LA TÂCHE DE M. EMILE OLLIVIER
 décembre 1869.
Ayant vu trois révolutions, la révolution de 1789, la révolution de 1830, la révolution de 1848, promettre à la France la liberté sans réussir à la fonder, M. Emile OUivier a entrepris une tâche difficile qu'il poursuit courageusement depuis douze ans; elle consiste à donner à la France la liberté promise en faisant l'économie d'une révolution.
On peut avoir raison de prétendre, qu'il échouera dans l'accomplissement de cette tâche ; mais on ne saurait avoir raison de dire qu'elle ne soit aussi louable qu'elle est ingrate.
Quelle est la situation ?
Des élections générales ont eu lieu les 24 mai et 7 juin
Les candidats favorables au gouvernement ou favorisés par lui ont, grâce à la pression administrative exercée sous toutes ses formes, réuni quatre millions et demi de suffrages.
Les candidats opposés à la politique du gouvernement ou combattus par lui, malgré l'emploi contre eux des moyens les plus répréhensibles , ont rallié trois millions et demi de votes.
Nul doute que si le gouvernement fût loyalement resté neutre dans la lutte électorale le résultat contraire ne se fût produit; les candidats de l'opposition, au lieu d'être la minorité législative, eussent été la majorité parlementaire.
Mais il faut prendre les choses telles qu'elles sont.
Or, des scrutins ont démontré que les trois millions et demi de suffrages n'avaient réussi qu'à produire environ vingt-cinq députés de l'opposition irréconciliable et quarante-