‹ L'OrléanaisChapitre 6 sur 20 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

mynumo , il a \xmiv liniitos le Maine, l'Ile-de-France . la Champagne, la BourgopTie . le Nivernais , le Bern* et la Touraine. Le sol est divisé en deux parties bien tranchées : la Sologne, au terrain léger, sablonneux, tantôt trop seo et tantôt trop humide; et la Beaure, immense plaine d'une adminible fertilité. Le climat y est en général doux et favorable. Un fleu\ e su|K'rl)e dans ses colères , et gracieux dans son

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COUTS, la Loire; des rivières aux bords charmants : le Loiret, le

Cosson , le Sens , la Bionnr , y portent la fraîcheur et la f<^condité. Des forêts, autrefois iniiiu'iiM'> , des \ igiioldcs c^linu-s , des n'coltps abondantes en céréales , des carrières , des canaux , des chemins de fer assurent à son commerce des produits et des débouchés. Une belle capitale , Orléans ; d'importantes cités , Chartres et Blois ; des villes fameuses à divers titres, Dreux, Beaugency, Montargis, Nogent; de fertiles campagnes ont de tout temps attiré dans cette heureuse contrée les hommes (|ui , siiiis renoncer aux jouissances de l'esprit, cherchent le calme, l'abondance et le repos.

Mais si l'on interroge l'histoire des temps antiques , tout prend une autre nature , tout change : le climat , les campagnes et les hoomies. Couverte d'immenses forêts, qu'éclaircisaaient à peine de vastes landes hérissées de rochers, cette terre, aujourd'hui si fertile, était foulée })iir des sauvages eirunts ([uc le besoin d'une proie retenait dans un lieu ju!»qu'au jour où les bêtes fauves les entraînaient à leur poursuite dans une autre contrée. De loin en loin apparaissait qudque tour grossière, entrée mystérieuse de souterrains ou de tanières qu'habitaient les plus civilisés d'entre ces barbares. ÂiUeurB s'élevaient de quelipits pieds seulement au-dessus du sol, où l'épaisse chevelure des arbres séculaires entretenait une fange |X'rpétucUe. des huttes au toit coni([ue. De ces sortes d asiles , c^^s hommes tirèrent tantôt le nom de Chartrains ' , tantôt celui de Camutes ^

La population augmenta; des idées d'organisation , des lueurs de rdigion se manifestèrent, et bientôt la division en castes forma les premiers âéments d'un état r^ulier. Le panthéisme, exaltation de la matière , permit aux Druides de proclamer la transfiguration des âmes, croyance qui insjjire aux guerriers le dédain de la mort. Les Druides, ces prêtres fondateurs d'une théocratie puissante, parvinrent

' C'harlrfs «igniflc cachot;, soiiirrrains.

' UuUi, nuisons ; Cam» sont les autels de pierre sur lesquels les Druides faisaient les sacffSoei*

à fixer les hordes vagabondes ; ils élevèrent des villes , rassemblèrent . des armées capables de défendre le territoire et de tenter de lointaines

expAlitions. Près de cette caste de jn-êtres , se forma celle des noMcs ; tctutcs deux (•pprimaiciit la caste misrrablc (jui coinjîOîMTit la plus grande partie de la nation. Aux Druides étaient confit'es toutes les choses de la religion . les aflaires du goavemement, l'administration de la justice , la direction des idées ou l'instruction ; aux nobles appartenait le commandement des troupes; le p(-ii[>)e servait les uns« combattait pour les autres , et cultivait pour tous les terres péniblement di'frichées.

Les Blindes L'taient divisés en cinq ckisses : les Vacies, les Saronides » les Bardes , les Eubages et les Causidiques. Les première présidaient aux sacrifices, aux cérémonies religieuses; ils censuraient les dogmes ou les maintenaient en vigueur. Les Saronides , précepteurs de la jeunesse , enseignaient la théologie , l'astronomie et la philosophie. Pour chanter les louanges des dieux, pour animer 1 ardeur des guerriers, les Bardes faisaient entendre des accents mêlis aux s<»i8 de la lyre. Leur voix vengeresse pounuivait les lâches et maudissait les traîtres. La science des augures , le don de lire l'avenir dans les entrailles des victimes , était attribué aux Eubages. Enfin les Causidiques étaient juges souverains , magistrats et administrateurs des intérêts publics. Au Nuprêriie échelon de cette' hitnan hie paraissait le Grand-Pontife des Druides, qui était le véritable souverain de la nation ; sans lui , sans son aveu , on ne ]H)uvait décider la guerre ou les traités. Dans cette immense famille de prêtres , de nouveaux sujets étaient admis chaque jour, de sorte qu'il existait, au sein de la nation , un peuple commandant à un autre {jeuple , et assez fort pour se faire obéir. Ils étaient exempts d'impôts et de charges publi- (jues. Les plus élevés en dignité' observaient le célibat, mais les autres pouvaient se marier ; ils choisissaient leurs éjKuises parmi les prophétesses, qui partageaient les soins du sacerdoce. Ces femmes jouissaient comme devineresses d'une grande renommée, et elles

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iiispimioiit inêîiio plus de confianro que les Druides , iHoins ex|irrts dans l'art des divinations. L'une d'elks jmklit à Aurélien le destin f^'lorieux de sa famille; une autix' annon<;-<i au kirlxire Diwlétien son élévation à l'empire *. Les Druides rit evaient dans leurs écoles l'élite de la jeunesse ; mais , pmr arriver aux emplois , il étîiit nécessaire de subir un long et pénilile noviciat. L'initiation se transmettait avec l'aide SI ule de la mémoire, toutes les in.structions étant orales |X)ur emj)è( her qu on ne divulguât les my stères ivligieux ; mais ils se servaient de l'écnture dans leurs affaires civiles ou commerciales.

L'unique colléjrc dfs Druid«^ , dans l'origine, existait au milieu des forêts Chartraines , et Ton croit en voir W vestiges sur la gaudie du chemin de Chartres à Dreux'. C'était un édifice de forme CArriV,

qu'environnait un bois sacré. D'autres r'tal)lissem<Mits furent créés à Dreux , à Fennaincour et dans la forêt «rivr\ .

' llifiloirr ilrs {. fltos ft ilvy Giiilluin. Iiv. I , rlia|i. I\ . ' (V( rn<lrait m- noirintP In fiaronnp Poix\ illirr>i.

Aux lieux mêmes où Chartres fut bâtie , se tenaient ehaqne année , au retour da printemps, des assemblées générales ayant pour objet d'examiner les questions du moment les {dus graves et les plus importantes. Les cérémonies religieuses se faisaient alors sur Téminence

ijue l'on a]>]M'la la montagne des Lieues, non loin du houit;- deLèvt's. à une heue de Chartres. Sur le bord de la ii\ière s Ouvrait, béante, one caverne vaste qui servait de sanctuaire et de retraite aux prêtres pendant la dorée des assemblées publiques. Vis-à-vis de l'entrée de ce floaterrain était la fontaine sacrée. Bs avaient encore d'autres lieux consacrés dans les forêts du Perche , du Thimends , de Marehenoir et d'Orléans. L'{LS|)ect inijx)s;nit et la majesté de tes Ikhs leiu- axaient fttiru convenaMes jxnirles soleiiiulcs du culte; mais ils n Vn faisaient pas moins leur résidence ordinaire dans les villes , dans du» châteaux et dans des maisons de plaisance qu'ils savaient embellir.

