L'ESPAGNE EK
Si le régime plébiscitaire l'eût emporté sur le régime parlemenlaire, TEspagne aurait un gouvernement établi, fonctionnant régulièrement, simplement, économiquement, ayant supprimé tontes les dépenses inutiles; ce qui lui eât permis de trouver abondamment et facilement l'argent nécessaire pour toutes les dépenses fructueuses.
La préférence inconsidérément donnée par le triumvirat Prim-Serrano-Topete au régime parlementaire sur le régime plébiscitaire se comprend d*autant moins que le premier de ces deux régimes avait contre lui Texpérience de trente années. Quelle liberté avait-il efficacement garantie en Espagne?
Les difficultés contre lesquelles TEspagne se débat en vain sans en surmonter aucune, donnent pleinement raison à Topinion que nous avons émise aussitôt que nous ont été connus \epronunciamienio de Cadix et la victoire d'Alcolea, ce qui prouve une fois de plus que jamais la logique ne perd ses droits.
La logique enseignant qu'une révolution qui enfante une déception n'est jamais que la préface d'une révolution nouvelle, l'Espagne doit s'attendre à ce que la révolution de 1868 sera à la révolution future ce qu*a été à la révolution présente la révolution de 1854.
iS marf 18S9.
Oubliant en mars 1869 qu'en septembre 1868 il donnait la préférence à une Constitution votée par des Cortès constituantes, sur un plébiscite proposé par le triumvirat Prim- Serrano-Topete, le Journal des Débats accable de railleries les Cortès réunies selon son vœu.
Ce& railleries, l'Espagne ne les eût pas provoquées et justifiées si le lendemain de la révolution du 19 septembre 1868
elle eut adopté cette formule si simple qu'elle eût pu tenir au revers d*une pièce de monnaie :
^STITUTloT
^ £SPAGNOL£ ' -.4868^
I. La liberté une et indivisible, inaliénable et imprescriptible, est Je principe du gonvernement espagnol, son moyen et son but. ~ II. Tous les droits proclamés par les constitutions antérieures sont re- ^connus sans discussion et maintenus sans restrictions. Ils sont Inviolables. — III. La majorité de l'Espagne électorale est représentée par la majorité de l'Assemblée nationale , siégeant sous le nom de Cortét en vertu du surfï^ge direct et universel et se réunissant de droit le *•' mai de chaque année. — lY. Le dépositaire du pouvoir exécutif
reçoit le titre de : Il est élu
au scrutin secret par l'Assemblée nationale; il choisit et révoqué les ministres qu'il s'adijoint. Il exerce ses fonctions aussi longtemps qu'il conserve la conflance de la majorité. Cette conflance s'exprime par le vote annuel des recettes et des dépenses de rBtat.-*^ V. Au- ,cttn impôt ne peut être perçu et ne doit être payé s'if n'a été voté par l'Assemblée nationale.—YI. En cas d'usurpation du pouvoir ou d'atteinte aux libertés publiques , le refus de l'impôt est un droit et no devoir.
Appropriée à TEspagne, la formule ci-dessus est la même que celle qui a paru gravée le 7 juillet 1849 dans le journal la Presse.
N'hésitez pas! ou la veille ne soyez pas pouvoir révolutionnaire, ou le lendemain soyez pouvoir constituant et constitué. Rien à demi. Les révolutions sont inexorables pour Tinconséquence.
25 mars 1869.
La révolution du 19 septembre 1868 a prononcé le 24 mars 1869 son arrêt de condamnation en rejetant l'amendement de la minorité républicaine et en votant le maintien du recrutement obligatoire de la quinta.