‹ L'os intermaxillaire de l'homme à l'état normal et pathologiqueChapitre 9 sur 26 · HUMAINES · texte numérisé non relu

HUMAINES

L’anatomie de l’intermaxillaire devrait s’arrêter ici : car à partir de la deuxième ou de la troisième année il n’y a plus, à proprement parler, d’os intermaxillaires chez l’enfant de race orthognathe à l’état normal. Cet os est réuni intimement avec le susmaxillaire; les mêmes phénomènes amènent à la hase du crâne la fusion des deux sphénoïdes l’un avec l’autre et du sphénoïde postérieur avec l’apophyse basilaire de l’occipital, au menton la soudure intime des deux os mandibulaires, etc. Ces phénomènes de coalescence sont exactement comparables.

Mais celui dont nous suivons ici l’évolution, a cela d’assez particulier, qu’il laisse jusque chez l’adulte des traces manifestes de l’existence d’un état antérieur différent de celui que présente alors la mâchoire supérieure. 11 est rare que la suture soit encore visible à la face interne de la branche montante, et même sur le plancher nasal. Vicq d’Azyr a cependant vu sur un sujet d’un âge avancé la ligne articulaire s’étendant encore jusqu'à la hase de l’apophyse (1) et Rosenmiiller l’a suivie sur cette

tl) Mém. Acad.se., 1780, pl. VII.

même apophyse dans toute son étendue sur deux mâchoires d’adultes(l). Il a même donné le dessin d’une do ces pièces exceptionnelles. Tiedemann et Spix ont fait la même remarque (2). Nous en pourrions citer d’autres exemples encore, empruntés aux écrivains spéciaux ou à nos observations personnelles.

Les faits de ce genre sont peu communs; il n’en es [>as de même, on Ta déjà dit, de la permanence de la suture de la voûte palatine, llosenmüller Ta vue dix fois, Nicati sur 180 crânes de toutes races qu’il a examinés dans diverses collections Ta trouvée 120 fois; nousmême, sur 200 crânes français orthognathes ou peu prognathes, l’avons 104 fois rencontrée. M. Sappey(e(/î7. c?7,, p. 201) croit que celte suture disparaît en général de douze à quinze ans, limite qui nous semble étroite, en raison du nombre relativement considérable d’adultes (pii nous Tont encore présentée. Nous ne dirons donc pas avec ce savant anatomiste qu’il n’est pas cxù'èmement rare d’en rencontrer quelque vestige chez l’adulte, mais bien que ces traces d’intermaxillaires se voient assez communément à la voûte palatine sur des sujets qui ne sont plus jeunes.

Tout ce qiTon vient de lire se rapporte à l’histoire du développement normal de notre race. Mais il est quelques affections générales, qui ont pour effet de retarder plus ou moins l’ossification chez les sujets (jui en sont atteints, Tintermaxillaire peut no se souder à Tos maxillaire supérieur que beaucoup plus tard. On a cité, entre autres maladies, le ra(diitisme et l’hydrocéphalie. Nous avons déjà

(I) Op. cit., p. 14 et pl.

(“2} Spix, Cephiilogenesis Munich, 1815, in-f., p. 19. — Tiedemann, Zoologie. Landsliul, 1808, in-8, t. Il, p. 233.

dit que Blumenbach et Goethe en donnaient des exemples. Spix parle aussi d’un crâne d’hydrocéphale, où « l’interinaxillaire gauche était séparé du reste de la mâchoire par un espace intermédiaire, tandis que le droit présentait encore une .suture distincte. » La belle collection d’hydrocéphales de la Faculté ne présente pas de faits de ce genre, mais on distingue assez bien la ligne articulaire antérieure sur le jeune sujet rachitique qui porte le n® 513 a du catalogue de M. Houel. Rachitiques, hydrocéphales ou autres on ne saurait ranger ces faits exceptionnels parmi les faits pathologiques proprement dits. Il semble y avoir tout simplement, en pareil cas, un retard dans l’évolution normale.

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