Ils attribuèrent au gui du chêne des vertus particulières. Pour le cueillir , ils attendaient le sixième jour de la lune de décembre , qui était pour eux le premier de l'année. Cette fete était annoncée par les Vacies , qui , sur l'ordre du Grand-Prêtre, parcouraient les prc vinces en criant : Au gui , l'an neuf. Les députés de chaque ville se rendaient au lieu et au jour indiqués. La cérémonie conunençait par une prooessiim. Deux taureaux blancs s'avançaient oitourés des Eubages ; les Bardes venaient ensuite. Derrière eux marchaient les Saronides et leurs élèves , suivis d'im héraut d'armes vêtu de blanc , tenant à sa mani le caducée, formé d'une liranche de verveine. Puis on voyait les trois plus anciens des Druides a\ec les symboles de la justice. Après eux paraissaient les Vacies et le prand-Prêtre, vêtus de blanc et suivis des nobles et du peuple.

Arrivé près du chêne , le Pontife récitait des |»ières , brûlait im pam et versait sur Vautel quelipies ^^outtes de vin. 11 montait sur l'arbre, cou|)ait le gui avec sa serpette d'ui et le jetait sur une nappe blanche. On immolait les tuumiux, et le sa crihce se terminait pur un festin qui durait plus^ieurs jours et même des semaines entières.

La n-ligion presi i ivait d aulii-s ( ('réiiionies moins iiiiuKH'iitt'S . les Druide. > i»t'Msaient que la vie dos hommes était une offrande agréable à la Divinité. Lorsqu'un chef puissant échappait aux périls d'une bataille malheureuse , il faisait vceu d'immoler des victimes humaines » et chargeait les prêtres de ces barb&res saorifioes. On précipitait les patit iits sur des jiiques , cm les fendait par le milieu du œrps, jwfois on leur plongeait dans la gorge t>u dans le cœur un caillou acéré. Il était d'usage , avant de prendre quelque grave resolution , de faire poignarder un homme pàr derrière et à son insu ; les cifooiistances de sa chute, le cours du sang, ses convulsions dernières servaient de lè^Ie et d'indication. D'autres fois, les prisonniers de guerre étaient reurernH's dans des mannecjuiiis d'osier, on allumait un bûehor , et , aux tortures causées par le l'eu , se joignaient les nioi'sures des animaux que l'on avait mis avec les captifs.

Le costume réservé aux sacnficatéurs était une longue robe blan> che serrée par Utae ceinture de cuir doré. Ss avaient pour ooiffiire un bonnet blanc , semblable à une mitre d'évêque. Les Bardes portaient un liul)it bniu el un niaiileau de même couleur. I^e peuple couvrait ses bras, ses éi)aules et sa jM)itrinc de la siiyc, pièce d'étoile de diverses couleurs que Ton arrêtait par-devant avec une agrafé; les galoches* formaient leur chaùssure; ils se savaient aussi des braies*. Les Gaulois conservaient la baibe et les cheveux longs; leurs femmes , fort recherchées dans leur toilette , avaient le plus grand soin de leurs chevelures blondes et soyeuses.

Le premier , le plus grand de leurs dieux , se nommait Teut , Tuistou , Teutatès ; c'était le créateur de toutes choses, l'esprit universel et vivifiant. Il présidait aux batailles , et on l'adorait tantôt sous la figure d'un chêne , tantôt soùs celle d'une hmce ou d'une pierre. Ses sacrifices se célébraient au milieu dé la nuit , à la clarté des torches, dans l'endroit le plus solitaire de la forêt. Ce lieu saint,

• GallicK. - > Bracc».

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nommé malhu, était en grande vénération; pour le dérober aux profimations , on y amassait d'énormes monceaux de pierres dont on constate encore l'existenoe en divers lieux. Us cachaient dans ces

mallva . et mettaient sous la sauvegarde des prêtres , le butin fait à la guerœ. Lrs restes rte res monuments se \ olrnl en ^nrt nombre aux environs de Chartres , d'Oric^ans , de Dreux et de Beaugency. Outre les/nisrref droiiea , les pierres levée» , les pterre» emnertee et les malhu, on signale certaines éminences, connues sous le nom de moitee. Lorsque les guerriers paroofondent en armes les plaines et les bois d<^}erts , ils élevaient , à leurs chefs morts , des tombeaux formés de fax nit'-> et (le terre; sur la cime de cette <;<)llme artificielle, ils plantaient une lance , symbole du dieu Tr utatès. La cérémonie des funérailles se faisait avec pompe; on brûlait, on inhumait avec le défunt , pour qu'il les retrouvât dans l'autre vie , ses cbiens, ses chevaux, qudqurfois même ses femmes , ses meiUeures armes , ^ tous les objets de son aifection .

L'inconstance naturelle dts Gaulois, qui leur faisait espérer des sensations nouvelles dans une autif vie, l'ioigiiait de leui"s esprits cette horreur du néant ou de la destruction, seule cause qui puisse fiûre redouter la mort. Ils étaient prompts à combattre et se fiùsaient tuer avec une stoï^ue intrépidité. Leur esprit inquiet, leur humeur bdliqueuse les portaient A &ire de lointaines expédition». A diverses époques Sigovèse , les deux Brennus firent trembler la Grèce et Rome.

* ■ l\» pcoMiit qiM dca cwpi les ombres divi»é«s

Ne vont point l'enfenner dut* Im champ!) Élyo^es, Kt ne ronnniHsent point ce* lieux infortunés (ju'A d'ëterticltrs nuits le ciel a condamnés. De son corp» langulv%ant une ime séparée. En reprend un nouveau dans une autro coutil» , Elle chanRf fir »ic mi lim <lc In lni!s«(er. Et ne finit ses jours que pour les commencer. De lA naît dan taon com catta booillnto ••▼te n'ufrront»^ line mort <ini donne une ntn vio, L>e braver les périls , de chcrcber les coaibsti OA Ton as valt maître aa miliaa dn trépas.

LVCMN I tfttduit pur Bféhm/t

\Q 1. ORLEANAIS

Les Caniutes finiront avec éclat \mrun ces conquérants , et les historiens de l'untiquité les citent comme les plus braves d'entre les nations gauloises.

|An 56 av. J.-C.) Rome vint à son tour chercher au fond de leurs forêts les descendants des Brennus. César, suivi des meilleurs soldats de la République , jK'nctra dans les Gaules et commença une lutte acharnée avec ces j>euples » légers, variables dans leurs desseins, inconstants par nature , s'engageant hardiment dans une entreprise " sans être prêts à la bien terminer. " Les lourdes légions , accoutumées à tenir ferme, triomphaient toujours. ])arce qu'elles arrêtaient

le premier choc. Les Gaulois vaincus ne renoncèrent pas à l'espoir de recouvrer leur indépendance. Ils saisirent l'instant où César allait en Italie venger l'assassinat deClodius, et les conspirations se tramèrent dans le pays chartrain. Là vivaient, proscrits et fugitifs, les Druides, naguère si puissants, et que la politique romaine s'appli-

ANCIEN HT MUDbUNE. H

<paxi à rainer et à détruire. Fkétres oflensés et vindieati£» , ministres d'une rdigion sanguinaire , ils aspiraient au jour de la délivrance et

crurent qu'il était arrivd. Dans les profondeui's de leurs forêts sacrées, les Vacies , les Sanmules et les Causidiques priaient les dieux, excitaient les guerriers , aniiairnt l'enfance même, tandis que les Bardes entonnaient à voix basse les chants de la patrie. Les £ubages envoyèrent aux peuples des villes le gui sacré, remède de tous les maux ; puis on les aperçut , sortant de leurs retraites , parcourir'ies environs de leurs sari« tuaiies de Dieux et de Crotais, montés sur des chariots que des ixBufs traînaient majestueusement. Bientôt les victinies humaines sacrifiées à Teutatès apprirent à la nation que l'heure fatale avait sonné. Les Druidesses déclarèrent le moment propice : on immola les taureaux blancs , et la tempête éclata.

