XVII ET XVIII SIÈCLES
Cest de linfluence de l'esprit français que ces deux siècles ont reçu le plus d'éclat, Quatre phases distinctes sy sont succédé.
La première, caractérisée par la fusion des modes flamand et it
alien, embrasse les rè Louis XIIT; la seconde termine le dix-septième siècle
gnes de Henri IV et de
, au milieu des plus grandes Splendeurs du règne de Louis XIV ;
la troisième comprend la fin de ce dernier règne et celui de Louis XV, pendant lequel l’ornementation arriv
de recherche, à un maniérisme excessif, jusqu’à ce réveil du goût pour l'antiquité, produit bardatdécouverth des ‘onz l intures dé IV 6 à t inci à
bronzes et des RE tures décoratives it Pompéi et d’'Herculanum, et cause Principale de la formation du
Louis XVI, qui constitue la dernière période.
e, à force
style
Si c’est pendant ces deux siècles que les écoles françaises brillèrent de leur plus vif éclat, après
S avoir profité de la Renaissance italienne et se l’être appropriée, c’est beaucoup plus haut qu’il faut faire remonter l’i
nfluence de nos artistes, écrite dans plus d’un monument durable et unanimement r
econnue par la critique moderne, Dès le moyen âge, en effet, la France, par sa situation géographique,
| qui explique la rencontre des courants d'idées venus du Nord et du Midi, par la puissance d’
assimilation qui caractérise son a
nie modéré et observateur, était devenue le centre d’une production que recommandaient les qualité
A S maltresses de Part français, la sobriété, la mesure, la vérité du dessin, la clarté des conceptions.
Qu'on nous permette, à ce sujet, un rapide coup d’œil rétrospectif sur ces pr la nécessité de ne pas interrompre l’histoire du mouvement italien et de abréger.
émices de notre art national que
son influence nous & COntraint de {trop
Pendant la période ogivale, dont la priorité appartient à la France, qui en possède les
> notre pays était, à partir du treizième siècle, hautement renommé
aux; ses artistes, se répandant en Europe, portèrent leur style en Allemagne et en Angleterre GRR | És » Où 1! fut principalement goûté (1). | ji
plus anciens et les plus nombreux monuments
Pour ses statues et ses vi-
(1) L'Allemagne, tout en mettant son empreinte puissante aux productions de l’art
l'Angleterre. Celle-ci, après avoir eu longtemps des initiateurs français et même alle style Tudor. D'une richesse de dé sont fiers à bon droit.
ogival, s’est moins éloi
mands, amarqué d'un c cor toute vénitienne, ce style n'a de pareil nulle part. Il est empreint d’un car
gnée du type français que ne le fit On particulier l'ogive surbaissée du aCtère tout national dont les Anglais
Lattes
erande, audacieuse, profondément calculée », selo
une architecture « s beaux temps de la Grèce, les trei-
vait égalée depuis les plu monde de peintres, par toute la France, ser les Italiens.
d'écoles parisienne, picarde, ent de robustes arn bonheur
; ne ssou donné aumonde le spectacle d’ expression d’Émerie David, architecture que rien n’a $ enfantèrent tout un atiquant les arts ue que vinrent ÿ profes connus sous les noms e et méridionale, où vivai par l'esprit français avec u la période ogivale, ne devaient
sculpteurs, doreurs el vitriers, ayant
zième, qu ième , quatorz inzième sit q ième et quinzième siècle avec des variétés locales; m ales; mer-
des écoles dans chaque ville de province et pr se de la tradition antiq us ces milieux actifs rguignonne ; gasconn t absorbé et transformé uses des nôtres pendant
veilleuse préparati leuse préparation à la repri Ile | Tu 0 | st aujourd’hui reconnu que dans t orraine ne, bou , tourangelle, normande, bretonne,
tistes, l’art itali ta : . - ARR" lien fut vite compris, appliqué et biento
que les écol es de I 3ruges et de Cologne, émules souvent heure
point égaler.
e du seizième siècle s'était déjà amoindri
Alors qu’
wen Jtali à :
q Italie le magnifique épanouissement d même du siècle, la
qualités natives; tion de ses habile dans tous les pages de la tYP comme le véritable ch
e la première périod France, initiée à des reconquérait la place
belles figures de nymphes, se arts, ornait de ses innombrables
élégances nouvelles qu'elle s'était
que son génie éprouvé lui
dans d’e ARS :
xcessives facilités, avant la fin rapprochait des
entiè
ntièrement appropriées en les traitant avec ses Goujon, Sous l’élonga s, et Jean Cousin , manuscrits COMME les ont fait regarder
avai ri
it value antérieurement. Jean ographie, l'orfèvrerie ai i
g P ; evrerie ainsl que
Grecs pl
us ? à .
