CHRISTOPHE C O N T U G I
D’après une estampe de la Bibliothèque nationale.
l’OEuvre les PainsBénis à corniches, et qu'il a présenté
à l’Autel, des offrandes marquées à l’Ecu de France ? Un peu de patience, et vous verrez encore son fils à la Procession du Recteur, en attitude de suppost d’Université, enchafouré et exalté en cancre ou houmard bouilli, ou pour mieux parler, et pour lui faire plus d’honneur, en écrevisse lavée dans l’esprit de vin. Qui pourra dire alors, à l’attitude, à la fourrure et à l’écarlate, que c’est le fils de Florinde et de Spacamond, tant il est vray qu’il n’est question que d’avoir de quoy, et qu’après cela, le sérieux succède au comique, et que la farce étant jouée, on peut tirer le rideau sur tout le passé h »
Sa vie privée fut celle d’un bon père de famille, s’appliquant, avec sa femme, à bien élever ses enfants. Malheureusement, le voisinage du Pont-Neuf était bien propre à donner à ceux-ci legoût de la dissipation. Aussi, quelques-uns tournèrent fort mal, et causèrent de vifs chagrins à leur mère. Grâce à son économie, Contugi laissa à saveuve et à ses neuf enfants survivants, outre le secret de l’orviétan, une certaine fortune acquise dans la vente de cet antidote, et consistant, notamment, en rentes et en propriétés situées aux villages de Vaugirard et d’Issy.
On a, sans doute, remarqué que Christophe Contugi lit souvent précéder son nom de la particule de. Il avait, naturellement, pris des armoiries que l’on trouve figurées comme il suit derrière une pièce manuscrite de la
Op. laucL. p. 75.
Bibliothèque nationale : d’azur à une montagne de trois coupeaux — sommets — d’or, accompagnée de trois étoiles de même, posées deux en chef et une en pointe 1 . Sur tous les prospectus de l’orviétan, cet écusson est modifié ainsi qu’il suit : les trois étoiles sont rangées en chef ; il y a, en outre, une « divise » en pointe. C’est ce dernier blason, moins la divise, qu’adopta Charles-Louis Contugi2.
Cette prise d’armoiries, productive pour le fisc, était alors très répandue; Marie-Anne Contugi, femme de Jean Rilïault, sieur du Courry, portait d’argent, à un rocher de gueules surmonté de trois étoiles de même, rangées en chef3. L’épicier Rollin-Jacques Geffrotin, beau-père de Louis-Anne et de Charles-Louis Contugi, portait de gueules, semé de besants d’argent4. Sa fille Marie-Jeanne, veuve de Louis-Anne Contugi, avait pour blason : d’azur à un chevron d’or, accompagné, en chef, de deux quintefeuilles d’argent, et en pointe, d’une coquille de même 5.
La maison qu’habitait Christophe Contugi était située au coin de la rue Dauphine et du quai des Grands- Augustins, où elle porte aujourd’hui le numéro 61. La boutique, occupée en 1777 par un limonadier, est, à présent, un débit de liqueurs.
Pièces originales , t. DCCCXLV, au mot Contugy.
2 D'Hozier, Armorial général, Paris, t. I, p. 843.
3 — Paris, t. II, p. 1143.
4 — Paris, t. 1, p. 643.
Paris, t. III, p. 479.