Les Gamntes de l'Orléanais et du pays Chartrain se soulèvent les premiei's , après s'être attaché les autres nations par un ^ntncnt solennel. Us se saisissent de tous les Romains que le commerce attirait à Genabum ' , les égorgent , les pillent et poussent un cri de guerre et d'extermination auquel répondent les Auvergnats. Vercingentorix , dont le nom est encore vénéré dans les montagnes de sa patrie , prend le commandement supilme de la ligue formée par les Gaulois du Sénonais , de Lutî»ce , du Poitou , du Quercv. du Limousin et de l'Anjou. Chef d'une année imposante, il force les habitants du Beny à embrasser la cause nationale.

César accourt au bruit du danger. Tranquille sur l'avenir de Rome , il amène d'esceQentes troupes , endurcies aux fiitigues et capables de supf><)rter de longues marches. Les neiges et les glaces ne l'empêchent pas de franchir les Cévennes. Il fond sur les Auvero^nats étonnéî». Vercingentorix se hâte de venir au secours de ses compatriotes ; mais une division de l'armée romaine le trompe en l'occupant par des combats sans but et sans résultat , tandis que César pénètre

I« L'ORLEANAIS

dans le Bourbonnais , prend Château -Landon et ae porte sur Oriéans.

D remit l'assaut an jour suivant. La ville avait sur la Loire un pont que deux lécrions furent chariifées de ^;arder pour couper toute retraite

aux habitants. Les Orh'anais , coniiitant sur le silence et les ténèbres , quittent les renjpaits t't cherchent à passer le fleuve. Tout à coup les Romains mettent le feu aux portes et s'emparent aisément d'une dté privée de ses défenseurs. Les fugitife » attaqués an même instant sur le pont , sont massacrés. Le pillage et Tinoendie complètent la destruction de cette ville infortunée.

C»''sar piiss*' la Loire et va chercher Vcrcinfifentorix , ([Ui assiégeait Bourges, il le bat et revient contre les Cliartrains. Ces hardis moteurs d'une guerre terrible ne furent pas les derniers à donner des preuves d'un suUime dévouement à la patrie. Sur sa route l'armée romaine ne trouva ni vivres ni fourrages ; tout avait été caché , détruit ou Krulé. La cavalerie gauloise , manoeuvrant sur ses derrières , intercepta les coinrnuMicatiuns avec l'Italie et mit César dans le plus grand danger. La discipline et 1 expéiience des légions leur permirent de ressaimr la fortune. I^es Chartrains subirent des pertes oonsidéraUes sans se décourager, sans cesser de former des compbts et de se battre. Lorsque le conquérant revint victorieux du fond du Berry, ils jugèrent que la résistance était impossible, se dispersèrent et eurent àsoulVnr , au milieu des Un<. , le froid d'un hiver riijoureux. Les Romains s'établirent sur les ruines et dans les masures d'Orléans ; et , lorsque le printemps fut de retour , la guerre se termina par le massacre des Garantes.

La Gaub, entièrement soumise, resta sous la domination romaine jusqu'au moment de l'invasion des Francs. L'empereur Aurélien, frappé des avantat^es que la position de Genabum oHVait au commerce et à la dt'iciisc du territoire, fit relwlir la ville; et de son nom, Aurelianus. dérive celui d'Orléans. (An 274.) La présence des conquérants apporta de grands changements dans les moeurs et la reli-

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ANCIEN ET MODERNE. • l;{

gion des vaincus. Au culte des Druidt^ avait succédé celui des faux dieux delà Grèce et de Rï)me. Le christianisme répandit ses do};nu*s

salutaires. Les moines qui ont écrit l'histoire religieuse et sacrée du pays se sont plu à désigner saint Altin, l'un des soixante-douze disciples envoyés dans le monde entier, comme l'auteur des premières conversions opérées à Genabum ; mais tout prouve que la religion chrétienne ne fut annoncée dans l'Orléanais que vers la fin du troisième siècle , par It^ sept évêques venus dans les Gaules sous le consulat de Décius. Grâce à son influence , les mœurs des habitants s'adoucirent , les restes de la barliarie disparurent , les sacrifices humains furent interdits ; les duels , usage cher â ces hommes bouillants, diminuèrent. Ils s'avançaient toujours au combat la tète couronnée, en signe de victoire, avec l'épée suspendue à une chaîne de

ter. Mais on ne les vit plus eiigat^er la bataille avec tes i iis et ce bruit tbnnidable de rondaches et de boucliers qui étonnaient les légionnaires les plus aguerris. Calmes et silencieux, ils se jetaiant sur rennemi avec une impétuosité qui déconcerta plus d'une fois les soldats d'Âtr tila et de Cloris. C'est en efTet vers cette époque qu'il fiuit reprendre l'histoire de l'Orléanais, tant les vaincus s'étaient identifiés aux vaiM<|u«'urs !

(An -106.) Les Alains, pîu tis des bords du Don et du Paius-Méotis, se répandirent dans le nord de la Gaule, sans qu'on puisse affirmer qu'ils aient étendu leurs ravages sur Orléans. Quarante années plus tard Attila, traînant à sa suite cinq cent mille hommes, franchit le Rhin , |)as>t' , la torche et le fer à la main , dans Metz , Troyes , Auxerre et C-and»rai , et \ it nt dt''pli»\L'r st's sauvaires et bizitnes (iiaiM^aux sous les mura d'Orléans. Cette ville, mal fortifiée et plus faible que Metz , avait pour évêque saint Agnan , prélat plein de sagesse et de prudence. Les habitants essayèrent de résister ; mais . épouvantés des progrès de l'ennemi , qui déjà pénétrait dans les nies principales , ils supplièrent saint Agnan de passer dans le camp (lis Huns ])inir leur demander merci. Attila ne faisait j>oint degi-ace, surtout à ceux qui prétendaient arrêter l'effort de ses armes ; mais il craignit de prolonger imprudemment l'assaut , et de voir paraître l'armée franco-romaine. H accorda une capitulation qui obligeait les Orléanais ilui remettre , conmie otages , leurs femmes et leurs enfimts. Les assiégés , n'osant pas se fier au barbare , recommencèrent la lutte , et vers le soir Aétius se iiuuilra a\('e l'armée romaine, (jui comptait pour auxiliaires des Visigoths , des Bourguignons , des Alains et des Francs. Attaqués vigoureusement , les Huns , qui s'étaient trop avancés, furent acculés au fleuve, jetés dans les flots, noyés et massacrés. Cet échec décida la retraite d'Attila. Telle est l'histoire du premier siège d'Orléans. Nous en avons écarté les nombreuses légendes (|ui racontent le> miracles o))érés par le saint prt'lat , dctnt le nom se reC4)mmande à la dévotion du pays et es>l porté par plusieurs

ANCIEN ET MODEHNE. 45

de fies moniimento. Pour la gbiie d'une ville que la volonté de Dieu et le ooonge de ses habitants ont rendue deux fins le boulevard et le sahit de la France , il fiiut dire qudles furent les suites de sa courageuse résistance. Le prestige de teirrur (jui in\ir(>nnait le roi des Huns s'évaiiouit. Pleins d'ardeur, au contraire, Aétius, général des Romains, et Mérovée, chef des Francs, se mirent à sa poursuite et le joignirent dans les plaines de Châkm»-sumMame. Attila , cachant à ses guerriers de iîmestes présages , livra une bataille où périrent plus de cent soixante mille hommes. Pressé de toutes parts, il se retira dans son camp , entouré de bagages et d(^ chariots , et fit dresser un bûcher où il comptait se j>ré( i])iler pour é( lia])iR'r aux vainqueurs. Mais les Romains et leurs alliés, é|X)u\ antési de leurs propres pertes, se retirèrent pendant la nuit, laissant le passage libre à Attila , qui ne reparut plus dans les Gaules.