plus qu'aucun de ses contemporain ef de l’École fran-
compositions k ons le verre et la toile, le vélin des
alence T .
avec une science et une sûreté de goût qui çaise. Se là celles des F Jandres, des Provinces Rhénanes et
Les viei L 1 : 6e eilles écoles du Nord, transformées,
nous entendons par
pétails de J'église gaint-Étienne du Mont (à paris). . (XVI siècle.) s anciens et modernes de çailhabaud:)
(Extrait des Monument Yinei, le
ndo, Léonard de
avaient apporté:
£, et plus tard du
ie elle-même Ce que Frà Gioco rebati leur
o, Paul Ponce T libert Delorme , pierre LesC0 ent à notre sujet; marquent ne, les Théodore de Bry;
septième siècle par
$ plus haut que l’Ital
o Cellini, Serli n Bullant, Phi nt complètem [s maîtres; le sion sl repr
de la Fr ô | ance en tête, maintiennent alor
Rosso, Primatice, André del Sarte, Benvenut à d'architectes tels que Jea conçus rattache ppelle les pet dont la SUCCES sen, ELC.» etc.
ors de notre ques d’un 8 4, de ces orfèvres;
Ces écoles, si riches dé de leur génie 4 Étienne Delau
Cerce At :
, que ses ornements si fortement ésentée au dix-
propre fes 3 les chefs-d’œuvre gravés de ceux qu’on à irgile Solis Re s, les Aldegraver, les Woeiriot, CÉC.,
Jacques Mestre, Ét. de la Belle, Michel Blondus, H. Jans ure , leurs ouvrages sont h ont des Mar raveur
vrées Qui:
& décorations orfé les
lier pour qu’on ne s des céramistes,
cadre ; mais Ce
Com
1e productions de la grav
énie trop partieu comme celle
er à la destruction;
pour I a plupart, n’ont pu échapp tions de ces arti
si n ] 1 1 L Snale pol j o - nt. Historiquement, les produc stes 5
Ha (ee
des serruriers, des menuisiers (les uns en plein seizième siècle, les autres vers la fin et le commencement du
- dix-septième), démontrent que le niveau de l’ornementation s’était maintenu dans le Nord à une hauteur qu'il n’a-
NE Pau NE
°v s:. à EWteen d'a P
Motif d’après Janssen.
Cassoletle en or ciselé. (Travail français du XVIIe siècle.) (Extrait des Arts au. Moyen âge.)
vait plus en Italie, livrée dès alors à un maniérisme que d’inférieurs imitateurs du Style sublime mais tour Michel-Ange avaient mis en succès, et dont le spectacle affligea, dit-on, la fin de ce grand homme, ludait ainsi aux décorations contournées dont les principes commodes et relàchés dev yoquer. en France ce qui s’appelle le style Louis XV.
menté de Elle préaient un siècle plus tard pro-
Toutefois les souvenirs glorieux de son siècle d’or lui donnaient encore un prestige et lui faisaient attribuer une supériorité qui r’étaient plus aussi justifiés que par le passé. | | ; On le vit bien lorsque plus tard, sous Louis XIV, Bernin, qui jouissait alors d’une ré
putation européenne, vint en France où il était appelé par le Roi pour finir le Louvre. Arrivé avec un grand fracas, on ne gédier comblé de dons et de caresses; mais on s’était désillusionné après l'avoir v
tarda pas à le con- \ 9 , 3
| u à l’œuvre et aux prises avec le
génie, pompeux aussi, mais solide, de nos artistes français.
Vers la fin du seizième siècle et au commencement du dix-septième, le Caractère indé pleins de sève et d’originalité avaient su conserver dans l’application des pr sance, alla s’'amoindrissant pour faire place à
pendant, que des artistes INCIpes remis en honneur par la Renais-
une imitation suivie de plus près, mais plus timide, des modèles directs de lantiquité qui commencaient à abonder et provoquaient admiration génér
Il suivit de là, les malheurs du temps aidant, une stérilité relative, car derne (Guilmard, Histoire de lornement), « V
ale,
> Selon lexpression d’un critique molonté de limiter qu’on n’en avait le pouvoir, et l’on était loin d’en comprendre la véritable puissance et l’exquise pureté »,
sure, une h eureuse réaction que celle qui consistait
éléga SEE à sance sl A | guindée au début, mais non dépourvues
ais Farnèse-
Pendentif tiré tif tiré des fresques d’Annibal Carrache au pal
tribuer à fai f T Dee à faire naître, ou du moins à en : asticité, car elles se plient à tous les D pratiquant, n’ont i loi de - pas osé les pousser aussi lo:
22 SUCCÈ i i mes ccès de ces inventions est principa , Fam 6 7 = ands, ou Frédéric Untentsh, de Francfort; u , , encore recopiés de nos Jours:
La m di . :
GIL : / e o uiserie, si développée pour Ja fabrication
tretenir le 50 esoins et $C
lement dû à
ce fut, dans une certaine me-
és sous les derniers Valois ous ces tentatives, d’une
à la source commune. S de finesse, on seni amour sincère de l'antique et la contemporanéité du génie élevé et si français de Nicolas Poussin. Les n° 2; 3, 4, D, 6, 7 de la planche LXXIV; Je plafond du Louvre et le fragment d’un panneau de Fontainebleau (planche LXXVI) sont des produits de ce retour aux principes de l'antiquité romaine : Car il
e alors que de celle-là.
