‹ L'orphelin; comédie en 3 actes et en proseChapitre 32 sur 52 · BLIN VILLE · texte numérisé non relu

BLIN VILLE

•Te le crois , je ine pla s à le croire ; mon estirpe me j"é— pond de vous, et vous la justifierez eu expliquaat vo^ refas avec la francliise que \ou5 devez à la mienne.

Mac!. DÉRICOURT.

Je ne le puis.

BLINVILLE.

Madame , il le faut.

jVIad. D i' R î c o n R T , ( à parf. ) Ils ne me laisseront lias un nionient de repos.

"!*Jon amit"é vous paroit exigeants ? c'est qu';elle est vivp, raisnnnée , et qu'elle sont les maux f[ue pei;t causer vctra silence. Des enfans au désespoir , un époux sensil.le , n-^ais ferme > qui peut se rendre à des raisons solides, mais qui ne supportera pas une ré erve ofFeusnnte, In paix bannie de votre ,ni''.i-.o:i . des divisions , des haines dont les tristes efTe-s nous sr^vont cornmuus à tous : voilà , madame, voilà quelle sera une famille si long-tems unie, si long-tems heureuse, et iiui !e seroit lou'ours sans votre inccnrevable résistance.

Mad. DÉRICOURT.

Je vcus écl^irerois d'un wol ; m^is ce mot a;outeroit aux inanx que vous redoutez. Ne peut-oa avoir un secret pour sou ami ?

BLT NVTLLE.

TSTon , TP.ad'ime , on n'en a pnii.t de cette nature. Une ame honnête ne sacrifie pis ce qui l'cntome, à des fantaisies , à des caprices , pardonnez-moi le mot: oui , madame , à de« caprices : vous parleriez, si vous pouviez avoir raison.

4» L'ORPÎÎELIN,

Mad. D É R I c o tr R T.

Eh bien je parlerai : vos iinporlunilés m'exccdent. Vous voulez que je perde votre estime, votre amitié, celle de mon -éptitix, de mes enfans, vous voulez c[ue je me perde moiitK'me : je vais vous satisfaire. Aussi bien , ce secret m'accable, m'oppresse, et je ne puis le renfermer plus long-tems.

BLINVILLE.

Je frémis.

> Mad. DÉRTCOURT.

Cle Julien , que j'aime si tendrement et qui veut épouser Adèle... ce Julien, sans qui je ne peux vivre, et qui , peut-

élre , me croit son ennemie C Se cacliant dans le sein de

BUnvilLe. ) Je ne puis acliever non , je n'achèverai point.

ll-lmviîîe, je suis une femme infortunée et criminelle , qui 1^'ose envisager son époux , qui tremble devant son ami , et qui court caclier ses larnif^s , ses remords et soa désespoir.

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