Qudques amiées après Orléans fut moiacée \mr le Franc Childérie , père de Clovis. Les incursions d'Odoacre , roi des Saxons , le contraignirent à se défendre lui-même et à tourner ses armes contre les peuplades qui sans cesse accouraient du Nord vers le Midi , comme <m voit dans une mor agitée le flot succéder à un autre flot

(An 486.) Enfin Qovis, le premier roi chrétien, vainquit les légions romaines et s'empara successivement de toutes les villes de la Gaule. Les évêques défendirent aux Gaulois de reconnaître l'autorité d'un [»riiice itlohitre. Ce (pie la polit n pie dictait au conquérant , la pieuse reine Clotilde le demandait par de vives instances. Mais il comptait avant tout sur la force des armes et attendait que Dieu lui-même daignât Vavertir de sa fragilité. Au moment le plus critique de la bataille de Tolbiac il voit les Francs plier. Ses bux dieux sont sourds ou impuissants ; la débite est imminente. Alors ce cri »'chappe à Clovis : ■• Dieu île Clotilde, je lais \(eu , si tu m'accordes <• la victoire , de n avoir jamais d'autre dieu que toi. » Le sort des armes change , et les Allemands sont mis en déroute.

Govis , fid^e à sa promesse , se fit baptiser à Reims et rangea

sons ses lois la plus grande partie de la Gaule. Ses possessions s'étendaient jusqu'aux bofds de la hwre , que Childéric avait jugée une limite naturelle di£Bci]e à firanchir. La ville d'Qriéans leçnt de lui divers bienfeits , ainsi que l'attestent des chartes et les monuments.

Tandis ([u'il s'occupait d'atrci inir sa noiu elle conquête , réunissant à ses domaines, soit jmr des traités, soit de vive force , la Touraine, le Mune , l'Anjou et la Breta^e , les habitants de Verdun se révoltèrent , et Clovis résolut de leur infliger un châtiment qui finppfit d'effioi ses nouveaux sujets. Verdun , forcée de se rendre à discrétion , fat sauvée de la ruine et de Vincendie par un prêtre nommé Euspice, dont la \oix parvint à détounier la colère de Clovis, qu'il suivit jusqu'à Orléans avec sou nrvou nommé Maximin ou Mesmin. Pendant le séjour qu'y fit le roi franc , il concéda à ces deux prêtres la terre de Micy, à l'embouchure du Lcnret , et leur fiir cilita le moyen de bâtir l'abbaye de Saint-Mesmin , célèbre dans rOiiéanais. Il est resté de cette fondation des preuves authentiques. Quant aux circonstances qui Vont accompa^ée, telles que la faveur dont Mesmin jouit près de Govis , plusieurs historiens paraissent en douter.

Le conquérantr-législateur, docile aux conseils des évêques, secondait les progrès dn christianisme , dont les dogmes aidèrent si puissamment à la ruine du'monde romam. H avait accordé aux églises le droit d'asile , ({ui , taxé jadis de coutume barbare , peut être regardé

rommo étant alors m'ccssairo au salut des innocents poursuivis par la colort^ aveugle de la populace. Plus qu'une autre église, celle de Saint-Mesmin jouissait d'une grande réputation en ce genre. Les légendes populaires gardent encore le nom de ceux qui vinrent y duBfcher un refuge.

Si les moeurs des Francs s'étaient adoucies par le contact avec les

Gaulois déjà civilisés , ils n'en étaient pas moins fidèles à de barbares coutumes et à de sanguinaires préjugés. Tous les crimes , les meurtres , les assassinats , pouvaient se racheter par des amendes. L'adul-

ANCIEN FT MODEHNK. 17

1ère de la femme , que l'on tHouflfait daris la lx)ue , était le seul rrime sans rémission. Us |X)rtaient l'amour de la vengeance au point de la léguer à leurs fils , qui la prescrivaient comme un de\ oir à leurs descendants. Toujours armés , ils vidaient leurs querelles dans des combats singuliers. Les épreuves judiciaires par l'eau et le feu décidaient les procès. Enfin ils méprisaient la i*eligi«)n que leur chef honorait. Clovis voulut rétal)lir l'ordre et la justice; et, |Hmr y par^(■nir, il s'efforça de propager les idées et les pnH-eptes de la religi(»n chrétienne. Aux évêques appartenait 1<^ soin d'adopter les doctrines que les prêtres avaient mission de prêcher au |)t;uple et de réjMindit; dans les villes et les campagnes. 11 fallait donner l'unité à ce plan et resserrer les liens entre les diocèses. Dans ce but un concile, le premier

-.tri" ' I

qui se soit tenu dans les Gaules, fut convoqué à Orléans. Clovis fixa lui-même les matières qui devaient y être traitées. Trente-trois

18 LOKLÉANAIS

évêques, les métropolitains de Bordeaux, de Bourges, de Tours et d'Auch y discutèrent des points de doctrine et des principes de droit. On y adopta des règlements touchant le droit d'asile et de (îranchise

accord*' aux <''<:lis(s, aux parvis <'t aux )>alais des (*\ t'({ut's. CtHaieril de prévoyantes lois de jMilice auxcjuelles il était utile d accoutumrr les esprits. Un canon fixa le sort des hérétiques (|ui embrassûrat la foi et rappela à l'obéissance les Visigoths » infectés d'ahanisme. On y établit la solennité des Rogations , le jeûne pendant trois jours et l'usage encore inconnu des Processions. De cette é|N)(}ue date le surnom de roi très-chrétien doiuié à nos rois. DaTis le cinquième canon il est dit que toutes les églises tiennent du prince les fonds dont elles sont dotées. Tel est le principe du droit de régale, c'est-àniire du droit qu'avaient les rois firancs , exdusivement à tous les autres souverains , de jouir , pendant la vacance des sièges , du revenu des évêdiés et de nommer à tous les bénéfices vacants qui en dépendaient. Diverses prohibitions (juOii y inséra font penser (|ue les nouveaux chrétiens croyaient aux devins et aux sortilèges. I^i pompe des nouveaux rites prouve qu'il était plus iiacile de frapper leurs sens que de les convaincre.

