LA LIGNE A SUIVRE
que la minorité actuelle deviendrait la majorité future, et que la majorité de 1869 deviendrait la minorité de 1875. Ce se* rait la condamnation de TEmpire par le suffrage universel. Il eût été à désirer que la majorité législative fût numériquement moins forte; elle y eût gagné ces deux avantages :
Premièrement, d'être moins intolérante;
Deuxièmement» d*ètre plus irréprochable.
N'eût-il pas infiniment mieux valu que la minorité législative comptât vingt membres de. plus et que l'administration préfectorale n'eût commis aucun des excès de pression qui ¥ont passionner les débats à l'occasion des prochaines vérifications de pouvoir?
En vérité, on voudrait perdre la plus belle et la plus sûre partie qu'on ne jouerait pas plus mal le jeu;' car gagner en trichant, ce n'est pas seulement s'exposera perdre son enjeu, c'est risquer en même temps de perdre son honneur.
Non, ce qui est à craindre, ce n'est pas l'agitation factice dans la rue ou sur les boulevards, agitation facile à éteindre ; mais c'est l'agitation réelle qui s'allumera le 28 juin au palais du Corps législatif, agitation dont la flamme étendra sa lueur au pays tout entier.
Le mal est fait.
En ce moment il ne s'agit pas de récriminer, mais de chercher et de trouver le remède.
L'unique moyen qui reste d'apaiser Tagitation réelle qu'il faut prévoir et qu'il eût été si facile de prévenir il y a deux mois en faisant ce que nous disions de faire, c'est de suivre imperturbablement la ligne tracée par 1c discours du 18 janvier; c'est d'attester par tous ses discours et par tous ses actes que a si le gouvernement est assez pénétré des besoins i> de son époque pour adopter tous les bienfaits de la liberté, v il est assez fort pour en su^Tporter même les excès, et V qu'en maintenant l'ordre il n'a pas senti s'ébranler sa foi » dans l'avenir. »