LE CONFLIT FRANCO-BELGE
Prusse de toafe la hauteur doni ilsont fait baisser la France?
Si Taccusation que nous portons contre la Belgique n'est pas fondée, si la Belgique n*a changé ni de sentiments ni de conduite envers la France, comment donc M. Frëre-Orban met-il d'accord le projet de loi du 13 février 1869 avec Tarrëlé royal du 26 août 1864, Tun étant la contradiction de l'autre? S'il est dangereux que la Compagnie fr^içaise de TEst exploite un embranchement sur le territoire belge ^ comment donc la Belgique a-t-elle permis à la Compagnie française du Nord d'exploiter les deux embranchements belges qui vont l'un à Mons, l'autre à Liège? En quoi l'entrée de la Compagnie française de l'Est sur le territoire belge fait-elle courir à l'indépendance et à l'autonomie de la Belgique plus de péril que ne lui en faisait courir l'entrée sur le même territoire belge de la Compagnie française du Nord? Pourquoi, si les sentiments sont les mêmes, ces deux conduites si opposées?
Après le vote du Sénat belge , nous persistons donc plus que jamais dans nos conclusions :
Rappel de M. le vicomte de La Guéronnière, ministre de France à Bruxelles.
Et nous y ajoutons :
Remboursement des trois cents millions qu'ont coûtés à la France la prise d'Anvers et l'autonomie de la Belgique.
- La France en est venue à cette situation extrême où ce qu'elle eût pu dédaigner de 1854 à 1866, sans qu'il vint à la pensée de qui que ce soit de l'accuser de faiblesse , pour ne pas nous servir du gros mot de lâcheté, elle ne saurait maintenant le supporter jusqu'à ce qu'un grai/d acte de virilité
extérieure lui ait rendu de nouveau le droit de n'être plus
8^ QUESTIOXTS DE L'ANNÉE 1860.
susceptible, Cest an droit qu*on perd dès qa*on n*a plus de son côté la force morale que donne le prestige.
Si la Belgique était restée en pleine possession de la li* berté que lui assurait une neutralité sincère, Taccord entre la Belgique et la France se serait établi tout de suite à la première explication cordialement échangée entre les deux gouvernements ; mais la preuve que cette neutralité sincère n^est plus qu*une hostilité déguisée découle de la difficulté même de se mettre d*accord.
Une proposition de M. Frère-Orban et une contre-propo* sition de M. le marquis de La Valette sont en présence.
Le gouvernement français insiste avec raison pour que Tétude des traités conclus entre les deux Compagnies d'Arlon et de ITst soit acceptée ; le gouvernement belge , n* ayant aucun motif sérieux à donner, allègue que ce serait se désa» vouer.
Et depuis quand donc est-ce un tort que de désavouer une défiance qui est injurieuse parce qu*elle est injuste?
Le gouvernement belge peut sans péril « battre en retraite n^ mais le gouvernement français ne le peut plus, car il n*y va pas seulement de sa dignité, il y va de sa sécurité.
Il faut voir les choses telles qu* elles sont ; la question n^est pas entre Bruxelles et Paris, mais entre Paris et Berlin. Si la France a battait en retraite » sur cette question, il faudrait que la France s'apprétàt et se résignât à u battre en retraite^ successivement sur toutes les questions , à commencer par celle du M ein et à finir par celle du Zuiderzée, que M. Rouher a solennellement érigée en casus belli.
M. HAUSSM AIVN. 85
M. HAUSSMAVH.
17 férrier 18«9.
S*il est dans le gouvernement actuel un homme qui représente la politique d*action, la politique de la paix glorifiée par ses œuvres, c'est incontestablement M. Haussmann^àqni Paris devra sa transformation. Beaucoup de journaux, il est vrai, accusent cette transformation d^avoir été trop rapide; tel fi'a jamais été, tel n^est pas notre avis.
Les travaux de Paris, les dépenses considérables qu'ils ont nécessitées en raison de l'imperfection du régime actuel d'expropriation pour cause d'utilité publique, les moyens» financiers qui ont été mis en usage pour faire face à ces dépenses, vont être l'objet d'un débat à la tribune du Corps législatif, débat rétrospectif, que l'on annonce devoir être très-animé.
Assurément M. Haussmann manquera à ce débat s'il n'est pas appelé à défendre lui-même les travaux qu'il a exécutés, les dépenses qu'il a faites, les moyens financiers qu'il a employés. Si éloquemment et si sincèrement qu'il puisse être défendu, soit par M. le ministre d'État, soit par M. le ministre de l'intérieur, il ne sera jamais défendu comme il le serait par lui-même et comme il importe qu*il le soit en des« cendant résolument au fond des choses, ce que lui seul peut faire.