Avant de se séparer, les évêques adressèrent au roi une lettre ainsi conçue '. - Au très-glorieux Clovis , fils de l'Église catholique et

•• leur seigneur , tous les i'vêtiues qui , ))ar .son ordre, se sont trouvés •• au concile. Comme il est de votre zèle pour la religion catholique et •• pour notre sainte foi , qui vous a inspiré de faire rassembler le om- ^ cile afin que nous délibérassions avec des intentions dignes de notre

- caractère sur pluâeurs choses nécessaires au bien et au salut de nos " églises , nous vous envoyons les ré{x)nses (}ue nous avons cru devmr " faire sur tous les points que vous nous avez proposés , afin que , si " si vous les jugez dignes (!«' votre aj)probation , vous la leur donnitv. ,

et que les décisions de tant d'évêques soient rendues plus efficaces par l'autorité et par les ordres d'un si grand roi et d'un si puissant

- seigneur. " Clovis approuva leurs ordonnances et se montra jaloux

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de les faire observer par ses sujets. Il avait ccpeiulant pronmlg^ut^ lu loi aaliqne et la bi lipnaiie , dont les règlements , contraires à l'égalité entre les hommes , principe fondamental dn diristianisme» attestent que la force et la valeur restèrent toujours estimées par ces peuples btlliqueux.

|511 .1 A sa mort, qui arriva [x'u df mois après, le concile, les Etats de Clovis fui*ent partagés entre ses quatre âls. Clod^inir, le second des enfonts de Clotilde , eut la Neustrie , composée de la Sologne . de la Beanoe , du Blésois, du Gatinais , de l'Anjou et du Maine. Il choisit Orléans pour sa capitale. L'empire ne s'étendait point an delà de la Loire ; car les Visigoths étaient mdtres de l'Aquitaine. La jeunesse de ces princes rendit juiisibles les premièit.s aimées de leur r^^e ; puis ils déclarèrent la guerre à Sigisniond . roi d(^ B<jurgogne , assaasin de son propre fils et usurpateur des biens qui appartenaient à leur mère. Clodomir , plus ardent que ses frères , ravage la fiouigogne et fiait prisonniers Sigismond , sa femme et deux de ses fils, n les envoie prisonniers à Orléans. Grondemar succède i son frère Sif^^ismond et chasse les Français de la Bourgogne. Avant de marcher contre lui , Clodomir ordonna le supplice de st^s captifs. Avitar, abbé de Micy, sollicita leur grâce ; souixl aux menaces et aux prédictions du moine , il bàt égorger Sigismond , sa femme et ses enfimts , dont les corps sont jetés au fond d'un puits. Tristes représailles de la mort de la mère , du père et des frères de Clotilde , immolés de la même manière par Gondebaud.

Les deux arméi's se renc(»ntrèrent sur les lK>r(l.^ du Rhône , à Voiron. Gondemar fut défait ; mais Clodomir , acharné à poursuivre les fuyards , se trouva cerné par un parti ennemi. 11 crut avoir affiiire à des Français , s'avança vers les Bouiguignons et tomba percé de mille blessures.

Telle fîit la fin du premier souverain d'Orléans. Ses trois fils en

bas âge devaient trouver un funeste trépas. 11 était brave , mais iaible , cruel et ambitieux.

io L'ORLÉANAIS

Les Fniiics détruisirent li» royaunip des Bourgui^ons , ijui a\ait duré oent vin^ ans, et avait été fondé par des hordes venues des bords de la Baltique en même temi>s que les Vandales. Les enfants de Clodoniir étaient héritiers pour moitié de sa conquête ; mais Clotairc et Cliildel)ert résolurent de les en dépouiller. Dissimulant leurs projets , ils feij>;nirent de vouloir mettre les trois enfants en p<jssession du trône de leur père et trom{)èrent la tendresse de Clotilde , qui les leur confia. Alors ils envoyèrent consulter sur leur sort la veuve de Clovis. Leur messager présenta à la reine des ciseaux , emblème de la tonsure , et un poignard , signe de mort. Elle répondit avec indignation qu'elle préférait les voir morts que tojulus. Clotaire

se hâta d'interpréter comme un arrêt de mort ces fières paroles. Sur son ordre on lui amène les enfants. Il saisit l'aîné , le renverse et le poignarde. Le second se précipite aux genoux de Childebert, qui paraît attendri. Clotaire lui arrache l'enfant et l'égorgc sans pitié. Le ti-oisième , nommé Clodoald , sauvé {lar les barons de son père , se consacre de lui-même à la vie monastique et se retire dans le monastère de Sîiint-Cloud.

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(633.) Childebert s'attribua dam le partage la ville d'Orléans. 11 aawmbla «n second concile sous le pontificat de Jean II. Sur cinquante prélats oonvoqués , cinq se firent représenter par des dépotés. On y

traita dos matières imjM»rtantes. Les rè^'leineiits sont renfermés dans vingt et un canons. Les points les plus remarquai îles concernent lu simonie et l'ordiDation des ëvêques et des diacres. Les prêtres devaient obtenir l'autorisation des évêques pour babiter avec des femmes. On abolit les diaconesses , qui rendaient à leur sexe les soins que ne pouvaient remplir des religieux. Childebert et Clotaire ne négligèrent rien pour faire observer ces règlements , ce (|ui porte à croire que chez ces princes barbares les artions l(*s ])lus abominables n'éteignaient point le sentiment d'une vulgaire piété. On ])eut aussi attribuer cette déférence et ce respect des rois pour les décisions des prélats à rinfioence que le clergé exerçait. Le christianisme était alors un gage de paix et de stabilité.

Cinq ans après Orléans fat le siège d'un troisième concile. Childel>ert esj)érait , en les soumettant de nouveau à l'ajjprdbation des évêques , donner plus» de ibrce aux décrets , qui tombaient rapidement dans l'oubli. Les canons prescrivaient aux prêtres , diacres , sonsdiacres et ordonnés qui déjà étaient mariés de vivre avec leurs femmes comme avec des soeurs. Les diacres et autres derçs supérieurs reçurent la défense de se livrer au négoce. On décida que le consentement de l'époux était nécessaire |Kmr mettre une personne mariée en pénitence publique. Ceux qui manquaient aux devoirs de la pénitence étaient excommuniés jusqu'à leur mort .

Presque tous les évêques des trois royaumes des Gaules se rassemblèrent une quatrième fins à Orléans. Il s'agissait de remédier aux cmeJs excès provenant du célibat et de la continence prescrits aux ecclésiastiques et d'empêcher les mariages entre proches parents. La licence sur ce dernier jwint dépjissait toutes les Iwnies. Clotaire , déjà marié , avait épousé la veuve de Clodomir ; Thémlebert , fils de Thieny , répudiait sa femme pour s'unir à la femeuse Deutérie , qui »

iî L'ORLÉANAIS

dans les gwnes d'Aquitaine , lui avait livré son château et son honneur. Les évêques fixèrent dans ce concile le jour de la célébration de la Pfique, article souvent controversé dans l'Église » et qui avait donné naissance k mille divisions. Déjà les progrès de Vau-

torité spiritiu'llo et les riivahissomeiits du cl(Mué so faisaient mieux sentir. Un canon blâma l'empereur Justinien d'avoir osé prolonger le carême d'une semaine et reculé ainsi la célébration de la Pâque. Un autre canon délendit aux laïques de connaître des causes des clercs , même contre des laïques , et d'exercer sur eux aucune juri> diction sans la permission des évêques.

i519. t Le ciiiqiiibmc concile fiit plus iKimbreux que les autres. On y exanuna de nouveau l'airaiir di^ Chapitres, déjà soumise au concile de Chalcédoine. Les erreurs de NestcHÎus et d'£utycbès y furent anathématisées. Enfin Childebcrt convoqua un sixième concile, où Toa examina les accusations portées contre Marc , évêque d'Orléans, qui avait été déposé et forcé de fuir. Les évêques ju^^ërent les accusations c^doninieust's uu frivoles et le rétaldirent dans son siei^e. Cette décision fut accompagnée d'mstmcticms sur la conduite des prélats.