en arabesques de la chambre
bourg , planche LXXVI,
à remonter
ne s'agissait guèr Dans les décorations
de Marie de Médicis au Luxem ntraire la liberté du style de la Renais-
on retrouve au CO reflet de l'influence italienne
sance : c’est un dernier
du favori Concini.
Conjointement av les modes antiques , décoratifs, un mouvem es et le règne de Henri IV et eut art importante dans la formation du style ndant le règne de Louis XII et la pree Louis XIV. La vogue se tourna es. Les variations qu’elles fruit dans les recueils
ec ce retour plus où moins franc il se produisait, dans le dé-
vers ent qui fui favorisé
tail des arts d’abord par les victoir
aussi une P qui prédomina pe tie de celui d ductions flamand être suivies aveë
de 1607 à 1624, re dans la série de n0$
mière par vers les pro subirent peuvent
d'ornements aravés ut s’en reconnait
et le caractère
particulier pe
planches:
Tout en
lienne, les nouv
exit et émaillés (voir P trumeaux el éeussons (plan avec la planche LXXV, un spécim
style qui ne devait pas tarde ç un peu 6x remière parti plus complet os 4 et 4 de noire planche ja bizarrerie des
surplus de cette
reflet de la Renaissance ita-
conservant un ornements manus-
eaux rinceaux des [anche LXXVI), les cartouches ; che LXXVII) complètent; en assez varié de ce nouveatl r à tomber dans des lourdeur
Ce style de la P n expression la ompromis des n n’insisterons pas sur qui composent le
ssives e du dix-septième siècle e et la plus heu-
trouve s0 reuse dans le G
LXXVIL Nous
formes des cartouches
dernière planche:
Les produits chinois; le principal e genre dont le pinaisons: Les I
ande, à cette épobeaucoup CONest dans
dont la Holl ntrepôt; ont dû principal mérite taliens, tout en les
que était
figurations de ce
üt des utes les com
prêtent à to èse el Christophe Fein-
comme Vri d’une lourde opu-
menuisiers qui nt de meubles
ux maitres gravèrent ta
exécutèrent ou
de ces cabinets magnifiques OÙ armoires , à la mode pendant la
gt
SR (jee
Renaissance, et dont les exemples parvenus jusqu’à nos jours démontrent que les Allemands , les Français et les Italiens s’y montrèrent également habiles et ingénieux, nous semble avoir été le principal terrain de la transformation et de la fusion des genres que nous venons de reconnaitre. | | À
Ni Porfévrerie ni la peinture n’avaient besoin, en effet, des ampleurs parfois exagérées auxquelles recoururent les ouvriers en bois, qui d’ailleurs à cette époque étaient des gens de forte éducation.
Lorsque après l’appel de Richelieu et la déconvenue du fameux et unique Monsieur le Poussin, l’honneur des François en sa profession et le Raphaël de nostre siècle, dit un contemporain (voir N. Destailleurs, Notices sur quelques arlistes français), il fut donné à Jean Lepautre d’être appelé à diriger en quelque sorte le goût de son époque,
on le vit sortir d’un atelier de menuisier, où il avait été mis de bonne heure en apprentissage. Il est vr
ai que ce
Frise d’après Lepautre.
n’était rien moins que l'atelier d'Adam Philippon, s’intitulant lui-même : menuisier el ingénieur
ordinaire du Roy (il s’agit de Louis XIII et de la fin du règne), lequel avait été envoyé par toute lItalie pour
y rechercher « les hom- k
mes les plus célèbres aux arts de la peinture, sculpture, et autres professions nécessaires aux décorations des
Motifs de cartouches d’après Lepautre.
palais royaux, et avait ainsi fait passer en France nombre d'ouvriers et et figures antiques ». On peut s'expliquer maintenant li
Stand nombre des importance du rôle de pareils men
plus beaux bas-reliefs
D s 4 . . 1c1 $ , A Savoir Caché sous un titre aussi modeste, “siers et l'étendue its
Pas
81 — C'est de ce voyag ù Phil ; e voyage en Italie, où Philippon dut emmener son élève, que Lepautre revint formé eten état de pr Oaux détails Si opulents, qui représentent l’époque la
duire c :
es - : : re compositions SI nombreuses, Sl variées, SL riches ,
plus brillante du style Louis XIV.
