LE MORCELLEMENT ELECTORAL
7 jiuUeft 1860.
Que le morcellement électoral ait lieu soas la forme de çiroonscriptions électorales remaniées tous les cinq ans ou sous la forme fixe d'arrondissements, les effets en sont les mêmes, ainsi que l'attestent ces paroles de Royer-CoIIard, prononcées en 1824 à la tribune de la Chambre des députés, et qui sont aussi vraies en 1869 que si depuis quarante-cinq ans la France n'avait pas fait deux révolutions et un coup d'État :
Le ministère vote :
Par Taniversalité des emplois et des salaires que FÉtat distribue.
Il vote par l'universalité des affaires et des intérêts que la een^ traUté lui soumet;
Il vote par tous les établissements publics, civils, religieux, militaires, scientifiques, que les localités ont à perdre o'u qu'elles sollicitent, car les besoins publics satisfaits sont des faveurs de Tadministration ; et pour les obtenir, les peuples , nouveaux courtisans, doivent plaire I
En un mot, le ministère vote de tout le poids du gouvernement, qn*il fait peser sur chaque département, sur chaque commune, sur chaque profession, sur chaque famille.
Le mal est grande Messieurs; il est si grand que notre réunion bornée sait à peine le comprendre. Le gouvernement représentatif n'a pas été seulement snbverti, il a été perverti; il agit contre sa nature. An lieu de nous élever, il nous abaisse ; au lieu d*exciter l'énergie commune, il relègue tristement chacun de nous an fond de sa faiblesse individuelle ; au lieu de soulever ce sentiment de rhonneur, qui est notre esprit public et la dignité de notre nation , il Tétouffe, il le proscrit; il nous punit de ne pas savoir renoncer à notre estime et à celle des autres.