Childebert mourut laissant deux filles , que la loi salique excluait du trône. Le royaume de Neustrie revint à l'ambitieux Qotaire, qui hérita bientôt de son autre firère Thierry, et se trouva seul maître de l'empire de Clovis. Pendant les trois années qu'il porta cette couronne , objet tle ses vœux et |tay»''(' par de nombreux forfaits , il éprouva de cuisants chagrins , juste châtiment de ses crimes. Chramne , Tun de ses fils , se révolta contre lui , fiit vaincu et obtint sa grâce. Rebelle pour la seconde fois, il tomba avec sa femme et ses en&ntsau pouvoir de Clotaire, qui les fit fiistiger et brûler vifii. Gette horrible cruauté fut la source de terribles ronords. Ermnt de ville en ville, il cherchait vainement des consolations ■. lien ne put calmer sa douleur , et il exi)ira en témoii^mant par ses exclamations que dvyk le supplice conmiençait pour lui. La vie de ce prince fut un tissu d'incestes et d'adultères. 11 avait épousé six femmes , dont il eut quatre

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ANCIEN ET MODEUNE. 23

fils , qui se partagèrent son héritage. Contran reçut l'Orléanais , qui » réuni an Danphiné , à la Savoie , à la Francbe-Gomté , au Nivernais et à une partie de la Champagne , finrina le royaume de Bouigogne.

H fi3ca son séjour tantôt à Orléans et tantôt à Châlons-sur-Saône. En échange de la Touraine , Carib^ rt , roi de Paris , abandonna à son frère le Senonais. Sous ce règne les Orléanais et les Blésois eurent de sanglants démêlés avec les habitants de Châteaudun , soutenus parles CSiartrains. La sagesse des gouveroeors des deux pays mit fin à 068 dangereuses querelles.

Contran , ayant élevé des prétentions sur plusieurs villes de Provence , di't laia la guerre à Siixcbt'rt , que (.'hilju'Tic attaqua de son côté. Les rois d Orléans el de Belgique, qui avaient réuni leurs années, sont battus près de Tours, et cherchent leur salut dans la fuite. Sigebert, dédaignant la puissance de Contran, le laisse s'échapper, et poursuit à outrance CSiilpéric , qui se retire à Tournay avec son épouse Frédégonde. A la vue du péril qui la menace d'une ruine complète , cette femme pafjne deux assassins et lait égorger îSigel)t3rt. Chilpéric , désftrnmis subjugué par sa femme, la vit C4immettre une foule de forfaits. Une intrigue de cour , bientôt suivie de sanglants débats, contraignit Frédégonde à se séparer de Loup , due de Champagne, son ministre et son favori. Après la mort de ISgebert, Contran prit sous sa protection son neveu Childehert , qu'il fit solennellement proclamer roi d'Austrasie. Dans une cérémonie publique , simulant 1 adoption , il le fit asseoir à côté de lui sur stni trône. Soyons, dit-il , rowerts d'un même bmtclier , et qu'une même lance nom difende. Ces apparences de loyauté n'empêchèroit pas le roi de Bourgogne d'être en butte aux soupçons des seigneurs austrasiens, qu'excitait sourdement l'astucieux Chilpéric. Ils lui dédarèrent la guerre au nom de son neveu , et le forcèrent à faire des concessions peu importantes. A son tour, secondé par Childebert et les Austrasiens , il attaqua C'hilpéric. Les confédérés menaçaient Meaux. lorsque le roi deNeustrie fut assassiné par Landry, amant de Frédé-

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goiule. Exécuté tout à coup et sans {véméditation , cet attentat souleva rindignation des gardes et des serviteurs. Le ftalais devint un séjour dangereux pour la reine , mais die n'osait pas en sortir de peur

d'être livrée à sa mortelle ennemie , Bninehaut , mère de Childebert, Elle iT'TJX'ia (Idiif l'asil*' do la < atht'-dndf (!«• Pairis , et t'crivit au roi de Boui-gc^nc , Guntran, qui, h« uivuseincnt pour elle, répondit à son appel et arriva sous les murs de Paris avant son neveu. Le prince des Orléanais , que tous les historiens ont pdnt comme un roi médiocre et débonnaire , se montra, en diverses occasions, bon politique et ferme administrateur. Jugeant utile à ses intérêts que l'Austrasie no profitât ])as do la ruino doClulairo, il fit proclamer cot enfant roi de Neustric, et )>arut subir l'ascendant des charmes et de l'esprit de la ^'euve de Chilpéric. En recouvrant sa puissance , Frédégonde sentit le besoin de se laver de Taccusation qui pesait sur die. Des procès criminels furent intentés au chambellan et aux serviteurs qni s'étaient éloignés d'elle après son parricide, et sa vengeance éolata par des exécutions , dos assiissinats ot d(s einpoisoimcnicnts.

Gontran , épouvanté de toutes ces scènes de niourlre et de nàort , assistait à la messe un jour de grande solennité. Au moment où le diacre imposait silence à l'assemblée , le roi se leva et dit d'une vmx haute : « Peuple , je te suj^lie , au nom de Dieu, de faire que je ne " sois pas assassiné comme mes frères. Laisse-mot seulement trois ou " quatre ans de \ io |x>ur t'-lovor inos doux pupilles, afin quil v en •• ait au in* tins un capable de gouverner la France. Il éhai^na Frédégonde et 1 envoya dans un château situé au C(mfluent de la Seine et de l'Eure. C'est là qu'elle fît poignarder par deux clercs , au pied de l'autel, Prétextât, évêque de Rouen , et protégé de Contran. Oubliant les services qu'elle avait reçus de son beau-frère alors que sa détress*' était si fjfmndo . elle ne \it plus en lui (pie le tuteur , maître des États de son fils , et le censeur sévère de ses amoui*s avec Landry , qu'elle avait élevé à la dignité de maire du palais. Elle suscita i ce prince pacifique une guerre avec Gondebaud , qui se disait fils de

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Clotaire I". Déjà cet aventurier avait attiré l'attention des seigneurs austrasiens . qui l'enfermèrent dans un château d'où il s'échappa.

Frédégonde , le jugeant capable de servir ses projets , lui promit son alliance s'il levait une armée et attaquait la Bourgc^e où elle comptait des partisans. Gondebaud la crut , mais les Austrasiens , unis aux Bourguignons , le traitèrent comme l'ennemi des deux partis. Vaincu dans une première bataille , il chercha dans une seconde une mort coui'ageuse.

Gontran n'ignorait pas les menées de Frédégonde et ses intelligences avec Gondebaud. Pour la punir, il déclara Childebert son héritier. On réjjandit aloi-s des bmits fâcheux sur la légitimité de Clotaire , Frédégonde fut obligée de la faire constater par le serment de trois évêques et de cent témoins , qm jurèrent que cel enfant était né sous

la couveriure du mariage. Malgré cet acte sdeiiiid , la reine , redoutant ses nombreux ennonis » ne se sentit point assez d'aadaoe pour assister au V>a])tème du jeune prince. La cérémonie eut lieu à Paris. Contran fut le parrain de son neveu , nialf^ré ChildelH it , qui craignait de perdre ainsi le droit de fairc \ aloir ses prétentions sur des parties oonsidéiaUes du teiritoire de la Neustrie. Cet acte fut le dernier du roi de Bourgogne. Il mourut à Tâge de soixante àhs. (693.) Les Orléanais lui décernèrent le surnom de B<m, et les landes lui accordent le titre de Saint. U était donx , bienveillant et d'un abord facile. Ses libéralités envers le clergé , son tvs|)<xt ^xmr la reliirion . la fondation de nombreuses abbayes rachetaient aux yeux des moines, seuls historiens de ces temps reculés, les actes de cruauté qu'il commit sous Tinfluenoe fatale de sa belle-sœur.

Childebert hérita de son onde ; mais il ne fit que passer sur ce trône que convoitait Frédégonde , et devint la proie de la mort , ainsi que son épouse, connue lui ù hi Heur de lage. Ce double trépu> fut attribué par les mis à T^iunehaut, par las auti-es à la mère de Clotaire. L'une craignait les envahiasonents de son neveu , l'autre espérait gouverner plus aisément le royaume laissé par son fils à ses enfants au berceau. Frédégonde mourut deux années après , de maladie et dans son lit ; — Clotaire était à peine âgé de treize ans.