Nous qui n'avons jamais hésité à prendre parti pour M. Haussmann contre les attaques souverainement injustes dont il a été et dont il est encore l'objet, nous insisterions donc fortement pour qu'il fût autorisé par un décret à aller s'asseoir, en qualité de a délégué par l'Empereur » , sur le banc des commissaires du gouvernement au Corps législatif.
afin d'y répondre anx attaques dirigées contre son administration, si cette autorisation ne rencontrait pas pour obstacle Tarticle 53 du décret du 19 janvier 1867, ainsi conçu :
Art. 53. — Dans toute délibération du Corps législatif, le gouvernement est représenté par le ministre d*État, le ministre présidant le conseil d^Etat , les ministres délégués par t Empereur, les vice-présidents et présidents de sections du Conseil d'État, ou par des conseillers à ce commis par des décrets spéciaux.
Ce décret, on ne saurait le méconnaître, est déjà une forte déviation de l'article 44 de la Constitution, s*exprimant ainsi:
Art. 44. — Les ministres ne peuvent être membres du Cdrps législatif.
Pourquoi, si elle était nécessaire, une nouvelle déviation n*aurait-elle pas lieu ? Pourquoi le préfet de la Seine ne serait-il pas admis au même titre que les ministres, et par un décret spécial, à représenter fe gouvernement dans la grave, très-grave délibération qui va s'ouvrir à Toccasion du traité conclu entre la ville de Paris et le Crédit foncier de France?
Les formalistes répondent que si les ministres sont admis dans Tenceinte du Corps législatif à y représenter le gouvernement en qualité de a délégués par l'Empereur « , c'est qu'ils font partie du Conseil d'État , aux termes de l'article 55, ainsi conçu :
Art. 55. — Les ministres ont rang, séance et voix délibérative au Conseil d'État.
Or, M. Haussmann appartient au Sénat et n'appartient pas au Conseil d'État ; il est préfet de la Seine, mais il n'est pas ministre.
— Eh bien , qu'on l'élève au rang de ministre.
— Il y a déjà trop de ministres ; il y en a dix.
— Ce ne sera pas nous qui prétendrons le contraire, puisque nous sommes d*avis qu*il ne devrait y en avoir que trois : le ministre d*Etat, le ministre des revenus publics et le ministre des services publics ; mais il y a avec la nécessité des accommodements. Qu'est-ce donc qui empêcherait que H. Haussmann ne soit nommé ministre de la maison de l'Empereur, chargé de l'administration du département de la Seine ?
De deux choses Tune: ou M. Haussmann admis à prendre la parole à la tribune du Corps législatif le fera victorieusement, ou il échouera; s'il échoue, le gouvernement en sera quitte pour le remplacer et rétablir les choses comme avant le décret; si, au contraire, M. Haussmann sort grandi et raffermi par cette épreuve, ce sera l'éclatante justification du décret contre lequel on chercherait vainement une objection sérieuse, car le poids du ministère de la maison de l'Empereur ajouté au poids de l'administration de la ville de Paris ne l'augmenterait pas beaucoup, et M. Haussmann le porterait légèrement.
Appelé à s'expliquer devant les membres de la commission du Corps législatif chargée de l'examen du projet de loi relatif au traité à conclure entre la ville de Paris et le Cré. dît foncier de France, M. Haussmann a produit sur leur esprit l'impression qui caractérise la puissance de l'homme qui parle bien de la chose qu'il sait bien, de la chose qu'il sait mieux qu'aucun de ses auditeurs. C'est une raison pour que nous insistions sur l'idée qui consisterait, vu les articles 44 et 45 de la Constitution et l'article 53 du décret du 19 janvier 1867, à nommer M. Haussmann ministre de la maison de l'Empereur chargé de l'administration du département de la Seine.
En réalité, le ministère de la maison de l'Empereur n'est qu'un ministère nominal ; son importance est aussi insigni- Gante que l'importance de l'administration de la ville de
Paris est considérable; la présence de M. le maréchal Vaillant sur les bancs du Corps législatif pour y défendre ses actes et son budget y serait aussi inutile que la présence de M. Haussmann sur ces mêmes bancs y est impérieusement nécessaire. S'il y a, comme nous persistons à. le penser, dans la personne du préfet de la Seine Tétoffe d*un grand ministre, l'Empire et TEmpereur ont intérêt à ce quMl soit mis à même de donner toute sa mesure. Devant cet intérêt doivent s'effacer les incompatibilités de caractère et les rivalités inavouées entre la parole et l'action. A chacun sa tâche. Celle de M. Rouher est assez grande pour que l'entrée de M. Haussmann dans le conseil des ministres ne doive lui causer aucun ombrage. Y faire opposition ce serait s'amoindrir, ce serait se rapetisser. Sur quoi donc se fonderait cette opposition, lorsqu'il ne s'agit pas de conBer au préfet de la Seine un portefeuille politique, mais simplement un portefeuille dont la clef lui ouvre les portes de l'enceinte législative? La nomination de M. Haussmann au ministère de l'intérieur inquiéterait les amis de la liberté ; elle donnerait lieu à des interprétations qui seraient fâcheuses jusqu'au moment où des actes seraient venus les démentir; mais la nomination de M. Haussmann au ministère de la maison de l'Empereur n'aurait que des avantages et aucun inconvénient ; ce ministère ne perdrait rien à passer dans ses mains, et il laisserait M. Haussmann complètement à l'écart du mouvement à imprimer aux prochaines élections générales. Il convient de ne pas compromettre dans les oscillations de la politique des hommes de sa trempe.
