LE CONFLIT FRANGO-BELGE
Tempereur Napoléon IH dans les mains de la Prusse el du roî Guillaume I*'. Accepter la chiquenaude que nous venons de recevoir par la main du «comte de Bismark, main renfermée plutôt que cachée dans un gant de Belgique, ce serait accepter avec résignation notre amoindrissement. L'accepter! Est-ce possible, lorsqu'on voit qu*à chaque pas que la France fait en arrière- la Prusse en fait quatre en avant? Dans cette ¥oie, où la France s'arrêtera*t-elle?
Selon nons^ il n'y a plus un moment à perdre et il ne reste plus qn*une réponse à faire, c'est de déclarer au gouvernement belge que si le projet de loi voté d'urgence par la Chambre des représentants est porté au Sénat, cette persistance sera justement considérée par le gouvernement français comme un défi dont la première conséquence sera le rappel immédiat de M. le vicomte de la Guéronnière, ministre de France à Bruxelles.
II devrait déjà être de retour.
Le Sénat belge a voté le 20 février 1869, à la majorité de 36 voix contre 7 abstentions motivées par des raisons juridiques, le projet de loi de défiance contre la France.
Les explications données par M. Frère-Orban, président du conseil des ministres, ne changent rien à ce vole blessant. Les explications passeront et le vote restera ; il restera comme Cracovie est restée en 1846 à l'Autriche, malgré les éclatantes protestations de H. Guizot et de lord Palmerston contre cette violation flagrante des articles 6 et 9 de Tactc du Congrès de Vienne du 9 juin 1815; ce qui montre le cas qu'il faut faire des phrases , même des plus sonores et des
plus éloquentes.
Le gouvernement prussien nous a donné en 1866 la mesure de la conGance que méritaient les déclarations les plus solennelles d*un homme d'Etat; 'pourquoi aurions-nous, en 1869, plus de conGance dans les déclarations de M. Frëre- Orban que dans celles de M. le comte de Bismark?
Croyez donc à la sincérité des déclarations des hommes d'État !
Dormons donc tranquilles sur les paroles gonflées de vent de M. Frère-Orban !
Que parle-t-il, qu'ose-t-îl parler de calomnies!
Est-ce que M. de Bismark, lui aussi, n'accusait pas les journaux de le calomnier lorsqu'ils allaient jusqu'à prétendre que la querelle d'Allemand qu'il faisait au Danemark n'était qu'un prétexte pour s'emparer du port de Kiel?
Qu'y a-t-il de sérieux dans les explications de M. Frère- Orban?
Rien, absolument rien.
Oui ou non, est-il vrai que c'est à l'intervention armée de la France en 1831 que la Belgique doit son indépendance et son autonomie?
Oui ou non , est-il vrai que cette intervention armée nous a coûté trois cents millions de francs, sans parler de tous les Français tués au siège et à la prise d'Anvers, de ce fort, de ce port que sans nous la Belgique n'eût jamais enlevé à la Hollande ?
Oui ou non, est-il vrai que ces trois cents millions, laBel*giquc les doit encore à la France, qui est en droit de les lui réclamer après l'acte d'ingratitude qui parait tout simple à l'Avenir national, au Journal des Débats, au Journal de Paris, au Temps et au Siècle ?
Oui ou non, est-il vrai que la pensée de cet acte d'ingratitude ne fût jamais entrée dans l'esprit du gouvernement belge avant les événements de 1866, événements qui, dans les balances européennes, ont, par leur poids, élevé la