‹ L'ornière; questions de l'année 1869Chapitre 88 sur 149 · LES MINISTRES DU 17 JUILLET · texte numérisé non relu

LES MINISTRES DU 17 JUILLET

qne par un vote de la majorité parlementaire, rien n*est pins facile que de le remplacer, puisqu'il s'agit tout simplement d'appeler à recueillir sa succession les chefs victorieux de la minorité de la veille, devenue la majorité du jour.

Nous sommes en France.

Dans ce pays il y a des ministres, mais il n'y a pas de cabinet ; ce qui l'atteste une fois de plus, c'est que M. Rouher se retirant devant une demande d'interpellation couverte de 116 signatures et assurée de 40 adhésions au moins, équivalant k 156 voix, ce qui excède de 9 voix le chiffre de la majorité absolue (1), M. de Forcade la Roquette ne se retire pas.

Se retirer ! comment le pourrait*il lorsqu'il reste encore 52 élections à valider et que plusieurs d'entre elles donneront lien au débat le plus vif sur les très-graves et très-délicates questions que soulèvent les candidatures officielles et les abus sans nombre commis par une centralisation sans frein? S'il n'était pas sur son banc d'accusé, qui répondrait aux demandes pressantes d'explications dont ces candidatures et ces élections seront l'objet de la part de l'opposition irréconciliable ?

Rester! comment le pourra-t-il sans compromettre les nouveaux ministres par sa présence au milieu d'eux ?

M. de Forcade la Roquette est donc à la fois indispensable et impossible dans la nouvelle combinaison ministérielle dont il est la pierre d'achoppement.

Tout est faux.

n n'est pas surprenant que tout soit faux puisque tout a été faussé, et que le gouvernement que nous avons n'est ni le gouvernement personnel ni le gouvernement parlementaire. C'est un gouvernement qui n'a d'analogue dans aucun

(1) Nombre dei dépstéi. 908

Minorité de U moitië plus nu 147

pays et dans aucun temps. S*il fallait absolument le désigner par un nom, le seul qu'on pourrait lui donner serait celui-ci : le gouvernement irrationnel»

Au nom de qaels principes M. de Forcade la Roquette défendra-t-il les candidatures officielles non encore validées qui, sans lui, qui, sans ses efforts, n^auraient pas réussi? Persistera-t-il à les soutenir intrépidement, ou les abandonnerat-il prudemment? Logiquement, s*il y avait un ministre qui dut se retirer, c'était celui qui avait pi-ésidé à ces élections, où tous les abus de la centralisation ont été mis en réquisition : c'était le ministre de Tintérieur, c'était M. de Forcade la Roquette.

On ne viole pas la logique sans qu'elle engendre de nombreuses difficultés.

Ces difficultés, que nous pressentons, ne tarderont pas à ndtre. Alors, mais trop tard, on* reconnaîtra que Ton n'a pas pris le parti qu'il faJlait prendre, et que l'on a pris celui qu'il fallait écarts.

Le propre des grandes résolutions est de tout simplifier ; lé propre des petites considérations, lorsqu'elles l'emportent, est de tout compliquer.

Cest là un axiome dont la vérité va s'attester une foia de plus.

18 joiUet 1860.

La logique populaire, que l'on ne viole jamais impunément, a dit le penseur couronné qui se nomme Napoléon III, la logique populaire ne doutait pas que de la crise ministérielle et constitutionnelle qui dure depuis six jours il ne sortît un cabinet composé en majorité de ministres choisis parmi les 116 signataires de la demande d'interpellation. **

La logique populaire a été déçue en apprenant que les

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