Les considérations qui précèdent nous ont conduit aux renseignements qui suivent. Sous l'ancien régime, où les ministres étaient qualifiés de secrétaires d'État , ils avaient des attributions essentielles qui tenaient à la nature même des fonctions dont ils étaient investis, et des prérogatives d'un autre ordre qui variaient selon les circonstances, se
restreignant on s'étendant en raison du développement des choses eiles-mèmes.
De ce nombre était la haute administration de la ville de Paris. Aucun département ministériel n*aété créé en vue de cette gestion eiclusive, mais elle a presque toujours été considérée, surtout dans les deux derniers siècles, comme le principal appoint du ministère de la maison du souverain.
La prévôté des marchands, la lieutenance de police, le gouvernement militaire de Paris, étaient des institutions particulières, circonscrites dans des limites qu*elles ne pouvaient franchir. A Tune incombait le soin d'assurer Tapprovisionnement de la ville, la viabilité et la perception des deniers municipaux; aux deux autres étaient confiées, dans une mesure différente, la sûreté et la tranquillité de la capit&le. Les menus détails de cette administration suffisaient à absorber les quelques employés des bureaux de PHôtel de ville et du Châtelet; quant aux vues d*ensemble, aux grandes initiatives, elles émanaient uniquement du chef de rÉtat ou de ses représentants directs.
En effet, le prévôt des marchands n'était qu'un simple citoyen élu pour deux ans et forcé par conséquent, lorsqu'on ne prolongeait pas ses pouvoirs, de quitter les affaires au moment oii il commençait à les connaître. Le lieutenant de police, chargé par la cour de missions très-nombreuses et très-diverses, préoccupé avant tout de la paix du royaume et de la sûreté de la famille royale; ne pouvait consacrer à la ville de Paris qu'une partie de son temps et de ses lumières. Nous ne parlons que pour mémoire du gouverneur de Paris ; aux deux derniers siècles l'emploi n'était plus qu'une brillante sinécure, et il ne tarda point à passer à l'état de souvenir.
La haute gestion des affaires parisiennes était légitimement réservée à celui des ministres qui travaillait le plus fréquemment avec le souverain, c'est-à-dire au premier secrétaire
d*État, et c'est ainsi que les rois de France Font toujours compris et pratiqué depuis Henri IV. C'était une maxime de droit public, que le souverain devait une large part de sa sollicitude active et personnelle à a sa bonne ville de Paris «, à la capitale de son royaume; il en plaçait donc Tadministration supérieure dans les attributions du ministre de sa propre maison.
Dès que les départements ministériels commencèrent à se constituer régulièrement, c'est-à-dire dans la première moitié du dix-septième siècle, le secrétaire d'Etat, ministre de la maison du roi, reçut en partage d'abord la généralité de Paris, puis la ville elle-même. Ce magnifique appoint figure dans les almanaçhs royaux, depuis 1703 jusqu'à la Révolution française, à côté de la liste civile, des affaires du clergé et de la religion réformée, de la feuille des bénéfice^, des économats, dons et brevets, c'est-à-dire des plus gros intérêts du royaume. Le roi avait ainsi sous la main tout ce qui, selon les lois et la tradition, relevait directement de sa haute initiative. Il travaillait avec son ministre, comme l'Empereur travaille aujourd'hui avec M. Haussmann; puis il faisait connaître aux échevins ce qui lui avait paru le plus utile pour l'administration de sa capitale, et le a bureau de la ville D délibérait sur l'opportunité des mesures qui lai étaient indiquées.
La gestion de ces ministres se lit encore dans les rues de Paris : ces noms Guénégaud , Colbert , Phélypeaux , la Vrillière, Saint-Florentin, Amelot, Breteuil, décorent les voies publiques ouvertes ou agrandies de leur temps; les brillants quartiers des places Louis-le-Grand (place Vendôme) et Louis XV (place de la Concorde) , les royales avenues qui rayonnent autour de l'hôtel des Invalides et de l'École militaire, sont autant de souvenirs de cette grande administration.
Ainsi, jusqu'à l'époque de la Révolution, la direction supérieure de la capitale du royaume a constitué un des fleu-
roDs de la couronne» et a été considérée comme une délégation émanant directement du souverain.
