LE CONFLIT FRANCO-BELGE
16 féfrier 1849.
Avant le 3 juillet 1866, qoi a donné à la Prusse le commandement militaire de toutes les forces de TAllemagne et livré la clef de toutes les forteresses qui nous menacent , fait tomber la Saxe en vassalité et presque aussi bas le grandduché de Bade, la Bavière et le Wurtemberg ; rayé de la carte desÉtatsd'Enrope le royaume deHanovre,rélectoratdeHesse, le duché de Nassau , etc.; incorporé au territoire prussien le Holstein, le SIesvig, le Lauenbourg, détruit la Confédération germanique , qui était la sécurité française ;
Après la situation que nous avaient faite en Europe la prise de Sébastopol, le Congrès de Paris de 1856, les victoires de Magenta et de Soiferino ;
. La France aurait pu laisser passer indifféremment et dédaigneusement le vote précipité de la Belgique, le vote hostile du 13 février 1869, car Toffense se mesure à la hauteur qu*elle parvient à franchir ou qu*elle est impuissante à atteindre. Selon qu'on a monté ou selon qu*on a descendu, le même procédé peut, à deux hauteurs difTérentes, être blessant ou ne Tétre pas^ de même que les lames de la mer, qui au sommet du roc qn*eUes avaient gravi n'arrivaient pas à mouiller vos pieds , vous couvrent de leur écume, au bas du roc, vous emportent et vous noient.
Ce qu'il y a de moins insultant peut-être , mais ce qu'il y a, certes, de plus méprisant qu'un soufflet sur la joue, c'est une chiquenaude sur la narine; le vote de la Belgique» le vote du 13 février 1869, n'est pas un soufflet, c'est une chiquenaude.
80 QUESTIONS DIS L'AMNÉË 1809.
La France peul s'appliquer les paroles de M. Orts, rapporteur, dans la séance du 13 février 1867 de la Chambre des représentants :
Il est dans la vie des peuples, comme dans la vie des individus , de ces choses qui se sentent sans qu*il soit besoin de les exprimer» et ce que Ton comprend le mieux alors est précisément ce qu^il est inutile de dire.
Oui, il est des choses qui se senlent sans qu'il soit besoin de les exprimer.
Plus le journal la France, dont l'ancien directeur politique est ministre de France à Bruxelles , démontre que la Belgique n'avait aucun motif, absolument aucun, de présenter le projet de loi qu'elle a fait voter d'urgence, plus il est évident qu'elle a obéi à une suggestion étrangère.
C'est en 1869 le pendant de la question de 1867, avec celte seule différence qu'en 1867 il s'agissait de la forteresse de Luxembourg, et qu'en 1869 il s'agit du chemin de fer de Luxembourg. La main vigilante qui a accroché ces deux pendants est la même. H. de Bismark fait dire de temps à autre qu'il est malade : que ferait donc de plus ce rude ministre s'il se portait bien ?
A l'époque où la France était toule^puissante, il ne serait pas venu à la pensée de la Belgique de présenter le projet de loi qui est un flagrant démenti donné à l'arrêté royal du 26 août 1864; cette pensée blessante et provocatrice ne s'est présentée à l'esprit de la Belgique que lorsqu'elle a vu que la toute-puissance était passée des mains de la Fraaee et 4e