze ans. Ce seigneur, complice de Bourl)on , fut >auvé |iar les prières de sa tille, dont la faveur à la cour grandit toujours depuis cette époque. Après la mort de Louis de Brézé elle se retira au château d'Ani t ; mais dans une de sts rares ap|«ïritions
DKSCKIPTION |)t l/OKLKAiNAlS. FTC. xcx
dans la Ga{Mtale, la belle veuve, qui touchait à soo huitième lustre, inspim une vive passion au jeune roi , Henri II. Cet attachement dura vingt années, et ne fut interrompu que par la mort. Philibert Delorme reçut ordre d'élever sur l'emplacement du vieux et modeste
(•astel uno (iotiipurf . (ini est rru;ar(U''(' coiiiiiip un des chofs-d'cpuvre de l'architecture, et un éclatant témoignage des prodigalités du monarque.
La révolution de 1793 n'a point épargné ce splendide château , séjour de divers rois et grands seigneurs, habité pnr le duc de Vendôme . par la duchesse du Maine, par Louis XV. et enfin par le due
de Pcnthièvre, dont la mémoire est encore respectée des gens du pays.
La gravure qui accompagne cette description donne une idée de la beauté et des richesses'de ce séjour. On traversait un large fossé sur un pont de pierre, et l'on arrivait i la porte principale, protégée par des meurtrières, ornée de trophées de chasse et des diiffires de Henri
et deDian^'. DU. L»' tadran de rhorinsre nianiimit les heures, les mois, les signes du zodiaque et Vnnc de la lune. Au milieu de la eour, qu'ornaient des fontaines et des colonnes, existait une chapelle ronde qui subsiste encore. L'intérieur des appartements répondait i la richesse de ce décor extérieur. Le marbre, les peintures, les glaces, les tableaux s'y trouvaient prodigués. Dans une galerie longue de près d»' vingt mètres et large de dix , on voyait des tableaux représentant le duc de Vendôme à eheval , et ses piineipale- \ ictoires. Le tombeau de Diane était dans une chapelle voisine du château , quatre sphinx en marbre bhinc soutnuuent le mausdée, la statue de la dame âefimé et les génies, emblèmes de ses vertus aimables. Tout cda fut détruit; les arbres du pare tombèrent sous la hache. Il ne reste plus qu'une aile de l'ancien château.
Aux environs du bourg d A?iet, dont la position e^t natite et pittoresque, se trouvent le joli village de Saussay, les ruines du manoir de <S<)re/ et du château de La Bobetière; près d'fvry, où s'é-
XCVI DESCKirnON l)K LORLfiANAlS
lève la colonne élevée à la mémoire de Henri IV, coule une souixt* d'eau minérale ferrugineuse. Ces belles vallées ont tour à tour éti' ofaantées par les poètes et décrites par les peintres les plus célèbres.
Le chftteau de Boissy-le-Sec se signale par d*élégantes tourelles ; celui do Bu n'oflrc' plus (|ue des ruines. Dans l'une des salles de l'hôtel-de-ville de Chàlmvnevf-en-Thinierais on voit, sur l'une des poutres, les armoiries que le roi Henri IV donna, en 1595» à la ville de Chàteaudun.
L'origine de Dreux est fort ancienne ; les savants la font remonter au temps de Dryns, chef gaulois , et ils prétendent qu*eNe était la capitale des Durocasses. Mais il est probable que son nom vient du latin iVaiieisé des capilulaiies de Charles-le-Chauve , où elle est souvent citée. Vers 1031 il est question des comtes de Dreux et de leur droit de battre monnaie. Brûlée par les Anglais à la fin du douzième siècle, elle fut. peu d'années après la bataille où périt Gabriel de Montmorency, assiégée et prise par Henri IV. Les fortifications {tirent alors rasées Cette ville, bfitie sur la Biaise, non loin de l'Eure, est au pied du coteau tju(! couronne l'antKjue manoir des Comtes. Au nonl sont les ruines du donjon. On aperçoit dans la première cour les chapiteaux, él^mment sculptés, d'une église bâtie en 1142. Dans ces lieux est la diapelle mortuaire de Ui fiunille régnante d'Oiiéans. La cathédrale de Dreux fut bâtie à des époques différentes ; les clochers et le haut de l'édifice sont évidemment du seizième siècle. I/liôlel-de-ville offre le bizarre a-sseml)lage du st>le gothique et du style de la Renaissance. On voit à l'intérieur une voûte et une cheminée dignes d'attention, et une cloche fondue sons Charles IX , dont la frise représente la processioç des Flambarts. Saini^lAibàirdea^onchereU possède un castd entouré d'eau. A la Feriè-Vidame existe une fontaine minérale ferrugineuse. A Xof/f fif'fr-J^iii . petite ville peu t'-loiErnée de Dreux, on t hercherail vainement les ruines de I abbaye de ( 'oulo)nhs , fondée en 1023, et oîi reposèrent les dépouilles mortelles de Jacques de Brézé , comte
ET DK LA liÉNÉR ALITÉ DOHLKANS. xcvii
de Maulevrier. et d'une fille naturelle d'Agnès Sorel , Im^e par ce seigneur, son époux, qui l'avait surprise attentant à son honneur. On prétend que Rouvres , où nos rois eurent un château fortifié , fut la demeure du grand |)ontife des Druides. C'est aussi à Scjianfes, lieu signalé dans les Commentaires de César, qu'existait le princii>iil collège de ces prêtres. L'exactitude de la tradition semble confirmée par les nombreuses antiquités décx)uvertes aux environs.