Élevée à la hauteur d*un département ministériel, alors qu'elle n'était encore qu*à l'état d*embryon , et étroitement unie au roi, qui personnifiait seul le pouvoir politique, Tadminîstration supérieure de la ville de Paris ne devraitrcUe pas, aujourd'hui qu'elle a grandi dans des proportions gigantesques et qu'elle est plus que jamais la tète et le cœur de la France, relever directement de l'initiative du chef de l'État? C'est la question que nous avons posée.
Si l'on nous demandait pourquoi nous insistons ainsi et pourquoi nous prétons à M. Haussmann un concours si énergique et si persistant , nous renverrions ceux qui nous feraient cette demande an travail que nous avons publié en 1852, sous ce titre : De la Transformation de Paris (1).
Il y a des idées dont on ne saurait se défendre de suivre avec sollicitude Ta réalisation et le développement ; ce sont celles à la naissance desquelles vous attac)ie le lien de la paternité. Il ne nous est pas plus possible de rester indifférent à la transformation de Paris qu'à la réforme postale, ce sont nos filles, et à U. Haussmann qu'à M. Rowland-Hill, ce sont nos gendres.
18 févrîflr 18«9.
Le 22 février 1869 est le jour fixé pour la grande bataille que l'opposition f ayant pour alliée une certaine portion de la majorité du Corps législatif, se prépare à livrer, sur le terrain du Crédit foncier, à tout le système que personnifie M. Haussmann depuis qu'il est préfet de la Seine.
Le gain de cette bataille n'est pas douteux ; la convention
(1) Quimovf Di MO» Tnm , toae XII, pag« 38S, innée 1853.
conclue sera votée par une majorité plus ou moins considérable ; aussi ne s*agit-il pas ici du triomphe matériel mais du triomphe moral. .
Nos lecteurs savent ce que nous pensons de M. Haussmann, car nous avons osé le dire hautement (1) , alors qu'il n*y avait aucune voix indépendante qui eût le courage et Timpartialité de lui rendre justice; nous pensons de lui ce qu'en penseront les générations qui nous suivront , lorsque ce ne sera plus la presse, mais Thistoire qui tiendra la plume.
Si, en 1860, après la signature du ti-aité de commerce entre la France et l'Angleterre, M. Haussmann eût été appelé au ministère des travaux publics, en restant chargé des travaux de la ville de Paris, que seul il pouvait continuer, la politique, sans nul doute, eût suivi un tout autre cours; car elle eût eu tout autre chose à faire que d'aller, en 1862, guerroyer au Mexique pour le compte des bons Jecker, et, en 1863, que de monter en croupe de Témigration polonaise, laquelle avait choisi pour prêcher Tinsurrection contre le gouvernement russe juste le moment où il venait de donner à la Pologne, administrée par le grand-duc Nicolas et le marquis Wielopolski, sa pleine autonomie administrative. Sans cette malencontreuse question polonaise, qui a rompu Tentente véritablement cordiale qui existai à cette époque entre la France et la Russie, la question du Slesvig restait à Tétat d'allumette impuissante à prendre feu ; TAutriche et la Prusse ne s'alliaient pas pour voler impudemment et impunément au Danemark ses trois duchés; les deux voleurs ne se querellaient pas sur le partage de leur butin ; la bataille de Sadowa: n'ayant pas de cause, n'avait pas lieu, et la Confédération germanique restait debout. C'était le grand courant de la politique économique creusé par Richard Cobden qui l'emportait, ce courant que le comte de Bismark a détourné en
(1) FoftGB OU RiGBiSM. L* PoitU dc wùrt, page 584, année 1864.
1 866 poar le remplacer par l'ancien courant de la politique territoriale, de la Conquête au lieu de TÉchangel
ATeût-il pas mieux valu que depuis huit ans la France terminât tous ses chemins de terre, tous ses chemins de fer, tous ses chemins d'eau; qu'elle amèlior&t tous ses ports, qu'elle embellit toutes ses villes, qu'elle parât toutes ses pigges et- tous ses thermes ; qu'elle fût ce qu'elle devrait être, un immense parc, le parc .de l'Europe, et que la France n'eût pas entrepris la désastreuse expédition du Mexique et la fausse campagne diplomatique de 1863, qui lui ont lié les bras lorsqu'il eût été si important en 1866 qu'elle les eût libres!
La France, au lieu de prendre, en 1860, le chemin qui l'eût conduite à son embellissement, a pris, hélas I le chemin qui Ta conduite à son amoindrissement.
Quoi qu'en disent les serviles et les hostiles, la France ne peut se passer de grandeur; il faut qu'elle soit grande ou par la paix et la liberté], ou par- la guerre et la victoire. Le régne du roi Louis-Philippe aboutissant à la Révolution de 1830, qualifiée par Lamartine, avec plus de sévérité que d'équité, de a révolution du mépris. Hj est là pour attester la profondeur du sentiment dont nous sommes l'expression et la vérité de l'opinion dont nous sommes l'écho..
