‹ L'os intermaxillaire de l'homme à l'état normal et pathologiqueChapitre 11 sur 26 · TÉRATOLOGIE · texte numérisé non relu

TÉRATOLOGIE

On a pu voii-, par tout ce qui précède, que le développement osseux de la face n’offre, avec le développement embryoplastique qui l’a précédé, qu’un seul point de concordance. Nous avons établi, en effet, que c’est bien dans le lobe médian que prend naissance l’intermaxillaire, et que les pièces osseuses que la tératologie nous montre parfois séparées ont pour points de départ deux bourgeons primitivement distincts.

.Mais on sait depuis longtemps que, lorsque apparait le premier point osseux dans la mandibule, les lèvres sont déjà réunies depuis un certain nombre de jours. Aussi, lorsqu’on en était réduit à chercher l’explication du bec-de-lièvre dans l’existence d’un intermaxillaire chez l’homme, des savants éminents, comme Velpeau et M. Cruveilhier, se croyaient-ils en droit de repousser comme insuffisante la théorie dite de Vai'rêl de développement, sur laquelle on s’appuyait. Nous devons ajouter que les découvertes de M. Goste et les commentaires chirurgicaux auxquels elles ont donné lieu de la part de

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MM. A. J{ichard (1), Sappey, Bouisson, Richet, ont réduit au silence les adversaires de cette doctrine.

La notion d’un intermaxillaire à l’état d’os isolé, dans le premier tiers de la vie intra-utérine, n’est donc d’aucune utilité pour l’explication des lésions des }>arties molles. Tout au plus arriverait-on, en la combinant avec les connaissances générales que possédait Haller, à donner à l’hypothèse que formulait ce célèbre anatomiste un peu plus de précision. On .sait qu’il supposait que l’écartement accidentel dos os de la mâchoire peut tendre et déchirer la lèvre, «explication vicieuse, dit avec raison M. le professeur Bouisson, puisqu’elle tend à ériger en fait ce ((ui est précisément à démontrer» (2).

Mais, en ce qui concerne les fissures osseuses, les faits embryogéniques sont absolument indispensables à connaître si l’on veut comprendre les lésions très-variées que présente à ce point de vue la mâchoire supérieure. Les pages qui suivent démontreront surabondamment cette vérité. Quant à l’opinion si souvent émise à propos de l’os incisif, que la tératologie peut jeter une vive lumière sur ce point obscur de l’organisation, nul doute aujourd’hui que les preuves anatomiques, accumulées dans ces dernières années, ne suffisent à démontrer surabondamment l’indépendance primitive de l’intermaxillaire dans l’espèce humaine, sans qu’il soit nécessaire de recourir à l’étude des monstruosités, étude qui doit toujours être subordonnée à celle du développement normal.

La tératologie de l’interma.xillaire comprend des faits

fl) A. Richard, Sur la vraie nature de la fissure labio-palaline : bec-de-lièvre et ses complications. (Arcli. gdn. de méd.. 4» série, t. XXV, P 419.) — Richet, Anat. niéd. ch., p. 4ü5.

p2) V° Rec-de-lièvre. (Dict. encycl. des sc. inéd. Paris, 1868, in-8, l. VIII, p. 6o5.)

de trois ordres : ou cette pièce osseuse manque, ou elle est séparée des pièces voisines, ou enfin, par diplogénèse, il s’ajoute aux pièces normales tout ou partie de nouvelles pièces intermaxillaires.

Nous allons passer en revue ces trois variétés tératologiques, appuyant nos descriptions de quelques exemples pris dans les auteurs ou dans nos observations personnelles.

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