LE DÉRAILLEMENT DU TRAIN
QaMmporte à la France que quelques élus du sufirage universel soient ou non admis sur les bancs du Corps législatif! Ce qiy lui importe , c'est que Tincertitude fâcheuse qui pèse sur tous les esprits cesse de régner; c'est qu'un cabinet parlementaire et homogène, expression de la majorité, succède le plus vite possible aux ministres du 17 juillet, tiraillés en deux sens contraires; c'est qu'enfin tout retour offensif du gouvernement- personnel , n'étant plus possible désormais , ne soit plus jamais à craindre.
LE DiRAILLEMENT DU TRAIN.
li déoemlm 1809.
Ce que disent non-seulement les ennemis de l'Empire , mais aussi les amis de l'Empereur, ses amis les plus anciens, ceux qui ont tout risqué pour son avènement, serait-il donc vrai? Que disent-ils? Ils disent, les premiers à haute voix , les seconds à voix basse, mais les seconds confirmant ce que disent les premiers, qu'il nesait plus ni ce qu'il veut ni où il va.
Ce qui est visible , ce qui est manifeste , ce qui est certain, c'est qu'aucun des ressorts du gouvernement impérial, hormis celui qui se nomme l'armée, ne fonctionne plus. C'est le déraillement du train.
Mais peut-être ce péril sera-t-il salutaire, car rien ne saurait être pis que le désarroi dont la France donne à l'Europe le triste spectacle.
Un péril est salutaire quand il rend à un homme ou à un pays son énergie et sa présence d'esprit perdues.