L'empereur Napoléon III a eu sous la main deux hommes, dont il n'aura tiré que le parti le plus faible, quand il aurait pu en tirer un parti immense s'il eût mis chacun des deux à sa place : la place de M. Rouher, c'était à la présidence du Conseil d'Etat, avec ou sans le ministère d'État; la place de M. Hanssmann, c'était au ministère des travaux publics, avec les grands travaux de la ville de Paris.
Toute notre législation arriérée à mettre à jour ! — telle eût été la tâche de M. Rouher, et nul n'était plus en état que lui de la rempiir avec l'ampleur de son intelligence.
Toutes nos voies de communication et de transport,
encore si arriérées quand on les compare aux voies de communication et de transport de TAngleterre, tous nos grands travaux d'utilité puUique, d'assainissement et d'embellissement à mettre à jour! — telle eût été la tâche de M. Haussmann, tâche assez vaste pour que l'Empereur concentrât exclusivement sur elle toute la vigilance de son attention.
Mais ce n'est plus du passé, ce n'est plus d'hier qu'il s'agit ; c'est de l'avenir, c'çst de demain.
M. Haussmann, nous le lui dirons en toute franchise, nous a fait éprouver une déception; nous eussions voulu qu'afin de remporter un double triomphe, triomphe moral en même temps que triomphe matériel, il vint défendre luimême son œuvre à la tribune du Corps législatif.
Le seul obstacle qui s'y opposât, c'était, n'étant pas ministre, sa qualité de sénateur; mais rien n'empêchait qu'il ne profitât du précédent créé par M. Dronyn de Lhuys et H. le comte Walewski, lesquels, après avoir donné leur démission de sénateur, n'en sont pas moins revenus siéger sur les bancs du Sénat.
A sa place, nous n'eussions pas hésité une minute; si ce n'avait pas été à titre de ministre, c'eût été à titre de conseiller d'État que MM. Thiers, Pelletan et Picard nous eussent trouvé devant euir prêt, soit à leur donner loyalement toutes les explications qu'ils nous eussent demandées, soit à repousser victorieusement leurs attaques. La possession prolongée du pouvoir a^t-eile donc pour efiet d'énerver tous les caractères, même les plus fortement trempés?
M. Haussmann ne donnant pas sa démission de sénateur* * pour venir défendre l'œuvre qui l'illustrera; M. Haussmann soufirant qu'on le défende comme un prévenu qui invoque les circonstances atténuantes, quand il aurait dû se jléfendre lui-même comme un soldat qui combat pour son drapeau, est en contradiction avec l'idée que l'on se faisait et que nous nous faisions de lui I
24 février 1860.
Il y a deux questions poar lesquelles nous comprendrions que se passionnât la presse française : une question intérieure et une question extérieure.
La question intérieure, ce serait la décentralisation sincèrement et radicalement opérée, car, sans la décentralisation, pas de irie locale, et sans vie communale pas d*hommes qui se forment en grand nombre et de bonne heure à la gestion et à la discussion des affaires publiques.
La question extérieure , ce serait Tunité géographique de la France, telle que tous ses rois en avaient fait Tobjet constant de leur politique séculaire; telle que la voulait fermement Vauban; telle que Tavait heureusement et glorieusement réalisée la République en 1797 et en 1801 par les traités de Campo-Formio et de Lunéville; telle que Tont détruite les traités de 1815, au désespoir du duc de Richelieu, dont la lettre émouvante à Louis XVIII est restée comme un monument de patriotisme que l'histoire a pieusement recueilli ; telle que Chateaubriand aspirait ardemment à la rétablir; telle que le comte de la Ferronays, ministre des affaires étrangères, était sur le point d*y réussir en 1829; telle, en6n, qu'elle fut pendant quinze ans au moins, de 1815 à 1830, la moitié du programme de Toppo^ition illustrée par Foy, Sébastiani, LafBtte, Casimir Périer, Stanislas de Girardin, etc., etc.
Mais lorsque nous voyons que les questions qui passionnent exclusivement la presse française pendant des mois entiers sont : le maintien à Tétat de fétichisme du jardin du Luxembourg, le déplacement momentané de quelques tableaux du Louvre , et enfin le mode de consolidation des
96 QUESTIONS DE L'AKNÉE 1869.
bons de délégation de la Ville de Paris assainie, embellie, transformée par M. Haussmann , le sentim ent que nous éprouvons n^est pas celui de la fierté d'être Français.
L*idée de la grandeur, Tidée des grandes choses grandement conçues, grandement accomplies, a-t-elle donc cessé d'habiter la France, qu'on la cherche en vain, soit qu'on frappe à la porte du gouvernement, soit qu'on frappe à la porte de l'opposition?
Cette idée n'avait trouvé d'asile que chez un seul homme, le préfet de la Seine, mais les ennemis de toute grandeur n'ont pas eu de cesse qu'ils ne l'aient contrainte à se rapetisser on à s'expatrier.
