LA TRADITION RÉVOLUTIONNAIRE
nant ainsi tiès-résolùmcnt et presque unanimement parti pour la liberté contre la révolution, pour la discussion contre Tinsurrection, aura pleinement racheté et au delà lea torts des deux ou trois journaux qui persistent aveuglément à rester à Tétat de fâcheuses exceptions. Elle aura plus fait pour le maintien de Tordre que la police la plus vigilante et que le déploiement le plus considérable de la force armée^ car elle aura ramené dans le droit chemin les esprits qu*avaient égarés la prorogation du 12 juillet et le renvoi au 29 novembre de la réunion du Corps législatif, laquelle aurait dû avoir lieu au plus tard le 26 octobre.
Détracteurs de la liberté de la presse, soutenez donc encore qu'elle est plus nuisible qu'utile !
LA TRAniTiON RE VOLDTIONNAIHE.
8 octobre 1869.
En France et ailleurs, la liberté n*a pas d'ennemis plus dangereux que les révolutionnaires , car ils n'ont pas plutôt triomphé en son nom, usurpé par eux, que c'est pour se proscrire les uns les autres et soulever contre elle tous les intérêts en soufifrance, tons les esprits timorés, tous les souvenirs, toutes les inquiétudes, toutes les défiances. Ils ne savent qu'agiter; ils ne savent pas même détruire. Ce qu'ils ont renversé la veille se relève le lendemain contre eux et les écrase. La révolution éloigne de la liberté; le despotisme y ramène. Heureusement! L'Empire de 1852, malgré lui, aura plus fait pour elle que la République de 1848.
Les élections générales de liiai et juin 1869 ont attesté l'exisience d'un mouvement libéral très-prononcé, très-profond, très-étendu.
Maintenant ce qui importe, c^est d'empêcher que des violences et des témérités ne le fassent reculer. Or, c'est ce qui arriverait certainement, si MM. Raspail et Gambetta, épris de la plus ardente passion pour l'article 46 de la Constitution de 1852, persistaient, malgré l'avis contraire de MM. de Kératry t Jules Ferry, Ernest Picard, Eugène Pellelun, dans leur projet de tenter une troisième folle journée, faisant suite à la journée du 15 mai 1848 et à la journée da 13 juin 1849.
Allons au fond des choses.
En réalité, qui avait intérêt à la réunion le plus promptement possible du Corps législatif, inconsidérément convoqué le 28 juin en session extraordinaire et brusquement prorogé le 12 juillet?
Était-ce l'opposition?
Était-ce le gouvernement?
Ce n'était pas l'opposition, car les retards lui profitent, puisqu'ils augmentent le mécontentement public et annulent ainsi l'efiet de réconciliation, de conciliation, d'apaisement, qu'il était raisonnable d'attendre du sénatus-consulte du 8 septembre, ample satisfaction donnée aux 116 signataires de la demande d'interpellations.
. Donc c'était le gouveiiiement ; car il devait ardemment souhaiter d'en finir avec la situation fausse qu'il s'est faite en gardant M. de Forcade la Roquette comme ministre de l'intérieur, le jour où il ne gardait plus M. Ronher comme ministre d'État.
Quel était le moyen d'en finir naturellement avec cette situation fausse? C'était, le 10 septembre, jour de la promulgation du sénatus-consulte, de convoquer immédiatement et à bref délai le Corps législatif, afin qu'il reprit et terminât l'œuvre commencée et interrompue de la vérification des pouvoirs; et aussitôt cette vérification achevée, de clore la session extraordinaire du 28 juin.