Childebert avait deux fils , Tliéodobert et Thieriy. Ce dernier re<,'nt eu partage le royaume de Bourgogne, formé de l'Alsace , du Zuntgau, de la Champagne et de l'Orléanais. Brunehaut, tutrice de ses fils et régente des deux royaumes , fixa son séjour en Austiasie. De cette époque date le commencement de la puissance des maires du palais. Sous des princes en bas fige et incapables de gouverner par eux-niônies, l'autorité de ces grands oflRciers fut sans bonies. I^ndry exerça ces hautes fonctions en Neustrie , et Bertaud en Austiusie. Les guerres qui s'élevèrent sous la minoiité des jeunes rois furent causées par les haines personnelles et les rivalités des maires entrp eux.

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Brunehaut , publiquement accusée de divers crimes et de honteux débordements , se vit obligée de fuir la cour d'Austrasie et de se retirer près de Thierry, qui résidait à Orléans. Le séjour de cette reine dans la capitale de la Bourgogne est marqué par des faits qui eurent la plus grande inlluence sur le sort de la race mérovingienne. Pour assurer son empire, elle oublia près de son fils les devoirs les plus sacrés. Pyis elle anna Thierry contre Clotaire qui perdit une jwrtie de ses États. Dans le cxiurs de cette guerre , Bcrtaud , maire du palais de Bourgogne , faillit être surpris par Landry dans la forêt des Bretons. Sa troupe était trop ])eu nombreuse pour résister, il ordonna à ses gens de se débander et gagna Orléans, où il espérait se soustraire au ressentiment de Brunehaut. Liindry vint l'y assiéger. Bertaud , pour s'excuser d'avoir fui . prouva (ju'il n'avait fait que céder au nombre, et il adressa un cartel à Landiy. Le combit devait avoir lieu entre la ville et le camp. Landry refusa le défi en alléguant que Bcrtaud n'était iju'un rebelle et qu'il saurait le rencontrer dans la prochaine bataille. Thierry vint en jH i-sonne délivrer Orléans; Landiy se retira vers Etampes, où il re^'ut du renfort. L'n comlmt s'engagea

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près de cette villo. Lu vicloii-e demeura au roi de Bourpot^ru» , et la charjtre de Bt'itaïul , qui ))<''ril l(>s uniifs ù la main , fui donnét' à Protade, créature de Bninchaut. Thierry-, ayant encouru lu colère de sa mère par des actes d'indépendance» fut, après une scène violente, attaqué d'une maladie aiguë qui l'emporta i l'âge de vingtHsix ans. On crut à un empoisonnement , et Brunehaut administra le royaume de Bourgogne au nom des quatre orphelins laisse^ parsoii fils. .Elle pou- \enmit (h'-jà l'Austrasu" d» j)ui> la mort d«' Théodehert et de ses deux fils , qu'elle a\ ail fait poignarder après une dé£ute ; mais son ambition insatiable ne se oontentait pas de tant de pouvoir et de tels succès. L'armée boui^guignonne , confiée à Vamachaire, maire du palais , envahit les États de Clotaire ; mais la vieille reine , livrée i de vagiies soui)çons , l'entourait d'assassins. L'un d'eux, Allx)in , ayant re(;u d'elle l'ordre du frapper, déchire la lettre et en jette négligemment les morceaux , qu'un espion remet à Vamachaire. lies deux armées, qui étaient en présence et sur le point de l'attaquer, se retirent tranquillement dans leur camp. Brunébant se doute de la trahison et veut gagner les bonnes grâces de Clotaire en lui livrant les quatre fils de Tluerry, dont la mort assurait à ce j)rince des droits à la jKJssession de toute la France. Clotaire en fait tuer deux , le t^oisi^me s'échappe, le quatrième est rasé et destiné au cloître. Mais, loin de se laisser émouvoir par l'action de Brunehaut, le digne fils de Frédégonde la poursuit sans rdâche et parvient à s'en emparer.

On sait quelle fut la fin de cette reine , si célèbre dans l'histoire de France et si long-temi)s souveraine de l'Orléanais Clotaire. assis sur son trône et entouré des chefs et des seigneurs les ])lus laissants des trois Kiyaumes , se fait amener la tille , l'épouse et la mère de tant de rois. Brunehaut , alors âgée de soixante-dix ans, s'avance fièrement, revêtue du manteau royal et portant sur le fivnt sa couronne. On l'accuse de l'assassinat des enfants de Thierry ; elle se défend avec hauteur, récrimine à son tour, et est condamnée tout il'une voix. Le supplice est déjà préparé. On la lie sur un chameau, et pendant trois

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jours , couverte de lambeaux sales et déchirés « elle est promenée dans toQt le camp. Enfin elle est attachée par les cheveux et par mie jambe à la queue d'mi dieval indompté, qui lui fracasse la tête et traîne son corps sur les pierres et sur les ronces.

Clotaii-e rt-sta maître des trois royaumes et par conséquent de rOrléanais. Cependant les Bourguignons , voulant conserver leurs lois et leurs coutumes , exigèrent que leur pays gardât son titre de royaume et ses officiers. Le monarque , grand guerrier, et politique habile , sut retenir à sa cour les principaux seigneurs d'Austrasie et de Boui^gogne. Parmi ceux-ci se trouvait Pepin-le-Vieux , possesseur d'immeii.ses domaines entic lu Meuse et le Hainaut. Varnarlmire , maire de Bourgogne , reçut en secret lu promesse que cette dignité ne loi serait jamais retirée. Ainsi fut fondée une sorte de vice-royauté , et rimportanoe des maires s'en accrut. Plus tard leur nomination ne dépendit plus de la volonté des rois , mais de l'élection fidte par les seigneurs. Enfin leur charge devint héréditairet et ib exercèrent Tantorité souveraine.

Tous ces événements , qui préjmraient la chute du trône fondé par Clovis , n'eurent pas lieu du vivant de Clotaire , mais son ambition y aida. Le royaume qu'il avait fondé après tant d'efibrts et par tant de crimes » déjà trop grand pour être administré par un prince tel que loi, ne pouvait subsister dans sa vaste étendue sons ses fils. Cédant aux vœux des Austrasiens , il leur avait accordé pour roi Dagolxrt , stm fils aîné. La population de cette partie du royaume était insounùse, turbulente et toujours prête à seconder les invasions de voisins entreprenants.

Bsgobert , encore fort jeode , eut pour tuteurs et oonseillers Arnould, évêque de Metz, et Pepin-le-Vieux. Sous le règne de Clotaire commença l'hégire des Musulmans.

Au milij'U de toutes ces luttes on ne retrouve qu act ideutellement le nom des villes de l'Orléanais, Poui' dire quelque chose de plus spécial à la capitale de cette province , il ùmi interroger l'histoire ecdé-

siastique et citer ses évê(jiRs. Parmi eux on n niartjiK» Xamance , estimé des rois Gontran et Childéric. 11 assista au Concile de CbâloDSsur-Saône , où Saloiiius , évêque d'Embnm , et Sagittaire , évêque de Gap , furent condamnés à une prison perpétuelle. Au retour d'une ambassade en Bretagne , il mourut à Angers et fut transporté avec |Mnii[K' dans rt'iîlisc (le Siiint-Aii^iiaii d'OiIéans. Nous citerons aussi Théodcmir, tloyi ii de Samte-C'ruix , qui termina ses jours dans le monastère de Siiint-Mesmin , dont il fut abbé pendant trois ans. Sous le règne de Thierry oe monastère , jusqu'alors révéré » devint un objet de scandale. Les corps des saints y furent outragés , et l'évêque Sigebert obtint du roi la permission de foire construire près de l'élise de Saiiit-AiLinaii uik ( hapelle où l'on plaça ces j)récieu.ses i^liques.