A HBONDISSKMKNT Dl, N <)f i K N T- L E- R OT H O T .
1^1 ville <le Notent s'élevait autrefois sur un coteau; les Normands l'ayant détruite, elle fut rebâtie par Rotrou . comte du Porche , aux lieux où nous la voyons. Salisbury y établit garnison (1428), mais les Français se hâtèrent de reprendre cette forteresse, d'où ils pouvaient faire des sorties et gêner les opérations du siège d'Orléans. Salisbury se vit forcé d'attaquer une seconde fois la place, que défendit rouragcuscment un capitaine nommé La Pallière; la garnison fut pendue et le château brûlé. Les braves compagnons de Charles VII ne tardèrent point à reprendre cette position importante On lit dans le vieil historien du Perche, Bry de La Clergerie, que le château actuel fut constniit par Geoflfroi I*', vicomte de Châteaudun et seigneur de Mortagne, sur l'emplacement d'un ancien camp romain. 11 reçut le nom de fort Saint- Jean, qu'il a conservé. Les
DESCRIPTION I)H I/ORLEANAIS, ETC. xcu
quAtre grosses tonis en raine s'appelèrent Moudoaoet» Brandies, BatoD et La Chaise, du nom des seigneurs bennerets qui étaient tenus de les défendre ponr le cAmpte de leur suzerain. La cinquième
tour portait le nom de Saint-Georges.
La situation de la ville est pittoresque ; à 1 inléneur est une prairie carrée , (|u'environnent des maisons et que borde .une promenade sablée. On dirait le cloître d une riante thébajde. A l'enabrancfaeDient des routes de Paris à Nantes et d'Oriéans à 8aint>MaIo, existe une fontaine que surmonte un jet d'eau et qu'alimente le petit ruisseau d'Arcisses. La jolie cascade des Trois-Moulins . élevt^o de près de quarante mètres , se cache sous les roues et les engins de cent usines. Nogent possédait au moyen â^e plusieurs monastères ; celui de Nazareth était desservi par des religieuses soumises à la règle de Saint-Benoit ; les bfttiments sont maintenant oecnpés par un cabaret. L'abbaye de Saint-Denis fut habitée par des Bénédictins de Cluny. Geoffiroy II, son fondateur (1031), périt sous les portiques de la cathédrale de Chartres, frappé de plusieurs coups d'épée. Les cloîtres, d'une étendue considérable , ont été détruits pendant la révolution. Les caveaux de l'église renfermaient les restes de Rotrou, qui furent dispersés et jetés su vent. Saint-Hilaire, la plus ancienne des trois églises paroissiales de Nogent , se compose d'une nef principale et de deux bas-côtés , un plafond en bardeau remplace la voûte, qui ne fiit jamais commencée. La tour est d'une grande élégance et ornc^e de riches sculptures. Dans l'église de Saint-Laurent existe un monument élevé à la mémoire du président Giroust, né à Nogent, membre de l'Assemblée législative , de la Convention nationale et des Cinq- Cents, qui vota contre la mort lors du procès de Louis XVL L'hospice posséda , pendant près de cent cinquante sns , les dépouilles mortelles de Maximilion do Béthune-SuUy, niinislre de Henri IV. Suivaiît sa volonté deraière, il fut déjxisé dans un petit caveau surmonté d'une chapelle en forme d'oratoire Peu de temps après la trsnslation du cadavre de Villebon à Nogent , la duchesse chargea
xo% DESCRIPTION DE LORLKANAIS, ETC.
le statuaire Boudin de faire en marbre blanc sa statue et ceUe de aon éfxmx qu'elle rejoignit dans la tombe en 1659.
Le vandalisme réTohitionnaire épafgna l'eaLtérienr de oe tombera, mais la sépulture fat violée: la tète de Siilly fut promenée dans l«>s
rues, au bout d'une pique, et le plomb des i «n ueils servit à fane des balles. (Quelques personnes pieuses rtrueiUireiit et déposèrent une partie desoasementâ dans le cimetière de l'Aumône.
11 a été souvent question de changer le nom de Nogent-le-Rotrcm. L'un des ducs de SuUy eut la prétention de faire prévaloir la déno> mination de Nogent-4e-Béthane, nmis î) n*y put réussir.
Nous avons donné ailleurs des détails sur le château de Ml/f lwn qui se trouve dans cet arrondissement, et U serait iuutiie de les reproduire ici. En fut de bourgs et de petites viUes. il ne nous reste plus qu'à dter .fiéaiifiiOfi^/e-CAarif/» ChamptimirmrGfiimÊ , Oou' dmeavt-^RouêÊB et Manl-'Lamkn où existent les raines d'un antique châteou.