Les générations futures, qui ne verront que la grandeur des travaux de Paris entrepris et accomplis par M. Haussmann , ne comprendront pas plus l'injuste et ingrate opposition qui lui est faite que les générations actuelles ne comprennent l'opposition non moins injuste et non moins ingrate à laquelle furent en butte Colbert et Turgot qu'elles admirent, opposition qui alla jusqu'à rendre presque impossible l'enterrement de Colbert , et jusqu'à mettre plus d'une fois en péril la vie de Turgot.
D'où viennent les attaques plausibles dirigées contre M. Haussmann? Elles viennent de ce qu'il a laissé fléchir entre ses mains un principe qui était un levier avec lequel il eût achevé la transformation de Paris , sans aucun risque d'être traduit à la barre législative comme un* coupable accusé de dilapidation, de dissimulation et d'usurpation.
Ce principe , que M. Haussmann eut dû défendre dans le conseil des ministres au prix de sa démission, laquelle n'eût pas été acceptée s'il l'eût sérieusement offerte, ce principe, c'était ce qu'il y avait à la fois de plus juste, de plus simple et de plus puissant; ce principe, c'était la capitalisation successive de l'accroissement annuel, normal et continu des revenus de la Ville de Paris.
Cet accroissement normal et continu étant au moins de 4 millions par an, c'était le Droit a l'emprunt, puisque c'était le droit d'emprunter presque indéfiniment, chaque année, de 60 à 80 millions, pour être employés en travaux successifs d'assainissement et d'embellissement, d'élargissement de rues et de percement de boulevards.
Alors ni bons de délégation accusés d'être un moyen détourné d'emprunt déguisé, ni contrats onéreux passés avec le Crédit foncier I C'était la Ville de Paris empruntant au cours, annuellement, publiquement, directement! C'était un budget élevé à sa plus haute puissance et réduit à sa plus extrême simplification.
Toutes les dépenses d'entretien mises à la charge du présent, c'est-à-dire de l'impôt I
Toutes les dépenses d'amélioration profitant à l'avenir, mises à la charge de l'avenir, c'est-à-dire de l'emprunt I
Plus de budget arbitrairement divisé en budget ordinaire, extraordinaire, supplémentaire, complémentaire, estraordinaire, spécial! Plus de budget qui soit un dédale !
L'emprunt eût alors pris de lui-même son niveau, réglé par la nature des choses.
Plus d'accroissement annuel des revenus de la ville de Paris, plus d'emprunt !
Ainsi endigué, l'emprunt eât-il trouvé grâce devant M. Thiers, qui, la considérant comme un a attentai à la grandeur du pays n , fait profession de foi de détester la dépense?
Cela n'est pas probable; mais ayant tort en réalité, les apparences ne lui eussent pas donné raison.
La théorie de H. Thiers, c'est la pratique de l'Arabe qui, détestant, lui aussi, la dépense, enfouit au pied d'un arbre l'argent qu'il a reçu en payement du blé qu'il a vendu.
Cette théorie n'est pas la nôtre. Nous pensons que le pays le plus riche n'est pas le pays qui dépense le moins, mais le
pays qui travaille le plus, celai oh circule avec la vitegse la plus grande soit le disque monétaire, soit le signe fiduciaire.
28 février 1869.
Il est indéniable que des excès de pouvoir, qualifiés d'ir* régularités à la tribune du Corps législatif, ont été commis par M. Haussmann, préfet de la Seine; mais sans ces excès de pouvoir plusieurs des grands travaux de Paris, dont Futilité publique ne sera justement appréciée que lorsqu'ils seront terminés, n'eussent pas été entrepris et . fussent devenus peut-être à jamais inexécutables.
Ces excès de pouvoir, ces irrégularités, il fallait les avouer, mais la tête haute et non la tête basse ; il fallait les avouer à la manière de Scipion comparaissant en accusé devant le Sénat, à la demande deCaton, qui, selon Ténergique expression de Tite-Live, « aboyait 9 sans cesse contre lui ; il fallait les avouer à la manière de Cicéron, sommé de jurer qu'il n'avait pas violé la loi, et répondant fièrement à ses accusateurs : a Je jure que fat sauvé la patrie. »
Comment M. Haussmann n'a-t-il pas compris qu'il était le seul qui pût et qui dût défendre son œuvre ; qu'il était le seul qui pût venir, lui aussi, s'écrier à la tribune : « Je jure que j'ai transformé Paris I »
Après les excès de pouvoir, après les irrégularités qui furent la préface de la guerre de la Prusse contre l'Autriche, si M. de Bismark n'avait pas été fermement déterminé à ne pas survivre à la bataille qu'il allait livrer, qu'il a gagnée, mais qu'il pouvait perdre, M, de Bismark, au lieu de mériter de vaincre, eût mérité de succomber. U n'eût pas été Thomme que l'Europe a commencé par condamner, mais qu'elle n'a
pas tardé à admirer. Il y a des œuvres quMl ne Taal pas entreprendre si le éaraciére qii*on porte en sol n*est pas à la hauteur de leur audace.