Clotaire et ( 'iiildebert , grand fondateurs d'églises et de couvents , en élevèrent sur plusieurs collines de l'Orléanais. Les moines , qui savaient choisir pour retraites des sites justement admirés, délaissèrent jusqu'à la fin du sixième siècle la jolie contrée où se trouve aujourd'hui Meung. Vers cette éjKxpu^ Liphard , issu du sang des rois , (juitta l'alihaye de Mixi avec un autre relit,Meux nommé Urltice. Ils vécurent dans une grotte aux 1 (trds de la Loire , où bientôt leur réputation de sainteté attira près d'eux d'autres solitaires. Li{^iard étant mort, Urbice reçut de l'évêque Marc l'ordre de prendre la direction d'un monastère, qu'il pla^i sous l'invocation de son bienheureux compagnon.

Les rois de Iiourgou"ne se faisaient sacrer par les évêques d'Orléans. La cérémonie avait lieu dans cette métropole, et non à Reuus. Ils s'attribuaient le titre de rois de France , que prenaient anssi ceux de Metz et de Soissons. Dans leur magnifique cour brillaient les maires du palais , les patrices , les ducs , les comtes , les viountes. Lorsque les fonctions de maire devinrent électives , le droit de nniniurr i r-> liants di<,riiitaMes apjuirtint aux aivhe\ îxjues , aux évêques et aux nobles. Le roi confinnuit leur choix , mais il eti ndait sïhi bras sur le cou de l'élu pour marquer qu'il gardait sur lui l autorité

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ANCIEN liT MUDEUMi. 31

d'un maître. Les comtes et les vicomtes étaient les gouverneora des villes. Ceux-d étaient révoqnés facilement , et leur dignité ne se transmettait pas à leois descendants. A cette époque Orléans était placé sons la garde d'un comte , ainsi qu'on le voit par la qualité

donnc^e à Villichairc , qui corninaiidail l< s gueniiMs de (iontran à la prise de Tours et daus la conquête du Poitou. Sous Hugues Cupel ces titres et dignités furent convertis en ûe£& héréditaires , et les dnûts d'exiger le tribut et de lever des impôts qui forent ooncédés aux seigneurs engendrèrent la féodalité.

Pendant le règne de Clovis II , et sur l'avis de samt Éloi , un sixième t oncile fut tenu à Orléans. 11 s"a«^issait d'an'êter les pi-ogrî'îi d'une hérésie répandue par un Grec qui prèciiait le nionothéhsme. Cet homme parut devant les évêcjues et tenta de les séduire par ses sophismes et ses arguments. Mab Salvius , prenant la parole , découvrit ses artifices , le fit condamner et chasser ignominieusement. Les prélats cherchaient à rendre la religion res}iectable en sur\'eillant les mœurs ot les doctrines de ceux qui oi c upan-nt les charges ecclésiastiques. Choisis parmi les nobles et les grands , ils étaient admis dans le conseil des rois. Des princes du sang , des reines, des princesses, des prétendants déchus du trône , se retiraient dans les monastères et ajoutaient aux terres déjà concédées par la munificence du souverain leur patrimoine et leurs domaines. Qui pourrait méconnaître les hionfaisants effets de ces fondations pieuses sur l'agriculture ! Les libéralités des princes turent utdes au pays lui-même. Du bien-être qui régnait autour des monastères vint l'accroissem^t des besoins, et par suite plus de vie et de mouvement pour le commeroe. Enfin ces établissements aidèrent aux recherches historiques et au progrès des lumières par la copie des andens livres et la rédaction d'annales et de légendes qui ont fourni plus tard de précieux matériaux.

Avec Dagobert I" s'éteignirent les lueurs de civilisation dont jx)uvaient se r^ouir les amis des sciences jaloux de la gloire du pays.

Sous ses soocesseurs , gardés en tutelle , faibles en&nts oounniDës au berceau et ne fiiisant que jouer avec le sceptre , on perd la trace de tout document sérieux , et Ton en est réduit aux fidts constatés par

les momiments encore debout.

Clovis II , héritier de la Neustrie et de la Bourgo^e . n'avait que quatre ans. Si^ebert , roi d'Au.strasie , en avait neuf et suivit dans la tombe Dagobert I". La mort de Pépin livra les fonctions de maire à Erchinald , parent dn roi. Pour conserver à ses deux fils une apparence d'autorité , la reine Nantilde voulut que le royaume de Bouigogne eût un maire particulier. Dans ce but elle convoqua les États du royaume à Orléans, et recoiniuandu au vlanx des seitrntmi's Flavent , qu die estimait. Il fut nommé. Privé trop tôt de sa tutrice , CIo\ts s'abandonna à de tels désordres qu'on le crut fou. La mort de Sigebert et la punition de Grimoald , souverains d' Austnaie , lainaèront cette troisième couronne à un monarque déjà trop faible pour en conserver deux. BatUde , esclave d'une rare beauté que lui présentèrent des pirates venus d'Angleterre , reçut de lui les titres d'éjxjuse et de reine. De cette union naquirent trois fils , Ciotaire , Childéric et Thieny. Ils héritèrent de leur père, qui mourut à l'âge de vingt et un ans. Ciotaire ni , âgé de quatre on cinq mois , fut proclamé roi de la Neustrie , qui absorba la Bour^o^e. Cfaildérie eut le trdne d'Austrasic. Thierr\' fut exclu du ))artai^e. Batdde permit ou ne put emjKu her que les font lions de mairt? fussent données à Ebroïn , dont l'activité et l'ambition étaient sans bornes. Il ne taixia pas à s'emparer de toute l'autorité, et ses intrigues fiircèicnt la reine à se retirer dans l'abbaye de CSielles. Elle y termina ses jours an milieu de saintes praticiues.

Aussitôt eommencërent d( \iv( s i(ui relles entre Ébroin et ceux qui osèrent lui résister. On vit Xiueny prendre une couronne , la (juitter et la ressaisir au gré de son ministre. Après l'assassinat d'£broîn son pouvoir échut à Pepin-le^n» ou de Heistal, petit-fils dePépinle-Yieux. Il continua k lutte engagée avec la royauté , défit Thieny

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ot lui rendit le sceptif , mais jxiiir s'en senir à son gré. Sou.s le tilnde prince, puis de due d'Auslrasie , Pépin fut véritablement wi. Bon politique et gueixier illustrt? , il trouva un digne successeur dans

son iils Charles , âgé de vingt-quatre ans. Au nom des jeunes mis rhil|x^ric II et Thierr}- IV, la puissance souveraine fut exercée par ce héros , que ses exploits ont fait surnommer Martel. Après avoir défait les Saxons , qui laissèrent en ses mains une belle cajHive . S<'néchilde , dont il fit son épouse , Charles eut à repousser les invasions des Sarrasins. Ces |X'Uples. remontant du Midi vei-s le Nord, avaient envahi l'Espagne et s'étaient établis dans lu Gaule \arlx»nnaise . d'où ils faisaient de continuelles expéditions jusqu'aux bords de la Loire. Encouragés par la faibles.se des rois et confiants dans l'occupation que les Allemands donnaient au Duc des Fmnçais , ils réjxmdirent à l'appel d'Alxlérame , qui jwirtagea sa nombreuse aiTnée en deux colonnes. Celle qu'il commandait en pei*sonne ravagea le [..aîi-

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