‹ L'ornière; questions de l'année 1869Chapitre 89 sur 149 · L'EXHUMATION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE · texte numérisé non relu

L'EXHUMATION DU RÉGIME PARLEMENTAIRE

DODveanx ministres appelés à remplacer MM. Roaher, de La Valette, Baroche, Vaitry, sont les suivants :

M. Davergier, qai remplace H. Baroche au ministère de la justice ;

M. le prince de la Tour-d* Auvergne , qui remplace M. le marquis de la Valette au ministère des affaires étrangères ;

M. Bourbeau, qui remplace M. Duruy au ministère de rinstmctibn publique ;

M. Alfred le Roux, qui partage avec M. Gressier — ce dernier n'étant plus que ministre des travaux publics — le d^artement qui réunissait les travaux publics, Tagriculture et le commerce ;

M. le marquis de Chasseloup-Laubat, qui remplace au ministère-présidence du Conseil d'État M. Vuitry;

n y a un ministère de moins : *le ministère d*État, qu'occupait H. Rouher; ,

Il y a un ministère de plus : le ministère de Fagriculture et du commerce, qui est confié à M. Alfred le Roux.

Ne voulant décourager aucun effort profitable à la liberté, c'est tout ce que nous dirons de ce changement ministériel , d'où la logique a été exclue.

l'exhumation du RÉGIME PARLEMEKTAIRS.

3 ooftt 1869.

Le régime à la transformation successive duquel nous assistons en France n'est plus ce qu'il était passé en habitude d'appeler le gouvernement personnel et n'est pas encore ce qu'il est d'usage d'appeler le gouvernement parlementaire; c'est un régime condamné par lui-^méme, puisqu'il n'est aucun des articles de la Constitution du 14 janvier

1852 qui soit demeuré intact, ainsi que Tattestent les treize sénatus-consultes des 7 novembre, 12 et 25 décembre 1852, 23 avril et 17 juillet 1856, 27 mai 1857, 17 février et 4 juin 1858, 28 février 1859, 20 juin 1860, 2 février et 31 décembre 1861, et 18 juillet 1866, qui Tontmodifiée de fond en comble.

Les lecteurs associés à notre pensée savent que le goavernement parlementaire , même tel qu'il fonctionne ezem* plairement en Angleterre et en Belgique, n'a jamais été et n'est pas devenu notre idéal; toutefois, nous le reconnaissons, cette forme de gouvernement, sincèrement pratiquée, est incontestablement supérieure à la forme de gouverne* ment exhumée de la Constitution de Fan VUI, forme arriérée, devenue impraticable par suite de la facilité, de la rapidité, de la multiplicité des relations auxquelles ont donné naissance l'établissement des chemins de fer et le remplacement de la navigation à voiles par la navigation à vapeur, qui ont mis Paris à dix heures de Londres et à cinq heures de Bruxelles, Lorsque la liberté des opinions et des idées règne souverainement à Bruxelles et à Londres , empêchez-la donc de pénétrer à Paris par tous les pores I Cela n*est pas possible. Le progrès est une loi contre laquelle ne tardent pas à être impuissantes toutes les constitotions prohibitives et toutes les lois positives. Par cette loi suprême s'explique comment la Constitution du 14 janvier 1852 n*a été qu'une succession de changements sans nombre, et nous ajouterons sans fin ; car ils ne s'arrêteront pas au sénatusconsulte annoncé par le Message du 12 juillet 1869, et déposé le 2 août sur la tribune du Sénat.

Quoique ce sénat us-consul te soit un retour de vingt et on ans en arrière , puisqu'il nous ramène au régime de janvier 1848 et au règne du roi Louis-Philippe , ce régime étant préférable à celui de juillet 1869, nous nous sommes gardé d'y faire aucune opposition, même la plus légère; mais

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