A aucun prix, à aucune condition, M. Haussmann n'aurait dû souffrir qu'on le tînt éloigné du champ de bataille législatif, oii,, pour .prendre part au combat, il lui suflGsait diB donner sa démission de sénateur et d'arriver à cheval par la porte du conseil d'Etat.
Quelle est la grande chose qui en politique n'ait pas eu pour berceau une irrégularité! Ce qui ne veut pas dire que tontes les choses irrégulières soient grandes. Non. II y a beaucoup de choses irrégulières qui sont petites et que rien ne justifie.
M. Rouher, qui blâme et qui condamne les irrégularités de H. Haussmann, trouve*t-il donc qu'il est régulier que le Journal ojfictel, que le journal du ministère d'État, grande et petite édition, recevant l'une et l'autre des annonces payées, paraisse sans timbre, au mépris le plus formel des lois en vigueur? N'est-ce donc pas là une irrégularité dont le compte le plus sévère serait demandé an ministre d'Etat et au ministre des finances, son collègue, si, par Impossible, on changement de gouvernement, comme celui qui a eu lieu à Paris le 34 février 1848 ou à Cadix le 19 septembre 1868, survenait en France? Cette irrégularité flagrante, persistante, comn^ent M. Rouher et M. Magne l'excuseraient-ils? S'ils croyaient utile que les deux éditions du Journal officiel fussent dispensées d'acquitter les droits de timbre et de poste, qn'est-ce qui empêchait le gouvernement de présenter une loi qui les en déclarât exemptes?
Lorsque les ministres donnent ainsi l'exemple des irrégularités les moins justifiables et du mépris le plus scandaleux de la loi , comment peuvent-ils s'étonner, à la tribune législative, qu'un des leurs ait suivi leur exemple, avec cette
différence que M. Haussmann avait pour justification la
lUU QUESTIONS DE L'ANNÉE 1869.
passion et la grandear de son œuvre, tandis qoe Iflf . Roaher et Magne n*ont absolament aucune excuse I
t7 féfriflr 18S9.
Quoique hérissée de chiffres, traînante et presque fastidieuse, la discussion n'aura pas été inutile si elle a montré à tous les regards concentrés sur la tribune du Corps législatif les dangers qu'il y a soit à fausser, soit à laisser fausser un principe vrai.
C'est la seule conclusion que nous en tirerons, car nous ne saurions intervenir dans le débat sans tomber nous-mème dans Tornière des chiCEres de laquelle il est douteux qu*il réussisse à se tirer.
Le problème dont le préfet de la Seine s'était proposé la solution était celui-ci : a Transformer Paris sans aggrava^iion d'aucune des taxes existantes ni création Saucune taxe nouvelle, uniquement par la puissance de la capitalisation successive de l'augmentation normale des revenus annuels de la ViUe r> . Son seul tort, à nos yeux, a été de ne pas insister assez vivement dans le conseil des ministres où il était admis, pour que cette idée juste fut érigée en disposition législative.
Les bons de délégation, et par suite le traité du Crédit foncier, n'ont été que la conséquence des résistances aveugles que M. Haussmann a rencontrées de la part des ministres jaloux de son œuvre; c'est sur eux et non sur lui que la responsabilité en doit retomber.
Si la transformation de Paris n'a été qu'une œuvre inconsidérée, dispendieuse, abusive, regrettable, bl&mable; si la question étant posée entre M. de Rambuteau et M. Haussmann, c'est M. Haussmann quia tort et si c'est M. de Rambu-
M. HAUSSMA!tfN. 101
teau qai avait raison, que restera-t-il de TEmpire de 1852? — Il restera la grandeur de la Prusse.
ISCft.
A Tœuvre on reconnaît Touvrier ; au vote on reconnaît le régime parlementaire. Les votes dans la discussion à laquelle a donné lieu le traité de la Ville de Paris avec le Crédit foncier ne nous ont causé aucune surprise. Ils ont été tels que nous avions prévu et annoncé qu*ils seraient : le triomphe matériel, sans le triomphe moral.
Notre avis est que, contraint d^opter entre le remplacement du conseil municipal actuel par un conseil municipal électif, et le régime exceptionnel auquel va être soumis la Ville de Paris, dont le budget extraordinaire sera livré chaque année à la discussion du Corps législatif, le gouvernement n*aurait pas dû hésiter un seul instant; il aurait dû choisir tout de suite le régime commun, sauf à examiner mûrement si le vote par scrutin de liste ne devait pas être remplacé dans toutes les communes de France par le droit du mandant restreint à l'élection d*un seul mandataire, juste satisfaction donnée à toutes les opinions existantes, à toutes les prétentions fondées et à tous les intérêts légitimes.
