‹ L'ornière; questions de l'année 1869Chapitre 103 sur 149 · L'APAISEMENT · texte numérisé non relu

L'APAISEMENT

OÙ le sénatus-coDsulte a paru dans le Journal officiel^ ni M. de Kératry ni M. Raspail n*avaient publié leurs déclarations ; donc le gouvernement eût eu les. devants sur elles s*il eût fait à cette époque ce que lui prescrivaient les convenances les plus simples. Le 12 juillet, le Corps législatif, spécialement réuni en session extraordinaire pour la vérification de ses pouvoirs, avait été brusquement prorogé pour un cas de force majeure; dès qu'avait cessé ce cas de force majeure, en d*autres termes, dès que le sénatus-consulte annoncé par le Message du 12 juillet avait été voté et promulgué, le Corps législatif devait être appelé à reprendre en session extraordinaire le cours interrompu de ses séancM et à achever Tœuvre pour laquelle il avait été expressément convoqué la 28 juin, aux termes de la déclaration si formelle de M. Rouher, ministre d*État.

Objection sans valeur! car le 12 juillet elle n'a pas arrêté le gouvernement , qui n*a rédigé en toute hâte son fameux Message qu*afin d*empécher le dépôt sur la tribune et le renvoi dans les bureaux de la demande d'interpellations des 1161 Est-ce que ce jour-là le gouvernement n*a pas a cédé » ? S*il a eu raison de céder le 11 juillet devant une demande d'interpellations qui était inconstitutionnelle, comment aurait-il tort de céder le 2 octobre devant une demande qui est un bommage rendu à la Constitution, puisqu'elle invoque un de ses articles?

Cet article fut-il douteux (ce qu'il n'est pas, selon nous, en ce qui concerne les 52 députés non vérifiés), n'est-ce pas agir en sens contraire de l'apaisement que de se buter puérilement, petitement, devant la non-réunion, le 25 octobre, du Corps législatif, qu'il faudra convoquer quelques semaines plus tard?

Puisque l'opinion publique demande que les députés ne soient pas prorogés plus longtemps que ce jour-là , ministres du 17 juillet, donnez-lui donc cette satisfaction, et

882 QUESTIONS DE L'ANIVÉE 1869.

prouvez par cet acte, non de faiblesse, mais de vigaear, à la fois de condescendance et de virilité , que c'est très-sérieusement et très-sincèrement que vous avez pris pour t&che l'apaisement !

Soyez-en persuadés ! ce n*est qu'en cédant trop tard que les gouvernements se rapetissent et s'affaiblissent : ceux qui cèdent à propos se grandissent et se fortifient.

Gouvernements taquins , gouvernements mesquins.

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