‹ L'os intermaxillaire de l'homme à l'état normal et pathologiqueChapitre 2 sur 26 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

DmSION DU SUJET. — CONSIDÉRATIONS HISTORIQUES.

Lorsque Leuckart publia, le premier, en 1840, un travail d'ensemble sur l’intermaxillaire de l’homme à l’état normal et pathologique (1), il crut devoir diviser son sujet de la manière suivante. Un premier chapitre fut consacré à l’histoire des discussions nombreuses auxquelles a donné lieu ce point d’anatomie. Dans un second chapitre, le savant Allemand décrivit les pièces nombreuses qu’il s’était procurées ; l’anatomie comparée de cet os dans les différentes classes des vertèbres remplit son troisième chapitre. Enfin l'auteur, dans une série de

(1) Fr. s. Leuckart, Untersucluingen über das zwisclienkieferbein des Menschen iind seiner nornialen und abnormen meUraorpliose, mit 9 litli. taf.; Stuttgart, 18'»0, in-4.

Ilamy.

propositions générales , a formulé ses conclusions qui composent le quatrième et dernier chapitre de sa monographie. Cette division n’est pas à l’abri de toute critique : telle partie, en effet, est maladroitement écourtée, telle autre abonde en détails presque oiseux ; à côté de morceaux d’une exubérance de langage toute germanique, on en rencontre d’autres d’un laconisme presque inintelligible. Ce qu’il manque avant tout à cette œuvre d’un grand poids, c’est l’équilibre.

Pour échapper au même reproche, nous avons cru devoir introduire dans la division adoptée par Leuckart les médications qui suivent.

bien avant ce naturaliste, Fischer, Spix , Cuvier, Meckel, pour ne citer que les plus illustres, avaient décrit la pièce osseuse qui fait l’objet de ce travail, d’après un grand nombre de squelettes de vertébrés de toutes classes. De nouvelles dissertations sont venues depuis lors se joindre aux précédentes. Il nous a paru inutile de consacrer à l’analyse de travaux aussi connus un chapitre spécial. En revanche, nous avons donné à l’étude anatomique de cet os, dans l’espèce humaine, tous les développements qu’elle comporte. L’ostéogénie, à peine effleurée par l’anatomiste de Fribourg, a pris, depuis l’époque où il écrivait, une importance considérable. Nous avons reproduit toutes les observations qui ont été publiées sur ce sujet dans ces dernières années, en y ajoutant les détails que l’étude d’un grand nombre de pièces nous a permis de découvrir. On trouvera dans la première partie de cette dissertation, l’histoire de cet os depuis l’apparition du point qui lui donne naissance, jusqu’à sa formation parfaite, et à sa soudure avec l’os voisin. Isolé chez l’embryon, incomplètement uni au maxillaire chez le

fœtus et le jeune enfant, il ne se fusionne intimement avec celui-ci qu’après la seconde dentition. Chacun de ces trois états a fourni le sujet d’un chapitre particulier. Nous avons cru devoir, à la fin du troisième chapitre de cette première partie, faire ressortir brièvement les différences que présente cette pièce du squelette dans les races humaines; et, à ce propos, nous sommes entré dans quelques détails sur l’ossification des pièces de la face, chez quelques vertébrés supérieurs.

On a si souvent, en faveur de l’existence de l’intermaxillaire chez l’homme, emprunté des arguments à la tératologie, qu’il nous a paru indispensable de placer, à côté de l’anatomie normale de cet os, un court exposé des monstruosités qui peuvent l’atteindre. Nous avons pu joindre aux faits déjà connus quelques observations curieuses que nous avons recueillies dans le cours de nos études.

On conclura sans doute, des faits exposés dans ce chapitre, que si, comme on l’a souvent répété, l’étude des anomalies vient confirmer les principes qui dominent l’état normal, la connaissance exacte des lois du développement régulier est le plus souvent indispensable au tératologiste qui veut se rendre compte des évolutions anomales qu’il a sous les yeux.

Mais s’il est bien établi que, dans nombre de cas, la nature semble avoir pris à tâche de prouver la présence d’un intermaxillaire dans notice espèce, en le montrant congénitalement isolé; il n’en est pas moins vrai que, dans quelques maladies de la mâchoire supérieure, le médecin rencontre des localisations que peut seule expliquer la persistance d’un os spécial contenant les alvéoles incisives. Nous avons réuni, dans un dernier chapitre.

les faits, encore très-rare, qui composent cette patholo- (jie de l’intermaxillaire humain.

Ces divisions étant établies, il ne sera pas sans intérêt, avant de nous engager dans l’étude de l’embryogénie, de tracer rapidement le tableau des diverses phases par lesquelles a passé la question que nous allons aborder. On verra, par ce court exposé, que l’ostéologie de la face, décrite d’abord d’après un singe, n’a été bien connue chez l’homme qu’au moment de la Renaissance; qu’au milieu des querelles dont Galien fut alors le sujet l’anatomie de l’intermaxillaire n’a guère progressé; enfin, que l’intervention de l’embryologie, étudiée d’abord à l’œil nu, puis à l’aide du microscope, a seule résolu cet important problème.

Ce mot important, nous l’avons déjà plusieurs fois employé, peut-être est-il besoin de le justifier ici. Il suffira de rappeler que cette solution permet à l’anatomiste philosophe d’affirmer avec MM. Milne- Edwards (1). de Quatrefages (2), et bien d’autres naturalistes, que l’homme ne diffère essentiellement des animaux supérieurs par aucun point de son squelette, et qu’elle donne au chirurgien et au médecin une explication complète des monstruosités faciales qu’ils peuvent observer, et de ces quelques cas pathologiques, dont nous avons précédemment parlé.

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