Chaque année, quand viendra à la tribune du Corps législatif la discussion du budget extraordinaire de la Ville de Paris, ce sera une nouvelle bataille livrée an régime exceptionnel que le gouvernement a fini par accepter après Tavoir longtemps combattu, bataille qui se renouvellera jusqu'au jour où le régime exceptionnel aura à son tour succombé sous les coups redoublés qui lui auront été justement portés tous les ans.
Que gagoera le gouvernement à cette bataille annuelle?
Ne pas s'y exposer en acceptant tout de suite ce qn*il sera contraint de subir plus tard, n'eùNil pas été plus habile et plus prudent?
8 man 1869.
Le projet de loi qui approuve les traités passés entre la Ville de Paris et le Crédit foncier de France a été adopté à la majorité de 192 voix contre 41, sur 233 votants. Le triomphe matériel est obtenu, mais à quel prix? Cest ce que fera connaître Tavenir.
Ce triomphe matériel est un désarroi moral.
Entre Télection du conseil municipal de Paris par le suffrage universel et l'immixtion du Corps législatif dans Tadministration de la Ville de Paris, il n'y avait pas à hésiter. Le gouvernement n'avait à prendre qu'un seul parti qui fût raisonnable, c'était de faire, pour l'article 2 et pour la Ville de Paris, ce qui a été fait pour l'article 3 et pour la Ville de Lyon; c'était de l'effacer, moyennant l'engagement formel d*apporter à la prochaine session un projet de loi qui ne fût, selon les expressions du rapporteur, a ni la reproduction du régime actuel ni la reproduction du régime transitoire. »
La condamnation de ce dernier régime est dans la qualification même que lui a donnée le rapporteur.
Un régime transitoire est un régime qui en attend un autre.
Quel autre régime peut attendre le régime exceptionnel qui a été voté, si ce n'est le régime qui est ou qui sera celui des 37,000 communes de France?
Vin.
SO mtn 1869.
A la majorité de 164 voix contre 49, sur 213 votante, le Corps législatif a adopté la loi relative au nivellement de la place du Trocadéro et aux rognures du jardin du Luxem* bourg. Voter ce qu'on a condamné : — c'est là le fruit que donne en France depuis cinquante ans le gouvernement parlementaire greffé sur la centralisation administrative; ce qui n*empéchera pas de répéter sérieusement que de tels votes sont une garantie.
9 Juin 1869.
La Gazette de France ^ répondant à la Liberté^ porte contre M. Haussmann Taccusatio^ suivante :
M. Haussmann a fait des travaux en grand nombre, et souvent utiles ; mais il les a payés trop cher. En allant moins vite , il eût épargné l'argent des contribuables, et fait avec les mêmes ressources de plus grandes choses encore et de plus utiles aussi.
Cette accusation est aussi inconsidérée qu'elle est injuste. Plus on eut attendu pour exécutera Paris les travaux nécessités par Tassainissement et les exigences chaque Jour croissantes d'une circulation de plus en plus active, et plus ces travaux eussent coûté cher. S*ils eussent été entrepris avant 1848, sous l'administration de M. le comte de Rambuteau, ils eussent coûté moitié moins, et si l'on eût attendu vingt ans« ils eus* sent coûté le double. Lorsqu'il s'agitjde travaux de la nature de ceux auxquels M. Haussmann aura la gloire d'avoir attaché impérissablement son nom , souvent il arrive d*aller trop lentement , jamais il n'arrive d'aller trop vite. C'est ce
que nous nous réservons de démontrer lorsque s'engagera à fond au Corps législatif le débat rétrospectif contre Tadministration d'un homme que nous sommes à notre aise pour soutenir hautement, car il ne représente pas nos idées en matière de libertés politiques , et Texproprialion ne nous a jamais compté, sous aucune forme, au nombre de ses privilégiés, déclamant néanmoins contre elle. Ce n'est pas un homme de liberté, mais c'est un homme d'action! Tant de ministres et de préfets ne sont ni hommes d'action ni hommes de liberté, que lorsque nous trouvons Tune de ces deux qualités nous semons les applaudissements avec le désir et dans Tespoir de récolter l'émulation. Hélas! jusqu'à ce jour, si la semence a été abondante, la récolte a été nulle.
l'espagne en 1869.
19 mart 1869.
Après \e pranunctamienio de Cadix et la victoire d'Alcolea, la révolution triomphante en Espagne avait le choix entre le régime plébiscitaire et le régime parlementaire.
Le régime plébiscitaire, c'était la souveraineté nationale s'exerçant, choisissant elle-même et directement son dépositaire; c'était l'abolition, réclamée par toutes les juntes, de l'impôt corporel, du servage militaire, du recrutement obligatoire, de la quinta; c'était la transformation de l'impôt indirect, de l'impôt sur l'alimentation du travailleur, sur sa force, sur sa santé, sur sa longévité, des lo$ consumos.
Le régime parlementaire, c'était la souveraineté nationale abdiquant, renonçant à choisir elle-même et directement son dépositaire , c'était le maintien de la quinia et de los consumas.