LA TRADITION REVOLUTIONNAIRE
Après la clôlare, selon que la majorité du Corps législatif aurait attesté son esprit par ses votes, c'était de former un cabinet qui fut en accord avec elle.
Les avantages qu*il y avait à suivre cette marche rationnelle étaient les suivants :
Les irréconciliables jetaient leur gourme électorale dans cette fin de session spéciale ;
Le gouvernement, au moyen de cette session de recon-naissance j apprenait exactement à quoi s'en tenir sur les dispositions des divers groupes parlementaires, les uns composant la majorité , les autres composant l'opposition ;
L'Empereur formait , en conséquence, son cabinet, et réglait également en conséquence son discours d'ouverture de la session ordinaire. Il ne parlait pas dans le vague, il savait précisément ce qu'il avait à dire.
Pendant l'intervalle de deux mois, au moins, qui s'écoulait entre la clôture de la session extraordinaire prorogée et l'ouverture de la session ordinaire, le nouveau cabinet, régulièrement formé, avait le temps de prendre racine, d'épurer son personnel, de le fortifier, de l'animer de l'esprit nouveau , et enfin de préparer ceux des projets de loi dont la présentation lui eût paru nécessaire.
La raison alléguée par la presse ministérielle pour essayer de justifier le renvoi au 29 novembre de la réunion du Corps législatif, c'est qu'il fallait laisser le temps aux ministres du 17 juillet de traduire leurs aspirations en dispositions législatives.
Singulière façon de gouverner, l'on en conviendra, que de confier la rédaction d'importantes lois définitives à des ministres provisoires!
N*est-ce pas pousser le contre-sens politique jusqu'à l'aberration gouvernementale?
Et si le nouveau cabinet qui sera formé ne trouve pas que
ces lois soient suffisantes pour satisfaire aux exigences,
386 QUESTIONS DE L*A]VNÉE 1869.
devenues plus impérieuses, d'une situation conduite en dépit de la logique et du bon sens , il faudra donc retirer ces lois et en soumettre de nouvelles aux délibérations du Conseil dTtat I
En vérité» Ton ne saurait accumuler un plus grand nombre de maladresses et de fautes I Et lorsque ces maladresses et ces fautes donnent à l'opposition parlementaire tant d'avantages contre le gouvernement, ce serait ce moment que l'opposition révolutionnaire choisirait pour les effacer par une manifestation aussi impuissante que celle organisée au mois de décembre 1868 par les rédacteurs du Réveil!
Ce serait insensé.
Les ouvriers de Paris, que l'on s'efforce d'égarer, le comprendront, et répondront ce qu'ils ont déjà répondu au mois de juin : a Nous sommes les soldats exercés du suffrage universel ; nous ne sommes plus les soldats crédules de l'émeute ; maintenant nos barricades sont les urnes, et les pavés sont nos bulletins. »
LE naOIT DE MANIFESTATION.
1 S octobre 1860.
Tous les journaux politiques français publient sans réflexions ces deux télégrammes :
Londref, 11 octobre.
Hier ont en lieu dans les rues de Londres une procession et une démonstration à roecasion des funérailles du fenian Martin.
QUARANTE MILLE personnes ont pris part à cette démonstration.