CE QUE VEUT LA FRANGE
Texpédiait à tons les agents diplomatiques de la France, n ne. Tant pas s*abuser! Des élections générales faites en France en tonte liberté, en toute sincérité, sans ancnne immixtion gouvernementale, sans aucune pression préfectorale, sans candidatures officielles, telles enfin que M. Emile Oilivier en a tracé le programme à la tribune, n'auraient pas le pouvoir de changer la situation intolérable que nous a faite la politique de M. de Bismark; mais, hAtons-nous de rajouter, des élections générales faites en conséquence des principes contraires soutenus par If. de Forcade , donnassent-elles au gouvernement français l'unanimité, qu'elles ne seraient pas moins impuissantes.
La question intérieure a pleinement disparu sous la question extérieure.
La première ne peut plus désormais se dénouer que par la seconde, et la seconde ne peut plus se dénouer que par une grande victoire, qui soit la convocation à coups de canon du G>ngrès européen qui a refusé en novembre 1863 de se réunir sur ta simple mise en demeure de l'Empereur des Français, si pressante qu'elle fût.
Quoi qu'il en soit, le discours prononcé par M. Emile Ollivier n'en aura pas moins un très-grand et très-profond retentissement dans toute la France, dont il a exprimé les sentiments vrais.
Répétons-le en finissant, ce que veut la France, c'est ce qu'elle n'a jamais cessé de vouloir avant et après la révolution de 1789, avant et après la révolution de 1830, avant et après la révolution de 1848 ; c'est ce qu'elle avait espéré trouver au fond de l'urne électorale du 10 décembre, quand elle a préféré Louis-Napoléon au général Cavaignac. Ce que veut la France, c'est un gouvernement digne d'elle; c'est un gouvernement qui, cessant de la traiter en petite nation enfantine et mutine, et de perpétuer une tutelle abusive, la traite en grande nation qu'elle est.
168 QDËSTIOiVS DE L'ANNÉE 1869.