LA LIGNE A SUIVRE. IM
dément tenté Témente et Tinsurrection afin de faire éclater périodiqaement sa force par une répression terrible.
Qai^ sérieusement et de bonne foi, pourrait prétendre qu*& Paris les élections générales du 24 mai » au second comme an premier tour de scrutin, n'ont pas eu lieu en toute liberté: liberté de réunion, liberté de presse, liberté de vote?
Amis sincères du suffrage univ^ersel , que pas un seul de vous ne se mêle à la tourbe des perturbateurs et des vociférateurs, ses ennemis I
Isolez-les! Ils seront si peu qu'ils s'empresseront de se disperser d'eux-mêmes, afin d'échapper à la honte d'être comptés.
Qu*a gagné la liberté à la fameuse manifestation da 15 mai 1848^ aux combats des journées de juin et à l'autre maniCestation non moins fameuse du 13 juin 1849?
Si ces manifestations enfantines et ces combats sanglants n'ont pas été pour la liberté et pour la République de douloureuses défaites, agitateurs qui essayez de renouveler ces manifestations et ces combats , je consens à proclamer que c'est vous qui avez raison et à avouer que c'est moi qui ai tort.
LA LIGNB A SUIVRE.
19 juin 1869.
La ligne à suivre, et de laquelle il importe plus que jamais de ne pas dévier, a été tracée en ces termes par l'Empereur dans ces deux passages de son discours du 18 janvier 1869 :
La tâche que nous avons entreprise ensemble est ardue. Ce n'est pas, en effet, sans difficulté qu*on foule, sur un soi remué par tant de révolutions, un gouvernement asses pénétré des besoins de
200 QIESTIOIVS DE L'ANNÉE 1869.
son époque pour adopter tous les bienfaits de la liberté, assez fort pour en supporter même les excès.
Les deux lois votées dans votre dernière session, qui avaient pour but de développer le principe de la libre discussion, ont produit deux effets opposés, quHl est utile de constater : d'un côté, la presse et les réunions publiques ont créé dans un certain milieu une agitation factice, et fait reparaître des idées et des passions qu*on croyait éteintes; mais d'un autre côté, la nation, insensible aux excitations les plus violentes , comptant sur ma fermeté pour maintenir Tordre, n'a pas senti s'ébranler sa foi dans l'avenir.
Le gouvernement ne doit pas se dissimuler ce qu'il y a de grave, de profondément grave dans les circonstances dont la nouvelle législature est le seuil, mais il ne doit pas s*en effrayer, car toute mesure qui serait dictée par la peur et Tirritation, loin de diminuer le péril, raugmenterait.
Cest en se gardant de tomber lui*môme dans aucun excès qu*un gouvernement atteste sa force et réduit le plus vite et le plus sûrement à Timpuissance les excès qui paraissent le menacer,
L'agitation qui est à la surface, l'agitation factice, ne tardera pas à se dissiper si aucune violence ne l'entretient ni ne la ranime; mais les difficultés et les périls de la situation subsisteront. Ces difficultés sont profondes et ces périls sont réels. Le gouvernement aurait tort s'il fermait les yeux pour ne pas les voir. La fermeté n'exclut pas la vigilance. Ce sont deux alliées nécessaires, qui doublent leur force par leur union.
Le danger, le vrai danger, le grand danger de la situation, celui qu'on ne voit pas, est dans la disproportion extrême qui existe entre le chiffre de la majorité législative, qui est excessif, et le chiffre de la minorité électorale, trop voisin du chiffre de la majorité du 24 mai, qui a donné naissance à la majorité du 28 juin.
II est à craindre que la majorité législative ne sache pas résister au désir d'abuser de sa puissance numérique ; or, si elle cédait à cette tentation , il arriverait infailliblement