Les lec : :
econs qu’il avait rapportées d’au delà des Romain à Mantoue, ] que des tendan
4 celles de la pure et élégante école de Raphaël. phaël dans le reste de l'Italie, avaient quées au pittoresque avaient
monts n'étaient plu es autres élèves de Ra
Il y avait déjà longtemps que Jules ces de plus en plus mar
épuisé |
puisé, en quelque sorte, ce genre d’arabesques; 9 “4 s “4
won y était allé chercher, le Bernin
école des Carrache, fondée
altérées rapidement.
Lorsque Le que Lepautre fut en Italie, lors ombreux ouvriers q
ain du grand éclat que F que toutes les autres étaient en décadence,
(voir p. 49), et c’est d'elle, prin-
qu’en vinrent les n n était au lendem x arts italiens. Alors raditions décoratives
s inspirations.
ose et plem de verve, parfois entaché
régnait à Rome; mais, ce qui valait mieux, 0 le, avait rendu au e des meilleures t vait recevoir de ue le style grandi École.
Bologne à la fin du seizième sièc cette éc RC :
école bolonaise avait repris l’ensembl
cipalement, que le fastueux et fécond Lepautre de {, à sa nature q italiens de cette pautre ne nous à e large, d’un ren
Rien ne correspondait mieux, en effe
dun Ù
eu pe \
peu d’enflure et d’exces, des décorateurs de l’école de Le
pour une optiqu
pas permis de les faire entrer dans les sujets
La nat ure à * É / .
des ornements décoratifs du pittoresque qui tour rne au trompe-
ue n :
q ous avons traités en couleur. Concus
Frise d’après Lepautre-
>] en soit fait une application
$ industries modernes pour qu
Pœil, il ner er ee. de ce qui peut convenir à no | Malgré ra LAN à laquelle ils étaient destinés. | Le ce surcharger, car on la "or qu’on avait alors F 6,onny pouvait toucher sans Us, sans la ne entr rouvait trop grave et trop nue. pour Rose pport des proportions des choses en furia, dont les frises
es peuvent donner une idée
SR ne ee ut # pierre d'achoppement de cette époque: Son mere résultat fut ob une unité
quel avait, en effet ? principalement aux grands ordonnateurs : l'architecte Mansard, le pote Lebrun, ë
ù manière des Fe nécessaires pour régir les arts décoratifs dan iété. Artiste d'ensemble, à
intérieurs des Re mais despote absolu, il présidait à toutes les CO ments
lustres, candélabres. t ents, tapisseries, pièces d'orfèvrerie et de serrurerie; ouvra » (out lui passait par les mains, €t rien ne paraissait à la cour qu
exécuté so SOUS sa di :
rectio ; :
n », (Louis et René Ménard, Tableau historique des beaux-aris.)
On lui voulait plu
tre elles ;
Ç toute leur Var nfections : € $ ges de mosaique ; i ne füt inventé par lui et
culptures ; orne tables, vases,
élevées en quelque sorte e des temps précén sans gran-
particulières :
{ autre que cell e architecture, no ce l’objet proposé. La né-
publiques et je générale tou ype si CONNU d’un n désaccord ave
Style Loui is XIV un spontanément, a donné à incroyable quantité des constructions dents. Du nord au se : a France de Louis XIV une physionom ) 4 , de l’est à l’ouest, on retrouve partout ce Ÿ
deur, mai ; Mais qui À , Sacrifiant t out à t à la magnificence de l'aspect, es! souvent €
poire
cessité de décorer avec promptitude et simultanément des constructions élevées sur un si grand nombre de points, en faisant évertuer tout le monde industriel et en formant une quantité incalculable des mains ouvrières, devait fatalement occasionner de grands relächements dans le choix et l’exécution des détails de toutes sortes.
L'originalité particulière de chacune des écoles de province disparut dans ce mouvement général, où l’initiative individuelle ne trouva plus à s’exercer que sur des types promulgués par les académies centrales. Malheureusement les formes employées, d’un choix et d’un dessin trop faciles, parfois molles, bizarres, contournées, alourdies, déparent souvent cette ornementation, dont les détails trop nombreux fatiguent le regard, mais qui se soutient par une verve sans égale.
Ce qui distinguala France dans l'emploi de ces modes excessifs, à une époque où les Italiens faisaient pire et